Chasse au MVP, épisode 6 : under the radar time

Chasse au MVP, épisode 6 : under the radar time

Dragic
Jennifer Stewart / USA TODAY Sports

Cette semaine, la chasse au MVP est mise entre parenthèses au profit d’un ranking à connotation sociale. Laissons de côté deux minutes le show, les paillettes et autres stars pour s’intéresser aux éternels sous-cotés de la grand Ligue. Ceux dont personne ne parle. Ceux qui souffrent en silence. Ceux qui sont à peine mentionnés au moment d’évoquer les meilleurs à leur poste. Et, surtout, ceux qui n’ont pas reçu de carton d’invitation pour le bal des étoiles organisé à New Orleans, le 16 févier prochain*…

*sélection basée sur un panel de joueurs virtuellement qualifiés pour les Playoffs

 

  • Le dragster slovène : 20.0 pts à 51% (dont 39% à 3 pts), 3.5 rbs, 6.1 pds pour 20.0 d’évaluation en 34 min

L’oublié n°1 de la petite sauterie organisée mi-février. Ce mec-là (et quelques autres) est quand même en train de mettre Phoenix et son équipe improbable sur la carte NBA (6ème à l’Ouest, 29v/18d). Pas rien. Les Soleils de l’Arizona viennent même de taper Indiana deux fois en 10 jours, le n°1 de l’Est qui n’est jamais que la meilleure défense de la Ligue. Et ce bon Goran n’y est évidemment pas pour rien (24.5 pts à 61%, 5 pds). Après le traumatisme d’un Euro à domicile terminé dès les quarts de finale (face à TP et ses potes) mais que Goran avait éclaboussé de toute sa classe (élu dans le 5 type de la compétition), le garçon devait former le backcourt le plus excitant de la Ligue avec Bledsoe mais mini-LeBron s’est pété un genou à la veille du nouvel an. Depuis, les Suns gardent le rythme (10v/7d) et le mérite est donc d’autant plus grand pour Dragic. Intenable en un-contre-un, accélérateur de particules de haut niveau, athlète exceptionnel… le combo a le profil type pour briller dans un ASG. Devrait tout de même être repêché vu les désistements à venir (Kobe, CP3). Pas dommage.

 

  • L’enragé : 14.2 pts à 50% (dont 34% à 3 pts), 7.2 rbs, 5.4 pds pour 18.4 d’évaluation en 36 min

Tous les ans à cette époque, c’est le même cirque. Tel Arsène Lupin, Joe Johnson sévit et détrousse l’un des potentiels futurs All Stars, de préférence néophyte à ce niveau. En fourbe. Cette année, la victime s’appelle Lance Stephenson. Le mec avait tout bien fait : 4 TD, membre de l’équipe n°1 de la Ligue, canalisation d’un comportement volcanique… bref, la victime idéale pour Joe. On a bien essayé de calmer Lance en lui disant que l’injustice n’était quand même pas si énorme, que deux de ses coéquipiers iront tout de même en Louisiane (PG et Hibbert) et qu’il était donc difficile de prendre un troisième Pacer, qu’il a encore tout l’avenir devant lui contrairement à Joe… Certes. Mais le gamin ne digère pas. Surtout que Johnson joue pour Brooklyn d’où Lance est originaire. La totale. Il a depuis promis de détruire tout ce qui se mettrait en travers de sa route. Hasard du calendrier, il vient de croiser Joe ce week-end. Il ne l’a pas défoncé (16 pts à 6/14 pour l’All Star) mais on l’a senti bien vénère (cf son dunk sur un arbitre). Faut dire que JJ venait de lui glisser à l’oreille qu’il comptait désormais sept sélections au ASG…

 

  • Le héros d’une non-franchise : 19.6 pts à 48%, 10.6 rbs, 2.1 pds pour 22.7 d’évaluation en 34 min

Que ceux qui ont vu un match des Bobcats lèvent la main (ou laissent un commentaire). C’est bien ce que je pensais. Tout le monde s’en fout. Et pourtant, les ex-futurs Hornets sont virtuellement en Playoffs. Bon, ok, c’est un peu sur un malentendu (leur bilan est quand même moins bon que le 12ème de l’Ouest, New Orleans). Mais bon, si les Cats affichent le maigre mais suffisant bilan de 21v/28d, c’est en grande partie grâce à Al Jefferson. Big Al colle d’ailleurs parfaitement à l’image de la franchise avec son profil d’anti-star. Avec son jeu old school et sa tronche de cake, Al ne fait rêver personne et collectionne les belles saisons statistiques dans des équipes qui manquent cruellement de sex appel (Minny puis Utah et donc Charlotte). Charismatique comme Duncan, le franchise player de Caroline du Nord peut signer des perfs digne de Love ou d’Aldridge : 24 pts/23 rbs fin décembre à Atlanta, 30/16 à Orlando, 22/19/7 contre Toronto courant janvier ou encore un imposant 40/18 sur le parquet des Lakers vendredi dernier. Oui mais, à la différence des deux autres, ses prouesses ne dépassent que rarement le cadre local. Honte ultime : même son ancien équipier à la garde-robe bien rempli (Millsap) a eu droit à sa convocation cette saison. Quand ça veut pas…

