Vintaganalyse : The Blake Griffin Show

Vintaganalyse : The Blake Griffin Show

Même si vous suivez la NBA depuis quelques temps seulement, vous ne pouvez pas être passés à côté. Celui dont on nomme ses dunks par le nom de ses victimes est devenu en un temps record une véritable attraction de la ligue. Sous les paillettes de LA, et scruté de près par les médias, Blake Griffin sera incontestablement une des acteurs majeurs des années 2010 en NBA. Pourtant le plus dur reste à faire. Lui qui squatte les tops ten de la ligue en sautant toujours plus haut et dunkant toujours plus fort, parviendra-t-il à s’envoler suffisamment haut pour décrocher le Graal ?

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Sans aucun doute, Blake Griffin est devenu quelqu’un dans cette ligue. En compagnie de Derrick Rose et Kevin Durant, il est souvent vu et reconnu, à juste titre, comme un des chefs de file d’une nouvelle et talentueuse génération de joueurs qui n’attendent qu’à prendre le pouvoir. Et plus encore que ses highlights de folie, Griffin a réussi à refaire des Clippers une équipe non seulement attirante, mais aussi compétitive qui a atteint l’an passé les demi-finales de Conférence Ouest.

Point central de la reconstruction des Clippers, il est celui qui a fait envie à Chris Paul de venir à LA, puis Chauncey Billups, et de fil en aiguille voilà les Clipp’s qui se retrouvent cette année avec un des effectifs les plus denses et complets de la NBA. Au point d’être considérés comme une des toutes meilleures équipes à l’Ouest, et un candidat légitime au trophée Larry O’Brien. Pourtant, attirer le feu des projecteurs, c’est aussi attirer les critiques, la rançon de la gloire en somme. Certaines sont fondées, et BG reste encore perfectible, mais affiche tout de même un fantastique niveau, dans un style de jeu qui lui est propre. Des athlètes de ce type-là, on n’en fait pas quinze par classe de draft.

Petit à petit, Griffin s’affirme comme une super star en NBA

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Un artisan du Dunk

S’il ne fallait sélectionner qu’un seul trait caractéristique qui pourrait définir Blake Griffin, ça serait évidemment son dunk. Incontestablement un des meilleurs de la ligue dans ce domaine depuis ses débuts, il le fait en plus avec style, altitude et puissance. Participant à l’évolution du geste qui a changé du tout au tout depuis ces débuts, Griffin n’est qu’un artisan parmi tant d’autres qui ont popularisé le dunk, pour en faire tout un art.

Le premier qu’il nous faudrait citer, c’est bien évidement George Mikan. Sans aller jusqu’à dire que sans Mikan il n’y aurait pas eu de dunk, il faut en tout cas lui attribuer le mérite d’avoir été le premier à réaliser le geste. A des années lumières du style flashy contemporain, le dunk de George Mikan fut une de ses plus redoutables armes offensives, qui allait lui permettre non seulement d’être la première véritable star de la NBA, mais aussi d’être le pilier de la dynastie des Lakers. Pivot dominant, il fut le premier à saisir avec ses si grandes mains la balle pour la passer directement à travers le cercle. Pour lui, nul besoin de sauter, du fait qu’il dominait d’une tête, voire deux, ses adversaires à l’époque, et l’utilité du dunk était donc simplement un moyen plus sûr qu’un lay up pour que la gonfle rentre dans l’arceau. Toute notion de puissance est inconnue, ou presque, dans le dunk version Mikan. Il faudra attendre les années 60’s pour enfin voir des dunks tels qu’on les connait aujourd’hui, et ils seront l’œuvre d’un autre Laker de légende, Elgin Baylor.

Baylor sera le premier joueur NBA à prendre possession des airs

Baylor est, sans aucun doute, le joueur qui a le plus changé le basketball, par sa façon inédite de le jouer. Il n’en a pas pour autant tout le crédit qu’il mérite pour cela, mais tous les anciens joueurs de l’époque le diront : Baylor était tout simplement phénoménal. Il jouait comme personne n’avait jamais joué auparavant, avec une, voire deux décennies d’avance même, pourrait-on caricaturer. Car non seulement d’être un des meilleurs scoreurs que cette ligue n’ai jamais vu joué, ou d’être l’inventeur du poste de Small Forward, et un rebondeur d’exception qui a flirté avec les 20 prises de moyenne, Baylor est aussi l’inventeur du Hang Time, littéralement le flottement dans les airs. Il fut le tout premier à ne plus rester cloué au sol, et à réellement décoller pour aller inscrire ses paniers. Une capacité à flotter dans les airs donc, qui ne pouvait que l’aider à démocratiser le dunk, lui qui s’est offert le luxe lors des Finales NBA 1962, de dunker sur Bill Russell. Excusez du peu. Le dunk peut donc compter deux pères créateurs, George Mikan, qui a inventé le geste basique, et Elgin Baylor, qui l’a démocratisé et en a fait celui que l’on connait aujourd’hui.

