Vintaganalyse : la fin des Titans


                Depuis toujours, le basket est un sport de grands, et la NBA n’échappe évidement pas à la règle. L’histoire de la grande ligue est là pour nous rappeler que les plus grands joueurs, les plus grandes légendes, ceux qui ont de tout temps dominé le jeu n’étaient autre que des Big Men. Et pourtant, à l’heure actuelle, non seulement ce ne sont plus les pivots qui règnent sur la NBA, mais il est en plus de plus en plus difficile d’en trouver ne serait ce qu’une poignée de très haut rang.

 

                Un nom, peut être deux. Dwight Howard et Andrew Bynum, deux seuls pivots contemporains pour nous rappeler le souvenir des nombreux monstres qui ont mis la ligue à leur joug et qui ont martyrisé les raquettes depuis la création de la NBA. Et si le désormais pivot titulaire des Lakers est ce qui se fait de mieux, et de très loin, sur le poste 5, le neo Sixers est lui-même encore un produit pas totalement achevé, même si son potentiel reste très prometteur. Hormis ces deux là, difficile donc de trouver d’autres monstres physique capable de dominer un match des deux cotés du terrain. Surprenante anomalie quand on s’intéresse d’un peu plus près à la grande histoire de la ligue américaine.

                En effet, depuis la création du trophée de MVP, en 1955, jusqu’en 1983, soit sur une période de 28 ans, pas moins de 21 trophées ont atterri entre les mains de pivots, pour seulement 7 sur les quatres autres postes (que se partagent Bob Cousy, Bob Pettit, Oscar Robertson et Julius Erving). Une stat tout de même hallucinante qui vient contraster avec la période creuse que l’on vit actuellement. Après 1983 on a vu plus facilement des joueurs sur d’autres positions remporter le trophée (de 1984 à 1992, Magic, Bird et Jordan les ont tous trustés par exemple), mais ce n’est pas pour autant que la ligue est tombée en pénurie de Big Men,  et des joueurs comme David Robinson, Hakeem Olajuwon ou Shaquille O’Neal ont réussi à obtenir l’ultime récompense.

                Mais depuis le Shaq en 2000, plus rien. Un néant assez inquiétant, et qui entache un peu la domination presque sans faille des pivots d’autrefois.

Shaq, dernier titan de la NBA.

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Une dynastie de grands pivots depuis toujours.

                Pour un sport où le but est de mettre un ballon dans un panier situé en hauteur, quoi de plus normal que de voir réussir des personnes de plus grandes tailles.

                Aussi, c’est tout naturellement que lorsque la NBA est créée en 1947, la première star à naître n’est autre qu’un pivot, que dis je, un géant plutôt. George Mikan, le légendaire pivot des Lakers alors encore situés à Minneapolis, est le tout premier joueur à dominer le jeu, ce qui lui vaut d’être affublé du surnom on ne peut plus flatteur de Mr. Basketball. Du haut de ses 2m08, Mikan est considéré comme l’inventeur du dunk, un geste qui de nos jours nous paraît indissociable du basketball, mais ce ne fut pas le cas autrefois. Et même si le dunk tel qu’on le connait aujourd’hui est bien différent et sera démocratisé par Elgin Baylor, en se saisissant du ballon et en allant le mettre directement dans le cercle avec ses long bras, George Mikan venait d’inventer le dunk. Décédé en 2005 à l’âge de 80 ans, il restera dans les mémoires comme l’originelle star de la NBA, et son premier joueur dominant. Cinq fois champion NBA, six fois All NBA First Team, quatre fois All Star, trois fois meilleur marqueur de la ligue, élu Greatest player of Half Century en 1950, et présent parmi les 50 meilleurs joueurs de l’histoires à l’occasion des 50 ans de la NBA en 1996, son palmares immense est aussi là pour nous rappeler toute l’étendue de son talent.

Mikan, superstar originelle de la NBA

                Sa succession est toute assurée dans les années 60’s, lorsque l’on voit débarquer en NBA deux des forces les plus dominante qu’on ait jamais vu évolué. L’un est un monstre tant par le talent que par le physique, une machine offensive impossible à enrailler, une véritable usine à records, dont la plupart sont aujourd’hui encore toujours d’actualités. L’autre est un vrai rempart, le plus grand défenseur jamais vu, et un champion parmi les champion. Wilt Chamberlain et Bill Russell.

