[Interview] Kyrie Irving : « C’est notre gagne-pain »

[Interview] Kyrie Irving : « C’est notre gagne-pain »

De retour d’une blessure aux ischios, le meneur des Cavs semblait particulièrement apprécier sa santé retrouvée, ainsi que l’arrivée imminente de Kyle Korver. Avec une vrai joie de jouer dans ce système.

Kyrie, comment t’es-tu senti pour ce retour, à Brooklyn ?

En NBA, 8 jours c’est une éternité. Manquer ces trois matchs, c’était vraiment un coup derrière la tête. J’ai même essayé de voir si je pouvais revenir un peu, mais j’ai vu que ce n’était pas possible et je ne prendrai plus jamais cette partie du corps (les ischio-jambiers) comme une garantie, pour qui que ce soit d’ailleurs ! Les jambes, c’est notre gagne-pain, et je voulais être sûr de bien faire attention, m’assurer de suivre le meilleur protocole, pour protéger mon corps. On a peut-être le meilleur staff médical de toute la ligue ici, il est incroyable. Donc il fallait que je fasse confiance au pronostic et à mon corps.

Quand as-tu senti que c’était jouable ?

Hier ! Enfin, les trois derniers jours en fait. Je ne sentais plus trop cette douleur. Je me sentais plutôt bien. J’ai pu retrouver un certain confort avec mon ischio et j’y suis allé doucement : d’abord avec un seul gars contre moi, puis du quatre-contre-quatre, avec quelques coéquipiers. Ce qui m’a vraiment fait du bien d’ailleurs, juste quelques tours de piste… Ce soir c’était un test, mais j’ai pu faire mes minutes habituelles et je suis vraiment heureux de pouvoir rejouer ce sport que j’adore. La compétition m’a manqué. Vous ne voulez jamais vous éloigner trop longtemps des parquets en plus, mais il faut savoir écouter son corps.

Les Nets n’ont pas lâché le morceau dans le quatrième…

Je dois toujours être prêt à tout. Mais là ça a commencé à m’énerver grave. Le « momentum » était en train de changer. On a réussi à faire quelques actions, avec des opportunités au panier, mais on n’exécutait pas vraiment les systèmes. En tant que meneur, j’en prends d’ailleurs toute la responsabilité. Mais quand ça revient à -11, -8, dans le quatrième, après, pour moi, ça me vient naturellement. Quel que soit le jeu derrière, je deviens agressif et je m’assure qu’on exécute aussi les bonnes actions.

« On va bien en profiter avec Kyle ! »

Que va apporter l’arrivée de Kyle Korver ?





Wow ! Beaucoup. (Il écarquille grand les yeux) Juste beaucoup de choses ! Le jeu va être encore plus étiré et lui va avoir encore plus d’opportunités d’être ouvert qu’à Atlanta. Je ne veux pas leur manquer de respect, mais on a une plus grande continuité dans notre jeu, avec des gars qui peuvent créer leur propre tir mais ne vont pas aussi hésiter à faire tourner le ballon. (L’excitation continue de monter sur son visage) La manière dont on joue au basket, collective… rien que de l’imaginer en sortie d’écran ou en contre-attaque, on va carrément l’encourager à en prendre de tous les côtés ! Tant que le gars n’est pas collé à ton maillot, pour nous, un joueur comme toi, tu es ouvert ! Donc on va bien en profiter avec lui. Mais on a aussi hâte qu’il arrive pour ce qu’il est comme personne, pour ce qu’il vaut en tant que coéquipier. Et on va l’intégrer de notre meilleure manière.

C’est plaisant pour toi, comme meneur, d’avoir autant de joueurs qui peuvent dégainer à trois points, et qui étirent le jeu du coup ?

Oh oui. Oui. Oui ! Carrément. Ça rend juste le jeu encore plus sympa à jouer. C’est comme si tu avais des tiroirs qui s’ouvrent dans tous les sens, avec ces gars-là. Tu vas avoir un mec qui fait une sortie d’écran, ou je peux enchaîner un pick-and-roll, tout en pensant à la passe vers les trois points, tout ça, quasiment sur chaque action. Quand tu as l’opportunité d’avoir ce genre d’espace en permanence aussi, ça te permet de ne pas toujours jouer dans le trafic, ça ralentit le jeu aussi, ce qui est toujours mieux.

On peut dire que tu étais un peu rouillé quand même ce soir ?

(Il grimace puis sourit) Allons bon ! Sérieusement… Vous savez très bien que j’étais rouillé ! J’ai foutu en l’air quelque chose comme quoi ? 10 double-pas ?! Vous savez très bien que j’étais rouillé (rires) ! J’étais à 5/17 dans le troisième à un moment. C’est clair que c’était de la rouille. Quelques contre-attaques, retrouver un peu la finition au panier… il faut continuer de jouer et ne pas baisser la tête. Si c’était arrivé il y a trois ans par contre, je me serai certainement pris la tête, j’aurai forcé. Mais quand tu as d’aussi bons joueurs que ceux que l’on a dans notre équipe, tu vas avoir de meilleures actions à d’autres moments. D’autant qu’ils ont toujours la volonté de te faire la passe. Même quand tu ne shootes pas bien. Parce qu’on croit les uns en les autres.

Propos recueillis par Antoine Bancharel, à New York

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