Basketball Manager: Ma partie, Episode 16

Basketball Manager: Ma partie, Episode 16

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StillBallin s’est collé au jeu de simulation de gestion sportive « Basketball Manager » qui offre la possibilité à son possesseur d’enfiler le costume de General Manager d’une franchise NBA. Alors qu’il teste cette réplique version balle orange de Football Manager pour la première fois, le chroniqueur a décidé de relever l’un des défis les plus relevés de l’histoire de la célèbre ligue américaine: faire gagner un titre aux Timberwolves de Minnesota.

[Lire les épisodes précédents]

Un autre match d’exhibition est venu égayer ce mois d’octobre un peu monotone. Se déroulant sur le parquet bleu ciel et or des Nuggets, celui-là s’est soldé par une victoire 111 à 109. Tony Tone a été élu homme du match avec (l’équivalent de) 19 points et 11 rebonds. Wiggins a un peu dévissé (6 sur 17 aux tirs) mais le reste de l’équipe s’est montré agréablement consistant.

Je ne me suis pas privé de regarder dans le camp d’en face comment s’en sortait Emmanuel Mudiay, celui sur qui la franchise du Colorado compte appuyer une bonne partie de son avenir (beaucoup d’énergie, deux ou trois actions d’éclat mais un paquet de mauvais tirs et de pertes de balle), et Joffrey Lauvergne qui a selon moi le potentiel pour devenir le power forward acolyte de Towns à la fois capable de faire le boulot d’un intérieur en défense et de planter au moins juste assez de Three’s pour écarter le jeu en attaque.

Cependant, le français n’a joué qu’une vingtaine de minutes -au poste de pivot d’ailleurs- et force est de reconnaître que j’avais d’avantage l’œil sur ce que faisait mon équipe que sur les subtilités de son jeu. Je n’ai par contre pas eu de mal à voir le méchant contre qu’il a infligé à Muhammad. 4 pts à 2/3, 4 rebs, 1 block et aucune tentative longue distance au final. Pour plus de détails que ce maigre échantillon de jeu, j’ai envoyé un scout me faire un rapport à son sujet.

Le match terminé et quelques « Continuer » plus tard, un agent de joueurs s’immisce dans mes news pour me proposer les services de Josh Harrellson, l’ancienne petite surprise des Knicks de New York, actuellement sans club. Il est bien civil de la part de cet agent de me rappeler à mon bon souvenir cet intérieur pas très athlétique mais vaillant et presque bon shooteur à longue distance. Seulement, il ne m’intéresse pas et je le lui indique gentiment.

Un peu plus tard, après avoir distraitement répondu à un panel de journalistes que je voyais Cleveland décrocher le titre cette année et James Harden terminer l’exercice avec le trophée de MVP (pour ce que ça m’intéresse…), un autre agent est venu mettre sous mon nez son jeune poulain. Le coquin a réussi à m’appâter avec les termes « combo forward », « capable de défendre sur des poste 3 et des poste 4 » et « véritable potentiel de shooteur à longue distance ». J’ouvre le profil de ce Jonathan Holmes, non drafté l’été dernier à la sortie de quatre années dans la plutôt réputée fac de Texas (ancienne maison de Kevin Durant, LaMarcus Aldridge, Avery Bradley, Myles Turner, Tristan Thompson ou encore PJ Tucker).

Je jauge rapidement ses 2m06 des pieds à la tête, sa belle envergure de bras de 2m12 et ses épais 109 kg, et doute un peu de sa vitesse pour le rôle d’ailier fort couteau-suisse que je recherche. Ses statistiques durant sa dernière année universitaire font montre d’un certain potentiel de shooteur avec un faible 33 % de réussite à trois points mais constant d’une année sur l’autre, notamment avec une augmentation de tentatives (4 par matchs la dernière année en seulement 26 minutes).

Son pourcentage aux lancer-francs, autre indicateur du potentiel au tir longue distance d’un joueur, est en hausse depuis trois ans jusqu’à atteindre un bon 77,8 %. Pour ce qui est de sa défense, il faudra que je m’en remette à l’analyse de mon scout, même si ses six rebonds et un virgule six contre par rencontre rapportés sur quarante minutes ajustés sont assez intéressants. C’est bon, tu as gagné, agent, j’envoie un recruteur observer de plus près ta marchandise.

Dans l’une des lignes suivantes de ma messagerie, je me retrouve à nouveau à devoir livrer mon pronostic au sujet des trophées décernés en fin d’année. Comme précédemment, je réponds un peu à l’emporte-pièce en avançant le nom de David Blatt pour l’award du coach de l’année, de Danny Ainge pour celui de GM (je prévois des trades bien lourd en cours d’année pour les C’s), de Ben McLemore pour le MIP et d’Isaiah Thomas pour le trophée du meilleur sixième homme (d’ailleurs, sortira-t-il du banc en réalité?).

