Analyse Vidéo : Chris Bosh méritait-il un contrat maximum ?

Analyse Vidéo : Chris Bosh méritait-il un contrat maximum ?

Chris Bosh

Le départ de Lebron James de Miami aura au moins eu pour mérite d’offrir indirectement un gros chèque à Chris Bosh. Courtisé par Houston (quelques 80 millions de dollars mis sur la table sur 4 ans), l’ancien Raptor s’est vu proposer un contrat maximum (118 millions sur 5 ans) à la dernière minute par un Pat Riley paniqué de se retrouver sur la paille après le départ du King. Alors, Chris Bosh méritait-il un contrat maximum ?

Jetons un coup d’œil à son profil.

Guillaume (@GuillaumeBInfos)

Chris Bosh est d’abord et avant tout un spécimen physique des plus attrayants, à la fois pour le poste 4 (sa position de prédilection) comme pour celui de pivot (son poste ces deux dernières saisons). Grand (6’11/2m11) avec une superbe envergure de bras (7’4/2m23), il est également très mobile pour un intérieur, et toujours explosif à désormais 30 ans passés. Son seul défaut est finalement son manque de force (seulement 108 kg) qui lui fait défaut dans un certain nombre de domaines.

En attaque, Bosh est en tout premier lieu un jump-shooteur. Il est en tout cas devenu principalement ce genre de joueur durant ses années au Heat, étant utilisé une très grande majorité du temps de cette manière (79 % de ses tirs étaient des jump-shots l’an passé, contre 54% sa dernière saison à Toronto). Non seulement de tirer en quantité, il faut également relever sa belle efficacité dans l’exercice, convertissant un très bon 44 % (50eFG%) de ses 10,5 tentatives par rencontre.

A la base de tout cela se trouve une excellente mécanique de tir, très rapide et consistante, durant laquelle Bosh parvient surtout  à relâcher son tir très haut de par sa taille et ses longs bras, rendant la tâche presque impossible pour le défenseur de contester le shoot efficacement. Son domaine de prédilection reste le jeu à mi-distance où Bosh s’avère un des meilleurs scoreurs de la ligue (48 % de réussite, 4.5 tentatives par match). Redoutable menace sur Pick&Pop, il excelle sur tout type de catch & shoot de par sa capacité à rapidement s’aligner avec le panier et déclencher le tir. Plus encore, il a même démontré la faculté de dégainer en sortie de dribble, en attaquant les closeouts sur un dribble ou deux, ou même en pure création sur ISO au moyen d’un bon step-back jumper. Le genre de qualité dont seulement peu d’intérieurs NBA possèdent.

Également, Bosh est devenu au fil de ces dernières saisons un shooteur vraiment fiable à longue distance. L’ancien Raptor s’était en effet fixé cet objectif au sortir des Finales NBA 2011 (et de la démonstration de Dirk Nowitzki) et est passé en trois ans de 0.3 à 2.8 tentatives par rencontre, le tout pour un bon 34 % de réussite arrière arc. Une évolution de son jeu qui a notamment permis au Heat d’optimiser leur spacing et nombres de solutions offensives.

On peut néanmoins regretter, malgré son efficacité, une tendance à se contenter un peu trop de tirs de la sorte plutôt que d’être agressif et aller chercher ses points à l’intérieur. Une tendance notamment flagrante lorsque Miami arrive à obtenir un cross-match défensif que Bosh se refuse régulièrement d’exploiter, déclenchant son jump-shot loin du cercle plutôt que d’enfoncer l’arrière ou le meneur de jeu qui défend sur lui.

Du reste, Chris Bosh va chercher ses paniers sur du scoring intérieur, principalement sur catch & finish. C’est un superbe finisseur au cercle (71 % de réussite, parmi l’élite des intérieurs) de par sa taille, ses longs bras et son très bon toucher de balle autour du panier. Toujours plutôt explosif sur ses appuis, Bosh fait étalage de son flair et son intelligence de jeu sur Pick&Roll ou sur simple jeu sans ballon, sachant toujours bien se placer, couper vers le cercle dans un très bon timing ou offrir une solution facile sous les panneaux à un coéquipier qui pénètre.  Également, c’est un bon straight-line driver, du fait de son rapide premier pas et de sa bonne qualité de dribble pour un joueur de sa taille.

