[Intersaison 2015] La situation salariale des Cleveland Cavaliers

[Intersaison 2015] La situation salariale des Cleveland Cavaliers

Votre équipe est éliminée de la course au titre NBA depuis longtemps? Vous voulez vous projeter vers l’intersaison à venir? Pour bien comprendre ce que chaque franchise pourra ou ne pourra pas faire cet été, Basket Infos vous propose un point sur la situation financière de chaque équipe.

Pour être le plus clair possible dans cette jungle infernale que sont les finances NBA, nous vous présentons l’effectif de chaque franchise divisé en trois catégories :

  • les salaires engagés, c’est-à-dire le total des salaires des joueurs sous contrat pour l’année prochaine, plus le montant du contrat des futurs rookies.
  • les salaires potentiellement engagés, qui recouvrent tous les contrats qui ne sont pas encore garantis pour l’an prochain. Cela concerne les Player Option (PO), qui permettent à un joueur de mettre fin à son contrat un avant son terme, les Team Option (TO), qui sont l’équivalent pour les franchises, et les contrats non-garantis. Sauf précision entre parenthèses (PO ou TO), les joueurs mentionnés dans cette catégorie bénéficient de contrats non-garantis.
  • les joueurs libres (free agents), qui n’ont pas de contrat pour l’an prochain. Ceux-ci peuvent être free agents restrictifs (RFA), ce qui donne la possibilité à leur franchise de s’aligner sur n’importe quelle offre de contrat qui leur est faite, ou free agents non-restrictifs (UFA), c’est-à-dire libres de signer où bon leur semble.

Rappelons quelques autres concepts, pour que vous ne soyiez pas trop perdus :

  • Les franchises NBA ont le droit de recruter autant qu’elles veulent tant qu’elles ne dépassent pas le Salary Cap, une limite qui devrait être fixée cette année à 67,1 m$. Dès l’été prochain, le salary cap devrait exploser et monter jusqu’à 89 m$. Cette intersaison est donc très particulière, car elle est la dernière avec une minorité d’équipes sous le cap; en 2016, au moins trois quarts des franchises auront de quoi signer une superstar.
  • Si elle est au-delà de cette limite avant la free agency, la franchise peut tout de même recruter, mais avec des limitations. Elle utilise pour cela des exceptions : la Mid Level Exception (MLE), d’un montant de 5,46 m$ ; la Bi Annual Exception (BAE), d’un montant de 2,06 m$, disponible un an sur deux ; et la Minimum Exception, qui permet de signer autant de joueurs qu’elle le souhaite au contrat minimum.
  • Une autre limite existe en NBA, la Luxury Tax. Il s’agit du palier au-dessus du Salary cap, fixé à 81.6 m$. Toute équipe dont la masse salariale dépasse ce montant paye une taxe et est encore plus limitée dans son recrutement, puisqu’elle ne peut plus signer de free agents qu’avec les contrats minimums et la mini-MLE, une réduction de la Mid Level Exception à un montant de 3,38 m$.
  • Grâce à des droits que l’on nomme les Bird Rights, toute franchise a le droit de resigner ses propres free agents, même en dépassant le salary cap. Mais une équipe n’a pas le droit de signer des free agents grâce à l’espace libéré par le départ de ses joueurs, puis de resigner ces derniers juste après en utilisant les Bird Rights. Le salaire des free agents continue en effet de peser dans les comptes tant qu’une équipe n’a pas renoncé à ses Bird Rights : c’est ce qu’on appelle le cap hold.

Si vous n’y comprenez rien, ou que vous avez des doutes sur telle ou telle situation, je vous conseille de vous référer au guide des finances réalisé par Basket Infos l’été dernier, cela devrait clarifier les choses.

Les chiffres et les détails des contrats proviennent de BasketballInsiders.com et de Sportac.com.

 

 

Salaires engagés: Kyrie Irving, Anderson Varejao, Joe Harris, 24e choix de draft

Salaires potentiellement engagés : LeBron James, Mike Miller (PO), Timofey Mozgov (TO), Brendan Haywood

Joueurs libres : Kevin Love, JR Smith, Matthew Dellavedova, Iman Shumpert, Tristan Thompson (RFA), James Jones, Shawn Marion, Kendrick Perkins (UFA)

Difficile de trouver, dans toute la ligue, une franchise à la situation salariale aussi embrouillée que celle des Cavs. Dans l’absolu, Cleveland pourrait se retrouver, le 1er juillet, avec 4 malheureux joueurs sous contrat, dont un rookie, un joueur de fond de banc (Harris) et un éternel blessé (Varejao)! Prenons donc tout cela point par point car, franchement, ce n’est pas évident.

1) Quelques cas sont quasiment réglés, et permettent d’atténuer (un tout petit peu) l’incertitude à venir. Payer Mozgov moins de 5 m$ l’an prochain est une aubaine incroyable, et les Cavs le garderont donc par le moyen de la Team Option – une bonne affaire qui compense la décision remarquablement stupide de prolonger Varejao pour 10 m$/an. Haywood sera coupé ou échangé, Shawn Marion prend sa retraite et Perkins devrait aller voir ailleurs. Quant à LeBron James, il est inconcevable qu’il parte: la question, évidemment, est de savoir s’il fera jouer ou non son option. En attendant l’été prochain, James touchera 21.5 m$; en devenant free agent, il peut toucher 23.5 m$. La différence n’est pas colossale. Selon sa décision, on peut donc projeter que les Cavs ont entre 54 et 56 m$ engagés pour Irving, Mozgov, Varejao, James, Harris et un rookie, soit 6 joueurs.