Je ne réfléchis évidemment pas avant de citer Tony Tone pour la plaquette de Rookie of the Year. Pour le titre de défenseur de l’année, je pense à Rudy Gobert mais je donne ma voix à Michael Kidd-Gilchrist. Au-delà du fait que j’estime que l’ailier des Hornets sera dans la discussion, je profite de ce sondage sans intérêt pour faire un petit appel du pied à ce joueur que j’apprécie énormément et que je rêverai de voir dans mon équipe.

Ses limites au shoot sont handicapantes et ne collent pas du tout avec mon projet de jeu au spacing maximum autour du jeu poste-bas ou du pick’n’roll, d’autant plus quand on a en tête que mes joueurs majeurs du futur doivent encore de leur côté prouver leur capacité à longue distance. Et que je compte garder advitam eternam Ricky Rubio sur le terrain. Oui mais voilà, Kidd-Gilchrist est The Prince Of Darkness.

Il est le maître de ce royaume du basket sans nom qui n’est jamais en contact avec la lumière et qui néanmoins lui est aussi indispensable que l’azote qu’on respire en même temps que l’oxygène. Il est le plus grand espoir de ce royaume de suif et de sueur où une fourmilière d’ouvriers anonymes usent leurs corps sur des tâches ingrates qui n’apparaissent pas dans les box-scores pour mener un convoi de platine et d’argent au triomphe.

De ce monde fait de défenseurs féroces, de poseurs d’écrans rocailleux et autres risque-tout ramasseurs de ballons qui traînent, Kidd-Gilchrist est l’élu.

Le Second de la draft 2012 n’est pas un bon scoreur, pas un three pointer à peine capable d’étirer un tant soit peu les défenses, pas un playmaker fluidifiant le jeu et pas un mec qui laisse de grosses pointes chiffrés à quelques endroits que ce soit de la feuille de match. Et pourtant, son équipe est à chaque fois indubitablement plus forte quand il est sur le terrain. Il y a là une forme de sorcellerie dans cet ailier sans shoot et aux stats banales qui sublime sa formation rien que par sa présence.

Je ne suis pas sûr que je pourrais expliquer comment il parvient à ce résultat. Il est une énorme force défensive individuelle mais son impact en la matière va bien au-delà et altère l’ensemble de l’attaque adverse, chose qu’on ne peut normalement reconnaître qu’aux intérieurs protecteurs de raquette: il éteint les espaces aussitôt que les attaquants ennemis les créent, contrôle par son placement les mouvements adverses et certainement, boit leur énergie vitale.

Sa bravoure se répand sur l’esprit de ses coéquipiers et glisse les lois de l’emmerdement maximal dans celui des ennemis. Il aspire beaucoup plus de rebond que peut normalement le faire un small forward et malgré ça, se déploie en contre-attaque comme un démon. Il pose des écrans et se démarque constamment en attaque.

Mais tout cela est-il suffisant pour aboutir à impacter aussi positivement son équipe? Existent-ils des « intangibles » impossibles à mesurer qui s’ajoutent à l’addition? Je ne sais pas. Les soldats et capitaines des basses-œuvres ont toujours fait gagner des guerres et gagner des titres NBA mais Kidd-Gilchrist a un impact tel qu’il dépasse peut-être ces étiquettes. Ou qu’il est leur souverain.

Mais qu’importe comment il le fait, il le fait c’est tout. Et si un joueur peut avoir une telle influence en n’investissant que les secteurs du jeu indispensables à la victoire mais dont les autres se contre-fichent, je le veux dans mon équipe. Et puis, quoi de plus puissant qu’une force invisible et difficilement appréhendable à ses côtés? Et puis que dire son apport à mon équipe du futur? Développer la défense et un esprit de compétition forgé à blanc fait partie de mes projets de longue haleine pour mes jeunes louveteaux. Mon roster a du talent plein les poches mais manque peut-être d’une âme guerrière en son sein.

Michael Kidd-Gilchrist inoculerait instantanément de fortes doses de ces éléments primordiaux dans mon équipe et peut-être même engagerait mes talents plein d’avenir dans son sillage. Je ne peux pas m’empêcher de penser que la présence de l’ailier accélérerait l’évolution de mon noyau de diamant.

J’imagine sans peine la perpétuelle abnégation de l’actuel Hornet respirer dans le souffle de chaque Wolf ou encore voir sa défense éviter à Wiggins de devoir systématiquement prendre le meilleur attaquant extérieur adverse et empêcher Towns d’être en permanence submergé par les trop nombreuses options d’assaut du cercle de l’ennemi permises par une défense extérieure trop tendre et naïve. Certaines erreurs défensives des louveteaux seraient moins lourdes à porter par leurs encore frêles épaules grâce au premier filet de sécurité que serait Kidd-Gilchrist. Les faillites offensives aussi car ils sauront qu’ils ont les armes de l’autre côté du terrain pour ne pas faire de ces échecs des hémorragies sur le tableau des scores.

