Cahier des rookies: Rookies abandonnés cherchent temps de jeu

Cahier des rookies: Rookies abandonnés cherchent temps de jeu

Le petit monde des rookies est un univers à part dans une saison NBA. Toutes les deux semaines, Basket Infos vous propose d’analyser les performances, bonnes ou mauvaises, des débutants dans la grande ligue.

 

Towns brille. Porzingis scintille. Okafor brille, et picole, aussi. Russell aimerait bien briller, mais il est coaché par Byron Scott. Et à côté des stars de la cuvée, d’autres rookies rongent leur frein, cantonnés depuis le début de la saison au banc, si ce n’est à la D-League. Difficile de se faire une place dans la grande ligue lorsqu’on est un débutant, et que les effectifs sont bien chargés. Après plus d’un mois et demi de compétition, il est temps de jeter un oeil à ces joueurs choisis en premier tour en juin dernier, et qu’on ne voit que très peu sur les parquets.

Mario Hezonja (Magic, #5)

Annoncé comme une star à la grosse personnalité, le Croate déçoit pour l’instant. Médiocre en début de saison, il a tout de suite fait connaissance avec le coaching de Scott Skiles: sur le banc, direct. Entre le 25 novembre et le 9 décembre, il n’a ainsi joué que 27 minutes. La faute à une adresse moyenne sur les matchs précédents et, surtout, une défense erratique. Il faut dire que la rotation devant lui est assez épaisse: avec Fournier titulaire et Oladipo 6e homme, le poste d’arrière est bouché; sur les ailes, il passe derrière Harris et Gordon, et l’émergence de Nicholson lui bouche aussi le terrain dans des cinq small ball. Rien n’est perdu, pourtant, pour Hezonja: dans les deux derniers matchs, il a joué 21 puis 18 minutes, compilant un beau 7/10 au shoot. Surtout, Scott Skiles semble vouloir le tester… à la mène. Hezonja s’en félicite, puisqu’il estime qu’il s’agit là de sa position naturelle. C’est en tout cas peut-être la meilleure solution, pour lui, pour grappiller quelques minutes. Il n’empêche, à terme se posera la question de son temps de jeu, vu la profondeur de l’effectif devant lui. A suivre attentivement.

Cameron Payne (OKC, #14)

On s’y attendait un peu, mais voir un lottery pick en D-League est toujours légèrement décevant.  Le petit meneur en provenance de Murray State est pour le moment incapable de piquer du temps de jeu à D.J. Augustin, qui joue 16 min/m en relais de Russell Westbrook. Payne a joué 11 matchs, pour une moyenne de temps de jeu de… 4 minutes. Son adresse est moyenne (33 %), même s’il a montré la semaine dernière qu’il pouvait être rentable sur une courte période avec 5 pts, 3 rbds et 2 pds en seulement 6 minutes contre Memphis. Le constat est cruel, mais sa seule chance de vraiment exister dans cet effectif surchargé est une blessure. Sans ça, sa saison rookie risque d’être longue. Mais au moins, il apprend, en attendant la saison prochaine où Sam Presti l’envisage peut-être comme le back-up de Westbrook (Augustin est free agent en juillet).

Kelly Oubre (Washington, #15)

Le successeur de Wiggins à Kansas n’était pas annoncé NBA ready, et ça se confirme. Après une saison chaotique en NCAA, Oubre a pour l’instant joué 16 matchs en NBA, mais s’est contenté dans la moitié d’entre eux d’entrer sur le terrain moins de 5 minutes. Il a plus joué lors des trois derniers matchs, du fait des blessures, mais il peine encore à trouver le rythme. Ses forces, a priori, sont celles attendues: un gros potentiel défensif et athlétique, avant tout. Le shoot, en revanche, ne rentre pas (26% derrière l’arc). Sa chance peut être la blessure de Beal, qui a le deuxième temps de jeu à l’aile derrière Otto Porter. Dans le nouveau style small ball des Wizards, où Jared Dudley joue 85% du temps poste 4, Oubre a un coup à jouer s’il parvient à amener un peu de défense dans une équipe en grande souffrance de ce point de vue.

