« Monsieur Tout le Monde »
Si je vous dis Utah Jazz, vous pensez à qui ? Karl Malone bien sûr… Mais est-ce que le Mailman serait devenu le meilleur marqueur de l’histoire de la franchise d’Utah avec 36 374 points sans les passes de génie d’un des meilleurs meneurs, passeurs et intercepteurs de l’histoire de la NBA, Monsieur John Stockton ?
Ce meneur légendaire, d’origine Irlandaise, est né le 26 mars 1962 à Spokane, une petite ville prés de Seattle. Les Stockton sont des gens modestes avec beaucoup de principes. Jack Stockton, le père de John, tient un bar avec un associé qui se nomme « Jack et Dan’s ». Le lieu est aux couleurs des Supersonics et beaucoup de supporters s’y retrouvent pour voir les matchs, mais quand Jack reprit le bar, il changea radicalement l’ambiance et la clientèle en affichant sa préférence pour les Jazz. Plusieurs grands joueurs des Jazz ont leur portrait sur les murs du bar mais bizarrement aucune de John. Son père le connait et sait que son fils n’aime pas ce genre de chose mais Jack Stockton, avec plein d’humour, dit toujours que tant qu’il n’y a pas de photo du père il n’y aura jamais de photo du fils.
Toute la famille Stockton aime ou baigne dans le basket, d’ailleurs la sœur de John, Leanne était dans le staff de l’équipe des Utah Starzz (WNBA) en tant que kiné. Tout petit, John apprend à jouer avec son frère, les témoins racontent que les deux petits Stockton faisaient des 1 contre 1 acharnés du matin jusqu’au soir qui se terminaient pratiquement tout le temps en bagarre.
Avant d’arriver chez les Jazz, John Stockton est passé par l’équipe universitaire des Gonzaga Bulldogs. Une école où le basket n’est pas important donc les représentants des franchises NBA se font rares. Mais lors du draft de l’année 1984, les Utah Jazz misent sur lui et le choisissent en 16ème position lors du premier tour.
Dès son arrivée, ses coéquipiers le regardent avec beaucoup de curiosité car au lieu de venir s’entraîner normalement avec tout le monde, John préfère regarder des heures et des heures les vidéos de ses coéquipiers afin de connaître parfaitement le style de jeu des Jazz. Mais sa première année est difficile, Rycky Green est le titulaire et tient à sa place de meneur… Mais c’est sans compter sur l’arrivée de Karl Malone en 1985. John progresse et prend de l’expérience, il devient malin, intelligent dans le jeu et très vicieux. Il n’hésite pas à mettre des petits coups à ses adversaires quand l’arbitre tourne le dos. C’est en 1988 qu’il devient le meneur et patron incontesté des Jazz avec Malone. Très vite on s’aperçoit de la complicité extraordinaire entre John et Karl, John savait attirer plusieurs adversaires à la fois et Malone n’avait plus qu’à se démarquer et à être bien placé pour recevoir le ballon. Les équipes adverses le savaient mais tombaient toujours dans le panneau. On se souvient d’ailleurs des fameux Pick And Roll réalisés à la perfection, il arrivait toujours à donner le ballon au joueur mieux placé.
John Stockton est d’ailleurs le seul joueur à avoir fait 1000 passes décisives par saison et ceci 7 fois d’affilées, s’il vous plait.
La même année, le meneur et l’ailier fort d’Utah participent à leur premier All Star Game. A noter que pendant le All Star Game 1993 John Stockton et Karl Malone sont Co-MVP ! A eux deux ils forment un des plus beaux tandems de l’histoire de la NBA.
En 1992, Michael Jordan et Magic Johnson mettent la pression sur Chuck Daly, sélectionneur de l’équipe américaine, pour écarter Isiah Thomas au profit de John Stockton. L’entraineur accepte sans discuter. C’est comme ça que John devint le meneur indiscutable de l’unique Dream Team, celle des JO de Barcelone 92. Il est entouré des meilleurs joueurs et de futures légendes… Et bien sûr son coéquipier de toujours, Karl Malone. La sélection américaine survole le tournoi et marque à jamais les esprits de toute une génération. La Dream Team repart de Barcelone avec la médaille d’or olympique.
John participera à ses deuxièmes JO en 1996 à Atlanta et repartira avec une deuxième médaille d’or.
Mis à part le basket, John mène une vie très paisible. Il habite un quartier très modeste et connait tous ses voisins. Quand il ne joue pas, il adore bricoler et passe énormément de temps avec sa grande famille (John a 6 enfants), il veut voir ses enfants grandir et ne veut rien rater de leur enfance. Ses coéquipiers se moquent gentiment de sa personnalité de « monsieur tout le monde », mais quand il s’agit du terrain, John continue d’enchaîner les records: en 1995, il pique le record de Magic Johnson et devient le meilleur passeur de la NBA, mais il ne s’arrête pas là car en 1996 il devient meilleur intercepteur de la ligue. Record encore en cours de nos jours…
En 1997 lors de la finale conférence Ouest contre les Houston Rockets, il décroche un shoot à 3 points au buzzer et envoie les Jazz en finale NBA. Malheureusement les Bulls de Jordan sont plus forts et remportent le championnat NBA. L’année suivante les Jazz ont droit à leur revanche au même stade de la compétition mais ils échouent une nouvelle fois. Chicago est définitivement plus fort.
L’âge arrivant pour John et Karl et c’était la dernière chance pour les deux coéquipiers d’être champions NBA avec les Jazz. Sur la pente descendante de sa carrière, John décide de prendre sa retraite en 2003 mais laisse derrière lui des stats impressionnantes jamais égalées de nos jours.
John Stockton c’est :
- 19 713 POINTS
- 15 806 PASSES DECISIVES (Record NBA)
- 3 265 INTERCEPTIONS (Record NBA)
- Record du plus grand nombre de saisons et de matchs joués avec la même équipe (19 saisons avec Utah Jazz et 19 Play-off)
- 3 Finales de conférence
- 2 Finales NBA
- MVP du All Star Game 1993
- Double médaillé d’or aux JO 1992 et 1996
La fidélité et la personnalité simple de John Stockton ont fait de lui une personne adorée parmi la population d’Utah. Une statue à son effigie a été construite devant l’Energy Solutions Arena, la salle des Jazz et bien entendu le numéro 12 a été retiré en hommage au meneur.
Considéré par beaucoup comme le meilleur meneur de l’histoire du basket, le 6 avril 2009, c’est la consécration… Pas un titre NBA malheureusement, mais John entre au Hall Of Fame, le panthéon de la NBA, il en devient membre en même temps que Michael Jordan et David Robinson et fait partie des 50 meilleurs joueurs de l’histoire.
Parmi ses 6 enfants, deux garçons ont choisi de se lancer dans le basket. Un de ses fils joue en Europe en D2 Allemande et l’autre suit les traces de son père et joue pour l’université de Gonzaga.
Voici une petite vidéo en conclusion… En rappelant que ce joueur est une légende et que beaucoup regretteront qu’il soit parti à la retraite sans bague de champion…
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Super article, si il pouvait en avoir un peu plus des articles comme ça, ce serait top ! keep it up!
Merci ;)
En ces temps bling bling il est bon de se rappeler du père Stockton…
je parlais des " vrais meneurs" dans l'article sur les big 3 et ben boila le meilleur exemple =)