Analyse Vidéo : Dwyane Wade peut-il redevenir le franchise player du Heat ?

Analyse Vidéo : Dwyane Wade peut-il redevenir le franchise player du Heat ?

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Lebron James parti, nous revoilà de retour il y a quatre ans quand c’est à bout de bras et de tout son talent que Dwyane Wade arrachait sur une superbe performance un petit match aux Boston Celtics lors du premier tour des playoffs 2010. Oui mais voilà, Wade a 32 ans désormais. Chris Bosh a certes prolongé son bail en Floride, mais c’est directement sur Wade que vont atterrir les responsabilités de premier porteur du ballon dont se chargeait James. Alors, fort d’un nouveau contrat à quelques 16 millions l’année, Dwyane Wade peut-il redevenir le franchise player du Heat ?

Jetons un coup d’œil à son profil.

Guillaume (@GuillaumeBInfos)

Dwyane Wade n’est évidemment plus le fantastique athlète qu’il a pu être par le passé mais demeure à 32 bien au-dessus de la moyenne. Toujours assez explosif, Wade est surtout bien plus costaud et épais qu’auparavant, compensant l’inévitable déclin de sa verticalité et de son jeu si aérien par une charpente bien plus solide et épaisse. Tout cela sans même mentionner ses remarquables mensurations physiques, à savoir sa bonne taille pour le poste 2 (6’5/1m96) mais surtout son exceptionnelle envergure de bras (6’11/2m11).

D’abord et avant tout, Wade est un slasher et même un des meilleurs de la ligue. Doté d’un excellent premier pas, il possède une très bonne qualité de dribble et sait naviguer balle en main au sein d’une défense au moyen de changements de rythmes très efficaces. Mais surtout, Wade possède un contrôle du corps tout simplement fantastique, comme on en a sans doute très rarement vu en NBA. Toujours en équilibre, il absorbe les contacts remarquablement bien et parvient à se réajuster dans les airs pour inscrire plus de paniers en angle fermé que n’importe qui. Également, Wade possède un flair certain pour immédiatement monter en transition dès que Miami récupère la gonfle, ayant de ce fait deux ou trois longueurs d’avance sur l’équipe adverse et pouvant ainsi s’offrir un nombre conséquents de paniers faciles sur contre-attaque.

Une fois arrivé au cercle, Wade est un superbe finisseur (un formidable 70%) du fait de ses très longs bras, sa verticalité, son contrôle du corps et son excellent toucher de balle autour du panier. De même, il demeure un des tous meilleurs cutters si ce n’est le meilleur de la ligue, sachant couper vers le cercle et offrir des solutions dans le dos de la défense dans un timing parfait. Bon rebondeur offensif (6e parmi les arrières avec 1.1 prise par match), Wade utilise enfin ses superbes qualités physiques et athlétiques pour jouer son adversaire (généralement moins costaud) au poste bas, se montrant particulièrement redoutable sur hook shot main droite même pour scorer par-dessus un intérieur venu aider en second rideau.

Wade n’a jamais été connu comme un superbe jump-shooteur mais n’en demeure pas moins solide dans l’exercice. Au-delà d’une bonne mécanique de tir, c’est plus particulièrement son excellente sélection de tir qui est notable. Il est conscient de ses forces et ses faiblesses, et force très rarement des tirs qui ne rentrent pas dans son répertoire habituel.

Capable de se créer efficacement son propre tir sur isolation ou en sortie d’un P&R, Wade s’avère performant depuis la mi-distance (un très bon 43% de réussite en un peu plus de 7 tentatives par rencontre), notamment sur un joli turnaround jumper efficace qu’il utilise au poste mais aussi à quelques mètres plus loin du cercle. Sa portée de tir reste cependant limitée et il ne représente pas une menace fiable à 3pts. En position de spot-up il préfère d’ailleurs généralement attaquer le défenseur qui arrive sur lui, au moyen notamment de sa très célèbre et on ne peut plus dangereuse feinte de tir, peut-être la meilleure de NBA.

