« Que sont-ils devenus ? » : Dikembe Mutombo, Saga Africa
Durant près de deux décennies, tous les pivots de NBA sont restés à la porte de la maison du géant congolais. Une longévité impressionnante qui n’a d’égale que sa générosité et sa sympathie.
L’histoire de Dikembe Mutombo débute à Kinshasa, au Zaïre (qui deviendra République démocratique du Congo). A la maison, la priorité, c’est l’éducation ! Avec un papa principal d’un lycée puis membre du ministère de l’Education, il ne pouvait en être autrement. A 18 ans, « Deke » mesure 2,18m, il parle le français, l’espagnol, le portugais, l’italien et cinq dialectes africains et touche pour la première fois de sa vie un ballon de basket ! « Je connaissais la NBA. J’ai toujours su que je pouvais devenir basketteur professionnel. Mais je n’aimais pas ce sport, je pensais que c’était trop physique pour moi. Ma famille m’a convaincu d‘essayer et je les en remercie ! » Il accepte à contrecœur, progresse à une vitesse folle et intègre la sélection nationale. Peu de temps après, on lui propose une bourse dans une université américaine. Il choisit Georgetown.
Les débuts sont difficiles. Deke a besoin de temps pour s’acclimater. Il apprend une nouvelle langue, une nouvelle culture, de plus la concurrence est féroce en la personne d’Alonzo Mourning. Jusqu’au jour où le coach décide de décaler « Zo » à l’aile et de titulariser Mutombo. Le duo fonctionne à merveille ! Deke est élu meilleur défenseur de la Conférence Big East deux années consécutives.
Mutombo est drafté en 1991 par les Denver Nuggets en quatrième position. Et ses débuts sont tonitruants, à tel point qu’on se demande si Deke ne méritait pas d’être drafté plus haut. « Personne n’a eu le courage de miser sur lui » regretta le coach des Nets, Bill Fitch. Il est élu rookie du mois de novembre et boucle sa saison avec 16,6 points, 12,3 rebonds, 2,2 passes et 3 contres de moyenne par matchs. Il termine deuxième pour le titre de rookie de l’année derrière Larry Johnson. Il devient l’attraction de la ligue, une star. On le compare déjà à un certain Bill Russell. Deke avouera que sa rencontre avec Russell fut un tournant dans sa vie : « A l’université je ne pensais pas devenir un grand basketteur, jusqu’à que le coach demande à Bill Russell de venir parler avec moi. Nous avons beaucoup discuté, pendant des heures. Il m’a dit : tu peux le faire ! Il m’a vraiment aidé à prendre conscience que c’était possible, à prendre confiance en moi.» Deke se prend au jeu et commence à « se frotter » aux gros bras de la ligue, il n’a peur de personne : « Un soir j’ai provoqué Jordan. Je lui ai dit que jamais il ne me dunkerait sur la tête. Il a marqué un lancer-franc les yeux fermés, en me disant : Mutombo, celui-là est pour toi… »
Durant ses cinq premières saisons, Mutombo va dominer les raquettes NBA. Il s’impose comme l’un des meilleurs rebondeurs et défenseur de la ligue. Il s’adjugera d’ailleurs le titre de meilleur défenseur en 1995. Mais l’équipe de Denver est faible. Avec, entre autres, LaPhonso Ellis, Mahmoud Abdul-Rauf, Robert Pack et Bryant Stith autour de Deke, les résultats ne sont pas au rendez-vous. Seul fait d’arme, l’élimination de la tête de série numéro une de la conférence Ouest, Seattle, au premier tour des Playoffs 1994. Mutombo place 31 contres face aux Sonics, un record pour série disputée au meilleur des cinq matchs.
En 1996, Mutombo, décide de quitter Denver et de rejoindre les Hawks d’Atlanta apparemment mieux armés collectivement. Deke continue à effrayer tout le monde dans la peinture. Il ponctue désormais ses contres d’un « non » avec le doigt. Le célèbre « Not in my house » est né… Il remporte deux nouveaux titres de défenseur de l’année et dispute quatre all-Star Game, mais collectivement la réussite n’est toujours pas au rendez-vous.
