A la découverte du discret M.Leonard : Partie 1 – qui es-tu, Kawhi ?

A la découverte du discret M.Leonard : Partie 1 – qui es-tu, Kawhi ?

D. Clarke Evans/NBAE
D. Clarke Evans/NBAE

« Je pense qu’il deviendra une star. Dans les années à venir, il sera le visage de la franchise. Il est vraiment un joueur spécial et ce, des deux côtés du terrain. Et ce qui me fait dire tout ça et qui me rend si confiant à son propos, c’est qu’il VEUT devenir un bon joueur. Et même, un grand joueur. »

Venu d’un coach ayant la réputation d’être dur et ayant le compliment plutôt rare, Gregg Popovich n’a pas fait semblant en début de saison quand on lui a demandé ce qu’il pensait de son jeune ailier. En même temps, quand on connaît le parcours et le caractère du gamin, on n’est pas surpris plus que ça par les déclarations du sorcier d’origine serbe… Je vous entends d’ici : « S’il était si fort que ça, comment ça se fait qu’on n’en ait pas entendu parler ailleurs plus tôt ? » Croyez-nous (Pop’ et moi), les articles à son sujet ne vont pas tarder à fleurir dans les prochains mois…

 

Boute-en-train

J’avoue qu’il ne fait rien pour qu’on s’intéresse à lui. Prenez son prénom, par exemple. En français, ça donne « Ka-ui », on est même à deux doigts du « Kiwi ». Même pour les amateurs du fruit (et les autres), c’est moyen comme prénom. A l’américaine, mais sans trop en faire non plus, ça donne : « Ka-whaï ». Mieux. Mais ce premier élément d’enquête tend à prouver que Leonard veut dissuader les gens de le connaître…

Ce qui frappe d’entrée quand on le voit, c’est sa capacité à ne jamais changer d’expression. Sosie de Droopy, vous ne l’entendrez jamais s’emporter face à une décision arbitrale ou échanger quelques amabilités avec un adversaire. En fait, vous ne l’entendrez pas. On se demanderait même si les Spurs ne feraient pas mieux d’engager un psy tant la déprime semble proche… …mais le démenti arrive aussitôt : « C’est juste ma façon d’être sur le terrain. Intérieurement, je suis hyper motivé. » Voilà, il intériorise. D’ailleurs, quand il pète un gros dunk, vous ne le verrez pas plus célébrer. En interne, le gai luron tient à garder sa réputation, comme le confirme Ginobili : « Je ne crois pas l’avoir déjà vu sourire. Ou pas plus d’une seconde. Ou d’un quart de seconde. » Bref, une sorte de Duncan 2, en pire.

(Sam Forencich/NBAE)
Sam Forencich/NBAE

Le garçon n’est pas funky et, contrairement aux jeunes de son âge, pas très connecté non plus : « Je ne twitte pas. » Richard Jefferson, proche de notre homme lors de son année rookie, relève l’anomalie : « Ce n’est pas commun en NBA. Croyez-moi. J’ai joué pour quelques franchises, j’ai rencontré un paquet de joueurs et je peux vous assurer qu’il ne reflète pas ce qu’est la NBA. » Je veux bien te croire, Riri…

Un prénom étrange, un charisme débordant et des relations sociales entretenues par Minitel : Kawhi fait fort. Son coach à la fac confirme que l’entourage du joueur est épais comme du papier à cigarette : « Il n’a pas beaucoup d’amis, il n’a pas sa bande de potes. Quand vous voyez les prospects, ils ont toujours 10 personnes autour d’eux. Leonard a juste Jeremy Castleberry. » Parlons-en, tiens. Son meilleur ami est venu lui rendre visite plusieurs fois à Saint Antoine et le programme a été plutôt simple : jouer aux jeux vidéo, zoner au centre commercial, regarder des films, parler, rigoler… Dis donc Jeremy, tu ne nous cacherais pas quelque chose ? Heureusement que maman Kawhi est là pour nous raconter, petit cachottier : « J’entendais tout ce vacarme et c’était comme si un match avait lieu à l’étage. Jeremy et Kawhi shootaient sur un mini panneau avec une balle en plastique ! » Ah bah bravo ! Ah oui, je ne vous ai pas dit : Leonard a emménagé à San Antonio avec sa mère avant le début de sa saison rookie. Encore heureux hein, comme ça, le petit Kawhi peut manger les plats à sa ‘moman’…

 

Éléphant bleu, drame hollywoodien et convoitises

Trêve de plaisanteries ! La vie de Leonard n’a pas toujours été aussi paisible… Son histoire est plutôt digne d’un scénario hollywoodien. Parents divorcés, élevé par sa mère, chez son père le week-end, le petit Kawhi mène une enfance plutôt quelconque dans la banlieue de Los Angeles.