Après Baylor, c’est un autre Forward qui viendra réciter quelques-unes des plus belles symphonies du geste. Un certain Julius Erving. Avant d’être avec Mose Malone la colonne vertébrale des Nasty Sixers de Philadelphie en NBA, Dr.J jouait en ABA, la ligue parallèle qui s’était développée dans les années 70’s. La ABA a fait beaucoup d’ombre à sa grande sœur, du fait qu’elle était avant tout une ligue où le spectacle primait. Et avec son jeu si léché, Julius Erving n’était pas seulement la star de cette ligue, non. La ABA, c’était Dr. J, tout simplement. Avec un background de joueur de street, ce que Julius apportait de plus que Baylor en son temps, c’était le style. Dr. J évoluait avec une aisance impressionnante dans des airs, comme personne auparavant. Dans ses si grandes mains, la balle orange ressemblait pour le coup plus à une véritable petite orange qu’à un ballon de basket. Avec Dr. J, le dunk commençait à revêtir des allures artistiques, si agréable à regarder.

Dr.  J fut aussi un redoutable distributeur de poster chez les Sixers

Notion importante également, liée au dunk, c’est celle de poster. La postérization, c’est l’art de dunker sur son défenseur, comme ultime humiliation que l’on puisse lui infliger. Si on devait délimiter la naissance du poster, et son premier utilisateur, il faudrait s’attarder sur Julius Erving. Il fut le premier à, par la force de ses dunks, monter par-dessus des défenseurs bien plus grands. Dr. J avait le style, mais n’en possédait pas moins la puissance nécessaire à claquer férocement le ballon dans le panier.

Le flambeau sera repris quelques temps plus tard, par celui qui est sans doute le plus connu dans la pratique de l’exercice. Lorsqu’il prend ses appuis pour attaquer le cercle, il donne l’impression de voler depuis sa Caroline du Nord natale, et si vous voyez sa langue sortir de sa bouche, mieux vaut s’écarter que tenter vainement de le contrer, pour au final se retrouver sur son impressionnant tableau de chasse. C’est bien évidement His Airness, Michael Jordan. Si Baylor fut l’inventeur du Hang Time, et Erving le premier distributeur de poster, Michael est celui qui portera les deux jusqu’à leur apogée.

His Airness. Tout est dans le surnom.

Quand on pense à Jordan, on pense forcement au dunk. On dit souvent de lui qu’il possédait le corps parfait pour un basketteur, mais Michael est pourtant le plus petit parmi tous ceux cités ci-dessus, un petit mètre quatre vingt dix huit. Mais il est aussi de tous celui qui avait la détente la plus impressionnante, qui lui permettait de postériser à peu près tout le monde. Magic Johnson se plait d’ailleurs à répéter souvent que pendant quelques secondes, Michael Jordan arrivait à nous faire croire que c’était possible de voler. Des meneurs impuissants aux plus grands Big Men incapables eux aussi de le stopper, en passant par une jolie collection de super stars. Il serait tout bonnement impossible de citer tous ceux qui se font monter dessus par sa majesté, mais lorsqu’on sait que des Patrick Ewing, David Robinson ou Dikembe Mutombo se trouvent parmi ses victimes, on comprend à quel point Michael était bon. Dans ses dunks, comme dans chacune des caractéristiques de son jeu, Michael Jordan était tout simplement le meilleur.