On peut toutefois se demander si à trop vouloir rester dans sa zone de confort en ne « forçant » pas à longue distance, Wade n’en deviendrait pas un petit handicap pour le Heat en terme de spacing. Entre 2009 et 2011 il a en effet passé 3 saisons à dégainer en moyenne 3.1 fois arrière arc (31 % de réussite), avant les trois suivantes d’en prendre beaucoup moins, jusqu’à même arriver à seulement 0.6/m l’an passé (plus petit total en carrière). En playoffs et notamment en Finales cette tendance à ne pas vouloir jouer derrière la ligne à longue distance est quelque peu ressortie, et a par moment pénalisé Miami. Surtout pour un slasher de son talent et à l’explosivité sur le déclin, Wade aurait au contraire tout intérêt à rester une menace honnête à 3pts pour empêcher les défenses de ne le jouer que d’une seule manière. L’intéressé s’est d’ailleurs dit enclin à recommencer à tirer derrière l’arc dès l’an prochain, définitivement quelque chose qu’il sera bon de suivre.

Dwyane Wade est enfin un superbe playmaker pour le poste d’arrière. En attestent ses deux remarquables pointes à 7.5 ast/m en 2007 et 2009 du temps où il avait sans cesse la gonfle entre les mains, et un très joli 6.0 ast/m en carrière. Même avec des responsabilités plus limitées l’an passé, l’homme à la mâchoire de titane distillait encore près de cinq caviars chaque soir.

Les défenses étant obligées de respecter son impact en pénétration, il parvient aisément à attirer l’attention balle en main pour ensuite ressortir vers un shooteur ouvert ou tout simplement glisser la gonfle à une cible laissée libre sous le cercle. Également très bon sur Pick&Roll, Wade possède de manière générale une excellente vision du terrain. Il peut d’ailleurs mener le jeu par séquence, se montrant altruiste et volontaire pour réaliser la passe simple.

Wade est en revanche assez enclin aux turnovers, perdant la balle 3 fois par match en moyenne la saison dernière malgré des responsabilités grandement partagées avec James. Il force fréquemment de mauvaises passes en se montrant trop fantaisiste ou nonchalant.

Défensivement, Wade n’est plus le All Defensive Teammer qu’il pouvait être (3 fois dans la 2e équipe) et ne peut plus produire le même niveau d’intensité pendant 48 minutes mais se montre toujours excellent sur séquences. Miami a d’ailleurs pris le parti dernièrement de ne plus le faire défendre aussi souvent sur le ballon (avec des jeunes chiens de garde comme Mario Chalmers ou Norris Cole qui peuvent s’en charger) pour ne pas trop le cramer et pouvoir avoir un très bon Wade défenseur lorsqu’il est appelé à l’être, en fin de match par exemple.

Sur l’homme, c’est d’abord et avant tout son exceptionnelle envergure de bras qui le rend redoutable pour contester les tirs magnifiquement (et même régulièrement les contrer). Ces longs bras là, combinés à ses mains très vives, lui servent également à créer efficacement et en quantité des turnovers adverses (1.5 int/m). En revanche, on peut déplorer son effort trop inconstant par moment, et même son indiscipline défensive (mord aux feintes, commets des fautes évitables en tentant l’interception, etc.).

Loin du ballon, c’est cette même indiscipline défensive (des aides à mauvais escient, des manques d’attention, des situations hors de position à vouloir voler des ballons) qui lui vaut de ne pas être considéré comme un vrai monstre de l’exercice. Ce manque de rigueur mis à part, Wade démontre en effet un très grand QI défensif et une superbe capacité à apporter des aides défensives dans le bon timing et en bouchant les bons angles. Ses qualités de contreur et de protecteur du cercle ne sont même plus à décrire, tellement super-mâchoire s’est illustré dans l’exercice au point d’être considéré par beaucoup comme un des meilleurs contreurs de l’histoire parmi les arrières. Wade est enfin une véritable terreur sur les lignes de passe, combinant à son exceptionnelle envergure de bras une anticipation et une réactivité elles-mêmes non moins exceptionnelles.

Particulièrement ménagé l’an passé, Wade n’aura pas l’occasion de s’offrir ce luxe cette saison à Miami. Ce ne sera sans doute pas sur le même temps de jeu très important d’autrefois, mais sans doute que le Heat va recommencer à redonner une majorité de ballons à l’ancien pensionnaire de Marquette qui, malgré ses 32 printemps, possède encore les capacités pour porter une attaque sur ses épaules, au scoring comme à la distribution. Si les pépins physiques le laissent tranquille, Wade semblent avoir encore toutes les ressources nécessaires pour redevenir cette première option offensive et emmener Miami en playoffs. C’est en tout cas qu’il faudra pour justifier le très joli salaire de 15.5 millions annuels (pendant deux saisons) offert par sa franchise de toujours.

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