Néanmoins, son défaut dans l’exercice demeure là encore dans le registre du manque d’agressivité. Plutôt que de jouer constamment au-dessus du cercle comme il en est parfaitement capable de par ses mensurations physiques et sa verticalité, Bosh ne cherche pas toujours à conclure avec autorité et dureté une fois au cercle. Également, il n’est pas extrêmement costaud et n’est pas capable de conclure régulièrement malgré les contacts (seulement 23 And 1’s l’an passé).

Si les noms de Dwyane Wade et Lebron James ont souvent été évoqués ces dernières années quand on évoque les sacrifices individuels réalisés pour permettre la cohabitation du Big Three, celui de Chris Bosh fut beaucoup moins cité. A tort. C’est en effet lui qui des trois a dû le plus évoluer dans un registre différent.

Là où Wade et James ont appris à jouer plus souvent sans la gonfle tout en la conservant cependant sur un temps de jeu conséquent, Bosh a lui changé complètement de répertoire, jusqu’à ne plus créer (ou seulement très rarement) pour lui-même. En attestent ses 80 % de paniers assistés (contre 50% à Toronto), un pourcentage extrêmement élevé pour un joueur majeur, à fortiori pour un All Star, calibré contrat maximum. Concrètement, le Bosh de ces quatre dernières années se contentait de faire tourner la gonfle, poser des écrans et dégainer en catch & shoot sans prendre trop le temps de réfléchir.

Le fait est qu’à Toronto, tête de dinosaure avait démontré toute une palette de qualités de go-go-guy. En plus de son tir fiable à mi-distance et ses qualités de finisseur à l’intérieur, Bosh possède également un excellent jeu au poste (dont il ne s’est jamais vraiment servi à Miami) au répertoire varié, du fait de sa taille, ses longs bras, sa vivacité, son bon footwork et son très bon toucher de balle. Un véritable point de fixation offensive comme il est possible de construire une attaque autour. De même, Bosh avait prouvé avec la gonfle dans les mains une très bonne capacité à provoquer les fautes et se rendre sur la ligne des lancers francs (5 saisons consécutives à plus de 8 lancers francs tentés par match). Une des qualités première que l’on recherche chez une première option d’équipe. Enfin, il n’a jamais été réputé pour ses instincts de passeur mais se montre dans le jeu passeur volontaire et altruiste, capable à l’occasion même de créer de bonnes passes sur deux ou trois dribbles ou grâce à sa bonne vision de jeu.

Son passage à Miami l’a en revanche énormément fait progresser sur un domaine : la défense. Passant même de joueur assez intéressant de ce côté-là du terrain à un des tous meilleurs spécialistes du genre ces quatre dernières années.

Bosh est d’abord un excellent défenseur au poste. Discipliné, il se sert parfaitement de sa taille et de son envergure pour contester très efficacement les tirs de toute sa longueur (sans avoir besoin de décoller du sol et prendre le risque de commettre des fautes), tout en étant attentif à bien fermer les angles et en tenant son territoire la plupart du temps. Également, il possède une superbe vitesse latérale pour un joueur de sa taille, et s’avère on ne peut plus à l’aise pour défendre efficacement dans le périmètre.

C’est d’ailleurs cette vitesse latérale, combinée à sa mobilité, sa discipline, ses fondamentaux et ses mensurations physiques qui en font un redoutable défenseur sur Pick&Roll. Un des tous meilleurs de NBA parmi les intérieurs, si ce n’est le meilleur. Bosh impressionne particulièrement pour sortir très haut sur le porteur du ballon en sortie de l’écran, l’empêcher de pénétrer, puis retourner sur son attaquant et retrouver une bonne position avec une vitesse impressionnante. Ses longs bras et ses mains vives lui permettent également de voler et détourner fréquemment quelques ballons que le meneur adverse tente de transmettre à son coéquipier. Peu nombreux sont ceux qui tentent de shooter par-dessus lui, et encore moins nombreux sont ceux qui y parviennent. Intelligence, mobilité, vitesse et atouts physiques, Bosh est réellement le prototype parfait du défenseur moderne sur P&R.