Voilà donc les artisans majeurs et principaux qui ont fait le dunk. Quatre hommes, qui sont les piliers de ce geste, étant ceux qui ont apporté à chaque fois quelque chose de nouveau au geste, pour en faire celui qu’on apprécie tant aujourd’hui. Mais il serait injuste de ne pas citer quelques autres protagonistes du genre. Darryl Dawkins par exemple, le Big Men des Sixers de Julius Erving justement, qui ne fut jamais une star dans la ligue, mais est connu comme l’originel briseur de plexiglas et autres paniers de basket, bien avant le Shaq. Dominique Wilkins également, l’ailier des Atlanta Hawks, surnommé The Human Highlights Film, à très juste titre. Rarement dans l’histoire de la ligue nous n’avions vu on ne verrons passer un joueur dunker avec autant d’intensité, Do claquait la balle dans la panier avec une violence inouïe, et est aussi connu pour avoir livré le plus épique duel entre deux joueurs lors du concours de dunk 1985, qu’il remporta face à un jeune Michael Jordan.

Avec les Hawks, Do fut un fantastique dunkeur

Impossible également de ne pas citer Vince Carter, le chef de file de la génération post Jordan riche en dunkeurs, dont il fut le plus spectaculaire. En point d’orgue de sa carrière, le concours de dunk de l’année 2000, tout simplement bluffant “Let’s go home ladies and gentlemen ! It’s over baby !” s’égosille Kenny Smith aux commentaires, devant le récital de Carter. Sans même citer son saute-mouton par-dessus Fred Weis, pendant les JO 2000, un highlight pour l’éternité.

Blake Griffin, quant à lui, s’est construit en deux petites saisons NBA un style bien à lui. Postériser les intérieurs, il aime ça, et ce n’est ni Mozgov, ni Perkins, ni Gasol qui pourront affirmer le contraire. Mais ce qu’il aime encore plus, c’est les alley oop, rabattre la balle dans le panier, et plus la passe et mauvaise et le ballon loin du cercle, mieux c’est. Ce n’est pas pour rien que les Clippers se sont vu attribués le surnom de Lob City. Le point noir que ses détracteurs pourront relever, c’est la tendance qu’il a à balancer le coude en même temps qu’il s’élève dans les airs, comme pour se frayer un chemin ou s’assurer que le défenseur soit hors d’état. Son fameux poster sur Pau Gasol par exemple, est entaché d’une très vilaine faute offensive. Mais cela relève plus du petit détail que les médias aiment regarder à la loupe plutôt que d’un véritable défaut du jeu de Blake.

Blake Griffin est le dernier produit d’une grande lignée de dunkeurs

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Les Limites d’un tel jeu

Une chose est certaine donc, Blake Griffin est de la trempe des meilleurs dunkeurs de la ligue de ces dernières années. Il est intenable, alliant à la fois puissance et vitesse, allant souvent au contact. Seulement tout cela à un prix, et le garçon l’a déjà payé ce prix même.

Ce prix c’est bien évidement l’épée de Damoclès qui flotte au-dessus de joueurs possédants un style de jeu aussi dangereux. En 2009, il se blesse très sérieusement au genou, et cela lui coûte une année entière, autant dire qu’il y a également un risque de rechute. A l’image d’un Derrick Rose, il est loin d’avoir un jeu et des moves que l’on qualifierait aux USA de « smoove », dans la langue de Shakespeare. Au contraire, c’est un style très « jerky », très saccadé, qui nécessite beaucoup de changements de directions, de changements d’appuis, etc. Toute cette explosivité en somme, est loin d’être sans conséquence pour le corps du joueur, et si ce n’est pas à conséquences directes (une grave blessure) cela sera tout de même à fortes conséquences sur la durée, dans le sens où au bout de quelques années dans la ligue son corps sera trop abîmé pour continuer à faire les mêmes choses. Et là, le souci pour Blake Griffin, c’est l’ultra dépendance de son niveau de jeu avec sa condition physique. Certains exemples dans l’histoire de la ligue sont malheureusement là pour le rappeler.





A l’image d’un Derrick Rose, Griffin n’est pas à l’abri d’une grosse blessure connaissant son style de jeu

C’est d’ailleurs sur cette position de Power Forward que l’on retrouve les meilleurs exemples. Le premier, c’est Larry Johnson. Premier choix de la draft 1991, Larry est un joueur des plus explosifs qu’on puisse imaginer, et son jeu est presque entièrement basé là-dessus. En somme, c’est une véritable bête, un beau bébé de 120 kilos de muscles monté sur ressorts. Drafté par les Hornets, Johnson a d’ailleurs un impact direct, réalisant une année rookie splendide, en tournant à quelques 19 points et 11 rebonds de moyenne. Ses cinq premières années dans la ligue seront d’ailleurs de ce calibre, toutes avec les Hornets de Charlotte à l’époque, ceux de Muggsy Boggues et Alonzo Mourning notamment. Seulement, Larry se blesse gravement en plein milieu de carrière et ne sera plus jamais le même. Il abandonne son jeu flashy, apprend à évoluer loin du cercle et développe son shoot, mais sa production et son impact diminuent énormément. Cinq années de plus avec les Knicks, puis une retraite anticipée, après seulement dix ans de carrière, c’est peu, trop peu.