Lors du All-Star Game 2001, le duo Mutombo-Iverson fait merveille. Les Sixers font le forcing pour faire venir Deke à Philadelphie. Pour eux, il est le seul pivot capable de défendre sur Shaquille O’neal dans l’optique d’une éventuelle finale NBA. Cette finale aura bien lieu, mais Shaq est inarrêtable et les Lakers s’imposent 4-1. Mutombo remporte un quatrième titre de défenseur de l’année.
Un an plus tard, après une élimination au premier tour des playoffs par Boston, les dirigeants des Sixers estiment que le géant congolais est sur le déclin et le cèdent aux Nets de New Jersey. Deke ne joue quasiment pas de la saison à cause d’une blessure et retrouve ses coéquipiers pour les finales NBA perdues 4-2 contre San Antonio.
Il est ensuite envoyé à New York puis à Chicago où il ne dispute aucun match. Il est immédiatement envoyé à Houston comme back up d’un autre géant, Yao Ming. Malgré ses 41 ans, Deke fait mieux que de la figuration. En captant 22 rebonds le 2 mars 2007 contre Denver, il devient le joueur le plus âgé à prendre 20 rebonds ou plus dans un match. Tout va bien au Texas jusqu’au premier tour des playoffs 2009. Dans le deuxième quart-temps du Game 2, son corps le lâche : rupture du tendon du genou gauche. Carrière terminée.

Aujourd’hui et depuis la fin de sa carrière, Mutombo ne cesse de s’impliquer en faveur du développement de l’Afrique et notamment de son pays natal, le Congo, où il se rend régulièrement accompagné d’autres joueurs NBA. Il a créé une fondation (http://www.dmf.org/) qui finance des équipements et des infrastructures dans le but d’améliorer la santé, l’éducation et la qualité de vie du peuple congolais. Il a notamment participé à la construction d’un Hôpital de 300 lits à Kinshasa. Il reçoit le soutien de nombreuses personnalités telles que Bill Clinton, Kofi Annan, Bono ou Georges W. Bush. Ce dernier l’a d’ailleurs félicité publiquement. « J’étais rempli de joie. Je ne savais pas que le président allait dire de tels compliments » déclara Mutombo.
Il a récemment été victime d’une arnaque sur internet. Des personnes peu scrupuleuses ont utilisés son identité afin de recueillir des fonds soi-disant pour la fondation.
Deke est bien sûr membre de la grande famille des ambassadeurs pour la NBA à travers le monde et travaille au programme « Basketball without Borders ».
Il est également ambassadeur à l’ONU.
Malgré un emploie du temps bien chargé, il garde, tout de même, un œil sur la carrière de son neveu, Harouna Mutombo qui a terminé meilleur scoreur de la saison 2009 avec la fac de Western Carolina.

Dikembe Mutombo Mpolondo Mukamba Jean-Jacques Wamutombo (son vrai nom !) suscite un immense respect. De part son éducation, Deke est un homme bon, généreux et engagé. Ses qualités de diplomate font de lui un ambassadeur de choix pour l’Afrique. Sportivement parlant, il reste l’un des meilleurs pivots de tous les temps. Quatre fois défenseur de l’année, huit fois All-Star, All-Rookie First Team en 1992, All-NBA Second Team en 2001, deux fois ALL-NBA Third Team, trois fois All-Defensive First Team, trois fois All-Defensive Second Team, deux fois meilleur rebondeur et trois fois meilleur contreur de la NBA. Il est le deuxième meilleur contreur de l’histoire derrière Hakeem Olajuwon (3 289 blocks pour Deke contre 3 830 pour « The Dream »). Je dis MONSIEUR !
Source: Answers
Retour en images sur la carrière de Deke :
