  •  Trait de caractère n°1 : le garçon est un dur au mal.

Une enfance ordinaire, ou presque. Leonard passe alors les weekends avec son père à… …laver des voitures. Pas trop le genre d’activité qu’un ado de son âge apprécierait de faire sur son temps libre, mais Kawhi n’est pas un jeune comme les autres. « On passait beaucoup de temps dans sa station de lavage pour voitures. On lavait entièrement les voitures à la main, c’était dur mais j’aimais ça. »

  • Trait de caractère n°2 : le garçon est un passionné qui sait ce qu’il veut.

Dans son année freshman en high school (Kawhi a alors 14 ans), il n’a même pas pu jouer au basket car il loupe les épreuves de sélection. A la place, il joue au foot (safety et wide receiver) et son avenir semble alors tout tracé. Mais, au fond de lui, le petit Kawhi veut jouer au basket.

Nathaniel S. Butler/NBAE
Nathaniel S. Butler/NBAE
  •  Trait de caractère n°3 : le garçon est humble.

Dans son année junior, il est approché par San Diego State : « Je n’étais pas si bon que cela, mais j’ai plus bossé que les autres. » Bref, la vie suit gentiment son cours pour le futur NBAer…

  • Trait de caractère n°4 : le garçon est fort psychologiquement.

Sa mère, Kim Robertson : « Jusque-là, tout allait bien pour lui. Il n’avait besoin de rien et n’avait jamais souffert. » Jusqu’à ce 17 janvier 2008 : son père est assassiné. Le traumatisme est immense pour Kawhi, encore ado et très proche de son père. Mais le gamin, comme dans tout drame US, jouera quand même le lendemain avec son équipe de high school avant de s’effondrer dans les bras de sa mère à la fin du match.

Cet événement transforme le terrain en un véritable exutoire pour Kawhi, qui se consacre alors entièrement au basket. Le boulot abattu paye : il attire l’attention de programmes prestigieux lors de son année senior (UCLA, USC, Arizona State, Marquette et Michigan). « Je savais que je n’étais pas leur premier choix. Le staff de San Diego State m’avait dit qu’il pouvait me donner ma chance. Seulement, il ne me la donnerait pas comme ça, il fallait que je travaille pour gagner ma place. » Typiquement le genre de discours qui plaît à Leonard qui prend alors la direction de San Diego State et de son équipe dirigée par un certain Steve Fisher…

A suivre

La seconde partie : « En route pour la NBA » est ici

La troisième partie : « Sky is the limit… » est ici

Par  (cozettesansmonclar.blogspot.fr/)

 

5 Comments

  1. J'ai un peu honte de le dire mais c'est ma découverte de cette année, je suis tombé amoureux de Kiwi Leonard.
    Un jeu agréable à regarder, bon défenseur et propre en attaque.
    J'ai hâte de voir le futur de ce jeune homme

    1. faut pas avoir honte, je suis fan aussi. Un joueur ultra complet, discret mais quelle efficacité. Puis il fait quelques trucs spectaculaires, on le voit de plus en plus dans les top 10.

      1. Honte de le découvrir que cette année ^^
        Ses deux dunks de fin d'année sont superbe, simple mais tout en athlétisme.

  2. J'adore ce joueur très humble et efficace depuis sa saison rookie, il est tombé dans l'équipe parfaite pour lui je pense

  3. Il peut devenir le futur FP des Spurs s'il continue sur cette voie ! Avec un TP en forme, un Duncan qui refuse de vieillir et un Gino toujours aussi surprenant, ça promet un bel avenir pour SAS ! :)

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