[Intersaison 2015] La situation salariale des Toronto Raptors

[Intersaison 2015] La situation salariale des Toronto Raptors

Votre équipe est éliminée de la course au titre NBA depuis longtemps? Vous voulez vous projeter vers l’intersaison à venir? Pour bien comprendre ce que chaque franchise pourra ou ne pourra pas faire cet été, Basket Infos vous propose un point sur la situation financière de chaque équipe.

Pour être le plus clair possible dans cette jungle infernale que sont les finances NBA, nous vous présentons l’effectif de chaque franchise divisé en trois catégories :

  • les salaires engagés, c’est-à-dire le total des salaires des joueurs sous contrat pour l’année prochaine, plus le montant du contrat des futurs rookies.
  • les salaires potentiellement engagés, qui recouvrent tous les contrats qui ne sont pas encore garantis pour l’an prochain. Cela concerne les Player Option (PO), qui permettent à un joueur de mettre fin à son contrat un avant son terme, les Team Option (TO), qui sont l’équivalent pour les franchises, et les contrats non-garantis. Sauf précision entre parenthèses (PO ou TO), les joueurs mentionnés dans cette catégorie bénéficient de contrats non-garantis.
  • les joueurs libres (free agents), qui n’ont pas de contrat pour l’an prochain. Ceux-ci peuvent être free agents restrictifs (RFA), ce qui donne la possibilité à leur franchise de s’aligner sur n’importe quelle offre de contrat qui leur est faite, ou free agents non-restrictifs (UFA), c’est-à-dire libres de signer où bon leur semble.

Rappelons quelques autres concepts, pour que vous ne soyiez pas trop perdus :

  • Les franchises NBA ont le droit de recruter autant qu’elles veulent tant qu’elles ne dépassent pas le Salary Cap, une limite qui devrait être fixée cette année à 67,1 m$. Dès l’été prochain, le salary cap devrait exploser et monter jusqu’à 89 m$. Cette intersaison est donc très particulière, car elle est la dernière avec une minorité d’équipes sous le cap; en 2016, au moins trois quarts des franchises auront de quoi signer une superstar.
  • Si elle est au-delà de cette limite avant la free agency, la franchise peut tout de même recruter, mais avec des limitations. Elle utilise pour cela des exceptions : la Mid Level Exception (MLE), d’un montant de 5,46 m$ ; la Bi Annual Exception (BAE), d’un montant de 2,06 m$, disponible un an sur deux ; et la Minimum Exception, qui permet de signer autant de joueurs qu’elle le souhaite au contrat minimum.
  • Une autre limite existe en NBA, la Luxury Tax. Il s’agit du palier au-dessus du Salary cap, fixé à 81.6 m$. Toute équipe dont la masse salariale dépasse ce montant paye une taxe et est encore plus limitée dans son recrutement, puisqu’elle ne peut plus signer de free agents qu’avec les contrats minimums et la mini-MLE, une réduction de la Mid Level Exception à un montant de 3,38 m$.
  • Grâce à des droits que l’on nomme les Bird Rights, toute franchise a le droit de resigner ses propres free agents, même en dépassant le salary cap. Mais une équipe n’a pas le droit de signer des free agents grâce à l’espace libéré par le départ de ses joueurs, puis de resigner ces derniers juste après en utilisant les Bird Rights. Le salaire des free agents continue en effet de peser dans les comptes tant qu’une équipe n’a pas renoncé à ses Bird Rights : c’est ce qu’on appelle le cap hold.

Si vous n’y comprenez rien, ou que vous avez des doutes sur telle ou telle situation, je vous conseille de vous référer au guide des finances réalisé par Basket Infos l’été dernier, cela devrait clarifier les choses.

Les chiffres et les détails des contrats proviennent de BasketballInsiders.com et de Sportac.com.