A peine un peu plus vieux que Wiggins, Towns et LaVine, à peine plus jeune que Muhammad et seulement trois crans moins âgés que Rubio, MKG est dans la ligne d’âge de ma base de reconstruction. Je rêve presque à mon insu de voir ce clan bourgeonnant se bâtir année après année avec le talent d’une main et la rage de vaincre, le goût de l’effort, le sens du sacrifice et l’intelligence collective de l’autre. Le potentiel défensif d’une équipe comportant Towns, Kidd-Gilchrist, Wiggins et Rubio, généreusement recouvert de trois ou quatre années d’expérience collective est à toucher les cintres.

Si la question du spacing se poserait toujours, l’attaque pourrait néanmoins et simultanément à ce potentiel défensif, se prévaloir de la présence de véritable talents offensifs avec Rubio et compagnie. L’impact global et notamment défensif du Kidd pourrait peut-être même s’avérer supérieur à cette problématique de spacing offensif. La défense est en effet ce qui va être le plus difficile à développer pour cette jeune équipe de Minny.

Peut-être peut-on triompher avec simultanément sur le terrain deux non-shooteurs comme Rubio et Kidd-Gilchrist, cette limite étant potentiellement compensée par des milliers d’autres petites choses. D’ailleurs, ces deux joueurs partagent cette faculté de rendre bien meilleure leur équipe en dépit de cette faiblesse au shoot, supposée normalement bien trop handicapante de nos jours pour des extérieurs.

Cela serait une véritable curiosité de voir si leur mystérieux pouvoir peut se cumuler sans se neutraliser à cause de ce fichu shoot, et ainsi présenter un gigantesque sourire narquois à la face du monde. Si Wiggins, Towns, Muhammad, LaVine et ce power forward shooteur que je cherche tant et qui est peut-être Bjelica ou Dieng se révèlent au fil du temps suffisamment forts à longue distance, cela ne serait-il pas jouable?

Je ne sais pas pourquoi j’essaie à ce point de trouver des justifications rationnelles à mon désir de voir Kidd-Gilchrist dans mon roster. J’ai juste envie de faire de ce jeune roi obscur un soldat ultime et indispensable au service des futurs souverains de lumière qui sont déjà dans mon effectif.

Mais ce qui fonctionne à Charlotte, ne fonctionnera peut-être pas dans le Minnesota. Peut-être que son absence de shoot couplée à celle de Rubio, recouplée au shoot encore pas assez fiable ou pas encore démontré de Wiggins, Towns, Muhammad et LaVine sera trop handicapant. Peut-être, l’effet presque mystique de Kidd-Gilchrist sur son équipe n’est qu’un mirage. Peut-être aussi qu’il sera toujours blessé. Peut-être également que Basketball Manager n’a modélisé qu’un excellent défenseur et pas le « game changer » qu’il semble être en Caroline du Nord.

Vraisemblablement aussi que les Hornets s’accrocheront à leur ailier comme un naufragé à sa bouée de sauvetage. Et que s’ils le laissent partir, même contre une très solide contrepartie, certainement qu’il faudra considérer qu’il n’est pas évalué aussi favorablement que je le fais.

Je ne suis pas sûr que mon envie d’avoir l’ailier soit très rationnelle, j’ai juste envie de l’avoir c’est tout. On verra bien si une opportunité se présente. Quand est-ce que son contrat se termine? Au moins jusqu’en 2019, punaise.

Mettant de côté ma gourmandise basketballistique, je fais avancer les heures. Un journaliste vient me demander si ce n’est pas mettre trop de pression à Karl-Anthony Towns que de donner son nom pour le trophée de rookie de l’année.

Trop de pression? Il est n°1 de draft et le rookie le plus attendu de cette cuvée 2015, il nage déjà dans un océan de pression. D’ailleurs, ne pas le présenter comme potentiel vainqueur de la distinction serait un véritable camouflet à lui infliger, presque un désaveux. La saison du désormais ancien freshman de Kentucky sera difficile et semée de traquenards mais le clamer futur ROY n’en sera pas la cause.

A suivre.

StillBallin (@StillBallinUnba)

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3 Comments

  1. WarriorsBlackKid #P

    Les joueurs comme MKG sont mes idoles, toujours à 200% c'est exactement comme ça que je joue en club

    1. You're invited to the 2017's Minnesota Timberwolves training camp, please complete the registration form.

      1. WarriorsBlackKid #P

        Yes je savais que choisir la departemental 3 sans passer par la draft serait un tremplin pour la nba !

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