[Interview] Fabien Causeur : « Prouver que je suis toujours là »

[Interview] Fabien Causeur : « Prouver que je suis toujours là »

Après plusieurs années à Vitoria ponctuées par un final four d’Euroligue l’an dernier, Fabien Causeur a rejoint cet été Bamberg, le champion d’Allemagne. Titulaire incontournable dans une équipe qui n’a toujours pas perdu en championnat après 11 journées, il espère bien retrouver les sommets européens.

Parle-nous un peu de ton arrivée à Bamberg. Ça faisait assez longtemps que tu étais à Vitoria, qu’est-ce qui t’a amené à changer de club ?

J’ai eu un problème au dos l’an dernier, pas quelque chose de grave non plus, mais ça m’a gêné et j’ai été écarté des parquets pendant trois mois. C’était sur la fin de la saison, donc je n’ai pas eu autant d’options que je pensais. J’en ai quand même eu plusieurs, et le projet de Bamberg m’intéressait. C’est une équipe qui monte depuis des années et qui joue l’Euroligue, ce qui était vraiment quelque chose que je cherchais. Je voulais encore progresser et jouer avec les meilleurs en Europe. J’ai préféré ne pas attendre : j’ai pris les premières options que j’avais, je les ai étudiées, et j’ai choisi Bamberg, un club au projet très sérieux. En plus, découvrir un autre championnat, c’est toujours très intéressant.

En parlant de projet, tu penses que Bamberg peut grandir comme Vitoria a grandi ? En progressant petit à petit en Euroligue, jusqu’à atteindre le final four ?

Petit à petit, oui, c’est possible. Après, pour Vitoria, ça fait quand même vingt ans qu’ils sont en Euroligue, on n’en est pas encore là. Ça dépendra des résultats, parce que dans le championnat allemand, il n’y a pas de wild card : seul le champion d’Allemagne va en Euroligue, donc il faut déjà essayer d’être encore champions. En championnat ça va, mais on a un peu de mal en Euroligue. On perd beaucoup de matches de très peu, c’est frustrant mais ça montre aussi qu’on n’est vraiment pas loin de pouvoir battre tout le monde. Barcelone, Fenerbahce, le Panathinaïkos… À chaque fois on a le match en main mais on le lâche dans les dernières minutes. C’est un peu notre pêché mignon, il faut qu’on arrive à gagner les fins de match serrées.

C’est ta première année dans cette équipe : tu viens d’arriver mais tu es déjà titulaire, avec un gros temps de jeu et beaucoup de ballons. Le coach t’avait annoncé avant ta signature que ça se passerait comme ça ?

C’est même une des choses qui m’ont fait venir. On m’a dit que j’aurais un gros rôle dans l’équipe, que j’aurais le ballon dans les mains et que j’aurais beaucoup de temps de jeu. Après, le temps de jeu, ce n’est jamais garanti, il faut toujours le gagner. Mais je suis un joueur qui a quand même six années d’Euroligue, le coach avait besoin de joueurs d’expérience comme moi ou Zisis. Et c’est bien pour moi, j’en profite, j’en avais besoin après la désillusion de la fin de saison dernière. J’avais besoin de me relancer pour prouver que je suis toujours là.

Tu parles de Nikos Zisis, ça doit être génial de jouer avec un meneur comme lui. Toi qui as évolué aux côtés de Thomas Heurtel, Taylor Rochestie ou encore Mike James, tu penses que c’est le meilleur meneur avec qui tu as joué ?

C’est le joueur avec le plus d’expérience et la plus grande connaissance du jeu, en tout cas. Sans nul doute, c’est le joueur le plus intelligent avec qui j’ai jamais joué. Il est vraiment très sérieux sur tout, c’est un exemple pour n’importe quel joueur. C’est un vrai meneur de jeu, il n’est pas égoïste, il joue toujours pour ses partenaires.

Dernière question : toi qui es Brestois, tu as suivi ce qui s’est passé avec l’Étendard de Brest ? Ils avaient déjà eu un redressement judiciaire il y a trois ans, mais là c’est la liquidation…

Ah non, je ne savais pas du tout. Je me rappelle qu’ils avaient eu un avertissement mais je ne savais pas qu’ils avaient mis la clé sous la porte. C’est dur dans une ville comme ça, où il y a la concurrence du foot, d’autant que des gens se sont battus pour que le club reste au haut niveau. C’est triste pour la ville et c’est triste pour la Bretagne, c’est un des seuls clubs qu’on avait…

 

Propos recueillis par Lucas Saïdi, à Berlin.

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