Souviens toi cette série là … : San Antonio Spurs – Detroit Pistons 2005

Souviens toi cette série là … : San Antonio Spurs – Detroit Pistons 2005

Nouvel épisode de « Souviens toi cette série là », pour mieux attendre le début des finales NBA, et aujourd’hui nous nous intéressons aux Finales NBA de 2005. Elles opposent deux grosses cylindrés de la NBA à l’époque : les San Antonio Spurs, déjà deux fois champions lors des dernières années, face aux champions en titre, les Detroit Pistons. Et le spectacle sera au rendez vous.

 

Du coté des Spurs, David Robinson a pris sa retraite après les titres de 1999 et 2003, mais Tim Duncan lui est toujours là. Le Big Fundamental est dans la force de l’âge et fait chaque année de San Antonio un des favoris pour aller au bout. D’ailleurs, après avoir été couronné en 2003, les Spurs tombent en demi-Finale de Conf’ un an plus tard face aux Los Angeles Lakers en mode Big Four (Shaq, Kobe, Payton, Malone) qui tomberont en Finales, contre ces-mêmes Pistons. Tony Parker est là lui aussi, tout comme Manu Ginobili, mais le reste de l’effectif n’est pas mal non plus. Dans la raquette, Nazr Mohammed a remplacé David Robinson, le spécialiste défensif Bruce Bowen, tout comme Brent Barry à l’arrière. Tout comme Robert Horry.

L’effectif est taillé pour le titre.

Meilleure défense de NBA, San Antonio pointe à 59 victoires en fin de saison régulière, et va devoir se frotter aux Denver Nuggets d’un Carmelo Anthony sophomore pour le premier tour des playoffs. Les Spurs se feront une frayeur en perdant le premier match, mais se reprennent bien et se qualifient assez facilement pour les demi-Finales de Conférence. A ce stade là, ils retrouvent les Seattle Supersonics de Ray Allen et Rashard Lewis. Ces Sonics là opposeront bien plus de résistance face aux hommes de Popovich, et menés 3-2, ils sont à deux doigts de remporter le sixième match chez eux à Seattle pour pousser la série jusqu’à un Game 7. Mais avec seulement quelques secondes à jouer, Duncan parvient à donner la victoire aux Spurs sur un shoot dans la raquette. Ray Allen manquera l’égalisation sur un tir complètement déséquilibré, et voilà San Antonio en Finales de Conférence.

Et sur la plus haute marche de la Conférence Ouest, ce sont les Phoenix Suns qui ont terminé premier de la Conférence qui se dressent face à eux. Ces Suns là sont redoutables, et non seulement d’avoir le coach de l’année en Mike D’Antoni et le MVP de la ligue en Steve Nash, ils sont une véritable machine offensive. Derrière un Steve Nash au sommet de son art (presque 16pts et 12ast de moyenne), on retrouve un fantastique Amar’e Stoudemire (26 unités par match), Joe Johnson, Shawn Marion ou même Quentin Richardson. Mais Phoenix se fera prendre à son propre jeu par les Spurs, qui déroulent sans forcer et se qualifient pour les Finales aisément par quatre manches à une.

Le MVP et le COY n’auront pas suffit pour qualifier Phoenix en Finales …

 

De leur côté, les Pistons sont l’équipe en vogue du moment. Ils ont terrassé les monstrueux Lakers en Finales l’année passée, créant l’une des plus belles surprise de ces dernières années en playoffs. La cause : pas de superstars, mais un effectif qui déborde de talents et de joueurs solidaires. Chauncey Billups, MVP des dernières Finales, Rasheed Wallace, Ben Wallace, mais aussi Rip Hamilton et Tayshaun Prince, le même cinq de départ que l’an passé en somme. Mais aussi des jokers comme Antonio McDyess dans la raquette, ou Lindsay Hunter à la mène.

Eux aussi deuxième de leur Conférence à l’issue de la saison régulière, ils se retrouvent opposés aux Sixers de Philadelphie, d’Allen Iverson (plus de 30 points par match …), de Chris Webber et Samuel Dalembert dans la raquette et du rookie Andre Iguodala. L’affaire est pliée 4-1. Au deuxième tour, on prévoit des étincelles. En effet, retrouvailles (tant attendues … ?) entre les Pistons et les Indiana Pacers, quelques mois après avoir été les acteurs d’une des plus grosses bastons de l’histoire de la ligue. La fameuse baston du Auburn Hill Palace, où Ben Wallace pète un plomb sans raison légitime pour démarrer la bagarre et où Ron Artest ira se battre dans les tribunes. Ron Artest justement, est suspendu jusqu’à la fin de la saison depuis ce match, et sans leur meilleur scoreur dans la force de l’âge (qui pesait à peu près 25pts et 6rbs de moyenne à l’époque), ce sont Stephen Jackson, Jermain O’Neal et un Reggie Miller à 39 ans qui prennent le scoring à leur compte. Et dans ces retrouvailles, les Pistons vont l’emporter, par 4 manches à 2, mais sans doute qu’avec Ron Artest dans leur rang l’histoire aurait été différente …

Retrouvailles explosives remportées par Detroit, quelques mois après la fameuse baston.

