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StillBallin’s NBA Mock Draft: N°2, Charlotte Bobcats

 

Dans quelques jours, les franchises les plus hauts placées dans la draft vont avoir la possibilité de se donner un énorme coup de boost jusqu’à pourquoi pas sortir leur équipe de leurs difficultés, grâce au renfort d’un des meilleurs jeunes joueurs désirant intégrer la grande ligue. Mais les erreurs seront cruelles et douloureuses dans ce moment crucial alors faire le bon choix devient une obligation qu’il n’est assurément pas facile de tenir. Joignons-nous à la réflexion pour quelques unes d’entre elles et voyons quelles genres de voies devraient-elles suivre. Après New Orleans et son first pick, c’est à une franchise qui a beaucoup de choses à se faire pardonner de passer sous notre œil avisé.

With the second pick in the StillBallin’s NBA mock draft, the Bobcats select…

Thomas Robinson, from Kansas University

Cette année, les Bobcats ont côtoyé le ridicule donc vous pensez, à les voir récupérer le « pick maudit » on craint salement la plantade. Depuis pas mal de temps maintenant, rares sont les fois où ce second choix de draft n’a pas laissé un petit goût amer dans la bouche de son propriétaire. Même si la situation est plus à mettre en cause que son talent, Derrick Williams, drafté en juin dernier derrière Kyrie Irving, n’a pas tout à fait été à la hauteur des attentes. Son prédécesseur, Evan Turner, n’est pour l’instant qu’un pâle reflet du joueur qu’il était à Ohio State (même si la aussi la situation lui a mis des bâtons dans les roues), tout le monde a plus ou moins essayé de voir ce qu’ils pouvaient faire avec Hasheem Thabeet et Michael Beasley avant de lâcher l’affaire, et je n’ose remuer le couteau dans le flan des Hawks qui avaient sélectionné Marvin Williams plutôt que Chris Paul ou Deron Williams. Darko Milicic, Len Bias, Sam Bowie, la liste est longue et Kevin Durant ou Jason Kidd ne suffisent pas à dissiper cette stupide impression qu’il plane un truc pas net au-dessus de ce second choix de draft.

Alors forcément quand on sait que c’est à Charlotte que revient ce strapontin, on en vient à crisper le visage comme en anticipation d’un accident imminent. Et pourtant les prospects envisagés présentent plutôt bien. Derrière l’intouchable Anthony Davis, Michael Kidd-Gilchrist, Thomas Robinson, Bradley Beal et Andre Drummond se démarquent clairement, tous les quatre avec une étiquette de potentiel all-star accrochée à l’oreille. Par contre, difficile de déterminer qui sera le meilleur joueur en définitive (le fait que tous ont un poste et un profil différent n’aide pas). Je prendrais quand même la précaution d’écarter Andre Drummond. Il est peut-être celui qui présente le plus gros potentiel (un intérieur gavé de talent aux caractéristiques athlétiques de rêve) mais il affiche aussi et surtout le plus grand risque d’échec (une motivation assez aléatoire qui coupe en deux son potentiel quand elle n’est pas au rendez-vous). Robinson, Beal et Kidd-Gilchrist ne sont pas moins intéressants donc autant éviter de jouer avec le sort.

Je mets aussi de côté l’arrière sans défauts, Bradley Beal, car quand on est une équipe à l’effectif aussi limité que Charlotte, on évite de recruter un excellent rookie sur un poste où il y a quelqu’un qui se débrouille pas trop mal (Gerald Henderson; 15,1pts à 45,9%) alors que d’autres postes qui pourraient être remplis par des prospects d’un calibre similaire (Kidd-Gilchrist et Robinson sur les postes 3 et 4) sont occupés par des joueurs pas forcément prévus dans les plans d’avenir (Corey Maggette et Tyrus Thomas). Reste donc Kidd-Gilchrist et Robinson pour se tirer la bourre. Un ailier à tout faire et à l’apport rare, et un power forward bestial.

