Draft Scouting Report : D’Angelo Russell (Ohio State) vs Northwestern

Draft Scouting Report : D’Angelo Russell (Ohio State) vs Northwestern

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D’Angelo Russell vs Northwestern (22/01/2015)

La dernière fois que nous avons pris des nouvelles de D’Angelo Russell, le freshman d’Ohio State venait tout juste de débarquer sur la scène universitaire et avait réussi à attirer l’attention sur lui en à peine trois petit match. Si depuis ce temps-là sa côte ne cesse d’augmenter et sa popularité de croitre auprès du grand public, une constance demeure : le garçon nous impressionne toujours autant depuis Novembre.

Emmené par son jeune freshman (18 ans) et une belle flopée de seniors vétérans, Ohio State est parvenu à ressortir du calendrier hors conférence avec un excellent bilan de 11 victoires pour seulement deux défaites. Depuis le début du calendrier BIG 10 cependant, les Buckeyes semblent avoir un peu plus de mal au démarrage, ayant déjà perdu par trois fois en sept rencontres face à des adversaires d’un niveau évidement plus grand que celui des petites escouades du calendrier hors conférence. Et ils sont même sortis du top 25 des équipes universitaires.

Plus encore, Ohio State se repose beaucoup sur Russell offensivement, et le niveau de performance de l’équipe est souvent intimement lié au niveau de jeu de son jeune leader. Si Russell a déjà réussi à afficher de belles lignes de stats cette année, il faut aussi relever le fait qu’il a de manière générale eu beaucoup de mal face aux meilleures équipes rencontrées (6/20 au tir à Louisville, 4/17 face à North Carolina, 4/16 face à Iowa, 3/15 face à Indiana, des rencontres toutes soldées en défaite pour Ohio State).

Face à Northwestern cependant, D’Angelo Russell a démontré en 37 minutes de jeu d’un niveau et d’une efficacité exemplaires pourquoi sa place dans le top 5 de la draft semble se concrétiser de jour en jour. 33 points à 12/17 (70%), 7 rebonds, 6 passes, des passes époustouflantes et des tirs on ne peut plus clutch pour sécuriser la victoire.

Si la rencontre face à Sacred Heart avait été un testament de ses capacités en pénétration, celle face à Northwestern a plutôt été une démonstration de ses qualités de shooteur : fiable, propre, polyvalent, efficace. Beaucoup de progrès semblent avoir été fait par rapport au début d’année, que ce soit dans sa portée de tir (plus grande), son point de relâchement du tir (plus haut, rendant toute la mécanique bien plus fluide) ainsi que l’exécution de cette dite mécanique de tir, réellement très rapide.

A longue distance, Russell a régalé toute la soirée (6/11) sur du spot-up, des tirs en sortie d’écran, mais aussi et surtout des tirs en sortie de dribble. Que ce soit après un Pick&Roll, ou mieux encore sur une situation d’isolation, le garçon a semblé le plus à l’aise du monde, déclenchant très rapidement son tir après un step-back, un magnifique crossover qui a cloué son adversaire sur place, ou tout simplement en assassinant son défenseur de par sa capacité à tirer par-dessus ce dernier du fait de sa taille, ses très longs bras et son (désormais) haut point de relâchement du tir.

Il en va de même pour le jeu à mi-distance, où Russell confirme les très belles choses que nous avions vues la dernière fois face à Sacred Heart. Du Pick&Roll, du Dribble Hand-off, de jolis step back, ou bien encore une fois cette capacité à s’élever par-dessus tout le monde pour prendre (et mettre, même des très contestés) des tirs sur la tête de l’adversaire. Juste en s’élevant pour le tir, sans avoir besoin de générer de l’espace.

Une des rares critiques de sa palette offensive qui ressortait la dernière fois était sa tendance à beaucoup aimer les tirs dans le périmètre, notamment les trois points en sortie de dribble. Si le match de la nuit dernière à confirmé cette tendance, il l’a également très grandement nuancée et a beaucoup rassuré sur sa prise de décision.

