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« Que sont-ils devenus ? » : Anfernee « penny » Hardaway, le prince déchu

Anfernee Hardaway #1 of the Orlando Magic looks to make a move against Michael Jordan #23 of the Chicago Bulls

Anfernee « Penny » Hardaway a très vite mis le monde du basket à ses pieds. Dès ses débuts, il fait l’unanimité auprès des fans et des spécialistes. Appelé à régner, le bistouri aura finalement raison de son talent…

Déjà en Hight school et en université, Penny impressionne, cela malgré des sanctions pour mauvais résultats scolaires. Meneur de 2,01 mètres, rapide et polyvalent, il est un manieur de ballon hors pair avec un sens accru du déplacement, doté d’une vision de jeu extra lucide et d’une incroyable intelligence de jeu. Ses qualités lui valent d’être comparé à Magic Johnson. La star des Lakers déclarera à son sujet : « Le regarder, c’est comme regarder dans un miroir. »

Considéré par les spécialistes comme l’un des meilleurs joueurs universitaires de tous les temps, il débarque en NBA au Magic d’Orlando où il forme, avec Shaq, le duo du moment. « Nous avions Shaq et Penny. Nous pensions qu’il faudrait venir prendre nos mesures pour les bagues de champion tout au long de la décennie suivante… » déclarera plus tard John Gabriel, le GM du Magic à l’époque.

Comparé à Magic Johnson lorsqu’il évolue poste 1 ou à Michael Jordan quand il est repositionné au poste 2, son potentiel paraît illimité.

Trois ans plus tard, à seulement 25 ans, il est déjà 2 fois all-star, 2 fois dans le All-NBA First Team, MVP du premier rookie game, champion olympique à Atlanta et finaliste NBA ! Il remplace désormais sa majesté Jordan dans le cœur des ados. On s’arrache les Air Penny et tout le merchandising qui va avec…

Mais suite au départ du Shaq aux Lakers, Penny devient un soliste au sein d’un effectif limité. Suivront une incroyable série de blessures, une réputation qui se dégrade et des échecs répétés à Phoenix, New York, de nouveau Orlando (coupé au bout de 2 jours !) et enfin Miami, pour finalement disparaître des parquets en 2007. « Ma carrière a incroyablement mal tourné comparé à ce qui a pu arriver à Grant Hill, par exemple. Il ne doit pas essuyer autant de critiques négatives que moi. Pourtant, en quoi sa situation est-elle si différente de la mienne ? »

Anfernee « penny » Hardaway et shaq

Il se dit aujourd’hui heureux avec sa famille dans sa luxueuse villa. Il co-anime une émission de radio via laquelle il lance, de temps en temps, des appels aux dirigeants des équipes NBA pour un retour sur les parquets. Preuve qu’il reste chez ce joueur une faille, un sentiment d’inachevé. « Je veux une dernière chance dans cette ligue. Je n’ai pas aimé la façon dont les choses se sont terminées à Miami. Croyez-moi, j’ai encore de beaux restes. » « Ce n’ai pas une question d’argent. J’ai tout ce dont j’ai besoin, c’est vraiment pour l’amour du jeu. Je pense que je mérite une nouvelle chance. Tout le monde se focalise sur mes 39 ans, ils arrêteront si je montre que je peux encore jouer ! Je n’ai pas beaucoup de kilomètres au compteur à cause de mes blessures. Je peux apporter mon aide dans n’importe quelle équipe. Un role player joue actuellement dix, douze minutes par match. C’est tranquille ! J’ai de l’expérience, je suis toujours capable de planter un shoot ouvert. » Mais aucune proposition à l’horizon…

En 2008, il effectue un don d’un millions de dollars à l’université de Memphis pour la construction d’infrastructures, notamment une salle qui portera son nom.

Suite aux signatures de James et Bosh au Heat, Penny voit l’occasion de tenter un dernier baroud d’honneur et lance un ultime appel désespéré : « Lorsque j’ai vu James et Bosh signer à Miami, je me suis dit que je pourrais les aider et avoir une place dans cet effectif. Je comprends pourquoi Jordan est parti puis revenu plusieurs fois. Lorsque vous en avez  encore sous le pied, c’est difficile de se dire que c’est terminé. A Miami, mon expérience et mon leadership seraient précieuses pour les jeunes comme Mario Chalmers. Je m’entraîne dur 5 jours par semaines. Si on m’appelle, je serai prêt ! » Pat Riley ne le contactera pas…

En juin dernier, Penny à de nouveau collaboré avec Nike à la conception de la « Penny Hardaway Nike Air Force 1 Low » sur laquelle figurera son logo « 1cent ». Aucune date de sortie pour le moment.

Dans une interview donnée récemment il s’est exprimé sur le lock-out et notamment sur les rumeurs qui enverraient certains joueurs en Europe. Pour lui « si les joueurs veulent vraiment défendrent leurs intérêts, ils doivent rester, faire front et non pas quitter le navire pour de l’argent. »

penny Hardaway sport illustrated

Star avant l’heure, promis prématurément  à un avenir radieux, peut-être était-il trop jeune ? En août 1999, Penny revient sur ses glorieuses années : « J’étais si jeune à l’époque. Quand nous sommes allés en Finale, en 1995, nous ne savions pas exactement pourquoi nous étions là. Aujourd’hui, je sais ce que ça coûte d’atteindre ce niveau si jeune. Si j’avais encore cette opportunité, je ferais les choses différemment. » Chacun jugera…

Quand on s’intéresse de près à Anfernee « Penny » Hardaway, on sent le malaise qui plane. Il n’a clairement pas fait le « deuil » de sa carrière de basketteur et ses regrets risquent de le hanter encore longtemps. Reste de lui le souvenir d’un joueur qui a fait rêver toute une génération et inspiré de nombreuses stars actuelles parmi lesquels Tracy McGrady (qui a repris son numéro 1), Gilbert Arenas, LeBron James ou encore Tyreke Evans.

Mix highlights :

L’une de ses nombreuses pub Nike :

 















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