« Que sont-ils devenus ? » : James Worthy, l’assassin silencieux

James Worthy grabs a rebound

En douze ans passés sur les parquets NBA, James Worthy à donné le tournis à bon nombre de défenseurs. Il fut l’une des pièces maîtresses de la dynastie des Lakers durant les 80’s, trop souvent réduite à deux hommes, Magic et Jabbar.

James Worthy grandit à Gastonia en Caroline du Nord. Fils d’un pasteur baptiste, James n’aime pas trop le sport. En tout cas, il n’imagine pas en faire son métier. Pour ses parents, la priorité se sont les études. Très pauvres, ils luttent quotidiennement pour permettre à leurs enfants d’étudier à l’université. Fort d’un gabarit athlétique et de bonnes prédispositions à la pratique du sport, Worthy choisi cette option pour obtenir une bourse universitaire afin de soulager financièrement ses parents. « A cette époque, c’était la seule raison qui me poussait à jouer au basket ».

Pour rester auprès de sa famille, Worthy choisit l’université de North Carolina. Mais ce n’est pas la seule raison : sa rencontre avec le coach Dean Smith fut déterminante. « J’ai tout de suite su que je voulais jouer pour Dean Smith. Il a également de suite plu à mes parents en leur promettant de veiller à ce que j’aille bien en cours et à l’église ! ». Victime d’une grave blessure à la cheville dès sa première année, Worthy dû attendre deux saisons, et l’arrivée d’un certain Michael Jordan pour enfin connaître la réussite collective. Individuellement il explose. Les deux compères emmènent les Tar Heels au titre NCAA 1982. Worthy est élu M.O.P. Il est prêt pour la NBA.

Les Lakers de Los Angeles, champion en titre, récupèrent le premier choix de cette draft 1982 suite à un trade judicieux. Il pioche James Worthy. Malgré une blessure à la fin de sa saison de rookie, James s’installe dans le cinq majeur dès sa deuxième saison. Il découvre les Finales NBA face aux celtics de Boston qui remportent le titre en sept manches. L’année suivante, Worthy élève son niveau de jeu en playoffs (21.5pts de moyenne à  62.2%). Il retrouve les celtics en Finale mais cette fois se sont les Lakers qui l’emportent. Premier titre NBA pour Worthy. Il en gagnera deux de plus en 87 et 88. Cette année là, face aux Pistons de Detroit, Worthy est tout simplement énorme notamment dans le Game 7 où il réalise un triple-double : 36 points, 16 rebonds et 10 passes ! Il y gagne le surnom de « Big Game James ». Il est logiquement élu M.V.P des Finales. C’est le point culminant de sa carrière.

Worthy possède toutes les caractéristiques d’un joueur moderne. 2m06 de puissance et de rapidité, finisseur hors-pair, redoutable en contre-attaque et indéfendable en un contre un notamment par sa capacité à « enrouler » le défenseur lorsqu’il est dos au panier. Il est d’ailleurs considéré comme l’un des meilleurs spécialistes dans cet exercice.

« Personne ne peut l’arrêter. James Worthy est trop rapide, il est inarrêtable ! » Pat Riley. Le contraste entre, d’une part, sa remarquable efficacité, l’intensité dans son jeu et d’autre part son stoïcisme et son calme apparent, lui valut d’être surnommé : « The silent assassin », l’assassin silencieux.

La dynastie des Lakers semble prendre fin au lendemain des finales NBA 89 perdues face aux Pistons. Kareem Abdul-Jabbar se retire et les Angelinos sont stoppés en Demi-Finales de conférence lors des playoffs 90. Cette année fut particulièrement difficile pour Worthy sur le plan personnel. Lors d’un déplacement à Houston, James fait appel à un service d’escort girls. Un service démantelé auparavant par la police… Deux femmes se présentent belle et bien ce soir là à la chambre d’hôtel de Worthy, mais se sont deux officiers de police ! Il évite la prison mais doit payer une amende et effectuer des heures d’intérêts générales. L’opinion publique est surpris, voir choqué… Et pourtant ce genre « d’écart » de la part d’un sportif professionnel n’a rien d’un scoop ! Mais on connaît le puritanisme exacerbé des Américains…

L’homme est touché, pas le joueur. En 91, les Lakers retrouvent une nouvelle fois les Finales NBA mais sont battus par les Bulls de Chicago de Michael Jordan. Annoncé partant à l’issue de cette défaite, Worthy signe finalement un nouveau contrat de cinq ans avec les Lakers preuve de sa fidélité pour la franchise californienne. Mais c’est au tour de Magic Johnson d’annoncer sa retraite en novembre 91 suite à la découverte de sa séropositivité.  Clap de fin pour la dynastie des Lakers, qui aura régalé tous les amoureux du basket avec leur jeu « show time » durant les années 80.  Worthy est lui aussi sur le déclin. Il enchaîne les blessures et met fin à sa carrière en 1994 après douze ans aux services d’une seule équipe.

Worthy Sport Illustrated

Le 10 décembre 1995, son numéro 42 est retiré au Forum d’Inglewood.

A l’occasion du All-Star Game 1996, Worthy est retenu dans la liste des 50 meilleurs joueurs de l’histoire.

Pourtant connu pour sa timidité et sa discrétion envers les médias, il est aujourd’hui co-présentateur de LTV, émission diffusée avant et après les matchs des Lakers sur une chaîne locale, KCAL-TV. Il est aussi consultant sur une autre chaîne de Los Angeles, KCBS-TV. Il a également couvert un Final Four NCAA pour CBS et Fox Sports.

En septembre 2003, Worthy est intronisé au Hall Of Fame. « C’est un honneur pour moi. Ca représente tellement de choses. Malgré tout, ça n’a jamais fait parti de mes objectifs. Le Basket-Ball a toujours été une manière de m’en sortir et d’offrir une meilleure vie à mes parents. »

Le 11 novembre dernier, James a été convié à assister au match North Carolina – Michigan State (67–55) organisé sur le porte-avions USS Carl Vinson en tant que capitaine d’honneur des Tar Heels. Magic Johnson était également présent comme capitaine d’honneur de Michigan State.

Il occupe une grande partie de son temps à aider des associations à but non-lucratif telle que, entre autres, Big Brothers of America.

Il apparaît également en tant que guest dans des séries comme « Tout le monde aime Charlie » et « Star Trek : The next Generation.

Parallèlement à tout ça, James gère son entreprise, « Worthy Enterprises », spécialisée dans le conseil aux entreprises.

Big Three Lakers 80's

La timidité et la discrétion de James Worthy, sur et en dehors du terrain, font de lui aujourd’hui un joueur méconnu de la nouvelle génération des fans de la NBA qui associent systématiquement les Lakers versions 80’s à Magic et Jabbar. Worthy fut pourtant un élément indispensable dans la réussite des hommes de Pat Riley, jouant bien plus qu’un rôle de lieutenant.

Mix highlights :

Highlights North Carolina vs. Michigan State à bord de l’USS Carl Vinson le 11-11-2011 :

 


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