Detroit connaîtra son plus gros test en Finale de Conf’, face au Miami Heat. Ce Heat a accueilli en cours de saison un certain Shaquille O’Neal, et est ainsi devenu une des meilleures équipes de la ligue. Dwayne Wade est là aussi, tout comme Zo’ Mourning, fidèle au poste, ou même Eddie Jones. Detroit n’a pas l’avantage du terrain, mais le récupère d’entrée de jeu en gagnant le premier match de la série à Miami. C’était sans compter sur le Heat qui reprendra la tête 2-1, gagnant le Game 3 à Detroit, avant que les Pistons n’égalisent à 2 manches partout. Cela se jouera au meilleur des 3 matchs, dont 2 à Miami … les champions en titre sont en danger. Le Heat, puis les Pistons l’emporteront chez eux, et nous voilà pour un Game 7 en Floride. Et la force du collectif de Detroit va montrer tout son talent : les titulaires compilent 81 points, dont aucun a plus de 22 unités, et remporte le Game 7 en terrain hostile, pour s’offrir un nouveau ticket pour les Finales NBA.

 

Ouverture des Finales NBA donc, en ce 9 Juin 2005, entre les San Antonio Spurs et les Detroit Pistons. Les Spurs ont l’avantage du terrain et sont pourtant menés à la mi-temps du Game 1, mais remonteront la pente pour finalement l’emporter (avec 29 points dans le quatrième quart temps). Sur leur lancée, les voilà qui s’emparent également du Game 2. De retour dans le Michigan pour 3 matchs, avec notamment un Eminem (originaire de Detroit) en feu dans les tribunes du Auburn Hill Palace en tant que supporter de choix, les Pistons parviennent à s’emparer des Game 3 et 4 pour égaliser  à 2 manches partout. Le Game 5 sera décisif, et le Drama sera au rendez-vous : avec quelques secondes à jouer, score de parité, Ginobili pénètre mais manque le lay up, et Tim Duncan manque la claquette à quelques centimètres du cercle … Overtime. Et dans ces grands moments, qui d’autre que Robert Horry pour voler la vedette à toutes ces stars sur le terrain ? On se souvient encore de son fameux gros dunk dans la raquette des Pistons, mais c’est surtout la toute fin de match qu’on retiendra. Les Spurs sont menés de 2 points, et ont la possession. Robert Horry engage et donne à Gino dans le corner, aussitôt pris à deux par Rasheed Wallace qui vient aider … et laisse Horry tout seul. Ginobili lui file la gonfle, et Big Shot Bob crucifie les Pistons sur un tir primé, ajoutant un nouveau tir clutch à sa longue collection. De l’autre coté, Rip Hamilton ne parviendra pas à marquer. Les Spurs mènent à présent 3-2 dans ces Finales, avec une chance de boucler l’affaire chez eux.

Big Shot Bob strikes again …

Mais tout comme ils ont emporté le Game 7 à Miami, les Pistons s’emparent du Game 6 à San Antonio pour égaliser à 3 manches partout. Sont-ils capables de prendre également l’ultime match de la série, toujours à San Antonio ? C’est en tout cas l’objectif, mais la réalité sera différente. La force de Detroit sera aussi sa faiblesse : un bon collectif, mais quand ça déraille, personne pour prendre réellement les rennes de l’équipe. Rip Hamilton pointe à 15 points pour mener l’équipe, alors que de l’autre coté, Tim Duncan plante 25 points et gobe 11 rebonds, tandis que Manu Ginobili ajoute 23 unité, et Robert Horry 15.

 

San Antonio remporte donc son troisième titre NBA en 7 ans, son premier sans David Robinson. Mais Tim Duncan aura quand même pu compter sur un très joli casting, notamment un excellent Manu Ginobili et un très bon Tony Parker. Sans même parler de Brent Barry ou Robert Horry, qui répond toujours présent dans les moments chauds et ajoute cette année là la sixième de ses sept bagues de champion. Les Pistons continueront à dicter leur loi sur la Conférence Est durant toutes les années 2000’s. Ils échoueront l’année d’après en Finale de Conférence face au Miami Heat, futur champion, dans une revanche de 2005. L’année d’encore après, en 2007, c’est les Cavs de Lebron qui les écarteront encore en Finale de Conférence pour s’offrir leurs premières Finales NBA. Encore un an plus tard, c’est encore au même stade que les Celtics les éliminent en 7 manches pour filer au titre. C’est-à-dire que de 2003 à 2008, ce noyau dur des Pistons aura chaque année atteint les Finales de Conférence, une performance assez impressionnante.

Quant aux Spurs, ils se feront sortir en 2006 par les futurs Finalistes, les Dallas Mavericks, au terme d’un Game 7 à couper le souffle, à l’image de l’intégralité de la série elle même. Et devront attendre 2007 pour soulever une nouvelle fois le trophée Larry O’Brien, après un retentissant 4-0 infligé à Lebron James et Cleveland.

Mais ça, c’est une autre histoire …

 

 

 

 

 

 

 

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