Le deuxième, c’est Shawn Kemp. Souvent comparé au Shaq, puis à Charles Barkley dans sa saison rookie, si on devait comparer Blake Griffin à quelqu’un ce serait plutôt à Kemp. Lui aussi, était une montagne de muscle à la détente de folie, un véritable monstre qui dictait sa loi sur la NBA, et distribuait tomars et poster à foison. Dans ses plus belles saisons, Kemp pouvait en toute légitimité être considéré comme un des tout meilleurs dunkeurs de l’histoire. Lui et Gary Payton atteindront même les Finales NBA en 1996 avec les Seattle Supersonics, mais Jordan et les Bulls seront trop forts. Pour Kemp, les choses ont commencé à se compliquer lorsque son corps à commencer à lâcher : problème d’alcool, blessures, et surpoids, sans son physique si impressionnant, le Kemp en fin de carrière n’est au final rien de plus qu’une grosse masse qui se traîne sur le terrain et est cloué au sol, grossièrement dit.

Shawn Kemp était tout simplement incroyable dans ses grandes années.

Le challenge pour Blake Griffin pour ne pas emprunter le même chemin, sera d’arriver à adapter son jeu et à le faire évoluer. Il faudra développer d’autres qualités pour continuer d’exister, comme l’a fait par exemple Larry Johnson en devenant un bien meilleur shooteur à New York que dans ses premières années à Charlotte. Grant Hill a parfaitement réussi à le faire lui aussi. Fantastique All Around player et excellent athlète dans les 90’s à Detroit, Hill eu ensuite une carrière gâchée par les blessures, mais si il joue encore à 40 ans passé, c’est qu’il a réussi à se trouver d’autres qualités. Quand on compare sa façon de jouer de maintenant à celle de son début de carrière, c’est à se demander si c’est le même joueur.

Pour citer des joueurs de nos jours, Kobe Bryant ou Kevin Garnett sont eux aussi des produits réussi d’adaptation à l’âge et la déficience du physique pour maintenir un bon niveau. Un KG de début de carrière évoluait par exemple poste 3, et est désormais un pivot très solide sous les panneaux, expert du jeu dos au panier. Blake Griffin arrivera-t-il à en faire de même ?  Seul le temps nous le dira.

L’objectif pour BG  à long terme, imiter KG et ne plus se reposer que sur son explosivité

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Un diamant brut encore à polir

Et si Griffin veut survivre au temps et s’adapter au poids des ans, cela commence dès maintenant. Il n’a que 23 ans, mais le processus doit commencer dès maintenant : il doit étoffer son jeu, et en améliorer d’autres facettes puisque pour le moment, il demeure tout de même un joueur unidimensionnel, ou presque.

En effet, Griffin est pour le moment un très bon athlète, difficile à arrêter lorsqu’il est lancé. C’est également un très bon rebondeur, et il n’est nul besoin de citer ses qualités de finisseur lorsqu’il attaque le cercle ou s’envole pour le alley oop. Seulement, c’est à cela que s’est résumé son jeu offensif pendant deux ans, ou presque. Les spécialistes et anciens joueurs sont unanimes sur le bonhomme : il doit développer son jeu au poste bas. Dans une ligue ou les véritables experts du genre se font rare, Griffin a les épaules, la carrure, mais aussi la mobilité et la vitesse pour s’imposer dans ce domaine du jeu face à des défenseurs souvent plus costaud. Car jouer au poste, ça ne veut pas seulement dire faire bouger du muscle, et souvent les meilleurs furent au contraire ce qui se montrèrent les plus agiles. Hakeem Olajuwon, qui a ridiculisé les pivots de la ligue pendant plus de quinze années, mais aussi Kevin McHale, beaucoup moins connu. L’actuel coach des Rockets et ancien membre du Big Three de Boston des 80’s avec Larry Bird et Robert Parish,  était un fantastique joueur au poste. Il était loin d’être une armoire à glace mais possédait un excellent footwork.

