Analyse Vidéo : Lance Stephenson peut-il devenir All Star ?

Analyse Vidéo : Lance Stephenson peut-il devenir All Star ?

Lance Stephenson Hornets

Lance Stephenson a su réaliser la bonne saison au bon moment. Après avoir ciré le banc deux ans puis après avoir été la 5e roue du carrosse des Pacers lors de l’exercice 2012-2013, Stephenson s’est vu confier bien plus de responsabilités l’an passé et s’en est même très bien dépatouillé. S’il a manqué de peu sa première sélection All Star l’an dernier, les Hornets qui l’ont ajouté à leur effectif prometteur pour quelques 9 millions de dollars annuels, espèrent obtenir au moins ce même rendement. Alors, Lance Stephenson peut-il devenir un All Star à Charlotte ?

Jetons un coup d’œil à son profil.

Guillaume (@GuillaumeBInfos)

D’un point de vue physique, Stephenson possède tous les ingrédients que l’on souhaite retrouver chez un arrière typé NBA. Ce n’est certes pas un athlète très explosif mais la nature l’a doté d’une excellente taille (6’6/1m98) et d’une superbe envergure de bras (6’10/2m08), ainsi que d’une carrure on ne peut plus épaisse et solide (227 lbs/102 kg).

Malgré une efficacité assez moyenne dans l’exercice (35%) le jump-shot demeure l’arme dont il se sert le plus en attaque (65% de ses tirs sont de cette nature). Bon spot-up shooteur à longue distance, Stephenson est moins régulier mais toutefois capable de dégainer en sortie de dribble arrière arc, démontrant au passage une portée de tir réellement impressionnante. A mi-distance, Stephenson arrive très bien à créer de l’espace et une séparation avec son défenseur au moyen de stepbacks, changements de rythme, crossover et autres dribbles chaloupés de son répertoire, mais sans pouvoir rentrer le tir ensuite avec une grande réussite une fois l’espace crée (un petit 36%).

Plus généralement, sa sélection de tirs laisse clairement à désirer. Que ce soit lorsqu’il tente sa chance de beaucoup trop loin, trop tôt dans la possession, lorsqu’il prend un tir trop bien défendu (parfois même tout cela en même temps) ou qu’il se laisse prendre par le moment et s’enflamme à dégainer un peu n’importe comment. Il est capable de rentrer n’importe quel tir depuis n’importe où mais pas avec une réussite suffisamment bonne  pour que l’on passe sur les déchets encore conséquents de sa sélection de tirs.

Stephenson est déjà bien plus efficace pour scorer lorsqu’il décide d’attaquer le panier balle en main. Il compense son manque d’explosivité par d’excellents changements de vitesse et de direction, ou peut tout simplement enfoncer son épaule dans la poitrine de son défenseur pour le dégager de son chemin et s’ouvrir une brèche jusqu’au panier. Son contrôle du corps est impressionnant, et il ne recule jamais devant les contacts sous le panier, les absorbant et étant capable de finir malgré eux avec une facilité déconcertante pour un arrière.

Une fois au cercle, Stephenson est un superbe finisseur (68%) se servant à merveille de ses très longs bras et faisant admirer toute sa créativité et son excellent toucher de balle pour conclure dans une multitude d’angles différents et se servir à très bon escient de la planche.

Fait surprenant néanmoins, le très faible nombre de lancers francs qu’il obtient par rencontre (un tout petit 2.7/40min). Une des raisons expliquant cela est évidement son rôle de simple option offensive du système des Pacers (pour le même temps de jeu, moins de responsabilités et de ballons qu’un joueur étant première option d’équipe), mais il doit tout de même faire preuve lui-même de plus d’agressivité. Attaquer le cercle et faire parler sa force brute plutôt que de se contenter de jump-shots dans le périmètre.

Stephenson a également démontré une polyvalence offensive certaine. Excellent scoreur en transition, il est capable de mener la contre-attaque et d’accélérer le tempo balle en main à la manière d’un meneur de jeu. Egalement, Stephenson est actif sans le ballon pour prendre les défenses à revers en coupant vers le panier dans un bon timing. C’est également un rebondeur offensif très actif (1.2/m, 4e parmi les arrières NBA), et il sait bien user de sa puissance et de son toucher de balle pour scorer poste bas, parfois même face à des défenseurs plus imposants que lui.

Sa qualité de playmaker reste sans doute une des caractéristiques les plus intéressantes de son jeu. Stephenson possède une remarquable vision de jeu et la capacité d’un meneur à distiller de bons ballons avec précision et dans le rythme. Excellent passeur en pénétration, il l’est également sur Pick&Roll où il parvient très bien à créer diverses ouvertures et délivrer le ballon en trouvant d’excellents angles.

