Basketball Manager: Ma partie, Episode 20

Basketball Manager: Ma partie, Episode 20

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StillBallin s’est collé au jeu de simulation de gestion sportive « Basketball Manager » qui offre la possibilité à son possesseur d’enfiler le costume de General Manager d’une franchise NBA. Alors qu’il teste cette réplique version balle orange de Football Manager pour la première fois, le chroniqueur a décidé de relever l’un des défis les plus relevés de l’histoire de la célèbre ligue américaine: faire gagner un titre aux Timberwolves de Minnesota.

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Avery Bradley reçoit la balle tout seul dans le corner, s’élève et passe le cuir dans l’arceau pour ajouter trois points supplémentaires à la table de marque. Mes joueurs n’ont pas lésiné sur la dépense d’énergie dans cette action, ils se sont simplement fait avoir comme des bleus par le drive à contretemps d’Evan Turner et le déplacement furtif du petit arrière celte.

Nous sommes à la fin du mois de janvier et mon équipe n’a pas autant de victoire que ne l’avait espéré la frange optimiste de ma personne. Avec un bilan de 9-24 (37,5% de victoires), Sota est légèrement décroché du wagon des franchises qui sont en pleine lutte pour les dernières places des playoffs. Sacramento, Phoenix et Utah se livrent une bataille sanglante et sans merci que nous n’arrivons pas à rejoindre malgré nos frénétiques moulinets des bras et des jambes.

Karl-Anthony Towns est blessé depuis un mois et il en a encore un autre à tirer à l’infirmerie. Le bon côté de la chose est que ça m’a permis, au moins pendant un temps, de gérer correctement le retour d’un Nikola Pekovic libéré par les médecins, et de juguler un peu le temps de jeu de mes intérieurs tout en me permettant de voir à l’œuvre Shabazz Muhammad sur le poste 4. Avant d’être écarté des terrains, Towns affichait un joli 14,7 points (à 53%), 9,4 rebonds, 1,1 contre et une défense correcte. Comme attendu il est très solide partout, ce qui est très impressionnant pour un grand si jeune, et pourtant je reste un peu sur ma faim à cause de la saison encore meilleure qu’il a fait en vrai.

Cette première partie de saison n’a rien fait pour remettre en question mes idées de départ pour cette équipe. Andrew Wiggins est mon meilleur scoreur avec 21,2 pts et son adresse générale devenue correcte avec un eFG de 52% (33% à 3pts en pas loin de 3 tentatives pas match) et surtout un beau TS de 57% grâce à ses sept lancer-francs tentés en moyenne, me conforte dans son utilisation poste bas/catch’n’shoot longue distance. Son jeu sans ballon est également de plus en plus intéressant. On dit tout le temps qu’il est normal que des jeunes joueurs talentueux progressent beaucoup dans leur seconde année professionnel mais normal ou pas, ça fait plaisir.

Shabazz Muhammad est précieux dans son rôle de scoreur secondaire avec ses paniers de renard sur cuts, rebonds offensifs, shoots ouverts à trois points ou sur contre-attaque. Comme pour illustrer ma pensée, L’ailier se jette vers le panier adverse alors que Gorgui Dieng n’a pas encore attrapé le rebond en défense, et fini par ajouter deux points faciles aux comptes de Minnesota.

Bazz part toujours très vite en contre-attaque et mon équipe score pas mal de paniers faciles de la sorte. C’est cool mais encore faut-il que les Wolves prenne le rebond, sinon quoi ils seront réduits à défendre la possession à quatre contre cinq. Cela peut être risqué avec Nemanja Bjelica comme second intérieur, pas vraiment excellent rebondeur et plus encore avec Bazz lui-même en power forward. Le fait d’avoir donner pour consigne de se concentrer sur le rebond défensif, au détriment de la recherche des contre-attaques, comble un peu ce risque.

Je précise que Muhammad n’enfreint pas vraiment cette consigne. Celle-ci impose uniquement qu’au moins quatre, voire à la limite trois Wolves doivent se focaliser sur le rebond après un tir raté de l’adversaire. Cela ne pose aucun souci qu’un (ou deux) joueur parte en contre-attaque, tant qu’il est le seul à le faire. Il faut quand même surveiller ça. Muhammad part tellement vite à l’autre bout du terrain qu’il bouffe à chaque fois le seul véritable ticket de l’équipe. Peut-être cela pourrait-il créer des tensions à l’avenir.

