[Intersaison 2015] La situation salariale des Chicago Bulls

[Intersaison 2015] La situation salariale des Chicago Bulls

Votre équipe est éliminée de la course au titre NBA depuis longtemps? Vous voulez vous projeter vers l’intersaison à venir? Pour bien comprendre ce que chaque franchise pourra ou ne pourra pas faire cet été, Basket Infos vous propose un point sur la situation financière de chaque équipe.

Pour être le plus clair possible dans cette jungle infernale que sont les finances NBA, nous vous présentons l’effectif de chaque franchise divisé en trois catégories :

  • les salaires engagés, c’est-à-dire le total des salaires des joueurs sous contrat pour l’année prochaine, plus le montant du contrat des futurs rookies.
  • les salaires potentiellement engagés, qui recouvrent tous les contrats qui ne sont pas encore garantis pour l’an prochain. Cela concerne les Player Option (PO), qui permettent à un joueur de mettre fin à son contrat un avant son terme, les Team Option (TO), qui sont l’équivalent pour les franchises, et les contrats non-garantis. Sauf précision entre parenthèses (PO ou TO), les joueurs mentionnés dans cette catégorie bénéficient de contrats non-garantis.
  • les joueurs libres (free agents), qui n’ont pas de contrat pour l’an prochain. Ceux-ci peuvent être free agents restrictifs (RFA), ce qui donne la possibilité à leur franchise de s’aligner sur n’importe quelle offre de contrat qui leur est faite, ou free agents non-restrictifs (UFA), c’est-à-dire libres de signer où bon leur semble.

Rappelons quelques autres concepts, pour que vous ne soyiez pas trop perdus :

  • Les franchises NBA ont le droit de recruter autant qu’elles veulent tant qu’elles ne dépassent pas le Salary Cap, une limite qui devrait être fixée cette année à 67,1 m$. Dès l’été prochain, le salary cap devrait exploser et monter jusqu’à 89 m$. Cette intersaison est donc très particulière, car elle est la dernière avec une minorité d’équipes sous le cap; en 2016, au moins trois quarts des franchises auront de quoi signer une superstar.
  • Si elle est au-delà de cette limite avant la free agency, la franchise peut tout de même recruter, mais avec des limitations. Elle utilise pour cela des exceptions : la Mid Level Exception (MLE), d’un montant de 5,46 m$ ; la Bi Annual Exception (BAE), d’un montant de 2,06 m$, disponible un an sur deux ; et la Minimum Exception, qui permet de signer autant de joueurs qu’elle le souhaite au contrat minimum.
  • Une autre limite existe en NBA, la Luxury Tax. Il s’agit du palier au-dessus du Salary cap, fixé à 81.6 m$. Toute équipe dont la masse salariale dépasse ce montant paye une taxe et est encore plus limitée dans son recrutement, puisqu’elle ne peut plus signer de free agents qu’avec les contrats minimums et la mini-MLE, une réduction de la Mid Level Exception à un montant de 3,38 m$.
  • Grâce à des droits que l’on nomme les Bird Rights, toute franchise a le droit de resigner ses propres free agents, même en dépassant le salary cap. Mais une équipe n’a pas le droit de signer des free agents grâce à l’espace libéré par le départ de ses joueurs, puis de resigner ces derniers juste après en utilisant les Bird Rights. Le salaire des free agents continue en effet de peser dans les comptes tant qu’une équipe n’a pas renoncé à ses Bird Rights : c’est ce qu’on appelle le cap hold.

Si vous n’y comprenez rien, ou que vous avez des doutes sur telle ou telle situation, je vous conseille de vous référer au guide des finances réalisé par Basket Infos l’été dernier, cela devrait clarifier les choses.

Les chiffres et les détails des contrats proviennent de BasketballInsiders.com et de Sportac.com.





