Road to the Draft : Lonzo Ball vs Kentucky

Road to the Draft : Lonzo Ball vs Kentucky

Brian Rothmuller/Icon Sportswire

La première fois que nous avons pris des nouvelles de Lonzo Ball, le freshman venait tout juste d’atterrir sur la scène universitaire. Et pour son premier match, quelques grosses qualités étaient ressorties : c’est un vrai meneur de jeu (créateur et gestionnaire), un bon shooteur de loin, et un excellent athlète, finissant même un puissant alley-oop sur la tête d’un défenseur. Pas mal pour des débuts NCAA. Ball n’a pas démérité par la suite non plus, confirmant son talent en restant sur les mêmes standards (14.6 pts, 9.3 ast, 43% à 3pts sur les 8 premiers matchs de la saison).

Guillaume (@GuillaumeBInfos)

Autant dire que ce premier gros test, contre une vraie bonne équipe (la redoutable et éternelle escouade bodybuildée de Kentucky), était attendu avec grande impatience pour juger le freshman contre une vraie compétition et de vrais bons athlètes calibré pour la NBA (plus grands, plus longs, plus puissants, plus explosifs), après s’être amusé sur le début de saison contre des adversaires d’un tout autre acabit.

De ce duel tant attendu, Ball en est sorti vainqueur. Il n’a pas brillé de mille feux, comme on pouvait s’y attendre, ayant bien plus de difficultés qu’à l’accoutumée, mais fut l’artisan majeur de la victoire des Bruins sur les Wildcats. Une équipe de Kentucky extrêmement athlétique, et possédant la meilleure densité et profondeur d’effectif de toute la NCAA. Une équipe, de plus, invaincue chez elle depuis février 2014. Jusqu’à samedi soir, et la venue de Ball et UCLA.

Non seulement Ball a gagné son duel collectif avec la victoire, mais il a aussi performé dans son duel individuel avec De’Aaron Fox, le meneur éclair de Kentucky, également promit au top 10. On ne peut pas dire que l’un ou l’autre ait clairement gagné cette joute de jeunes meneurs, les deux affichant un bon niveau et se rendant bien les coups. Mais dans le money time lorsque De’Aaron Fox et les Wildcats étaient en train de revenir au score, c’est Lonzo Ball qui intercepte un ballon crucial pour s’en aller scorer de l’autre côté, avant de planter un 3pts qui a définitivement mis UCLA en sûreté.

Ball s’est montré en difficulté sur son jump-shot sur ce match, notamment à cause de sa sélection de tir. UCLA pratique un des plus beaux jeux de NCAA, et la ribambelle de scoreurs/shooteurs des Bruins ont le feu vert pour shooter tout le temps depuis n’importe où et le plus possible. Seulement, contre Kentucky les ouvertures furent plus rares, et moins grandes, et Ball a clairement forcé son jump-shot.

Le problème est qu’il s’est beaucoup trop contenté de dégainer à longue distance, dans toute sortes de mauvaises situations. Tôt dans la possession par exemple, en étant défendu de très près, ou lorsqu’il était défendu par un intérieur. Ce qui sauta aux yeux sur cette rencontre, c’est l’incapacité de Ball à se créer de l’espace pour son tir. Passé au révélateur physique/athlétique qu’est Kentucky (équipe la plus proche de ce à quoi ressemble une équipe d’athlètes NBA) cela en dit long, car s’il fut incapable de le faire contre les Wildcats, c’est fort à parier que Ball n’y arrivera pas plus chez les pros. De ce fait, il a déclenché un grand nombre de tirs compliqués de très loin avec le défenseur en plein sur lui pour des résultats très mauvais.

C’est à noter que ce n’est pas son jeu. Ball peut créer une ou deux fois par match, mais principalement, il se contente de prendre les tirs ouverts, et se fait servir ses opportunités de 3pts. Seulement, la défense de Kentucky fut plus resserrée, et a laissé moins de liberté à UCLA pour trouver (à lui comme à d’autres) de bons tirs.