La base Rubio-Wiggins-Muhammad-Bjelica-Towns a l’air de fonctionner, du moins en attaque. Les résultats sur le bilan de l’équipe ne sont pas encore là donc il se peut que « bien fonctionner » ne suffise pas. C’est ce que je vais essayer de vérifier pendant le reste de cette année, la suivante et possiblement aussi celle d’après. La réponse à cette question sera sans doute en défense. Aujourd’hui, le constat n’est pas vraiment ragoutant mais aucune surprise. Les jeunes doivent encore acquérir le savoir-faire minimum nécessaire et l’alchimie collective a besoin de temps pour se développer.

Punaise, encore un tir à trois points raté par Dieng. Ce n’est que sa première tentative de la rencontre mais j’ai l’impression de ne pas arrêter de voir son shoot taper l’arceau ces derniers temps. J’interromps le match pour regarder rapidement son pourcentage à longue distance sur les dix dernières parties, ça atteint péniblement les 23%. Il tourne à 27% depuis le début de la saison. L’expérience du sénégalais en « stretch four » n’est clairement pas positive pour le moment, tant en attaque qu’en défense. Je ne fais rien pour l’instant mais cette histoire file un mauvais coton.

Cette équipe de Boston n’est pas désagréable à voir jouer. La défense celte est collante comme une suée d’été et explique en grande partie pourquoi on traîne derrière eux au score. Mais voir mes joueurs -et notamment les jeunes- relever bravement le challenge est très plaisant. Les hommes du Massachusetts sont un brin décevant en cette saison 2015/16 et le nom de la franchise apparaît dans un bon nombre des rumeurs de transferts qui courent dans les news.

Ils cherchent le joueur qui leur permettra de passer ce cap supplémentaire dans cette conférence Est qui n’a plus le même visage depuis le coup de tonnerre qui a secoué le monde fin décembre. Maintenant que Russell Westbrook est un joueur d’Orlando, la lutte pour les meilleurs places en playoffs se prépare doucement à être d’une intensité comme on en avait pas vu depuis longtemps de ce côté du pays américain. Et Boston ne veut pas être laissé derrière.

Il va falloir un peu de temps pour savoir si Oklahoma City s’est bien tiré de sa situation difficile. Chaque jour depuis le début de ma partie de Basketball Manager, mon tableau de news en réservait au moins une à l’avenir de Kevin Durant dont le contrat se termine l’été prochain. Mes infos étaient inondées jusqu’à la luette de rumeurs sur l’état d’esprit de l’ailier, de déclarations ambiguës, de tweets se perdant en suppositions ou de discussions sur la « dernière chance du Thunder de convaincre son leader de rester ».

La franchise n’avait pas mal négocié ses deux premiers mois de compétition avec son nouveau coach, Billy Donovan, mais ses résultats ne pouvaient pas non plus être qualifiés de transcendants. Or, avec Washington, destination privilégiée par les médias pour Durant (ville natale de l’intéressé, possibilité de jouer avec un meneur passeur cinq étoiles), qui cartonnaient et s’imposaient en solide dauphin de l’Est derrière Cleveland, le feuilleton a redoublé d’ampleur. Ma messagerie baignait en permanence dans le turquoise d’OKC et l’ombre du n°35.

Quelques déclarations maladroites de Durant et de ses coéquipiers, la question de la répartition des tickets shoots avec l’autre star de la franchise et soudain, Westbrook était envoyé en Floride en compagnie de Kyle Singler et de DJ Augustin contre Tobias Harris, Victor Oladipo, Elfrid Payton et du choix du premier tour de la draft 2016.

Ainsi OKC avait décidé de trancher en faveur du MVP 2014 en espérant le voir prolonger son contrat après cette gigantesque preuve d’amour déposée sur le pas de sa porte. Maintenant Durant n’a plus personne pour lui contester sa place de leader et ce que le Thunder a perdu en talent, il l’a gagné en profondeur et en complémentarité. Du moins c’est ce que la franchise espère.

A une bien plus petite échelle et dans l’anonymat du Minnesota, j’ai également droit à mon petit feuilleton soap opéra à moi avec Zach LaVine qui commence à fulminer dans son coin à cause de son temps de jeu insuffisant (13,4 minutes par match avec quelques séquences sur le poste 3). Le jeune arrière est d’un apport assez aléatoire (ce qui n’est pas étonnant au regard de son âge) mais il n’a pas tort. Son talent brut appelle plus de temps de jeu afin d’être proprement taillé.