 

 

Salaires engagés: Derrick Rose, Joakim Noah, Taj Gibson, Pau Gasol, Doug McDermott, Tony Snell, Nikola Mirotic, 22e choix de draft

Salaires potentiellement engagés : Kirk Hinrich (PO), E’Twaun Moore, Cameron Bairstow

Joueurs libres : Jimmy Butler (RFA), Mike Dunleavy, Nazr Mohamme (UFA)

Le départ de Tom Thibodeau signe la fin d’une ère aux Bulls, mais la situation salariale de l’équipe ne renvoie pas la même image. Avec 61.5 m$ engagés, plus le cap hold de Jimmy Butler (5 m$), le tableau est limpide: Chicago n’aura pas d’espace pour recruter, et utilisera les exceptions. Et la franchise, peu connue pour être dépensière, pourrait même se retrouver à frôler la luxury tax, puisqu’elle offrira sans aucun doute un contrat maximum à Jimmy Butler, soit un salaire de 16.8 m$ pour l’année prochaine. Et voilà comment on se retrouve avec 78 m$ engagés, et même 81 si Kirk Hinrich décide de rester.

Gar Forman a néanmoins un levier pour se donner un peu d’air, levier nommé Taj Gibson. Ce dernier a déçu l’an dernier, et semble barré par l’éclosion de Mirotic, plus adapté au système de jeu de Fred Hoiberg. En se délestant de ses 8.5 m$ de salaire pour récupérer des contrats qu’il pourrait couper, Forman s’offrirait la possibilité d’être actif durant la free agency. En effet, la masse salariale des Bulls tombe à 53 m$ sans le contrat de Gibson, à quoi il faut ajouter le cap hold de Butler, soit 58 m$. L’astuce bien connue, ici, consiste à profiter d’un cap hold largement inférieur au futur contrat pour dégager de l’espace sous le cap, cap qu’on dépasse par la suite en prolongeant le joueur par le biais des Bird Rights. Avec 9 m$, plus la Room-MLE, Chicago aurait incontestablement plus de solutions pour recruter, même si ce total pourrait être diminué si Hinrich reste (2.8 m$ de salaire).

Chicago devra également réfléchir au sort réservé à Mike Dunleavy, qui reste un joueur précieux. Le vétéran ne devrait pas se montrer trop gourmand, et les Early Bird Rights facilitent la tache pour le conserver… mais limitent l’espace pour recruter, puisque qui dit Bird Rights dit cap hold, de 4 m$ en l’occurrence. Un autre choix à faire, donc, pour Forman.

En tout cas, avec la prolongation de Butler, les Bulls auront près de 70 m$ engagés l’été prochain (Pau Gasol a une player option pour 2016-2017), avec un Joakim Noah free agent. Autant dire qu’un échange de Taj Gibson (sous contrat jusqu’en 2017) permettrait aussi d’entrevoir la possibilité d’être attractif lors de l’explosion du cap. Dans l’état actuel des choses, en effet, Chicago ne pourrait absolument pas faire une offre de contrat maximum à l’été 2016, à moins de renoncer à Noah. Cela paraît loin, mais le front office, lui, y pense sans aucun doute.

Verdict : Pas de grand changement en vue aux Bulls a priori, à part l’arrivée de Fred Hoiberg. Butler restera, et le front office devrait regarder toutes les possibilités pour s’offrir un peu de mou financièrement. Que ceux qui veulent Taj Gibson lèvent le doigt.

Facebook Comments

6 Comments

  1. Grand merci. Malgré tout je trouve que vous n'appuyez pas suffisamment sur le fait que Forman pourrait aussi se séparer de Noah au lieu de Gibson voir des deux et récupérer moins cher et plus jeune en terme de protector rim soit à la draft ou à la FA.
    Noah et Gibson à eux deux représentent à peu près 21 millions de dollars l'année.

    1. Tu penses vraiment qu'un trade de Noah soit envisageable? Ca me paraissait très peu probable, mais tu dois suivre les rumeurs des insiders de plus près que moi :)

      1. Je lisais sur Pippen Ain't easy qui font plutôt des analyses sérieuses qu'il serait difficile de trader Gibson à cause de son opération et les Bulls devront absolument degresser . De toute les manières Gibson correspond plus au jeu de Hoiberg alors que Noah sera un poids mort dans une attaque qui se voudra performante et sans faille.

        Noah ou Gibson ou les deux est quelque chose qui est évoqué par beaucoup depuis la fin de la série Bulls/Cavs.

        Bref cette draft s'annonce épique :-)

        1. C va être intéressant à suivre… J'ai rédigé l'article avant la blessure de Gibson, c'est vrai que ça le rend tout de suite moins attrayant dans le cadre d'un échange.

          1. En tout cas encore merci pour votre travail les gars. Pour ma part je viens très régulièrement. :-)

          2. Merci, ça fait plaisir :)

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