2) Si l’on considère les cas Perkins, Haywood et Marion réglés, cela nous laisse 7 joueurs susceptibles d’être free agents. Pas sûr que Mike Miller fasse jouer son option: dans son état, toucher 2.8 m$ l’an prochain serait déjà un beau salaire. Considérons donc qu’il va rester. En revanche, Love et Smith ont décidé de rejoindre Thompson, Dellavedova, Shumpert et Jones lors de la free agency. Le cas de ce dernier ne serait peut-être pas très compliqué à régler: il est inséparable de James, il acceptera sûrement un contrat minimum. Affaire réglée, nous voilà avec 8 joueurs pour un total compris entre 57.8 m$ et 59.8 m$.

3) Vous l’aurez compris, il est impossible que les Cavs aient de l’espace sous le cap, le cap hold de LeBron étant à peu près équivalent à son salaire. Il leur faut donc prolonger leurs free agents pour rester compétitifs, ce qu’ils peuvent faire en dépassant le cap, grâce aux Bird Rights. Leur chance est d’avoir trois free agents restrictifs, qu’ils peuvent retenir en s’alignant sur toutes les offres. Cela risque, néanmoins, de coûter assez cher. Dellavedova a crevé l’écran en finale, et va à coup sûr avoir des offres de l’extérieur. JJ Barea, dans la même situation, avait décroché un salaire de 5 m$ de la part de Minnesota en 2011; avec l’inflation, on peut compter autant pour l’Australien. Shumpert est complétement passé à côté de ses Finals, mais son profil de 3&D (même si le 3 va et vient) va sans aucun doute lui valoir des offres autour de 6 ou 7 m$. Quant à Tristan Thompson, toutes les dernières rumeurs confirment qu’il devrait se voir offrir un contrat pas loin du maximum, le fait qu’il ait le même agent que James n’étant pas étranger à sa bonne fortune. Soit 16.7 m$, tout de même! On peut donc projeter, en gros, que ces trois-là coûteraient aux Cavs autour de 27-28 m$ l’année. Un beau pactole, qui ferait monter l’addition à un peu moins de 90 m$. David Griffin peut toujours espérer que ces trois joueurs se contentent de la qualifying offer, mais il prend le risque de les voir filer l’été prochain et, surtout, cela suppose qu’il n’y ait aucune offre venant de l’extérieur.

4) Les cas de Kevin Love et JR Smith sont encore plus complexes. Non pas par rapport à la gestion du cap, les Bird Rights permettant de contourner les limitations, mais parce que les deux joueurs sont libres de signer absolument où ils veulent. Autant dire que, si les Cavs estiment que Love ne vaut pas vraiment un contrat maximum, il suffira qu’il ait une offre supérieure ailleurs pour qu’il dise bye bye à l’Ohio. C’est une question de gros sous, mais pas seulement: les Cavs ne peuvent décemment offrir un contrat maximum à Thompson sans en faire de même avec Love, sans quoi ils envoient à ce dernier le message qu’il n’est pas un membre essentiel de l’équipe. A l’heure actuelle, un départ de Love semble être de l’ordre du 50-50, mais nul doute que les négociations vont être très rudes. JR Smith, de son côté, peut espérer un salaire de l’ordre d’au moins 8-9 m$, sur la base de sa saison plus que de ses affreuses Finals. Là encore, si les Cavs veulent faire des économies sur son cas, Smith ira sans doute aller voir ailleurs.

5) Résumons: en prolongeant tout le monde, Cleveland pourrait atteindre une masse salariale supérieure à 110 m$, voire davantage. Un montant absolument colossal, qui coûterait une fortune en luxury tax à Dan Gilbert. Surtout, cela empêcherait complètement les Cavs de recruter autrement qu’avec la mini-MLE ou les contrats minimums, ce qui sera de toute façon le cas à peu près dans tous les scénarios de l’été. Évidemment, ce sera plus compliqué si Love et Smith s’en vont: trouver leurs équivalents avec une enveloppe d’à peine 4 m$, bon courage… Plus embêtant, peut-être, ces sommes vont sans doute également empêcher Cleveland de recruter du gros poisson lors de l’été 2016. Mais David Griffin n’a, en fait, pas vraiment le choix.

Verdict : Intersaison compliquée pour les Cavs. Dans tous les cas, Dan Gilbert devra sortir le chéquier. Le cas le plus embêtant, à l’évidence, sera d’arbitrer entre Love et Thompson, en présentant les choses de manière à ce que l’ancien Wolf se sente considéré. Payer deux ailiers-forts au maximum est sans aucun doute une stratégie contestable, mais ce n’est pas comme si Cleveland avait 20000 choix: il faut gagner, et gagner vite. Quitte à payer une fortune.

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