Toutefois, on en apprend autant de ses deux tirs rentrés que de tous ses loupés. Le premier vient en toute fin de première période. Il prend le ballon, obtient le switch sur Pick & Roll, mais se retrouve défendu par Adebayo. L’intérieur le plus athlétique et mobile de toute la NCAA, on ne peut plus à l’aise pour défendre dans le périmètre, et que Calipari a même placé sur Ball en homme à homme sur certaines séquences, c’est dire (attendu top 10/15). Qu’importe, il place son stepback un peu lent, Adebayo est en plein sur lui, mais il score quand même le trois-points. Le plus extraordinaire dans tout cela, c’est qu’il se trouve à 3 mètres derrière la ligne des trois-points quand il le fait. Ball possède une distance de tir tout simplement phénoménale (Curryesque) et en fit démonstration sur cette action.

Son deuxième panier à trois points est arrivé tard en deuxième période. En sortant d’un écran, il plante immédiatement son pied gauche dans le sol, en l’orientant face au panier. De cette manière, lorsqu’il continue son mouvement, il parvient à s’aligner très rapidement en face de l’arceau, conserve un très bon équilibre de tir, et rentre le shoot.

En pénétration, nous ne l’avions pas vu réussir, ni même tenter de se rendre jusqu’au cercle contre la modeste formation de Pacific. La fait est qu’il n’y avait pas besoin tant UCLA était au-dessus. Contre Kentucky par contre, les opportunités se sont clairement présentés à lui, et dans un soir où il était en délicatesse avec son tir extérieur, il n’a pas voulu les prendre.

Il refuse tout simplement le contact au cercle. Non pas dans sa finition comme peuvent le faire certains joueurs (cherchant à contourner le protecteur de cercle, tirant par-dessus lui plutôt que de lui rentrer dedans), non, il fuyait le contact au point de ne pas prendre de tir. Il est vrai que son rôle est celui d’un passeur avant tout, mais il ne peut pas uniquement pénétrer pour passer, il doit aussi être capable de scorer. Kentucky apportait rapidement et systématiquement des aides sous le cercle. Même les fois où Ball dépassait son défenseur, il n’allait pas se frotter au protecteur de cercle de Kentucky en second rideau. Lorsqu’il devait repiquer vers l’intérieur pour tenter le lay-up ou prendre la faute, il restait sur sa trajectoire parallèle au panier, s’enfermant ligne de fond et/ou sur prise à deux loin du cercler. Les deux seules fois où il est en effet allé conclure au cercle, la raquette était totalement dégagée et les défenseurs mal placés. De ce point de vue-là, Ball a échoué sur ce premier gros test.





Sur son jeu de passe, comme dit précédemment la défense de Kentucky a laissé moins d’espace que UCLA à l’habitude d’avoir face à de moins bonnes formations. Les défenseurs extérieurs sont d’élite pour la NCAA, et calibrés NBA. Que ce soit le très rapide De’Aaron Fox, le très puissant et long Isaiah Briscoe, le très grand et athlétique Malik Monk, voire même Bam Adebayo évoqué précédemment (poste 4 puissant, explosif, athlétique, mobile) et Wenyen Gabriel (ailier freshman, très grand, long et athlétique). Ball a eu affaire à ces 5 défenseurs tout le long du match, voyant arriver sur lui la pression étouffante de Fox tout terrain, puis soudainement, la puissance et les longs bras d’un Briscoe, l’activité de Monk, puis encore plus tard la taille imposante d’un Adebayo, Killeya Jones. C’est en cela que ce match-up fut intéressant et très instructif, Ball a pu voir arriver sur lui à peu près toute forme de défense qu’il affrontera en NBA.

Plus particulièrement donc, sur son jeu de passe, il n’a logiquement pas pu créer autant d’ouvertures dans le jeu. Plus organisés (et tout simplement meilleurs collectivement), les défenseurs directs de Ball ne se sont pas souvent laissés dépasser, et lorsque ce fut le cas, toute la défense ne s’est pas écroulé autour pour venir en aide, seulement le bon joueur censé apporter la bonne aide. De ce fait, sa création en pénétration et sur Pick & Roll (Kentucky pouvant changer sur tous les écrans, ou les traverser aisément) fut largement réduit.

C’est donc sur sa vision de jeu que Ball a dû se reposer. Il a décelé quelques belles fenêtres de tir, et avec le sens de la passe qu’on lui connait, a envoyé le ballon à bon port. Il a vu les shooteurs ouverts, les joueurs qui coupaient, les mismatches à exploiter et les occasions en transition. Plus encore, il fait preuve de tout son sens du timing et de sa précision de passe à une main, envoyant de magnifiques offrandes à bonne hauteur au bon moment à ses coéquipiers en sortie d’écran, qui n’avaient alors plus qu’à s’élever pour scorer.

