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Entretien exclusif avec Charline Servage, notre consultante LFB

Comme vous nous l’annoncions, Basket-infos a décidé de couvrir un peu plus le basket féminin par le biais d’une toute nouvelle rubrique animée par Charline Servage, notre consultante de choc du basket féminin, intitulée, « La 3e mi-temps de Charline ». Chaque semaine, l’ancienne meneuse de Lyon Basket nous livrera son analyse de spécialiste du championnat de France de basket féminin.

Bonjour Charline, Peux-tu te présenter à nos lecteurs et nous expliquer ton parcours basket ?

Je suis originaire de Grenoble , formée a la Tronche Meylan. Je suis partie jouer au centre fédéral, pendant un an. Je suis ensuite allée à Challes-les-Eaux en nationale 1, nous avons arraché le titre de championne de France. Après une année compliquée au niveau de mes études je suis rentrée chez mes parents pendant une année et je suis retournée jouer a la Tronche Meylan en nationale 2. Contactée par Montpellier en fin de saison je suis partie jouer 2 ans là-bas. Une première année en nationale 2 et la deuxième année en ligue féminine. Une expérience inoubliable ! Coupe d’Europe, vice championne de France (finaliste contre Bourges). En quête de plus de temps de jeu je pars jouer à Strasbourg en ligue 2, pendant 2 ans puis je suis partie à Lyon pour 2 ans avec une belle montée de ligue 2 en ligue féminine. Et donc une année en ligue féminine la saison dernière, un peu compliquée avec peu de victoires mais cette saison reste un bon souvenir pour moi.

Si je me souviens bien, le basket, c’est une histoire de famille, peux tu nous en dire plus ?

Mes grands- parents se sont rencontrés sur un terrain de basket, ma grand-mère, joueuse, mon grand-père aussi, puis il est devenu entraîneur de ma grand-mère. Mon grand-père m’a appris à jouer au basket, sans lui je n’en serais pas là aujourd’hui, je lui dois beaucoup ! Mon père a été arbitre puis formateur, et ma mère est présidente de la ligue des Alpes, vice présidente de club de la Tronche Meylann et secrétaire générale de la fédération française de basket ball. Ma grande sœur a joué en nationale 2 aussi et ma petite soeur, une poussine surclassée en benjamine avec un bel avenir devant elle. Donc, oui le basket fait vraiment partie de notre vie. Une vraie famille basket !

Tu as vécu une saison difficile avec Lyon, et surtout un été très agité ? Qu’et ce qui s’est réellement passé depuis ton départ de LBF ?

Vivre une descente n’est jamais bien marrant. Mais vivre une saison comme celle que j’ai vécue à Lyon m’a permis d’apprendre beaucoup sur moi même. Ce n’est pas dans la facilité que l’être humain progresse mais dans la difficulté. Donc une saison qui m’a permis d’avancer humainement.
J’ai signe fin mai a Voiron en ligue 2 , pour me rapprocher de ma famille et le club nous a caché les 470 000 euros de dettes qu’ils avaient, et ils nous ont donc annoncé le 18 juillet qu’ils déposaient le bilan. Une chose très dur à vivre car du jour au lendemain on a la sensation de tout perdre. Dans un premier temps j’ai été très déçue et très énervée contre eux, puis je me suis dis que d’être dans un tel état d’esprit ne ferait pas avancer les choses, donc je me suis replonger dans un nouveau projet. Mais il est certain que la situation des clubs en France devient de plus en plus critique. Comme on dit, c’est la crise ! Et ce sont beaucoup de joueurs et joueuses françaises qui en font les frais.

Justement, as-tu eu des contacts ? Allons nous te revoir fouler les parquets cette saison ? Un scoop peut-être ?

Oui, à la suite de cette annonce j’ai eu pas mal de propositions. Mais je devais me poser les bonnes questions. Savoir exactement ce que je voulais faire et qu’est ce qui allait me rendre heureuse tous les matins en me levant. Et la réponse est simple : ma famille !
Donc oui, vous allez me revoir sur les parquets très rapidement. Je dois dans un premier temps attendre que du côté juridique les choses s’officialisent et ensuite je devrais porter le maillot de la Tronche Meylan en nationale 1. Donc oui c’est un scoop !