Honneur à celui qui a titillé Anthony Davis dans l’attribution du trophée de joueur NCAA de l’année. Thomas Robinson (2,05, junior à Kansas University) n’a explosé que cette année (17,7 pts à 50,5%, 11,9 rebs) mais ça fait plusieurs années qu’il est sur les tablettes des scouts grâce à ses impressionnantes aptitudes physiques (jump, puissance, vitesse, tonicité) et à son esprit guerrier difficile à contenir. Energy guy en sortie de banc derrière l’actuel Rocket Marcus Morris (qui n’aurait jamais dû passer toute une saison sans jouer) pendant deux ans, il s’est mué en leader sans reproche une fois les coudées franches et a mené son équipe en finale du championnat universitaire. Ça vous pose une carte de visite. Mais est-ce qu’il pourra conserver un tel niveau de jeu à l’étage supérieur? Les stats et le palmarès ne suffisent pas à faire un vrai joueur NBA.

Ses limites techniques laissent d’ailleurs un peu à désirer. Toutefois, le Jayhawk a presque rendu cette question superflue grâce au formidable cocktail de qualités athlétiques, d’agressivité, d’énergie et de férocité qu’il balance dans les maxillaires de ses opposants. Paradoxalement, il est un attaquant assez complet malgré son relatif manque technique. A l’aise dans la raquette où il est difficile de lui refuser les positions préférentielles à cause de sa puissance et de sa dureté, il parvient efficacement à trouver un moyen de scorer dos au panier. Il est également très performant en un-contre-un quand il est face à son adversaire en usant de son premier pas explosif, de son physique de train humain, de son solide dribble et de sa capacité à monter haut pour déborder son adversaire et s’ouvrir une voie au panier. Son bon touché de balle finit généralement le travail.

Ce jeu fonctionne parfaitement parce qu’il a un avantage athlétique quasiment à chaque fois (tantôt vitesse, tantôt puissance, souvent les deux) et qu’il s’en sert avec une grosse agressivité mais les défenseurs qu’il rencontrera en NBA seront un peu mieux dotés physiquement. Il devrait garder un avantage athlétique sur la plupart d’entre eux mais plus aussi systématiquement ni avec le même écart donc on peut imaginer que son rendement s’en trouvera un peu raboté. D’un autre côté, il ne sera pas la seule option offensive de son équipe et le principal point d’attention des défenses adverses comme c’était le cas avec Kansas, et il devrait pouvoir bénéficier d’un jeu un peu plus généreux en espaces qu’en NCAA.

Bien utilisé, Robinson devrait constituer une réelle menace offensive intérieure dans la grande ligue. L’acquisition d’un shoot fiable à mi-distance lui donnerait quand même une dimension supplémentaire (doit-on être encouragé par ses progrès aux lancers-francs, passant de 51 à 68,2% de réussite en un an?). On aimerait aussi le voir ressortir la balle de temps en temps et jouer avec un peu plus de contrôle mais après tout, il ne joue dans la peau d’un leader offensif que depuis cette année alors laissons lui le temps d’assimiler toutes les subtilités de ce rôle.

Ces bémols font de toute façon pâle figure à côté de son apport global. Car le poids qu’il pèse en attaque, fondé sur ses monstrueuses qualités athlétiques, sa férocité, son énergie et son activité, se retrouve aussi en défense et aux rebonds (11,9 par matchs). Sans être un contrôleur aérien protecteur de la raquette comme Anthony Davis, il pose énormément de problèmes à l’attaquant qui l’aura sur le dos et pour qui il ne présente aucune faille physique ni mollesse coupable à exploiter.

Une fois les comptes faits, il est difficile d’écorner l’image du Jayhawk. Affirmer des choses avant d’en avoir un avant-goût en conditions réelles est plutôt casse-gueule mais Robinson a tous les airs d’un choix plutôt sûr qui devrait au minimum être un titulaire tout à fait convenable. Cependant, est-ce qu’il ferait une bonne addition pour Charlotte? Plutôt deux fois qu’une si vous voulez mon avis. Son association avec celui qui est appelé à être le pivot de la franchise pour les années à venir, Bismack Biyombo, aurait en effet plutôt belle allure. Complémentaire en attaque (l’un score, l’autre pas ; pas de risque qu’ils se marchent sur les pieds ou se dispute les tickets shoot) et solidaire en défense (deux intérieurs complètement dévoués à la tâche, énergiques et physiquement très denses; difficile de faire plus indigeste pour des attaquants), ils pourraient former une raquette incontournable et sans gros défauts dès que le Congolais aura passé les quelques caps qui lui manquent pour être le digne héritier de Ben Wallace. Personnellement, je signe tout de suite.