Plus encore, au-delà de ses qualités techniques de créateur/passeur, Stephenson a également démontré durant toute la saison passée de bonnes dispositions à mener le jeu. Il le faisait d’ailleurs régulièrement, souvent avec la second unit des Pacers mais aussi avec les titulaires sur certaines fin de match. Altruiste, capable de réaliser la passe simple et de lire correctement les défenses adverses, il ne possède toutefois pas l’intégralité des qualités requises pour être un vrai meneur gestionnaire.

Stephenson se laisse parfois prendre dans le moment et est fautif de tenter un peu trop souvent des passes fantaisistes (qui peuvent finir en première place du top 10 de la nuit comme parmi les pires pertes de balle de la saison). On peut toutefois argumenter qu’il n’a jamais vraiment eu à assumer pleinement un rôle de vrai meneur de jeu, et donc n’a jamais approché un match avec cette mentalité ci (même aux commandes de la second unit il se contentait d’enchaîner pénétrations et P&R plutôt que de mettre en place une attaque, appeler les systèmes et veiller à leur exécution), mais son style de jeu et la façon dont il essaye de créer entrainent de toute manière un certain déchet.

Défensivement Lance Stephenson possède un très bon potentiel mais ne fournit pas assez d’efforts et de concentration nécessaire pour exceller comme il le pourrait (et le devrait).

Rarement en bonne posture défensive (trop haut sur ses appuis, les bras le long du corps) il se fait mettre régulièrement dans le vent sans pouvoir garder son vis-à-vis en face. Plus encore, il se fait prendre dans les écrans bien plus souvent qu’il ne devrait, ayant la carrure faite pour se battre à travers eux puis retrouver bonne position assez aisément s’il le voulait. C’est un défenseur tout à fait capable sur l’homme, voir excellent, lorsqu’il le veut vraiment, du fait de sa bonne vitesse latérale, sa robustesse, et ses très longs bras qui l’aident à contester les tirs efficacement. Mais il n’est clairement pas assez régulier ni impliqué dans son effort défensif, choisissant clairement ses matchs et ne tirant de fierté défensive que lors de grands matchs ou face aux meilleurs joueurs NBA. Le Stephenson mort de faim qui défendait LeBron James comme si sa vie en dépendait pendant les Finales de Conférences était à années-lumière du Stephenson capricieux de saison régulière, trop irrégulier dans ses efforts.

De même, Stephenson n’est pas très actif loin du ballon. Il ne se montre pas particulièrement performant sur aide défensive, ne joue pas les lignes de passe (ni n’essaye de créer des turnovers plus généralement, comme le montre son 0.7 int/m) et n’a pas toujours la meilleure discipline qu’il soit. C’est en revanche un remarquable rebondeur, le meilleur de la ligue sur le poste d’arrière avec ses 7.2 prises par rencontre (1er chez les Pacers également, devant David West et Roy Hibbert).

Si certains doutes quant à son développement et sa marge de progression restante peuvent être légitime, il est également vrai que le joueur actuel mérite pleinement le salaire de 8 millions par an que Charlotte lui a offert. Un excellent playmaker aux très bons instincts de passeur, capable d’assurer un rôle de soutient décent au scoring et avec la capacité d’être un très bon défenseur lorsqu’il le veut, c’est assurément un bon choix pour les Hornets (et peut-être même un meilleur rapport qualité/prix que ne l’aurait été Gordon Hayward touchant un salaire maximum).

Meilleur passeur et rebondeur des Pacers, second meilleur scoreur (avec un très bon 49% de réussite générale), et plus généralement second meilleur joueur d’une équipe qui pendant un temps écrasait tout sur son passage, on peut toutefois se demander si Stephenson connaîtra le même succès en dehors du système des Pacers. Un trop plein de responsabilités pourrait également faire ressortir en grand les défauts assez gênants qui sont les siens (sélection de tir, prise de décision moyenne, hors de contrôle par instant, régularité). Si le pari s’avère payant cependant, Stephenson pourrait en toute légitimité prétendre à cette première sélection All Star et pourquoi pas aider de manière conséquente la jeune et prometteuse escouade des Hornets à s’installer comme une place forte de la Conférence Est de ces prochaines années.

Lance Stephenson reste un pari sur le papier, du fait de son explosion tardive (dans sa « contract year »), de son style de jeu, de son caractère fréquemment remis en question, ou du simple fait qu’il pourrait ne pas autant performer une fois sorti du système des Pacers. Néanmoins, la durée courte de son contrat (trois saisons) et son prix sous-évalué par rapport aux contrats paraphés cet été sur le marché (Gordon Hayward, Chandler Parsons, Eric Bledsoe, Kenneth Faried, etc.) en font un pari on ne peut plus intéressant pour Charlotte.

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2 Comments

  1. Stp guillaume c est quoi le nom de l'instru à la 8ème minute.
    Sinon super profil sur un joueur que je kiffe

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