[Interview 2/3] Nicolas Batum : « Personne ne parle de nous ! »

[Interview 2/3] Nicolas Batum : « Personne ne parle de nous ! »

Deuxième partie de notre interview (la 1ère est à retrouver ici), où l’ailier revient sur le bon début de saison des Hornets, dans la foulée de l’exercice 2015 – 2016, mais toujours sous le radar de la plupart des observateurs…

 

Cette défaite à Brooklyn, c’est un peu la faute de parcours…

C’est inacceptable. Ce n’est pas professionnel du tout ce que l’on a fait ce soir. On s’est relâchés. Quand tu te prétends être une bonne équipe à l’Est, tu ne peux pas faire un match comme ça. On n’a pas été bons du tout et on leur donne la victoire.

A part cet épisode donc, l’équipe allait bien, avec le quatrième bilan à l’Est…

Oui. On s’est « reboostés » un peu dernièrement, après notre road-trip où l’on avait eu un petit coup de mou. On peut dire qu’on avait eu quatre grosses équipes à chaque fois, à l’extérieur, mais on a quand même perdu quatre matchs de suite (contre Cleveland, Indiana, Washington et Boston). Après, on ne s’est pas forcément sentis en danger, parce que ces quatre défaites-là, ce n’est pas non plus comme si l’on avait perdu de 20 points à chaque fois. On était dans le match, mais ce sont des erreurs en fin de matchs qui nous les ont coûtés. Donc on sait que l’on pouvait bosser là-dessus et revenir. D’ailleurs on termine ce road-trip avec une grosse victoire à Atlanta. En back-to-back, après une grosse défaite à Boston, ce qui fait toujours du bien. Et derrière on rentre à la maison, avec un match un peu bizarre face aux Lakers, mais on a quand même arraché la victoire. Et derrière Chicago, où l’on fait un match complet pendant 90 minutes. Donc on se sent bien, le coach continue de nous faire travailler, et on continue de faire notre petit bonhomme de chemin dans l’ombre. Je dis dans l’ombre, parce que personne ne parle de nous, mais on essaie d’être là quoiqu’il arrive.

C’est dû au fait que toutes les équipes se valent de la 4e à la 12e place à l’Est ?

Non, je crois que l’on ne parle pas de nous parce que l’on n’a pas de gros noms surtout ! On n’a pas de All Star, on ne nous voyait pas là depuis le début. C’est un peu comme l’année dernière de toute façon. L’année dernière c’était exactement la même chose. Exactement la même chose. On ne nous voit pas là, on dit toujours : « oui, les Hornets, c’est ci, c’est ça… ». Les gens se disaient que c’était un coup de chance. Là ils se disent encore la même chose et si c’est pareil l’an prochain ils rediront la même chose. Encore une fois, parce qu’on n’a pas de gros noms. On n’a pas encore de All-Stars. Ou pas encore. Si Kemba le fait, cela changera peut-être des choses. Mais bon, on est à 30 matchs et on est toujours dans le top 4 à l’Est. Donc on est bientôt à la mi-saison et on est toujours là, même si c’est très serré. Je pense que dans les 15 prochains jours, tout va commencer à se décanter un peu.

Vous vous situiez donc à ce niveau en début d’année ?

Nous, on le savait. On est sûrs de nos capacités et on est sûrs de faire la même chose que l’année dernière (6e à l’Est, mais avec le même bilan que le 3e). C’est juste une confirmation. Pour le monde extérieur c’est peut-être une confirmation : « oh la la, les Hornets, peut-être ils ne sont pas si mauvais que ça… ». Nous on sait. On sait qui on est, on sait qui on a, on sait le système qu’on a, on sait le coach qu’on a. Ce qu’il a mis en place, si on l’applique, cela nous permet de gagner des matchs. Ce n’est que trente matchs, on ne s’enflamme pas, mais on est bien partis.





Vous avez aussi deux matchs « prenables » (Orlando et Miami) avant de jouer les Cavs le 31 décembre…

C’est là où l’on va voir si on est une bonne équipe ou pas. Car ce sont des matchs comme ça où, si l’on est sérieux, on doit les prendre. Si on veut être une bonne équipe à l’Est – et nous on sait qu’on peut être une bonne équipe à l’Est et faire quelque chose d’important – et bien des matchs comme ça on doit les gagner !

Vous n’avez par contre pas encore accroché de leader : vous avez perdu tous vos matchs contre Cleveland, Toronto, Boston ou San Antonio – le seul top 3 à l’Ouest que vous ayez joué…

C’est un peu ça qui nous manque. Mais on a aussi fait de bons matchs à chaque fois ! On n’a jamais pris de gros écarts contre ces équipes-là. Boston, on perd deux fois, mais ça se joue toujours dans les dernières minutes. Toronto, cela s’est joué sur deux possessions. Cleveland, on perd deux fois là-bas, mais le premier match je crois qu’on est devant dans les 6 dernières minutes et pareil au deuxième, avant que LeBron ne prenne feu… Donc oui, on n’a pas accroché de cador, mais on sait qu’on est prêts et présents. A nous de continuer à travailler et que cela paie un jour.

C’est important quand même de gagner contre de grosses équipes ?

Non. Parce que bon, accrocher une grosse équipe ça ne prouve pas forcément grand-chose non plus. On peut aussi battre Cleveland et derrière perdre contre une plus petite équipe… Sur le moment, ça va faire plaisir. Peut-être que ça va aussi parler par rapport aux gens de l’extérieur. Mais bon. (Il hésite puis sourit) Allez, je vais dire oui et non en fait.

Est-ce qu’on regarde le calendrier à l’avance pendant la saison ?

Moi, je regarde juste semaine par semaine. Je ne me projette pas trop, je regarde juste ma semaine à chaque fois. Je peux comprendre qu’il y en a qui se projettent très, très loin. C’est sûr que quand les playoffs se rapprochent, tu vas regarder un peu plus aussi. Mais moi je regarde juste semaine par semaine.

Votre mois de janvier va être très, très costaud en tout cas (Cavs, Bulls, Thunder, Spurs, Rockets, Celtics, Blazers, Raptors, Warriors et Knicks notamment)…

Oui, ça j’ai vu. On va commencer très, très fort les 15 premiers jours. Il y a toujours des périodes comme cela. C’est la NBA, il y aura toujours plusieurs grosses équipes à devoir enchaîner à un moment ou à un autre.

Est-ce préférable d’avoir ce genre de séquence à ce moment-là de la saison, c’est à dire déjà en place, mais avant de commencer à être fatigués ?

Je ne sais pas s’il y a un bon moment, mais c’est vrai que début janvier c’est pas mal. Ça va nous permettre de nous tester. Et c’est vrai que si on a de bons résultats, derrière on va avoir beaucoup de confiance. Ça pourrait être plutôt une bonne chose en début de saison.

Propos recueillis par Antoine Bancharel, à New York

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