Retenons mon stylo quelques instants, Michael Kidd-Gilchrist (2,00 m, 18 ans) est lui aussi un sacré prospect et il fera peut-être une meilleure recrue que Thomas Robinson. Parce que si Anthony Davis était le joueur le plus déterminant de la formidable armada de Kentucky, Kidd-Gilchrist en a été le cœur et le poumon. L’influence de l’ailier freshman sur un match va bien au-delà des chiffres (11,9 pts à 49,1% et 7,4 rebs). Cette merveilleuse machine athlétique qui combine longueur (2,00 m + 2,13 m d’envergure de bras), vitesse, agilité, puissance et jump apporte sur le terrain une volonté de vaincre, une énergie et une présence impitoyablement étouffantes, tant en attaque qu’en défense. Spécialiste des tâches ingrates et indispensables, il fait avec un talent certain toutes les petites choses qu’on ne voit pas parce qu’elles ont lieu loin du ballon mais qui pavent la route pour une victoire: défense tentaculaire et agressive (applicable sur les postes 1 à 4, présence en aide et dans les lignes de passes), et rebonds quand les adversaires attaquent; mouvements sans ballon intelligents, pose d’écrans et bataille sur toutes les balles qui trainent quand c’est son équipe qui a la main. Le tout déployé avec une énergie et une volonté à renverser les montagnes qui se trouve aussi être contagieuse.

Quelques éléments font malgré tout baisser la température. Vous l’aurez certainement compris parce qu’on en a pas encore parlé, le scoring ne compte pas vraiment parmi ses forces et plus exactement, il ne peut pour l’instant pas supporter de véritables responsabilités offensives. Assez peu exposé de ce côté-là à Kentucky puisqu’il était le joueur des champions NCAA qui, rapporté sur un temps de jeu égal, prenait le moins de tirs (septième sur une rotation reposant principalement sur sept joueurs), il a été un contributeur solide (11,9 pts à 49,1%) mais en rien une réelle option offensive sur laquelle on peut s’appuyer. Il est très performant dans le jeu de transition où ses caractéristiques athlétiques, son bon touché de balle et sa volonté de taureau camarguais le rendent pratiquement instoppable, et se rend précieux en seconde lame, sans le ballon, quand il profite des oublis défensifs de l’adversaire ou des balles laissées sans surveillance pour enfiler un panier (il est d’ailleurs plutôt efficace dans la peinture, même avec un peu de monde autour de lui). Mais il s’agit là de types d’actions où il n’a pas un défenseur rivé à ses mouvements. Jouer le un-contre-un et se créer ses propres occasions de marquer ne sont pas dans ses cordes pour le moment. Il lui manque la qualité de dribble pour profiter de son premier pas dévastateur et de sa panoplie athlétique pour devenir un slasher de bon niveau, et son shoot n’est actuellement aucunement un arme opérationnelle.

Il provoque malgré tout pas mal de fautes (4,8 en moyenne), rentre la plupart de ses lancers francs (74,5%), est plutôt un bon passeur et semble disposer d’un excellent feeling pour le jeu, ce qui n’est pas négligeable. Rien de suffisant pour considérer comme autre chose qu’un scoreur secondaire mais il est l’un des plus jeunes joueurs de la draft et a encore beaucoup de temps pour développer ses aptitudes (son éthique de travail est d’ailleurs hautement louée). Il devrait aussi bénéficier des espaces un peu plus importants dans la grande ligue. Après, est-ce qu’on veut vraiment le voir lâcher un peu de son énergie dans le scoring? Actuellement, son apport global dans un match n’est pas moindre que celui d’un excellent scoreur qui est plutôt moyen dans les autres aspects du jeu, et est plus rare et peut-être plus un facteur de victoire. Alors pourquoi risquer de limiter son fabuleux travail de sape en lui refilant une responsabilité énergivore de plus? Les pourvoyeurs de points pullulent dans cette ligue tandis que lui apporte une combinaison de choses souvent salutaires mais assez difficile à trouver.