Big Al
Getty Images

 

  • Le rondouillard : 16.8 pts à 44% (dont 40% à 3 pts), 4.3 rbs, 7.6 pds pour 20.3 d’évaluation en 36 min

En voilà un qui passe sous les radars depuis un moment et dont aucune franchise ne semble vraiment vouloir malgré ses productions toujours très correctes. Avec son physique de bouffeur de pain d’épices, Lowry est pourtant le véritable taulier des Raptors. Moins spectaculaire que DeRozan (invité au ASG), moins fantasque qu’un Terrence Ross capable de claquer 51 pions puis de retourner à ses 10 pts/match, Kyle est le principal responsable du renouveau d’une franchise canadienne qui le propose régulièrement comme monnaie d’échange. Pas rancunier, le meneur continue à produire (TD à Philly, 33/7/11 face à Orlando fin janvier) mais ça n’a donc pas suffit pour l’envoyer au ASG. Une sorte de banni. Un autre exemple ? Après une belle saison à Houston en 2011/12 (14.3/4.5/6.6), il est envoyé aux Raptors comme un malpropre alors qu’il formait un backcourt étonnant avec… Goran Dragic. La boucle est bouclée.

 

  • Le petit Grizzly : 18.0 pts à 46% (dont 37% à 3 pts), 2.7 rbs, 6.3 pds pour 18.4 d’évaluation en 35 min

Pas forcément celui auquel on pense en premier mais Conley, sans un début de saison plus que poussif des Gros Ours de Memphis, n’était pas loin de sa première sélection. Défenseur référencé, attaquant en progrès saison après saison, Mike sort progressivement de l’ombre de la paire Randolph/Gasol pour s’affirmer progressivement comme le leader de l’équipe du Tennessee. Pas mal pour un mec qui a côtoyé de très près Greg Oden (Ohio State ’07, finaliste NCAA malheureux face au Florida de Joakim Noah) et qui a donc échappé à la malédiction des genoux en carton. Surtout, Mike a su élever son niveau à chacune de ses apparitions en Playoffs, où il a pu voir de près un certain TP (1er tour Playoffs 2011, Finale de Conférence 2013)… Conley a d’ailleurs avoué prendre exemple sur le frenchy et veut montrer qu’il a le niveau dès qu’il croise Tony (24 pts à 53%). Y’a encore du boulot niveau palmarès…

Conley
Jamie Squire/Getty Images North America

Les autres :

  • S’il y avait eu 6 places dans ce « ranking des oubliés », Ty Lawson y aurait très probablement figuré. Jamais loin, toujours près, le garçon souffre de tous les symptômes classiques du quasi-All Star : joue pour un petit marché, dans une équipe au bilan correct mais pas ouf, au milieu d’une équipe homogène, sans vraie star. Conscient de tous ses handicaps, son pote de lycée, Kevin Durant, vient à son secours tous les ans en vantant ses mérites. Ouais bah, ça suffit pas.
  • Pekovic n’est pas bien loin non plus. Mais voilà, le petit Nicolas le gros Nikola souffre d’une combinaison de syndromes : dans l’ombre d’une star, pas flashy, membre d’une équipe inconstante et, tant qu’à faire, blessé de temps en temps. Ça fait beaucoup.
  • Dernière catégorie, les producteurs industriels pour équipes moisies. J’ai nommé Anthony Davis et ce brave DeMarcus Cousins. Le monosourcil aurait pu être la star du week-end devant ses fans, il se contentera du… Rising Stars Challenge. Quant à DeMarcus, il profitera de ces quelques jours off pour bosser son jeu. Nan, j’déconne.

Par @Papadiplodocus

6 Comments

  1. J'ai vu un match des cats mais sans Big Al ^^. Sinon c'est toujours excellent :)

  2. Petite question qui me turlupine :

    Les Charlotte Hornets ( la vieille équipe ) sont les ancêtres des Pelicans ou des Bobcats ?
    Merci :p

    1. Les Hornets ont déménagé à New Orleans en 2002 et sont donc devenus les New Orleans Hornets puis, aujourd'hui, les New Orleans Pelicans. Les Bobcats sont nés en 2004 et vont récupérer le nom de Hornets dès la saison prochaine puisque ce nom est donc désormais libre ! J'espère que t'as suivi :) Pour répondre à ta question, les ancêtres des Hornets sont donc les actuels Pelicans tandis que les Bobcats sont les… futurs Hornets !

      1. C'est bien ce qu'il me semblait ! Dans le texxte, la section d'Al Jefferson, il est dit " les ex-futurs Hornets ". C'est donc en fait, juste les futurs Hornets, nan ?

        1. Wep, c'était pour faire genre

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