                Jamais on avait vu, et sans doute jamais on reverra, cette rivalité, cette opposition de style poussée à l’extrême entre deux joueurs. Car Russell et Chamberlain n’étaient pas seulement deux pivots au registre diamétralement opposé, mais ils étaient en plus les meilleurs dans ce qu’ils faisaient et c’est ce qui rendait les confrontations si extraordinaires. Et quand on pense à Chamberlain comme le meilleur attaquant de la ligue et à Russell comme le meilleur défenseur, il n’est pas question de se limiter à leur époque seulement, mais à une échelle bien plus grande, celle de la grande histoire de la ligue.

Les deux piliers de la lignée de pivots dominant qui allait suivre. 

                En effet, Wilt Chamberlain était tout simplement un monstre physique comme on en avait jamais vu au sein de la NBA : 2m16 pour plus de 125kg, des bras à rallonge et des jambes interminables, qui lui valurent d’ailleurs le surnom de Wilt « the Silt » (les échasses). Un titan, à proprement parler, qui en plus de ses kilos de muscles avait du talent plein les mains. Et dès sa première année dans la ligue, Chamberlain écrase tout : il finit meilleur marqueur de la ligue, et meilleur rebondeur, remportant même le trophée de MVP alors qu’il n’est qu’un rookie … Un vrai phénomène. Mais c’est bien sa saison 1961-1962 qui sera la plus belle de sa carrière, compilant 50.4 points et 25.7 rebonds par matchs, s’offrant même le luxe ce fameux 2 Mars 1962 d’entrer encore un peu plus dans l’histoire en inscrivant 100 points dans un seul match. Titanesque, c’est le mot.

                Bill Russel de son coté n’est pas en reste. Dans une époque où il faut savoir marquer pour briller, Russell débarque à Boston et va complètement transformer le jeu. Il sera le premier à faire de la défense quelque chose d’important et de valorisant. Pas une machine offensive du tout, Russell va devenir d’année en année le cauchemard de tout les attaquants de la ligue. Beaucoup se plaisent à dire que Russell parvenait même à contrer des shoots sans les contrer : les attaquants étaient si préoccupés et effrayés par lui qu’ils en loupaient eux même leurs tirs. C’est à ce point que Russell était dominateur sur le jeu, une véritable muraille infranchissable.

Une des plus belles rivalité qu’ai connu la NBA. 

                Aujourd’hui encore, il est tout à fait légitime de se dire que Chamberlain fut sans doute le meilleur attaquant de l’histoire, et Russell son meilleur défenseur. Si les blocks avaient été comptabilisés à son époque, sans doute aurait-il affolé les compteurs, et malgré la floppée d’extraordinaires scoreurs nés qui se sont succédés en NBA, aucun ne rassemblait à Wilt, à la fois un talent immense et un physique hors norme, qui lui offrait cette facilité déconcertante pour marquer encore et encore. Une rivalité sans faille entre les deux hommes, entre le défenseur ultime et l’attaquant parfait. Il n’y avait qu’un seul homme pour résister à  Russell, tout comme il n’y avait qu’un seul  pour freiner Chamberlain.

                Après des années 60’s dictées par cette rivalité, les années 70’s allaient se révéler comme une décénie en or pour les pivots NBA. A commencer par Willis Reed, le pivot des Knicks, auteur du légendaire come back lors des Finales 1970 pour offrir à Big Apple son premier titre, et rajouter à son MVP de saison régulière celui des Finales. Dave Cowens, ce rouquin aux mains en or qui mena Boston à deux titres NBA pendant les 70’s, ou son rival de toujours, Wes Unseld, des Bullets (de Baltimore, Capital et enfin Washington). Nate Thurmond, ou Nate The Great, le pivot des Warriors de San Francisco, auteur du premier quadruple double de l’histoire. Bill Walton, qui aurait pu être considéré comme un des grands parmi les grands si sa carrière n’avait pas été gachée par les blessures. Il rapporta le titre aux Blazers en 1977, contre un autre pivot de légende, Moses Malone, qui venait à peine d’arriver en NBA mais qui ferait parler de lui et de ses potes Julius Erving & co chez les Sixers à de maintes reprises. Tous ont été MVP (excepté Thurmond), tous ont tourné à un gros double double de moyenne pendant de nombreuses saisons, tous ont martyrisé les raquettes et dominé le jeu en leur temps.