Kevin McHale n’était pas un athlète impressionnant mais fut un redoutable joueur au poste

La dimension physique a beau se développer d’année en année en NBA, elle ne prendra jamais le pas sur les fondamentaux, d’où la réussite d’un Kevin McHale en son temps, ou de nos jours un Zach Randolph. Et Griffin en est tout à fait capable. L’an passé au premier tour des playoffs contre Memphis, les Grizzlies ne trouvaient pas la solution lorsqu’il allait au poste, et les Clippers prenaient rapidement le large, alors que le score était bien plus disputé lorsque Griffin restait loin du panier.

Autre aspect primordial de son jeu offensif à développer, c’est son shoot. Je vous en avais parlé dans un précédent épisode de Vintaganalyse, ce sont les Forward qui dominent le jeu, et ils le font en shootant de mieux en mieux. Nowitzki, Bosh, Randolph, Stoudemire, ou même Kevin Love, les meilleurs poste 4 de NBA à l’heure actuelle savent dégainer, et même à longue distance. Parmi eux, les stars sur ce poste, Griffin fait donc un peu tâche lorsqu’on parle de cet aspect du jeu. Il semble avoir fait des efforts cette année, mais la marge de progression reste énorme.

 

Chantier urgent pour Griffin : développer un shoot extérieur solide

Egalement, défensivement Blake Griffin est encore un peu fragile, et a dû mal à défendre sur les autres Big Men. Sans aller jusqu’à dire qu’on ne devient pas un grand joueur sans être un grand défenseur, force est de constater que tous les plus grands furent de fantastiques défenseurs, de Bill Russell à Michael Jordan, en passant par Lebron James de nos jours. Mais plus important encore, c’est mentalement qu’il va devoir franchir un palier. Encore une fois, rappelons qu’il n’a que 23 ans, et sans doute que pour une fois un rassemblement de star a été bénéfique à la NBA : le venue de Chris Paul à LA a permis à Blake de ne plus être le point d’attention sur le terrain comme dans les médias, et même si ces stats en ont pris un petit coup c’était au final un mal pour un bien.

Il va devoir continuer de grandir et de se forger son caractère néanmoins. Etant un des meilleurs finisseurs de la ligue, c’est en toute logique qu’il va attirer les grosses fautes pour tenter le freiner, et on a pu voir l’an dernier que Griffin n’a pas su répondre au défi physique ou mental lorsqu’il était victime de fautes flagrantes. Cela viendra avec l’âge, et la maturité. Enfin, la petite cerise sur le gâteau serait de voir le garçon moins floper, car cela salit un peu son image auprès des fans de NBA. Mais après tout, c’est le personnage dans sa globalité qu’il faut prendre et apprécier (ou non), tout comme un Reggie Miller en son temps, lui aussi un formidable acteur sur les parquets.

Malgré un déjà très bon niveau, la marge de progression est impressionnante

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We believe he can fly

Dunkeur de folie, et athlète extraordinaire à la marge de progression énorme malgré déjà un splendide niveau de jeu qui lui vaut d’être deux fois All Star, jusqu’où peut aller Blake Griffin ? Si Sky is the Limit, pourra-t-il voler vers les étoiles en ramassant au fil des ans les trophées individuels et collectifs ?

Dans la course au MVP, Blake Griffin risque de ne jamais avoir sa chance, ou en tout cas ce ne sera pas pour les années à venir, sur le moyen terme. Pour de nombreuses raisons : premièrement, la ligue possède à l’heure actuelle un certain Lebron James, déjà trois fois vainqueur du Most Valuable Player lors des quatre dernières années, et qui rentre à peine dans les meilleures années de sa carrière. A l’heure actuelle, et sans doute pendant les cinq prochaines années, Griffin rougira de la comparaison avec le King, qui lui peut tout faire sur le terrain, du scoring à la distribution du jeu, en passant par les rebonds ou de la défense. Deuxièmement, d’autres joueurs sont bien mieux placé que lui dans la course au titre, catégorie outsiders, parmi les jeunes. Kevin Durant évidement, Dwight Howard, mais aussi Kevin Love, s’il arrive enfin à faire gagner les Wolves, Derrick Rose, lorsqu’il est en bonne condition physique, ou même Rajon Rondo qui à l’image de Griffin possède des failles dans son jeu mais peut tout de même avoir un impact considérable sur un match. Troisième raison, elle se nomme Chris Paul. En effet, l’ancien meneur des Hornets est venu lui piquer la vedette et est un candidat très sérieux chaque année, finissant souvent sur le podium ou pas loin. Et étant donné qu’il reste à Paul dans les jambes encore quelques années de basketball, Griffin restera dans l’ombre de son général sur le terrain.