C’est à noter toutefois qu’il a commis plus d’erreur que d’habitude (là encore, sans grande surprise). Ball termine d’ailleurs avec 6 balles perdues (pour 7 passes seulement), son plus mauvais total de la saison. Quelques mauvaises décisions (son refus de conclure au cercle notamment, et de passer à la place), mais aussi une ou deux possessions où il s’est retrouvé hors de contrôle (chose très rare chez lui), devant appuyer à fond sur l’accélérateur pour distancer la pression des défenseurs de Kentucky, et ne pouvant donc plus autant contrôler sa vitesse, son corps, et la gonfle.

Défensivement, c’est encore sans surprise qu’il a souffert face aux athlètes de John Calipari. Cependant, le constat aurait pu être tout à fait correct si sa technique d’appuis et ses fondamentaux défensifs avaient été bons (il n’a pas juste pris l’eau à cause de son physique). Sur Pick & Roll, il n’est pas souvent arrivé à bien coulisser latéralement notamment, et s’est fait mettre dans le vent plus d’une fois. Il n’a pas tout le temps défendu sur Fox ou Monk d’ailleurs, pour être un peu protégé au niveau des fautes. Son manque de puissance s’est fait ressentir au rebond également, n’arrivant pas à batailler pour la position. Quelques fois, il s’est aussi retrouvé hors de position loin du ballon, laissant son attaquant ouvert ou ne réalisant pas la bonne rotation défensive qui s’impose.

En revanche, Ball a réalisé quelques très bonnes actions défensives. Sur une contre-attaque, il oriente l’explosif Malik Monk sur sa mauvaise main, et le contre une fois au cercle. En seconde mi-temps il aide sur un drive de l’insaisissable Fox (en abandonnant Briscoe), puis effectue un closeout lent sur Briscoe (pour l’inciter à shooter, le bonhomme ne dépassant pas les 20% à 3pts en carrière) qui lui a permis de contenir de drive et récupérer la balle. En fin de rencontre, alors que Kentucky commence à remonter, et que l’ambiance monte dans l’antre des Wildcats, Ball intercepte avec une impressionnante anticipation une passe de Monk en transition, alors que tout le monde courrait vers le panier d’UCLA, et part ensuite scorer complètement seul de l’autre côté du parquet pour stopper l’hémorragie et inverser le momentum. Également, son envergure est moyenne et il ne peut pas contester les tirs très efficacement à chaque fois, mais son très rapide temps de réaction et sa détente/explosivité permettent de compenser un peu son manque de centimètres.

L’un dans l’autre, cette performance de Lonzo Ball demeure très consistante. Ce ne fut logiquement pas son meilleur match, et face à la compétitivité de Kentucky, ses plus grandes faiblesses se sont vue exposées au grand jour. Quand bien même, Ball a réussi malgré tout à faire tourner son attaque à un très bon rythme malgré la grosse défense des Wildcats, a réalisé quelques actions décisives et obtenu une immense victoire en terre ennemie. Clairement, UCLA se pose avec cette grosse victoire comme un sérieux prétendant au titre, passant d’équipe sympathique de la côte Ouest faisant le show face à plus faible qu’eux, à grosse cylindrée de NCAA capable d’aller taper la grosse écurie de Kentucky chez elle (et alors même que les Wildcats étaient en tête du classement des 25 meilleures facs du pays). Un gros coup qui n’aurait pas été possible sans Ball.

Ses faiblesses semblent conséquentes, et de ce fait il aura besoin de temps pour les corriger (en NBA c’est tout les soirs des équipes d’un niveau athlétique de Kentucky, voire beaucoup plus). Mais il reste jeune (19 ans), avec déjà pas mal d’assurances à la mène, en transition et au shoot à trois points, avec quelques qualités athlétiques par-dessus tout cela. Ce qu’on recherche chez un meneur NBA en somme de nos jours. Une place dans le top 10 semble être à sa portée, à lui de ne pas la laisser filer sur le reste de la saison.

Voir aussi : De’Aaron Fox, le meneur de Kentucky

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