Bill Walton et Dave Cowens, deux figures des 70′s au poste de pivot. 

                Mais le véritable phénomène au poste 5 dès les années 70’s, est un jeune pivot de UCLA qui fera les beaux jours de Milwaukee et Los Angeles. Bill Russell prend sa retraite en 1969 sur un dernier titre, la même année que l’arrivé d’un certain Lew Alcindor dans la cour des grand. Chamberlain, toujours en activité avouera plus tard qu’il fut le seul joueur pour lequel il dû demander de l’aide pour le défendre. Son héritage est inestimable, et surtout inégalable. Du haut de ses 20 ans de carrière, Jabbar était un scoreur né, car non seulement d’avoir un talent peu commun, un gabarit impressionnant et des bras interminables, il est bien évidement connu pour son geste, le Sky Hook, considéré comme le shoot le plus indéfendable jamais inventé.

                Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il fut mouche de nombreuses fois, que ce soit avec les Bucks, pour qui il gagna le titre en 1971 avec Oscar Robertson, ou avec les Lakers où il en rafla cinq de plus dans les 80’s. Six titres de champion NBA donc, auxquels il faut rajouter 6 trophées de MVP, Kareem Abdul Jabbar restera dans l’histoire sans doute comme le plus sous estimé des plus grands joueurs de tous les temps. Un pivot de légende, que seul le poids des ans aura pu stopper.

Kareem et son incomparable Skyhook.

                Pour prendre la relève, un groupe de quatre fantastiques va éclabousser les années 90’s de leur talent. Pas de surfeur d’argent, de femme invisible ou de torche humaine, mais quatres fantastiques pivots tout de même, qui se montreront à la hauteur de leurs prédécesseurs. Hakeem Olajuwon et Pat Ewing, les éternels rivaux, adversaires en finales NCAA comme en NBA, deux styles différents mais deux immenses joueurs. Auxquels il faut rajouter David Robinson et un peu plus tard, Shaquille O’Neal.  Si Ewing et Robinson ont ce qu’on peut appeler un style plus classique, celui de Hakeem sort complètement de l’ordinaire. Hakeem n’était pas musclé, mais plus vif et explosif qu’aucun autre pivot passé par la NBA auparavant.

                Une versatilité unique, qui lui permettait de dominer son adversaire direct en attaque avec une facilité impressionnante. Le fameux DreamSkahe, qui mettait dans le vent n’importe quel bon défenseur, n’était qu’une arme d’Olajuwon, qui pouvait également compter sur un shoot extérieur très fiable, et qui dominait également défensivement. Et pas seulement sur les Big Men, Hakeem était capable de garder un pivot comme de couvrir les arrières les plus vifs sur une rotation en pick& roll. Meilleur contreur de l’histoire de la NBA, il n’en restait pas moins un terrible intercepteur. C’était en définitive, à l’image d’un Kevin Garnett dans ses jeunes années, un arrière coincé dans un corps de pivot.

Hakeem & Pat, deux pivots de légende des 90′s.

                Olajuwon remporta deux titres, dont l’un en 1994 contre Pat Ewing. Véritable pilier des Nasty Knicks coaché par Pat Riley, The Beast est sans doute à l’heure actuelle le plus sous estimé des quatre, du fait qu’il n’ait aussi jamais remporté de titre NBA. Mais la réflexion correcte serait aussi de remarquer qu’il est le seul des quatre à n’avoir jamais joué avec un autre Hall of Famer a coté de lui. En entrant dans la ligue, on attendait d’Ewing qu’il apporte toutes ses qualités défensives : solide comme un roc, exceptionnel contreur, Pat était une plaie en défense pour n’importe quel joueur qui s’aventurait dans la raquette. Mais ce à quoi personne ne s’attendait, c’était qu’il finisse sa carrière avec quelques 25 000 points au compteur, grâce notamment à son baseline jumper diaboliquement efficace.

                Le Shaq enfin, a débarqué en 1992 en NBA et a ébloui d’entrée de jeu les amateurs de balle orange. Une tonne de muscle montée sur ressort, qui a fait les beaux jours d’Orlando avec Penny Hardaway. Avant ensuite, dans un style moins flashy et plus puissant de faire main mise sur la NBA dans ses années Lakers. Le Shaq peut se vanter d’avoir été un des joueurs les plus puissants, incontrôlables et dominants de l’histoire de la ligue. Son départ en retraite en Juin 2011 à laissé la NBA orpheline du dernier (ou presque) vrai pivot de ces dernières années. 