Mon discours « il ne revient qu’à toi d’être meilleur que Kevin Martin » le calme un petit peu mais ne se traduit pas par une progression importante sur le terrain. Il n’est pas tout à fait du genre à compenser son déficit de niveau de jeu face à Kevin Martin par une débauche d’énergie maximum et une concentration maximale en défense, là où il pourrait convaincre un coach de le mettre sur le terrain à la place de son concurrent de 32 ans.

Si je veux conserver l’enthousiasme du jeune homme et le développer, je vais devoir trouver une nouvelle maison à Kevin Martin. Celui-ci apporte un véritable bol d’air frais en attaque, notamment quand c’est majoritairement le banc qui est sur le parquet, mais les résultats de la saison actuelle ne valent pas le risque de flinguer ou de perdre un espoir comme LaVine.

Le jeu de passe de Boston met ma défense sens dessus dessous, c’est pas possible. Les Verts n’ont même pas besoin de faire quelque chose de compliqué, là le simple fait que la balle fasse le tour de la ligne des trois points avec une série de petites passes rapides fait perdre leurs appuis à mes joueurs. En bout de chaîne, Jae Crowder a attaqué le cercle dès réception de passe parce que Wiggins s’était laissé un peu flotter devant lui. Huit points d’avance pour Boston à une minute trente du coup de sifflet final. Leur victoire est tranquillement en train de dorer au four.

Ender est correctement impliqué en défense, mis à part quelques trous d’air. Il l’est correctement mais ce n’est pas suffisant. Mais puis-je réellement lui demander de se charger chaque soir du meilleur arrière ou ailier adverse tout en maintenant sa production et son efficacité en attaque? Vraisemblablement pas. Ce role player défensif tout en hargne et en sacrifice me manque, il faudra que je cherche sérieusement à trouver ce soldat de l’ombre.

En attendant, j’ai bien envie de tenter de filer le rôle du chien de garde défensif à Shabazz Muhammad. L’ancien freshman d’UCLA ne maîtrise pas les subtilités de la défense et sa forte compétitivité n’est visible qu’en attaque. Mais en le responsabilisant officiellement dans ce rôle et en lui montrant que j’ai confiance en son potentiel, je peux espérer le voir s’investir à fond dans son nouveau costume pour prouver que j’ai eu raison de placer ma confiance en lui mais aussi et surtout par fierté.

C’est un énorme défi que je lui propose et les sportifs -plus encore les joueurs compétitifs comme Muhammad- aime autant les relever qu’ils détestent les perdre. De plus, ainsi ériger en stoppeur défensif devant tout le monde, il ne peut pas se cacher en défense par désintérêt ou pour s’économiser en attaque. Non seulement tous les yeux seront rivés sur lui mais en plus, l’équipe comptera sur lui. Et puis, avoir la tâche de prendre le meilleur scoreur adverse est aussi particulièrement motivant.

L’énergie, la volonté et la concentration comptent parmi les piliers les plus importants d’une défense individuelle. Si j’arrive à allumer ce feu intérieur chez l’ailier, je peux espérer voir ses éléments se fixer sur son jeu de ce côté du terrain et le muer en un solide, voire bon défenseur. Petit à petit, la science de la défense viendra peut-être s’ajouter à tout ça, d’autant plus que se taper des gros scoreurs chaque soir devrait s’avérer très formateur. Le jeune homme ne peut pas se prévaloir d’une vitesse latérale suffisante mais sa puissance et sa longueur badigeonnées d’une grande agressivité pourrait déjà faire beaucoup.

Son rôle et son style de jeu en attaque est assez économe en énergie et il se combine donc plutôt bien avec un investissement démultiplié en défense. Wiggins, quant à lui, n’aurait plus à se taper le monstre offensif adverse et pourra donc conserver un peu plus de carburant pour continuer de jouer efficacement son rôle de leader en attaque.

C’est une stratégie audacieuse mais je n’ai pas grand chose à perdre cette saison. Avec un peu de chance, on aura droit à un Muhammad réinventé qui sera devenu immensément plus précieux que le joueur qu’il est actuellement. Dans le pire des cas, il demeurera celui qu’il est aujourd’hui. Cette idée est un bon moyen de voir ce qu’il est prêt à réaliser pour le projet collectif et de savoir si ses limites défensives sont infranchissables. Peut-être même que le résultat de cette expérience décidera de ce que je ferai de son avenir au sein des Timberwolves.

A suivre.

StillBallin (@StillBallinUnba)

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