Terry Rozier (Boston, #16)

On n’avait pas très bien compris le choix de Danny Ainge avec ce pick, et on reste perplexe. Rozier est complètement barré dans l’effectif des Celtics par un Isaiah Thomas en grande forme, par Marcus Smart (malgré sa blessure, qui n’a pas changé grand-chose pour le pauvre rookie) et même par Avery Bradley, que Brad Stevens fait régulièrement jouer à la mène. Rozier a eu droit à 90 minutes sur le terrain depuis le début de la saison, dont 60% passées poste 1, le reste à l’arrière. Le résultat est pour l’instant assez abominable: 27.3% d’adresse générale, 18.2% à 3 points, et autant de balles perdues que de passes décisives… Son supposé point fort, la défense, est acceptable, sans être exceptionnelle. Il n’est clairement pas, à l’heure actuelle, une priorité de développement pour Brad Stevens, ce qui peut se comprendre. Mais il va peut-être falloir s’y mettre un jour, pour éviter que les Celtics donnent l’impression de gâcher leurs picks (cf James Young…)

Rashad Vaughn (Milwaukee, #17)

Lui joue la plupart des matchs, mais plafonne à 8 minutes par rencontre. Annoncé comme l’un des meilleurs shooteurs de la draft, il fait face à une forte concurrence avec Middleton, Bayless et Mayo devant lui à l’arrière, et Antetokounmpo à l’aile. Offensivement, il est en grosse difficulté, à part dans sa position préférentielle, dans le corner droit (5/10). Le reste? Un affreux 2/13 dans les autres tentatives à 3 points, un abominable 1/10 à mi-distance, et un très médiocre 4/13 sous le panier. Pas de panique, néanmoins: le garçon n’a que 19 ans, et Jason Kidd n’attend de lui que de la défense, pour le moment. Il pourrait avoir plus de temps de jeu si jamais Milwaukee, en plein marasme, décide de faire quelques échanges.

Delon Wright (Toronto, #20)

En voilà un dont l’horizon paraît bien bouché. Choisi en 20e position par les Raptors, Delon Wright, 23 ans et annoncé NBA ready du fait de ses aptitudes défensives, notamment, était pressenti pour être la doublure de Kyle Lowry… jusqu’à ce que débarque, lors de la free agency, Cory Joseph. L’ancien Spur fait une saison remarquable, et comme Lowry est toujours à un niveau All-Star, les opportunités de jouer se résument à des miettes par-ci par-là et, surtout, à de la D-League. C’est bien simple, Wright a joué 10 minutes, en tout et pour tout, depuis le début de saison, a manqué les 4 shoots qu’il a tenté et n’a pas fait une seule passe décisive! Bref, c’est la galère, et Wright ne peut que constater qu’il n’est pas tombé au bon endroit. Vu la saison du duo devant lui, ça ne risque pas de changer. Un premier candidat pour un trade?

Bobby Portis (Chicago, #22)

Excellent en pré-saison, Bobby Portis savait pourtant bien qu’il serait difficile de se faire de la place face aux Noah, Gasol, Mirotic et Gibson. A vrai dire, c’est sans doute encore pire que ce à quoi il s’attendait: il n’est entré sur le parquet que dans quatre rencontres, et n’a même joué que 6 minutes depuis le 9 novembre. A chaque fois, pourtant, il montre une belle énergie et de belles aptitudes défensives, ce qui lui vaut d’être le favori des fans, qui réclament régulièrement à Fred Hoiberg son entrée en jeu. On ne serait pas étonné qu’ils soient entendus au cours de la saison, si les Bulls décident de monter un échange à un moment donné, ce qui paraît assez possible.

Tyus Jones (Minnesota, #24)

C’était une des belles histoires de cette draft: le petit gars du Minnesota, chouchou des fans, qui atterrit dans sa franchise de coeur par le biais d’un échange avec les Cavs. La romance, depuis, en a pris un petit coup. Jones a joué 13 minutes contre les Hornets, au cours desquelles il a été très mauvais (0/4), puis une minute contre les Warriors. Et rideau. Dans la rotation de Sam Mitchell, il passe derrière Ricky Rubio, Zach LaVine, que le staff des Wolves s’entête à développer comme un meneur, et l’archi-vétéran André Miller. Bien sûr, Jones n’a que 19 ans, et est un projet sur le long terme. On se demande néanmoins pourquoi il ne pourrait pas avoir au moins quelques minutes sur le temps de jeu de LaVine, quitte à faire du développement…

 