En aucun cas, Russell n’est un de ces scoreurs fous prêts à croquer tous les ballons qui passent par lui. Au contraire, le jeune freshman laisse le jeu venir à lui d’une manière assez impressionnante, ne forçant jamais les choses en attaque, ne vampirisant pas le jeu, lâchant la balle lorsque ses tentatives de créer quelques choses n’aboutissent pas, ou tout simplement n’hésitant pas une seule seconde à transmettre la balle à un coéquipier qui se démarque. Russell apparait altruiste presque à l’excès pour un tel talent offensif, mais qui (que demande le peuple ?) a parfaitement su prendre le jeu à son compte lorsqu’il le fallait en fin de match sans fuir ses responsabilités.

Sur les 8 premières minutes, Russell a fait tourner le ballon et a exécuté l’attaque des Buckeyes, ne prenant que deux petits tirs, les deux étant des tirs de toute fin de possession qu’il se devait de prendre. Sont ensuite venus quelques tirs à longue distance et à mi-distance dans la deuxième moitié de la première mi-temps lorsqu’il évoluait avec une majorité de remplaçants. La deuxième mi-temps s’est avérée tout aussi équilibrée et efficace de sa part, ne prenant que des bons tirs (et en rentrant les quelques mauvais qu’il a dû prendre) tout en veillant à continuer de faire bouger la balle, avant dans le money time de prendre complètement les commandes du navire et expédier depuis la longue distance quelques missiles pour achever Northwestern. La contenance parfaite d’un match que l’on attend d’un franchise player, certainement signe (si l’on ne s’en était pas encore rendu compte) d’une belle prise de décision.

Quant à sa sélection de tirs donc, le fait est que le trois-points en sortie de dribble est en train de devenir un tir comme un autre, si ce n’est encore plus estimé que le même à mi-distance. Les deux candidats au MVP de cette année, James Harden et Stephen Curry, mais aussi Damian Lillard, Kevin Durant et bien d’autres légitiment à l’heure actuelle cette tendance que le trois-points à foison fait gagner des matchs sur le long terme. Certes, les distances NCAA sont plus petites qu’en NBA, mais avec son remarquable 45% de réussite sur 6.4 tentatives à trois points par match (dont une grande partie en sortie de dribble), Russell ferait passer Harden, Curry, Lillard & co pour des gâchettes bien peu fiables.

Le seul petit regret que l’on peut avoir par rapport à cela est son manque d’agressivité pour utiliser ses belles qualités de pénétration. Durant ce match-là notamment, il aurait pu forcer un peu plus sur du drive plutôt que de se contenter de jump-shot, ne se rendant au panier que deux fois pour y conclure à chaque fois de très bonne manière dans les airs et sur un floater bien déposé. C’est un équilibre qu’il va devoir essayer de trouver, mais sans doute qu’avec quelques kilos de muscles supplémentaires et plus d’espace en NBA cela lui permettra d’être plus enclin à attaquer le cercle balle en main.

De manière plus générale, c’est aussi sa tendance à ne pas assez provoquer de fautes qui ressort souvent cette année (4.0 FTA/m en 33 minutes de jeu). Là encore, c’est une question d’équilibre shoot/drive à peaufiner, une question également d’épaisseur de carrure encore insuffisante pour ne pas être effrayé par le contact, et c’est certainement une qualité qui ferait passer son niveau de jeu offensif dans une tout autre dimension. A la James Harden ou Kevin Durant justement (toutes proportions gardées, évidement), arriver à provoquer beaucoup de fautes pour des points faciles non seulement aide les soirs où les shoots ne rentrent pas, mais aussi permet d’ouvrir le jeu, le défenseur laissant plus de place pour dégainer le jump-shot de peur d’être hors de position, en retard et encore sifflé pour une faute en cas de pénétration. D’autant plus que Russell est un excellent athlète possédant le contrôle du corps nécessaire pour scorer malgré les contacts encaissés, donc y’a plus qu’à désormais.