L’incomparable Shaq reste le dernier pivot dominant de ces dernières années.

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Where are the Big Men ?

                Au vu donc de la longue dynastie de pivots de grande classe passés par la NBA, difficile de s’expliquer ce trou d’air que nous vivons en ce moment. On le sait, la NBA est faite de cycles, et peut être un jour reverrons nous un nouvel âge d’or des pivots, mais force est de constater que ce temps n’est pas encore venu.

                Un des problèmes du manque de pivot dominant au sein de la ligue vient du fait qu’il n’y a tout simplement plus autant de Big Men au sens premier du terme. On ne trouve plus autant qu’avant de joueurs aussi grands qu’un Chamberlain, qu’un Jabbar ou Robert Parish. Et quand bien même on en trouve, ils ne sont pas aussi athlétiques qu’on le souhaiterait, pas aussi costaud qu’un Shaq, qu’un Robinson ou qu’un Ewing. Marc Gasol par exemple, parmi les tout meilleurs poste 5 du moment en NBA, est loin d’être un vrai athlète. En clair, une réelle pénurie de big dude, qui fait du mal à la NBA qui se retrouve alors avec de moins en moins de force intérieures dominante. Et les rares vrai Big Men que nous a offert dame nature ces dernières années sont souvent abonnés à l’infirmerie comme Greg Oden ou Yao Ming. En leur temps, Bill Walton ou Arvydas Sabonis (tiens, tiens, autant de Blazers) ont connu eux aussi leur lot de blessures mais aujourd’huivu que les vrai Big Men se font rare, une carrière gâchée se remarque plus facilement dans le paysage NBA.

Gasol, un des meilleur pivot de NBA mais pas un véritable athlète.

                Et à l’inverse, parmi les athlètes du poste 5 que l’on peut trouver, aucun ne semble avoir un talent suffisant pour devenir une réelle menace en attaque et se contente de n’être finalement qu’un spécialiste défensif (Tyson Chandler, DeAndre Jordan, Joakim Noah, Kendrick Perkins, etc). Il n’existe plus dans la ligue aujourd’hui de véritables forces offensives au poste de pivot, comme ont pu l’être Chamberlain, Jabbar ou Shaq plus récemment. Même Dwight Howard ou Andrew Bynum, ce sont tout deux des joueurs qui brillent d’abord par leur défense. Malgré le fait qu’il continue toujours à travailler encore et encore ses moves au poste bas, Howard n’est pas des plus à l’aise qu’il soit encore dos au panier. Andrew Bynum est plus jeune quant à lui, et est resté discret pour le moment. Drafté très jeune par les Lakers, il a dû travailler pour se faire une place chez les pros et la saison dernière à montré de belles promesses, notamment au poste bas où on le sent de mieux en mieux. Désormais à Philadelphie, il aura l’occasion de prendre beaucoup plus ses responsabilités, et pourrait véritablement exploser sur le plan offensif. Un fait déplorable donc, de voir qu’aucun joueur ou presque ne parvient à rassembler la dimension physique et le talent basketball, la recette secrète de tous les bons pivots de l’histoire.

                C’est pourtant là le plus grand paradoxe du basket moderne. Alors que la NBA est entrée depuis un moment déjà dans une ère où le physique tient une place primordiale, où soulever de la fonte est devenu une condition sinequanone pour réussir, et où un Larry Bird se ferait refouler par 30 franchises sur 30 si il voulait commencer sa carrière de nos jours, dans le même temps sur le poste de pivot, censé être la position où le physique joue le plus important des rôles, la tendance est clairement inversée.

                Et aujourd’hui, les mentalités ont changé. Autrefois, il fallait avoir un pivot dominant pour espérer décrocher le titre NBA. Les Minneapolis Lakers ont pu compter sur Mikan, puis les Celtics sur Bill Russell, les Sixers et Lakers sur Chamberlain, Willis Reed chez les Knicks, Jabbar chez les Bucks, Walton aux Blazers, Cowens et Unseld respectivement pour les Celtics et Bullets, de nouveau Jabbar dans les 80’s. Les Knicks ont longtemps été favoris pour le titre sous la oulette de Pat Ewing, de même pour Hakeem à Houston ou Robinson chez les Spurs. Finalement, et comme sur beaucoup de point, le dernier en date à répertorier est Shaq, dans sa période Lakers ou même à Miami.

