Basketball Manager: Ma partie, Episode 14

Basketball Manager: Ma partie, Episode 14

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StillBallin s’est collé au jeu de simulation de gestion sportive « Basketball Manager » qui offre la possibilité à son possesseur d’enfiler le costume de General Manager d’une franchise NBA. Alors qu’il teste cette réplique version balle orange de Football Manager pour la première fois, le chroniqueur a décidé de relever l’un des défis les plus relevés de l’histoire de la célèbre ligue américaine: faire gagner un titre aux Timberwolves de Minnesota.

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Le training camp s’est passé loin de mes yeux. Après avoir répondu que je ne voulais pas recruter de joueurs supplémentaires pour ces quelques semaines (j’ai privilégié la cohésion et les facilités d’apprentissage des systèmes et des habitudes de chacun qu’offre un groupe resserré à la possibilité de tester des joueurs et de créer de la concurrence), j’ai simplement eu droit à un austère panneau me signalant que le training camp commençait. Ensuite, les jours se sont contentés de défiler sans jamais se préoccuper de moi.

De temps en temps, un membre du staff partageait quelques commentaires sur le déroulement des entraînements. Instructif mais j’aurais bien aimé pouvoir agir certaines fois. Tyus Jones est en difficultés face à Ricky Rubio? J’aurais aimer pouvoir lui dire de continuer d’essayer de rivaliser avec l’espagnol jusqu’à ce qu’il y arrive, qu’importe le temps que ça prendra, nous avons confiance en lui. Shabazz Muhammad fait preuve d’un surprenant investissement en défense et Gorgui Dieng n’hésite pas à prendre les tirs à trois points quand il est ouvert comme je le lui avais demandé? J’aurais pu leur glisser qu’ils étaient sur la bonne voie. Kevin Martin coupe un peu trop souvent le plan de jeu pour prendre un shoot compliqué? J’aurais opéré un petit recadrage.

J’étais cependant assez satisfait de voir que les observations des coachs épousaient plutôt bien la philosophie de jeu que nous avons fixée ensemble. J’ai ainsi pu les entendre complimenter les louveteaux qui avaient compris où se placer pour générer le plus d’espace possible lorsque la formation exécutait une action poste bas et un pick’n’roll, ou faire état de leur agacement à voir certains se positionner pour le rebond offensif plutôt que se replier en défense aussi tôt et vite que possible.

Mis à part un certain Austin Cooler qui a perdu quelques points de crédibilités à mes yeux lorsqu’il a soufflé être un peu déçu de ne pas voir LaVine poser un peu plus la balle au sol (si il y a une chose que je veux éviter, c’est bien de voir le jeune arrière multiplier les un contre un), j’ai eu le sentiment au travers des différentes analyses fournies que le staff technique avait une vision assez juste (ou du moins assez proche de la mienne) du bien et du mal sur un terrain de basket.

Pendant qu’une partie de la saison à venir était en train de se construire sans moi, j’ai surveillé les maigres news et rumeurs de cette période un peu creuse de l’année, à la cherche d’une opportunité et d’informations stratégiques (connaît ton ennemi, tout ça…), ou simplement pour le plaisir de voir vivre cette NBA fictive.

Et puis, au bout de ces deux semaines passées comme un troupeau de moutons devant un automobiliste arrêté sur une route de campagne, le training camp s’est terminé. Une fenêtre s’est ouverte sur mon écran pour distribuer les bons et les mauvais points. Muhammad, Dieng, Wiggins, Towns, Jones et, comment aurait-il pu en être autrement, Garnett ont attiré leur lot de sourires chez le staff par leur investissement. Martin et Payne n’ont pas fait preuve d’une implication folle, et quelques inquiétudes se sont esquissées quant à l’âge peut-être trop avancé d’Andre Miller. Zach LaVine a eu du mal à maîtriser les consignes mais son envie n’est pas à remettre en cause. Il est jeune et manque de culture basket, c’est tout.

Les joueurs ont eu l’air d’adhérer à notre plan de jeu, m’a indiqué Flip Saunders avec satisfaction. S’il reste encore énormément de travail à fournir, ce système est apparu plutôt prometteur pour cette équipe, a-t-il poursuivi.

Est-ce un soupir de soulagement que j’ai lâché sans m’en rendre compte? Stupidement laissé embarquer par mon insouciance, je ne me suis jamais demandé ce qu’il se serait passé si, après les premiers entraînements, le staff et les joueurs avaient décidé de rejeter en bloc l’architecture de jeu que j’avais érigé dans mon esprit. Aurais-je dû m’écraser et mes idées avec, malgré ma conviction que ce plan de jeu est le plus approprié pour gagner? Ou au contraire aurais-je mieux fait d’imposer ma philosophie envers et contre tous car je suis persuadé d’avoir raison et que le terrain le leur montrera malgré eux? Cela aurait été un premier -et bien précoce- carrefour assez difficile à gérer dans ma jeune carrière de GM.