 





 

Salaires engagés: Kyle Lowry, DeMar DeRozan, Jonas Valanciunas, Terence Ross, Greivis Vazquez, Patrick Patterson, James Johnson, Lucas Nogueira, Bruno Caboclo, 19e choix de draft

Salaires potentiellement engagés : –

Joueurs libres : Amir Johnson, Chuck Hayes, Landry Fields, Lou Williams, Tyler Hansbrough, Greg Stiemsma (UFA)

La situation salariale des Raptors est l’une des plus limpides de la ligue: pas de contrats non-garantis, pas d’options compliquées, pas de free agents restrictifs. Tout le monde est sous contrat, ou libre. Un vrai petit bonheur pour ceux qui ne comprennent rien aux finances NBA. La problématique de l’intersaison, pour les Raptors, tourne donc autour de l’avenir des free agents. Si Hayes, Fields, Hansbrough et Stiemsma peuvent a priori faire leurs bagages, Amir Johnson et Lou Williams sont des joueurs précieux de l’effectif, et Toronto pourrait souhaiter les conserver. Or leur cap hold est de 18 m$: suffisant pour manger tout l’espace sous le cap de la franchise. Tant qu’ils n’ont pas pris une décision à leur sujet, les Raptors sont donc, virtuellement, au-dessus du cap, et ne peuvent recruter de free agents.  Le prix de Johnson et Williams prête à discussion: sans doute est-il, en cumulé, un peu en-dessous de leur cap hold, mais sûrement pas en dessous de ce qu’ils touchent à eux deux cette année (12.5 m$). Par conséquent, prolonger les deux joueurs reviendra, pour Toronto, à faire une croix sur son espace sous le cap, et à recourir aux exceptions. Peut-être Masai Ujiri choisira-t-il entre les deux, et décidera de ne conserver que son 6e homme de l’année, Johnson semblant un peu en déclin. Dans ce cas, avec un contrat bien négocié, l’espace sous le cap peut réapparaître.

En fait, on ne sait pas trop quoi penser du futur de Toronto. La fin de saison a bien montré les limites de cet effectif, ce dont Masai Ujiri est parfaitement conscient. L’ancien GM de Denver, à son arrivée, n’avait pas du tout prévu que les événements se déroulent de cette façon: il avait fait le ménage pour aller récupérer Andrew Wiggins à la draft 2014, ménage qui s’est transformé en création d’un collectif capable de jouer les playoffs. Ujiri croit-il encore en cet effectif qu’il n’a qu’à moitié construit? Pas sûr. Le garçon n’hésite pas à tenter des gros coups, on le sait. Peut-il nous sortir un coup de derrière les fagots, en se séparant de Lowry ou de Ross? Difficile à dire, mais pas forcément inenvisageable.

Cela étant, les Raptors ont le mérite d’être dans une situation salariale assez confortable, où peu de joueurs sont engagés sur la très longue durée. Ils ne peuvent pas signer un joueur au contrat maximum, mais ont de quoi s’améliorer, avec un choix de draft correct, à condition que leur GM ne répète pas l’incompréhensible choix de l’an dernier, où il avait pris au premier tour un prospect (Caboclo) que personne n’aurait pris avant le 40e ou 45e choix. Ujiri est plutôt bon pour trouver les role players capables d’améliorer un effectif, à lui de jouer, désormais.

Dernière chose: les Raptors peuvent proposer dès cet été une prolongation de contrat à Valanciunas et Ross, qui prendra effet à partir de juillet prochain. Vu la saison réalisée par l’ailier, c’est peu probable. Valanciunas, en revanche, pourrait avoir une proposition.

Verdict : Toronto est un peu à la croisée des chemins. Dans l’état, son effectif a encore de quoi faire les playoffs, éventuellement aller au second tour, mais guère plus. Masai Ujiri doit donc faire un choix: celui de la facilité, en continuant avec ce noyau de joueurs, ou celui, plus risqué, d’une amélioration de l’effectif par des échanges, en sacrifiant des joueurs clés.

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1 Comment

  1. Tout dépend, si il suit la phrase qui dit, au final il n'y a qu'un seul vainqueur et 29 perdants alors il tentera d'améliorer son effectif, sinon il continuera avec cet effectif

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