« Que sont-ils devenus ? » : Larry Johnson, « grandmama » is bad !
Larry Johnson figure sur la longue liste des joueurs qui n’ont pas connu le succès escompté. Et pourtant, il avait tout pour réussir…
Jeune délinquant, c’est la police qui l’oblige à pratiquer un sport pour le canaliser. D’abord la boxe pendant cinq ans puis le basket.
En high School son style fait merveille. Il se fait très vite un nom et recevra même la visite de Michael Jordan, himself, venu le voir jouer ! Les coachs de NCAA lui font les yeux doux et se bousculent au portillon pour s’adjuger ses services. Dave Bliss, coach de la southtern Methodist University, se souvient : « Je suis allé trouver Larry dans la salle de musculation. Il soulevait les barres avec une telle puissance que la machine décollait du sol ! Mais la première chose qui m’a frappé, c’est sa force de caractère. »
Finalement, il rejoint, logiquement, les « running rebels » de l’UNLV. Equipe de marginaux et de cinglés qui pratique le basket en mode streetball. « Les deux fois où on a affronté Duke, on a lu dans les journaux que c’était le combat du bien contre le mal. On nous décrivait toujours comme des truands. » Suite à la victoire en finale NCAA de Larry et ses potes contre Duke justement, sur un écart record de trente points, Mike Krzyzewski le coach vaincu déclare : « La puissance de Larry me laisse sans voix. En plus de ça il est agile et a du toucher. C’est un basketteur à part avec qui il faudra compter dans les dix prochaines années. »
A son arrivée en NBA, drafté en première position par les Charlotte Hornets, L.J impressionne. Il est le prototype du 4 moderne. Son gabarit, 2,01m pour 106 kg et sa puissance lui permettent de répondre au défi physique et d’aller se frotter aux pivots. Sa vitesse, son explosivité et sa détente font également de lui un joueur aérien et spectaculaire. Ajoutez à cela un mental d’acier et un caractère bien trempé ! Certains le considèrent très vite comme légal de Barkley et Malone ! Aucun suspense pour le titre de rookie de l’année. Le coach des Hornets jubile : « Nous savons que Larry est un garçon autour duquel nous pouvons bâtir. Il est intouchable. C’est un leader, il est déjà très mûr et il est exemplaire sur le parquet. »
Sa cote de popularité ne cesse de croître. Converse en fait son ambassadeur et crée le personnage de « grandmama ». Avec ces pompes aux pieds, mamie dunke sur tout ce qui bouge ! Succès immédiat. Les fans adorent Larry et l’envoient au All-Star Game comme Starter au coté de Jordan, Thomas, Pippen et O’Neal. Charlotte lui offre le plus contrat de l’histoire : 84 millions de dollars sur 12 ans ! « Larry est le leader de cette équipe et il le restera toujours » commente George Shinn, le patron de la franchise, qui promet un titre aux supporters.
Avec Larry, Alonzo Mourning, Kendall Gill, Dell Curry (le papa de Stephen) et Muggsy Bogues, Charlotte est l’équipe préféré des ados. Les jerseys se vendent comme des petits pains aux Etats-Unis comme en Europe. Mais en coulisse le torchon brûle entre Larry et Zo. La cohabitation entre les deux stars s’avère difficile… Et comme un malheur n’arrive jamais seul, le 27 décembre 1993 contre les Pistons, Larry se blesse au dos. En quittant le parquet ce soir là, il ne sait pas encore qu’il ne sera plus jamais le même basketteur. Les douleurs ne le quitteront jamais.
Contraint de modifier son jeu, pénétrer moins et shooter de plus loin, L.J reste un bon joueur et un coéquipier précieux mais il n’est plus la star en devenir, le futur de la NBA, le Barkley du XXIè siècle. L’équipe explose et sombre. Larry est envoyé à New York. Le GM des Hornets brûle l’idole d’hier : « Larry était notre franchise player, oui. Mais nous nous sommes posé une question simple : Les Hornets peuvent-ils remporter un titre avec Larry ? La réponse est non ! »
Il disputera, avec les Knicks, les finales NBA en 1999, où malheureusement ses déclarations sulfureuses sur la condition des noirs aux Etats-Unis seront plus remarquées que sa performance. Il qualifiera notamment son équipe des Knicks de « bande d’esclaves rebelles… » et répondra à un journaliste à propos de la réaction de Bill Walton au sujet du comportement de Larry lors de ces finales : « Bill Walton ? Dites-lui de s’intéresser à son histoire pour voir combien d’esclaves ont servi ses ancêtres. Faites la même chose vous tous. Pourquoi la vérité fait-elle aussi mal ? » L’attaché de presse des Knicks finira par écourter l’interview…
Par la suite, sa générosité envers les plus démunis ne suffira pas à redorer le blason d’un joueur qui sent la fin proche. L.J se retire en 2001, à 32 ans, le dos en compote. Usé par les douleurs incessantes. Il avouera plus tard qu’il fut obligé de prendre huit comprimés contre la douleur avant chaque match et entraînement !

S’en suive une longue période d’inactivité durant laquelle il recherchera la tranquillité avec sa famille. Il se dit écœuré du monde de la NBA et ne veut plus approcher un parquet.
En 2007, il retourne sur les bancs de l’université, à l’UNLV bien sur, pour compléter son diplôme en sciences sociales, tenant ainsi une promesse faite à sa mère.
Aujourd’hui Larry tente un retour dans le basket en tant que coach. En 2010, les Bulls en font un prétendant pour un poste d’assistant au coté de Tom Thibodeau. Malgré une grande motivation affichée par L.J, les Bulls ne le retiendront finalement pas.
Dernièrement, il s’est porté candidat au poste de Head Coach de son ancienne université d’UNLV. Il a même convaincu Stacey Augmon, son coéquipier à l’époque qui travaille depuis 2007 au sein du staff technique des Denver Nuggets, de se joindre à lui en tant qu’assistant. Mais c’est finalement Dave Riz qui sera retenu. L.J propose alors ses services en tant qu’assistant mais Riz lui préfère Stacey Augmon ! Lay est apparu très vexé et remonté lors d’une interview accordé il y a quelques semaines : « Les running rebels ne sont plus. Ils veulent absolument se débarrasser de cette image de bad boys et moi, quelque part, je représente l’époque des running rebels. C’est injuste. » Dave Riz lui, ainsi que les dirigeants des bulls, plaide le manque d’expérience de Larry à ce poste.

Larry « grandmama » Johnson n’aura finalement pas connu le destin doré qui lui était promis. Reste de lui, le souvenir d’un joueur qui a su modifier son jeu suite à sa blessure et qui a su s’asseoir sur son ego pour accepter un rôle de coéquipier dévoué. « Larry est le meilleur coéquipier que je n’ai jamais eu » dira Allan Houston. Nul doute que L.J aurait préféré qu’on se souvienne de lui différemment.
Mix highlights
1992 Slam Dunk Contest
Finale de conférence Est 1999 contre les Pacers, panier à 3pts plus la faute pour la gagne
L’une des pubs de « grandmama »


