Je clique sur la flèche pour avancer dans le temps. Un bref coup d’œil sur le bout de calendrier affiché en permanence en bas, à droite de l’écran attire un vif sourire sur mon visage : le premier match amical de la saison se profile à l’horizon. Dans une semaine, j’assisterai au premier match de ma carrière de joueur à Basketball Manager. Dans une semaine, je pourrais voir Towns, Wiggins, Rubio et les autres évoluer sur le terrain selon le plan de jeu que j’ai amoureusement défini. La curiosité et l’excitation m’animent: à quel point l’expérience sera-t-elle réaliste et immersive?

Les jours sans intérêts passent en deux claquements de doigts. Au troisième, ma messagerie s’ouvre sur une interpellation de Sam Mitchell. Le premier assistant coach de Flip Saunders me livre son rapport sur notre prochain adversaire, le Jazz d’Utah. C’est un assez volumineux texte qui fait ressortir de façon assez détaillée le style de jeu, les forces et les faiblesses de notre ennemi du jour. L’analyse que je devine fiable au regard de la qualité de son auteur (on peut critiquer le head coach mais l’assistant a été suffisamment doué pour un jour décrocher le poste suprême d’entraîneur en chef), se termine par des recommandations quant à ce qu’il faut faire selon lui pour faire déjouer l’équipe de Salt Lake City.

Je passe du message de Mitchell au message suivant comme si je posais l’épais document sur le coin de mon bureau, sans l’intention de le feuilleter à nouveau. Ce n’est qu’un match de préparation. De toute manière, ce rapport est principalement destiné à Saunders. C’est lui qui est chargé de trouver les ajustements tactiques adéquats. D’ailleurs, Flip peut lui aussi envoyer balader le travail de Mitchell pour le moment. L’important aujourd’hui n’est pas de trouver des moyens de contrer l’opposant mais plutôt de se concentrer sur la mise en place de notre propre jeu.

Rapidement, le soir du match arrive. L’écran est désormais entouré d’un liseré rouge et la flèche « continuer », à droite de l’écran, a troqué son fond bleu clair par un fond rouge afin de s’assurer que je comprenne bien qu’appuyer dessus signifie se rendre au stadium. Pas effrayé le moins du monde, je clique sur le bouton écarlate.

Le jeu me représente la configuration d’équipe que le staff et moi avions déterminé un peu plus tôt dans la saison (la hiérarchie des joueurs -laquelle définit notamment le temps de jeu- , la hiérarchie des rotations sur les différents postes, les consignes collectives et individuelles, etc…) pour en élaborer une spécifique à cette rencontre face au Jazz. Pekovic étant blessé (ce malheureux tendon d’Achille), je le fais passer du statut de remplaçant à celui de réserviste et le fais tomber jusqu’au dernier échelon de l’ordre de rotation du poste de pivot. Ainsi, dans une configuration plus proche de celle que j’avais initialement désirée, Garnett devient le premier back-up de Towns à cette position et Dieng, le second. Pour le reste, je ne change rien.

Saunders approuve cette modification (en même temps, je n’ai rien fait d’autre que répercuter la blessure du monténégrin sur la rotation sans véritablement en dénaturer l’ordre). Un panneau s’ouvre ensuite, il récapitule les consignes collectives et individuelles relatives à l’adversaire que le coach a donné aux joueurs pour ce match.

Parmi elles, je suis assez heureux de voir que Saunders insiste sur la volonté de voir nos ailiers forts rester le plus au large possible, d’être toujours en mouvements et de ne pas hésiter à shooter de derrière la ligne. Pas sûr en effet que le massif poste 4 d’en face, Derrick Favors, réussisse à porter sa lourde carcasse d’un bout à l’autre du terrain à temps pour contester un shoot. Et s’il y parvient malgré tout, Rudy Gobert est déjà un obstacle au cercle suffisamment difficile à affronter à lui tout seul pour qu’on ne s’embarrasse en plus à devoir se coltiner la présence également assez ardue à contourner de son frère Titan. Défensivement, la partition sera tout autre et cette rencontre pourra notamment montrer ce que peuvent faire Bjelica et peut-être Muhammad face à des ailiers forts portant bien leur titre.

Vous savez, je pense que si je serais coach dans la réalité, rien ne me gonflerait plus que de devoir lâcher un discours de motivation, vif et efficace, avant chaque rencontre et à chaque mi-temps. Au bout de quarante trois matchs, on doit être un peu redondant, non? Heureusement, je ne suis que le GM et Saunders est là pour se charger de nourrir le feu intérieur de ses ouailles.

Je vois sur mon écran les mots exacts prononcés par le coach historique de Minnesota. Rien de bien original ou flamboyant, simplement quelques paroles appelant à l’application et à la concentration pour ce match qui est là avant tout pour se préparer à la saison régulière. Des mots qui sonnent justes et paraissent en adéquation avec le contexte et les joueurs en face de lui. Un petit panneau m’indique que je semble (avec mon pauvre C+ en « Perception des sentiments/humeurs d’autrui ») ne remarquer que des visages attentifs et déterminés dans l’audience. Même s’il ne s’agit que d’un exhibition game, ils sont prêts et affûtés.

Moi aussi.

A suivre.

StillBallin (@StillBallinUnba)

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1 Comment

  1. Le premier match ça va être énorme je l'espère même si Favors devrait en gober du rebond ^^

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