En qualité de playmaker, Russell semble là aussi avoir réalisé de très bons progrès par rapport au début de saison. D’arrière scoreur on ne peut plus capable de passer, Russell est carrément en train d’entrer dans une nouvelle dimension, en démontrant de fantastiques instincts naturels de passe, tant dans la précision, le timing et la vision du jeu. Au point même que certains commencent à le lister comme meneur/arrière.

Dans les faits cependant, Russell n’a réellement rien d’un meneur de jeu, ou pour être plus précis n’évolue pas du tout dans ce registre-là. Jouant au coté du meneur senior Shanon Scott, Russell passe beaucoup de temps sans le ballon, et en hérite pour ses shoots ou créer pour autrui (sur certaines séquences plus souvent que sur d’autres, quand Scott est sur le banc par exemple) mais il n’a en aucun cas jamais la responsabilité du jeu, du tempo du match, le devoir de placer tout le monde sur le terrain, de diriger le trafic et veiller à l’exécution des systèmes.

Ses superbes instincts de passeurs (4.9 ast/m), sa très bonne taille pour le poste, sa très belle compréhension du jeu et son très jeune âge sont il est vrai des indices encourageant qui pourraient pousser à lui faire apprendre le métier de meneur de jeu. Mais ce serait un long et difficile processus à accomplir (si tant est qu’il y arrive) au cours duquel certaines autres qualités de son jeu (plus intéressantes, on pourrait argumenter) se perdraient un peu. Le rôle de meneur de jeu est réellement très difficile à assimiler, surtout pour un joueur n’ayant jamais joué sur ce poste-là.

Plutôt que d’essayer de le brider là-dedans (veiller à alimenter tout le monde même au détriment de ses propres tirs, maîtriser toutes les facettes de la gestion d’un match, prendre en tout instant de bonne décision), le rôle de second arrière scoreur et créateur/playmaker libéré des responsabilités de la mène semble beaucoup mieux lui convenir. A la manière d’un James Harden, encore une fois. D’autant qu’en 33 minutes de jeu et sans avoir énormément la responsabilité de la gonfle, Russell perd tout de même 2.9 ballons par rencontre. D’Angelo Russell en tant qu’arrière scoreur/passeur Hardennien est clairement top 5 de la prochaine draft. D’Angelo Russell en tant que projet meneur de jeu à développer et à tout lui apprendre du métier en dehors de la création pure est sans doute moins intéressant.

L’aspect défensif fut un autre domaine de satisfaction dans ce match. Face à Sacred Heart en début d’année, Ohio State a pratiqué une zone défensive la quasi-totalité du temps, avec un Russell peu énergique et impliqué malgré sa capacité à provoquer des turnovers de par ses longs bras et mains vives. Face à Northwestern, c’est exclusivement de la défense en homme à homme qui a été mise en place, et Russell est apparu sous un meilleur jour (le fait de faire face à une meilleure compétition devant jouer également).

Plus impliqué, Russell est apparu bien plus attentif en terme de défense collective, réalisant par 5 fois de bonnes rotations défensives pour combler un vide, et ne se faisant pas prendre à revers par son vis-à-vis (malgré les écrans fréquents à travers lesquels Northwestern s’est appliqué à le faire passer). En défense sur l’homme, on a pu observer de meilleures postures défensives, de bonnes contestations de tirs, et même une bien meilleure vitesse latérale qu’auparavant (contenant bien les quelques pénétrations auquel il a dû faire face). Bien qu’il ne soit pas parvenu à intercepter le ballon dans ce match, il a fait un bon travail pour contester les trajectoires de passes et en dévier certaines, et tourne sur la saison à un excellent 1.8 int/m.