L’arrivée de Chris Paul a permis d’enlever un peu de pression des épaules de Blake Griffin

Pourtant, quand on sait qu’un Lebron James, dans sa dixième année dans la ligue, est sur le point d’entamer ses meilleures années de sa carrière, il y a de quoi se poser des questions. Si Griffin parvient à étoffer son jeu offensif, poste bas ou shoot extérieur, pour s’imposer comme un des meilleurs scoreurs de la ligue, en se maintenant parmi les meilleurs rebondeurs, pourquoi pas ? Le Shaq disait de Dwight Howard que pour être dominant, il devait tourner à 28 points et 15 rebonds de moyenne. Une tâche impossible pour Blake ? Pas tant que cela, lui qui avec un jeu d’attaque limité avait compilé 22 points et 12 rebonds en tant que rookie. Logiquement, si la courbe de progression s’avère croissante d’année en année, il faudra sérieusement y réfléchir.

Mais la reconnaissance de la planète NBA ne passe pas par briller sur le plan individuel, mais au contraire sur la capacité à aller décrocher le Graal. Obtenir le titre NBA est la marque de fabrique des plus grands, bien plus que la production de stats. Avec Chris Paul, les Clippers possèdent désormais un duo explosif qui les autorisnte à rêver du titre. D’autant plus que la franchise vient d’enregistrer les arrivées de nombreux joueurs talentueux et d’expérience, et que des jeunes comme Eric Bledsoe ou DeAndre Jordan sont en train d’exploser cette saison. La lutte sera féroce dans la conférence Ouest, avec le Thunder, les Lakers, ou même les redoutables Grizzlies. Ils sont en tout cas parmi les favoris, et les voir reprendre le pouvoir et le monopole de la Conférence et de Los Angeles aux Lakers serait un très gros coup, que les Clippers rêvent déjà de réaliser. Encore une fois Blake Griffin est un jeune joueur, tout comme Kevin Durant, Russell Westbrook, ou Kevin Love. Aussi, s’il veut s’imposer avec ses Clippers comme l’équipe dominante des années 2010 à l’Ouest, Griffin va avoir du pain sur la planche. On en salive déjà.

Les prochaines batailles dans la Conférences Ouest s’annoncent déjà passionnantes

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Une chose est certaine, les Clippers semblent enfin avoir décroché leur pépite qui leur fera, et l’a déjà fait d’ailleurs, effacer cette réputation de franchise médiocre qui se traine dans les bas-fonds de la ligue. Tout en nous régalant de highlights toujours plus fous, s’il reste en bonne santé, s’il arrive à réaliser des performances avec les Clippers en playoffs, et s’il parvient à densifier et diversifier son jeu, sans doute que Blake Griffin deviendra un des tous meilleurs joueurs au monde, et reconnu en tant que tel, Ça fait beaucoup de si, mais au vu du potentiel basketteur que cela peut donner à l’arrivée, ça vaut le coup d’espérer, non ?

Where « The Blake Griffin Show » happens.

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Retrouvez les anciens épisodes dans la section Vintaganalyse !

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10 Comments

  1. Etant fan de griffin et du basket en general, jai vraiment adoré cette analyse. Bravo pour votre travail

  2. Superbe article, j'en ai eu des frissons à la fin…
    En espérant que les Clippers fassent aussi bien que l'année dernière !!

    1. Merci :)

      Les Clippers ont toutes leurs chances pour faire au moins aussi bien. Derrière le Thunder, je les sens les outsiders à l'ouest

  3. Bonjour,
    juste pour enquiquiner une peu
    – Michael Jordan est né à Brooklyn New York pas en Caroline du Nord
    – Vince Carter dunk sur Fred Weis en match de poule pas en finale

    1. Je m'y attendais pour MJ :) Je savais qu'il est né à NY, m'enfin c'est un kid de Caroline du Nord dont je me suis permis.
      Et mea culpa, c'était bien en match de poule pour Carter.

  4. vous pourriez nous faire un article sur ce qu'était la ligue ABA concrètement ? :)

    1. Ca peut se faire, c'est une très bonne idée ! :)

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