Certains se demanderont peut-être si un tel joueur, sorte de méta role player, est le joueur qu’il faut pour une équipe aussi faible que Charlotte. Il est vrai que son apport risquerait de tourner dans le vide tant que les Bobcats ne l’auront pas suffisamment bien entouré mais qu’importe l’ordre dans lequel les pièces du cinq majeur arrivent. Construire une équipe avec quelqu’un comme lui, en terme de complémentarité et surtout de jeu (son activité permanente, son énorme travail de l’ombre, son énergie contagieuse et son parfait esprit d’équipe apportent à eux seuls une bonne partie des éléments nécessaires à l’établissement d’un gros jeu collectif) paraît extrêmement facile car il offre des choses indispensables et assez difficiles à trouver que les autres auront moins besoin d’avoir sur leur CV. Dès que la franchise de Caroline du Nord aura rempli les autres postes avec des joueurs plus classiques (personnellement, je compte Kemba Walker et Bismack Biyombo dedans, sur le potentiel en tous cas), l’impact invisible de Kidd-Gilchrist fera souffrir ses adversaires aussi bien qu’un all-star. Et il ne faudra pas s’étonner de voir les Bobcats additionner les victoires.

Vient maintenant l’heure du choix. Le bestial intérieur de Kansas comme le « Prince of Darkness » de Kentucky sont potentiellement des superbes recrues. Mais lequel des deux serait la meilleure? Sans trop pouvoir départager les deux prospects, ni trop savoir si j’ai raison ou non, j’opterais pour Thomas Robinson. Si je suis dans la peau des décideurs de Charlotte (bon allez, de Michael Jordan), je ne peux pas résister à l’idée d’avoir une raquette d’une aussi grande densité, associé qu’il serait à Biyombo (évidemment, il faut avoir confiance dans le potentiel du congolais). A mon avis, un gros secteur intérieur est d’avantage capable de contrôler un match (tirs à haut pourcentage, pouvoir de refuser aux attaquants adverses l’accès à des tirs à haut pourcentage, maîtrise du rebond) qu’une très forte ligne extérieure. Un choix qui repose plus sur ma conception des choses que véritablement sur ma préférence pour l’un des deux prospects.

StillBallin (http://unlimitednba.blogspot.fr/)











2 commentaires

  1. Je sais que beaucoup considère Barnes comme un top 5 mais à mes yeux, il est un cran en dessous des joueurs que j'ai cité ici. Il n'a pas de vraiment gros défaut qui plombe sa valeur mais je le trouve limité par rapport à eux. Il est très efficace en spot-up shooteur mais c'est à peu près tout. Il a été bien aidé par un meneur qui trouve les tirs ouverts comme un asticot trouve un cadavre (ami de la poésie!) et malgré ça, il a tourné à un peu engageant 44% de réussite.

    Je sais aussi qu'il a ébloui tout le monde aux tests physiques en sautant plus haut que tout le monde mais il se sert tellement peu de cette qualité en match que ça fait deux ans que tout le monde pense qu'il n'est pas assez athlétique. Il peut sauter aussi haut qu'il veut pendant les tests, si ça ne se transpose pas en match, ça ne sert à rien de tenir compte de cette performance.

  2. Moi je vote Robinson
    Tu le fait travailler son shoot a mi-distance est tu as une armes défensif et surtout offensif les plus forte de la NBA ( Donc se muets en LaMarcus Aldridge en plus athlétique et meilleur défenseur …Imaginez !!!!!!) Son association avec Byombo j'éspère marchera surtout que il sont complètent très bien ( 1 uniquement défenseur et l'autre des deux [ attaque-défense] )
    Et puis avec un tel cinq : Walker ( gros potentiel et deja joueur correct) – Gordon ( bon scoreur et jeu sans ballon peu a la Rip Hamilton) – Henderson ( il l'on d'écrit dans l'articlle , il sort d'une bonne saison et est un joueur solide)-Robinson – Byombo !!!!!! Sa fait très mal

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