Le petit reproche que l’on peut lui faire, et qui reste tout à fait légitime pour son très jeune âge, est son manque de dureté et de puissance. Par deux ou trois fois, Russell s’est retrouvé en bonne position (sur un boxout, pour contenir une pénétration, tenir un intérieur à distance du cercle, etc) sans pour autant pouvoir garder son territoire et compléter l’action défensive. Sa carrure est encore très fine, et bien qu’il possède tous les atouts nécessaires pour devenir un excellent défenseur chez les pros, il ne sera pas efficace en NBA sans quelques kilos de muscles supplémentaires.

L’un dans l’autre, D’Angelo Russell est réellement en train de s’affirmer comme un des tous meilleurs prospects du pays, et un futur arrière titulaire solide en NBA (sans doute le premier depuis Bradley Beal en 2012). Au-delà des défauts somme toute assez logiques pour son très jeune âge (18 ans), il impressionne par sa maturité offensive, tant d’un point de vue technique que dans sa capacité à se montrer efficace et incisif dans ses choix. Un vrai go-to-guy, capable de porter l’attaque, toutefois attentif à impliquer tout le monde, étant suffisamment altruiste et en sachant quand il le faut reprendre les commandes du jeu à son comptes, y’a pas grand-chose à vouloir de plus que ça.

Ohio State se reposant énormément sur lui, il est facile de comprendre pourquoi Russell a eu du mal face aux grosses écuries de NCAA, qui pouvaient se contenter de resserrer la pression autour de lui. Alors que beaucoup de ses camarades freshmen déçoivent un peu cette année, Russell s’affirme comme un prospect de très grande qualité pour la grande ligue du fait de son niveau de jeu actuel déjà très bon et de son potentiel restant encore plus grand.

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5 Comments

  1. Super article ! J'aime vraiment ce joueur et j'espère que Boston le draftera, une paire Smart-D'Angelo Russel à l'arrière j'en bave déjà. Bien qu'il nous manque surtout un pivot, je trouve que ce joueur a bien plus le profil d'un futur Franchise Player que les autres intérieurs de cette draft (hormis Okafor), chose essentiel à avoir lorsqu'on est en reconstruction au risque de se retrouver comme le jazz actuellement (une floppée de bons joueur récupéré à la draft mais pas LE joueur qui va hisser la franchise vers les sommets (à moins que Exum ?))

  2. Super article, par contre je pense qu'Oladipo va faire un arrière très solide dans le futur !

    1. Tout à fait, je le pense aussi, mais je parlais vraiment en terme de prospect au moment de la draft.

      Oladipo en 2013 c'est un joueur totalement différent que le Oladipo d'aujourd'hui. C'est un chien de garde défensif mais qui est encore timide en attaque, et on craignait que avec son âge plutôt avancé il n'arrive pas à se développer en un super attaquant. Ce qui en fait, s'est déroulé tout le contraire, puisqu'il a débarqué en NBA avec du shoot très fiable en sortie de dribble et du slashing game qu'on ne lui connaissait pas.

      On peut dire aussi Ben McLemore, mais qui de même au moment de sa draft c'est un 3&D qui joue exclusivement sur catch & shoot et en transition, rien d'autre. Là, avec D'Angelo Russell, tu as un arrière déjà accompli et très mature en attaque à un âge inférieur à ce que pouvait être McLemore ou Oladipo. Même en 2014, Smart c'est typé (excellent) role player et Exum gros potentiel mais gros mystère également. Russell, à 18 piges il te démontre un palette complète et la capacité de porter une attaque sur ses épaules.

      1. En fait, il promet vraiment, en plus il est vraiment jeune si Exum confirme son potentiel, on pourrait avoir de beaux duels à l'avenir !

  3. Je le veux aux Lakers. Russell Randle le Kobe Shaq des temps modernes. J'enflamme c normal dsl en ce moment je me tape Sacre et Young :(

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