Nous aurons l’occasion d’en reparler cette année, mais lorsque tu jouais à Lyon, ton club de l’époque mettait en avant l’image des joueuses, ce côté séduction, voir glamour Qu’en penses-tu ?

Effectivement, Lyon met en avant la féminité. Un concept très novateur. Ils ont crée un label,  » Lyon gagne avec ses femmes « , et ce label en dit long … Certes nous sommes des sportives de haut niveau, mais nous sommes avant tout des femmes ! Lyon a compris qu’en mettant en avant la féminité de leurs joueuses, ils allaient frapper fort. Je pense qu’ils ont tout compris ! Nous faire jouer en robe était une idée odacieuse et très osée. Une grande première dans le basket feminin. Et depuis, nous voyons de plus en plus d’equipes revenir à des tenues plus cintrées et plus près du corps. Et pour tout ceux qui se posent la question, oui c’est très agréable de jouer en robe. Beaucoup plus de liberté au niveau des mouvements, une sensation de légèreté mais aussi d’etre belle et sexy tout en jouant au basket.

Cette année, Basket-infos a décidé de s’intéresser au basket féminin, très peu médiatisé, et toutes les semaines avec « La 3e mi-temps de Charline », tu vas nous apporter ton analyse en tant que spécialiste, (d’ailleurs merci !) J’ai l’impression que cette collaboration te tient vraiment à coeur !

Oui cette collaboration me tient à cœur, car comme tu le dis le basket féminin est trop peu médiatisé et je trouve ça dommage. C’est un très beau sport, avec un bel état d’esprit mais qu’on voit trop peu sur les écrans. Et nous l’avons prouvé encore une fois aux JO de Londres avec « nos braqueuses » qui nous ramènent cette belle médaille d’argent. Si seulement on pouvait voir un peu moins de football et un peu plus de basket féminin. Je trouve malheureux que nous soyons obligées d’attendre la finale de ligue féminine ou quelques matchs d’euroligue pour pouvoir voir du basket féminin à la télévision. Nos équipes de France jeunes font de très beaux résultats à chaque championnat d’Europe, jamais nous n’en entendons parler. Je trouve ca dommage …

Alors toi qui as joué en LFB et en LFB 2, peux tu nous dire quelles sont les différences de jeu ?

Oui, il y a un fossé entre les deux ligues. En ligue féminine c’est beaucoup plus physique. Ça saute plus haut, ça va plus vite, et chaque erreur est sanctionnée de suite.

Ce week-end avait lieu l’Open LFB, et pour la première fois, depuis sa création en 2005, cet évènement s’est déroulé à guichets fermés, et la rencontre Bourges-Perpignan était même diffusée en direct, samedi soir à 20h45 sur Sport +. Ça fait plaisir quand même ! D’ailleurs que penses-tu de cette équipe de Perpignan, championne de France en ligue 2 ?

J’ai vu cette équipe arracher le titre de championne de France  lors du Final Four, une équipe complète, avec beaucoup d’individualités qui jouent très bien ensemble. Je pense que cette année en ligue féminine elles vont créer des problèmes à beaucoup d’equipes, et malgré leur statut de promu elles n’ont pas à rougir face aux autres équipes. A mon avis une équipe a suivre …

Charline, un dernier mot peut-être ?

Bonne chance à toutes ces équipes de ligue féminine, mais aussi aux équipes de ligue 2 et NF1 pour cette saison. Et petit clin d’oeil à l’équipe de Voiron en pré-nationale, qui j’espère va vite remonter au plus haut niveau !

Propos recueillis par Patrick, pour Basket-infos.











5 commentaires

  1. Merci basket-infos pour cet article ! et Charline bien sur!

  2. Ça c'est super comme idée ! Toutes les semaines retrouver Charline sur Basket-infos c'est top.
    Merci !

  3. Cool ca permettra de mettre un peu plus de lumiere sur le basket feminin. Elles le meritent. Le sport feminin (surtout les sports co) sont trop vu comme la 5e roue du carrosse en France.

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