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Magic Johnson, et l’étoile brilla à nouveau

Magic Johnson au bout du rêve Olympique.

Novembre 1991, un soleil noir se couche sur la planète basket. Earvin Johnson Jr, « Magic » pour tout le monde vient officiellement d’annoncer sa séropositivité et l’arrêt de sa carrière avec effet immédiat. Les mots sont graves, l’atmosphère pesante et tous les visages présents alors dans la salle sont minés par l’effet du drame. Véritable icône de son sport, adulé pour son jeu, admiré en tant qu’homme, Magic faisait l’unanimité. Fini pour le basket, le reste de sa vie semble promit à la souffrance. Pour autant, comme le symbole d’une carrière incroyable, le meneur légendaire des Los Angeles Lakers ne lâchera jamais les armes. Au contraire, son combat contre la maladie fut peut être sa plus belle victoire.

Dès l’annonce de son retrait des parquets, Magic annonce sa volonté de lutter et de vaincre son mal. Déterminé à sensibiliser le monde d’un fléau que les gens considèrent à l’époque avec dégout, il devient un véritable ambassadeur (nommé à la Commission nationale) des gens atteints par le virus. A la tête de sa propre fondation, il parcourt le monde dans l’espoir de sensibiliser les plus jeunes. Même atteint d’une maladie mortelle, la joie d’être en vie de Magic est communicative. Même l’un des plus grands fléaux n’aura pu éteindre de son visage son sourire si contagieux.

Janvier 1992, un astre lumineux traverse la planète basket. Magic annonce son intention de participer au match des étoiles, le All-Star Game d’Orlando. L’émotion est grande et l’accueil que lui réserve le public est à la hauteur de l’évènement. Spectateurs, entraîneurs, joueurs, tous expriment un respect des plus profonds pour l’homme. Passant outre l’émotion, l’enfant du Michigan va livrer une performance qui s’inscrira dans le panthéon de l’histoire de son sport. Marquant 25 points et délivrant 9 passes, il aide son équipe de l’Ouest à s’imposer. Plus que la victoire anecdotique, l’histoire retiendra l’image d’un athlète au cœur immense, dont le seul miracle d’être sur un parquet rendait immortel.

Sélectionné dans la fameuse Dream Team, il prend la décision de participer aux Jeux Olympiques de Barcelone. C’est sur les terres ibériques qu’il signera une des plus belles pages de son histoire. Membre d’une équipe américaine qui renverse tout sur son passage, Magic fut une fois encore exceptionnel. Meneur de jeu et meneur d’hommes, il offre avec son compère Michael Jordan le titre suprême à son pays. En finale face à la Croatie d’un certain Toni Kukoc, il entre le dernier sur le terrain. Ovationné et applaudit de longues minutes, il est à cet instant le plus heureux et le plus aimé du monde.

Dieu du basket, touché par le démon de la maladie, Magic stoppa l’espace d’une rencontre, le chronomètre du monde. Auteur de 11 points et de 6 passes, le prodige de la cité des anges gratifia le public de quelques actions relevant du génie. Acculé face à la pléiade de stars américaine, le Croatie ne put rien, s’inclinant logiquement 117-85. Au coup de sifflet final, toute l’équipe du Team USA se regroupa autour de lui. L’image est belle, la communion forte. A 32 ans, et avec le seul All-Star Game comme rencontre officielle en l’espace d’un an, l’astre Magic vient de décrocher  la lune.

20 ans plus tard, l’étoile brille toujours. Peut être à jamais.

 











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