Quelques remarques sur le petit monde des rookies

  • L’un des événements de cette quinzaine était le match entre Wolves et Lakers, non pour son niveau de jeu mais pour le duel entre D’Angelo Russell et Karl-Anthony Towns. Les deux s’en sont très bien sortis, avec 23 pts pour un Russell laissé sur le parquet en fin de match, et très à l’aise offensivement, et un match monstrueux de Towns (26 pts, 15 rbds, 3 cts). Déclic pour le meneur des Lakers? En tout cas, depuis ce match, il tourne à 18.3 pts, 3.3 rbds et 5.7 pds, à 42 % de réussite. L’ombre du flop s’éloigne pour les fans des Lakers, mais il va falloir que les rotations de Byron Scott suivent pour assurer à son rookie le meilleur développement possible.
  • Phase un peu compliquée pour Kristaps Porzingis, après ses 28 pts contre Dallas. Sur ces trois derniers matchs, il tourne péniblement à 24 % de réussite, avec un vilain 0/6 contre les Blazers. Pas forcément étonnant, pour un jeune joueur qui jouait très peu l’an dernier en Espagne. La fatigue doit commencer à se faire sentir.
  • Dans le genre phase compliquée, Emmanuel Mudiay est servi. Le meneur des Nuggets n’a pas pu jouer cette nuit, blessé à la cheville, et n’a plus dépassé les 12 pts en un match depuis presque un mois. Son adresse reste catastrophique (31.1 %, 24.7 derrière l’arc), même si son talent ne fait aucun doute. Il doit retrouver un second souffle, et quelques jours de repos ne devraient pas faire de mal.
  • Stanley Johnson devrait devenir un très bon joueur, mais il reste sur un magnifique 1/11 à 3 pts. Pas de quoi aider le banc des Pistons, qui prend régulièrement l’eau.
  • Après un très bon début de saison, Nemanja Bjeliça a complétement perdu le fil, après une petite blessure. Perdu défensivement, pas dans le rythme en attaque, il n’en est pas encore à se faire prendre la place par Adreian Payne (soyons un peu sérieux, tout de même), mais ce n’est franchement pas beau à voir.
  • Depuis deux semaines, Jonathon Simmons est très utilisé par Gregg Popovich, et le lui rend bien. Très efficace, bon en défense, ultra-athlétique (ce qui n’est pas franchement fréquent dans cet effectif), il semble capable d’assurer de bonnes minutes en relais de Kawhi Leonard. Les Spurs sont écoeurants.
  • Devin Booker a vraiment un très, très beau shoot. Jeff Hornacek l’utilise pour le moment avec parcimonie, mais son temps de jeu devrait augmenter progressivement.
  • Après un début de saison hésitant, Frank Kaminsky émerge comme une rotation très intéressante aux Hornets. Sa capacité à s’écarter et un atout énorme dans le nouveau playbook de Steve Clifford, et « Frank the Tank » (pire surnom de la NBA) est surtout un très bon passeur (6 passes contre Miami la semaine dernière).

 

Stats: NBA.com et Nylon Calculus

2 Comments

  1. Super article, merci!

    J'aime bien ces comptes-rendu sur les rookies, voire les sophomores. S'il on peut comparer une chose par rapport à la classe 2014, c'est les blessures qui sont moint nombreuses et moins importantes pour la classe 2015. Et ça c'est top ;)

    Sauf pour McCullough, Martin, Looney, Dekker. Pour Myles Turner, là c'est vraiment dommage car il a m'a plu sur certaines séquences (son jeu face au panier est intéressant).

    Ce que j'aime bien avec les lottery picks de cette classe 2015, c'est que pas mal d'entre eux ont du temps de jeu et des responsabilités (Okafor, Towns, Porzingis, Cauley-Stein, Russell, Mudiay, Winslow, Johnson…).

    Il y a des TOs, des briques, des fautes, des mauvais placement défensifs, un ptit manque de confiance à certains moments, mais c'est que du bonus tout ce temps de jeu pour ces jeunes et déjà rien que ça me rassure pour la suite de la ligue.

    Il y a forceément des points à améliorer, mais si la franchise (boss, staff, coéquipiers…) arrive à inculquer une réelle éthique de travail c'est tout bon!!

    1. Merci!

      Pour l'instant, c'est vrai que cette cuvée est plus impressionnante que la précédente. Peut-être mieux utilisée, aussi, comme tu le dis. Les blessures font une grosse différence, mais je trouve assez impressionnant que 3 joueurs s'imposent déjà comme des possibles franchise players (Towns, Okafor, Porzingis), alors que même Parker et Wiggins avaient mis du temps à démarre l'an dernier.

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