[Interview] Evan Fournier : « C’est chiant »

[Interview] Evan Fournier : « C’est chiant »

Forcément déçu du mauvais début de saison d’Orlando, l’international français décrypte les mauvaises tendances du Magic, tout en laissant entrevoir un certain potentiel.

Evan, forcément un peu frustré avec ce début de saison en-dessous des attentes, qu’est-ce qui ne va pas ?

Bah, on est très inconstants. C’est ça le problème. On a de très belles victoires à l’extérieur, sur de très belles équipes comme San Antonio, Oklahoma City, et j’en passe. Mais notre problème c’est à la maison. Normalement ça devrait être l’inverse. Au moins, ce qui est positif, c’est qu’on est capables d’aller gagner contre de grosses équipes à l’extérieur, ce qui est vraiment difficile en NBA. Maintenant, il faut que l’on s’y mette à la maison quoi !

Vous avez eu beaucoup de matchs serrés en plus, vous êtes une des équipes qui en joue le plus…

C’est ça, c’est ça. Mais en fait on se met dans des situations où ça ne devrait pas être un match serré ! Où on mène de dix points et on les laisse revenir… Des fois on laisse filer le match et ça coûte cher. Il y a du mieux, c’est clair. Mais on est beaucoup trop inconstants. Il y a encore quelques semaines, on était la troisième défense de la NBA, et là sur les derniers matchs, on est dans les moins bonnes défenses… C’est vraiment très inconstant.

Et dans ces matchs serrés justement, vous êtes à 9 victoires pour 9 défaites. Le verre est à moitié vide ou à moitié plein ?

Je pense que ce n’est pas si révélateur ce genre de stat en fait, car pour moi il y en a plusieurs où l’on n’aurait pas dû être dans cette situation-là. Ce n’est pas tellement l’histoire qu’on les perde ou qu’on les gagne, car souvent on aurait dû plier le match avant.

Vous manquez de régularité aussi ?

Oui. On est constamment sur courant alternatif. C’est à dire qu’un jour on va être très bons en attaque, et le lendemain ce sera totalement l’inverse, on sera très bons en défense. Si on a eu des matchs où on a été très bons en attaque, et d’autres très bons en défense, ça veut dire qu’on est capable de faire les deux ! Maintenant, il faut le faire en même temps.

D’autres défauts ?

Je pense que des fois on n’est pas assez agressifs. Contre New York par exemple, ils nous sont rentrés dedans dès le début et on n’a pas eu la réponse. Alors, on pourrait dire que deux jours avant on avait fait double-prolongation à Miami, qu’on est rentré à 4 heures du matin à la maison, tout ça. Mais j’ai trouvé que dès le début, dans nos attitudes, on n’était pas aussi agressifs qu’eux, tout simplement. Ça se voyait qu’ils le voulaient plus.

Ces deux choses doivent d’autant plus te frustrer que tu as justement tatoué sur tes deux poignets « régularité » et « intensité »…

Ouais, c’est chiant ouais. C’est chiant. Encore une fois, on est capables de battre San Antonio à San Antonio ! C’était leur première défaite en je ne sais pas combien de temps. Donc c’est rageant. Parce que je sais de quoi on est capables sur séquences, mais on est tout le temps sur courant alternatif et c’est frustrant. Quand l’attaque va bien, c’est la défense qui va mal. Ce truc d’être passé de la troisième défense de la NBA à une des pires, d’avoir un meilleur bilan à l’extérieur qu’à domicile, ça nous reflète très bien. Ce n’est pas logique quoi !

Qu’est-ce qui allait bien, quand ça marchait ?

Défense. (Il répète) Défense. Quand on défendait très bien, tous les adversaires marquaient à peine 80 points.

On a vu Frank Vogel souligner l’importance de ne pas vivre deux défaites d’affilée. Y a-t-il une petite crainte de revivre la catastrophe de l’an dernier ?

L’an dernier, on était beaucoup mieux que ça, et en janvier on a complètement coulé. On avait été la meilleure équipe à l’Est en décembre, l’entraineur (Scott Skiles, qui a démissionné cet été) avait été élu coach du mois, et ensuite entre les blessures et autres, on a complètement coulé. Mais on n’y pense pas trop parce que, finalement, on n’est pas tant que ça de l’année dernière. On se concentre surtout sur gagner le prochain match. Il faut qu’on retrouve les 50%, donc là il nous faut enchaîner une série de victoires. On sait que les playoffs vont se jouer autour de 50%. (Le Magic est à 15-19 soit 44 %).

Propos recueillis par Antoine Bancharel, à New York

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