Son seul véritable défaut en terme de défense sur l’homme reste son manque de force. S’il est vrai qu’il possède une grande et impressionnante charpente, il ne l’a pas tant remplie que cela en terme de musculature et épaisseur de corps (seulement 108 kg). Il peut par moment se faire enfoncer au poste ou concéder des positions trop proches du cercle face à de solides intérieurs, ou n’est tout simplement pas capable d’offrir une opposition suffisante sur pénétration (pouvant se faire dégager du chemin en un ou deux bon coup d’épaule David Westien ou Blake Griffinesque), quand bien même il parvient à rester en face de son vis-à-vis.

Loin du ballon, Chris Bosh s’avère là aussi tout ce qu’il y a de plus performant et précieux. Toujours très attentif, c’est un excellent défenseur sur aide, intelligent, discipliné et au grand QI défensif, capable d’apporter un surnombre, venir faire une prise à deux, sortir sur un arrière pour prévenir un catch & shoot ou parfaitement coulisser pour combler les nombreuses rotations défensives du Heat, le tout dans un superbe timing et avec de très bons angles. Tout en pouvant une fois encore retrouver une bonne position une fois l’aide apportée avec une vitesse impressionnante. C’est également un bon protecteur du cercle, à l’anticipation solide et bien aidé par ses qualités physiques et son explosivité. Son assez faible total de 1.0 contre par match est bien plus du aux schémas défensifs du Heat (peu propices à orienter les tirs vers un protecteur du cercle campé devant l’arceau) plutôt qu’avec ses quelconques compétences dans l’exercice. Bosh possède enfin une excellente maîtrise sur closeout, ne se livrant pas complètement et pouvant contester les tirs très efficacement de par ses 2m23 d’envergure de bras.

C’est en revanche dommage que Bosh ne soit pas un meilleur rebondeur qu’il ne l’est actuellement. Le style de jeu de Miami (ou tout simplement la présence de LeBron et Wade, tous deux très bons dans l’exercice) a certes influencé sur son faible total de prises par rencontre (6.7 en presque 33 minutes de match). Mais on ne peut toutefois pas occulter pour autant sa faible activité des deux côtés du terrain. Lorsqu’il est motivé, Bosh est un rebondeur défensif aussi compétent que n’importe qui en NBA. Il bloque très bien son adversaire de par d’excellentes techniques de boxout et s’avère superbe dans le trafic pour aller chercher les ballons à leur plus haut point avant que quiconque n’ait une chance de le faire. Il manque cependant de force et/ou d’intensité sur certains boxout et peut se faire mettre hors de sa position préférentielle par des intérieurs bien bâtis. Excellent rebondeur offensif, c’est là encore son manque d’activité qui est à déplorer (1.0 rbs-off/m), même si son positionnement systématique dans le périmètre influait également sur ce faible total.

L’un dans l’autre, il est facile de voir pourquoi Miami a été enclin à lui offrir un contrat maximum il y a quelques semaines de cela. Le facteur contextuel (LeBron parti, obligation de proposer beaucoup d’argent pour concurrencer la belle offre des Rockets) mis à part, Chris Bosh possède l’étoffe d’un franchise player tout en restant relativement jeune (30 ans).

Reste désormais au Heat de faire en sorte que Bosh soit mis dans les conditions nécessaires pour justifier ce contrat, mais cela semble en bonne voie. Sans le King, le jeu des Floridiens devrait changer quelque peu, sans doute ralentir et clairement plus se réorienter vers l’ancien Raptor. Clairement sous utilisé ces dernières années (pas forcément à tort, vu que style de jeu prôné et les résultats acquis), Bosh aura la chance d’être à nouveau une option d’attaque prioritaire et qui crée beaucoup plus pour lui-même. Quand on rajoute à cette palette variée de qualités de go-to-guy le fait qu’il demeure aussi un des meilleurs défenseurs intérieur de NBA, le salaire devrait être assez vite amorti.

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3 Comments

  1. Je crois que vous avez oubliez une grande dimension de bosh, il est tout simplement clutch ! Aussi bien offensivement (plusieurs game winners (San antonio, blazers…) que défensivement (contre sur TP, Green, Game 6 finals 2013)

  2. peut être qu'il sera un peu plus agressif en se sentant plus valorisé
    on peut l'espérer aussi pour Wade, les stars ça marche à l'égo

  3. non il ne meritait pas ce contrat, deja je n'arrive tjr pas a comprend comment il peut etre all star ce mec…

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