                Mais entre temps, un certain Michael Jordan est passé par là et les Bulls ont eu la main mise sur la décennie des 90’s sans aucun pivot de talent. Et le concept du pivot dominant au centre de l’équipe s’est perdu du plus en plus, et les exemples ne manquent pas. Les Sixers d’Iverson, à deux doigts du titre, les Pistons de 2004, la dynastie des Spurs, Boston, les Lakers, Dallas, et encore plus fort, Miami cette année qui s’est offert une bague de champion sans jouer avec de réel pivot. Le temps des pivots semble toucher à sa fin, et une autre ère s’ouvre sans doute en NBA.

Boston, un récent exemple qu’on peut désormais gagner un titre sans pivot dominant.

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Foward Era

                Car le facteur premier à prendre en compte lorsque l’on s’intéresse de près ou de loin à l’évolution du jeu ces dernières années, c’est l’influence du basket international sur la NBA, ce que les amateurs de balle orange se plaisent à appeler l’European style.

                En effet, voilà quelques années à présent que la NBA a ouvert ses portes aux étrangers avec une plus grande facilité. Et même si quelques Européens évoluaient déjà en NBA dès les toutes premières années, c’est dans les 80’s que le phénomène va prendre de l’ampleur. Un des premiers sera l’allemand Detfel Schrempf, qui rejoint les Mavs en 1985 et se fera connaître comme l’ailier des Seattle Supersonics de Gary Payton & Shawn Kemp qui tomberont en Finales NBA face aux Bulls. Rick Smits, le grand pivot Néerlandais, fera l’intégralité de sa carrière aux Pacers, tenant un rôle important aux coté de Reggie Miller dans les nombreuses épopées de playoffs d’Indiana. Mais si l’on parle des premiers à avoir eu un réel et on ne peut plus conséquent impact en NBA, il faut se tourner vers les Balkans, et l’ex Yougoslavie (principalement les futurs Serbie et Croatie) d’où sont sortis de fantastiques joueurs. Ainsi, fin des années 80’s, un certain Vlade Divac est drafté par les Lakers et débarque à LA avec la lourde tache de combler le vide créé par le départ de Jabbar. Une tâche pas facile, mais Divac, déjà icône nationale en son pays, montrera l’étendue de son talent en NBA, devenant pivot titulaire de Lakers qui tomberont contre les Bulls en Finales 1991, avant de briller un peu plus tard avec Sacramento. Un autre nom à garder en tête, celui de Drazen Petrovic. Le Mozart du Basket, véritable prodige en Croatie, fait des débuts difficile chez les Blazers, barré par un manque de confiance du staff et une trop forte concurrence, puis d’exploser chez les Nets début 90’s. Avant d’être fauché par un camion dans un accident de la route en 1993, au sommet de son art.

Petrovic et Divac, deux des pioniers Européens en NBA.

                Les nouveaux maîtres du jeu ne sont plus les pivots, mais bien les fowards. Small foward et Power Foward confondus d’ailleurs, puisque les meilleurs ont la capacité d’évoluer souvent sur les deux postes, que ce soit Lebron James, Carmelo Anthony, ou encore Kevin Durant. En plus de ces trois là, on constate aussi le nombre élevé de bon voir très bon joueurs sur ce poste 3 : Andre Igodala, leader des Sixers et qui devrait en faire de même à Denver, Paul Pierce à Boston depuis de longues années, Danny Granger, franchise player des Pacers, Rudy Gay, leader des Grizzlies, où même Tracy McGrady il y a quelques années en arrière. Sur le poste 4, les bons joueurs ne sont pas difficile à trouver non plus : Kevin Love, franchise player des Wolves, Aldridge qui est en train d’en faire de même à Portland, Blake Griffin aux Clippers, Dirk Nowitzki, Tim Duncan et Kevin Garnett en véritables leader de leurs équipes depuis plus d’une décennie maintenant. Mais encore Pau Gasol, Chris Bosh ou encore Amare Stoudemire.

                Force est de constater qu’un grand nombre des bons joueurs de la ligue sont des Foward. Et une des raisons pour expliquer cela est sans doute le fait que le jeu est devenu beaucoup plus rapide, plus flashy qu’auparavant. Une raison qui, si on la rajoute au développement de la défense de zone, explique également pourquoi on voit moins en NBA de grands et puissants pivots comme il y en a toujours eu. Ainsi, avec ce jeu flashy qui se développe, les mieux placés pour dominer sont les Foward, suffisament athlétiques et rapides, sans être ni trop petits ni trop grands. C’est un portrait très typé et caricaturé, mais qui colle souvent avec les meilleurs joueurs de la ligue. Dans une ligue où la dimension physique est devenue capitale, ce ne sont pas les plus rapides, ni les plus puissants qui domineront, mais bien ceux qui sont capables de rassembler ces deux qualités pour un cocktail explosif, et ceux là ce sont les joueurs qui évoluent sur les postes 3 et 4. De Lebron James à Blake Griffin en passant par Andre Igodala, les plus fantastiques athlètes de la ligue se retrouvent sur ces deux positions à présent.

Les Small Fowards ont pris le pouvoir.

                Et pourtant, encore une fois historiquement, les foward n’ont jamais eu la main mise sur le jeu comme ils peuvent l’avoir à l’heure d’aujourd’hui. Les Small Foward qui ont marqué l’histoire peuvent se compter sur les doigts d’une main. Elgin Baylor, l’inventeur du poste, en fait partie. Il y eut ensuite John Havlicek, le magicien des Celtics dans les 70’s, Julius Erving évidement, Larry Bird qu’on ne présente plus, ou encore Scottie Pippen. Des joueurs comme James Worthy, George Gervin ou même Rick Barry  méritent d’être cités, mais sans doute pas au même titre que ces cinq autres. Du coté des power foward, encore moins se sont illustrés au point de marqué l’histoire de la NBA. Bob Pettit, joueur emblématique des Hawks, premier MVP de l’histoire en 1955, mais ce n’est qu’à partir des années 80’s qu’on commence à retrouver des joueurs de très haut rang, avec Kevin McHale, l’ailier fort des Celtics qui a enrhumé bien des adversaire dans la raquette, Charles Barkley et Karl Malone, tous deux membre de la Dream Team et MVP dans les 90’s, avant l’arrivé des Kevin Garnett et autres Tim Duncan dans la ligue.

                Un autre facteur important à prendre en compte, et au fond on ne sait pas si il est la cause ou la conséquence de la disparition progressive des grands pivots en NBA, c’est la capacité des nouveaux Big Men a shooter de mieux en mieux et de plus en plus loin. Chez les pivots, avec par exemple un Marc Gasol ou un Al Horford, mais surtout chez les Power Foward. En chef de file, deux joueurs qui peuvent en toute légitimité être considérés comme parmi les meilleurs poste 4 de l’histoire : Dirk Nowitzki et Kevin Garnett. Aujourd’hui c’est devenu presque une constante de voir les tous meilleurs power foward posséder un très bon shoot : Kevin Love, mais aussi Pau Gasol, Stoudemire, ou même Chris Bosh. Une qualité que ne possédaient pas par exemple Charles Barkley et Karl Malone, les figures emblématique du poste de power foward, pour la simple et bonne raison que ce n’était pas leur rôle.

L’évolution du jeu se traduit aussi par voir les Big Men dégainer de plus en plus loin.

             

                Ainsi, il aura fallut attendre les années 2000 pour voir enfin le règne des titans prendre fin. Plus de 50 années de domination presque sans faille pour une véritable dynastie de pivots, tous plus talentueux et puissants les uns que les autres. Mais quand on sait à quel point le jeu change en tous points en même pas 10 ans d’intervalle, le vrai miracle n’est-il pas qu’il aura fallu plus de cinquante ans pour voir d’autres types de joueurs prendre le pouvoir ? Aujourd’hui la NBA semble être désormais sous le joug des fowards, Lebron James en chef de file, mais pour combien de temps encore ? Seul l’avenir nous le dira, cependant l’essentiel est ailleurs. La NBA est avant tout une scène, où chaque soirs des millions de gens autour du monde se plaisent à admirer un spectacle unique, qu’ils soit réalisé par de petits meneurs, de géants pivots ou de renversants ailiers.

                Show must go on.


Guillaume