[Vidéo] LeBron James peut-il dépasser Kareem Abdul-Jabbar et devenir le meilleur scoreur de l’Histoire ?

[Vidéo] LeBron James peut-il dépasser Kareem Abdul-Jabbar et devenir le meilleur scoreur de l’Histoire ?

L’article suivant est un extrait de l’article complet « Road to the Ring : LeBron James » revenant dans le détail sur tous les aspects du jeu de James. Pour découvrir ou redécouvrir cet article, c’est par ici.

Actuellement 8ème meilleur scoreur de l’histoire, LeBron James semble être le joueur en activité le mieux placé pour aller un jour titiller Kareem Abdul-Jabbar, meilleur scoreur de la ligue avec pas moins de 38 387 points. Jusque là seul Karl Malone s’est approché à distance respectable de l’ancien Laker, mais LeBron, s’il dure et garde un rythme assez soutenu malgré son déclin, a une réelle chance.

Il pointe à l’heure actuelle à 10 641 points du Laker, et s’il tient son rythme en carrière, ce qui est peu probable, de 27.1 points par match, il lui faudrait encore 392 matchs, soit au moins 5 saisons. Il aurait alors 38 ans, et on peut tout à fait imaginer qu’il soit encore en NBA, à 39, voire 40 ans, même si forcément sa moyenne de points devrait baisser. Il a su faire évoluer son jeu au fil des années et à 32 ans il tourne toujours à 26.1 points et semble avoir des atouts, physiques et techniques, pour rester efficace longtemps et scorer encore un bon paquet de points. Décryptage

Guillaume (@GuillaumeBInfos)

En attaque, c’est de son jump-shot qu’il se sert le plus. En effet, 62% de ses tirs totaux sont de cette nature, soit un peu plus de 10 par rencontre. De manière intéressante, ce n’est pourtant pas la meilleure arme de son répertoire, comme en attestent ses pourcentages (qui oscillent entre moyen et solide). A vrai dire, LeBron n’a jamais réellement été un jump-shooteur exceptionnel, mais il demeure bon dans l’exercice.

D’un point de vue technique, sa mécanique de tir est bonne, et régulièrement. En revanche, il ne semble plus s’élever autant qu’auparavant pour prendre son tir, avec pour conséquence directe un grand nombre de tirs ratés à cause de cela. Egalement, sa prise d’appuis est assez aléatoire par moment, notamment au niveau de l’écart de ses deux pieds qui peut varier de très petit à assez grand.

Sa plus grande force dans l’exercice est de pouvoir shooter par-dessus son adversaire. Il relâche son tir très haut du fait de sa taille, ses longs bras et sa bonne mécanique. Sur isolation, ou en sortant d’un Pick & Roll il peut donc marquer sur la tête de son défenseur même lorsque celui-ci conteste bien le tir. Plus encore, il n’a pas toujours besoin d’entamer son dribble pour le faire. Il peut se contenter de s’élever depuis sa position de stand-still (debout, sans dribbler) pour scorer. Au-delà du fait de relâcher haut son tir, cela est aussi possible du fait de la puissance dans sa partie haute du corps, qui permet de compenser l’énergie générée sur un mouvement de saut au moment du jump-shot avec un dribble.

James est également un bon shooteur à trois points, même s’il ne connait pas la plus grande réussite de sa carrière cette année (35%). En réception de passe, il prépare bien le shoot avant d’avoir le ballon (il tient ses mains prêtes et positionne bien ses appuis), mais il peut aussi dégainer en sortie de dribble.

De manière générale, l’efficacité de James au jump-shot cette saison est assez moyenne. Sur 10 tentatives par match, il n’en rentre que 38% (rapporté à 45eFG%). A mi-distance, il affiche un solide mais sans plus 39% de réussite, à trois points un moyen 35%. James possède cette fâcheuse tendance à se contenter un peu trop de longs tirs à deux ou trois points plutôt que d’attaquer le cercle. Il a toujours été un peu comme cela, mais au fil des ans, en voulant se préserver de plus en plus, cette tendance semble augmenter petit à petit, attestant presque d’une fainéantise à un certain degré.

Cela étant dit, son raisonnement est compréhensible. Il n’a jamais été superbe dans l’exercice, mais a toujours eu raison d’insister. Sans représenter une menace sur jump-shot, les défenses auraient moins craint ses pénétrations et il aurait de ce fait eu moins d’impact et de réussite pour scorer au panier ou créer des décalages et trouver des passes. Le raisonnement se tient. Mais en jugeant intrinsèquement les faits, sa sélection de tirs est moyenne dans l’ensemble, et il se laisse aller plus qu’il ne devrait à tenter sa chance de loin.

En pénétration en revanche, James est toujours aussi excellent. Bien que son explosivité régresse naturellement, son premier pas est toujours aussi solide pour dépasser son adversaire au démarrage et s’en aller marquer. Il adore aussi utiliser un écran pour attaquer le panier depuis un Pick & Roll, en naviguant entre les défenseurs et en s’infiltrant dans les espaces. Sa qualité de dribble est également très bonne, et il possède un bel arsenal de moves très efficaces pour éliminer son défenseur sur le chemin de l’arceau. James sait parfaitement user de tout cela pour changer très subtilement (ou non) de vitesse ou de direction pendant ses drives et aller conclure.

Là où James sort réellement du lot, c’est sa capacité à utiliser son corps et sa science du jeu. Son contrôle du corps est réellement fantastique, et sa puissance et sa taille sont bien au-dessus de la moyenne. Au moment de pénétrer, il descend sur ses appuis pour conserver un centre de gravité très bas. Il enfonce son épaule dans le torse de son vis-à-vis pour le dégager du chemin. Il protège bien son ballon en mettant son corps en opposition. Plus encore, au moment de finir, il bouscule le protecteur de cercle pour ensuite bien orienter ses épaules en face du panier (plus facile de scorer en étant en face plutôt que de profil à devoir balancer un lay-up en contorsionnant son corps).

De manière un peu plus générale, LeBron James est un splendide finisseur au cercle. Son toucher de balle est réellement excellent, et il n’a aucun problème pour terminer ses actions de la main droite comme de la main gauche. Son contrôle du corps et sa détente lui permettent de rester dans les airs, parfois en prenant appuis depuis très loin, et ensuite s’ajuster pour scorer. C’est également sans grande surprise qu’il marque très facilement et très régulièrement malgré les contacts, dans tous types de situation.

Au-delà de ses pénétrations, LeBron est aussi et surtout un superbe scoreur intérieur, un des plus polyvalents qui soit. Il prend 6 tirs par matchs au panier, pour un incroyable 77% de réussite. C’est sans doute vrai que le LeBron James en mode saison régulière n’est pas assez agressif (on est en droit d’attendre un peu plus que 6 tirs au cercle par rencontre, surtout avec cette efficacité), mais une fois les playoffs arrivés nul doute que l’on retrouvera comme d’usure un James plus en impact et moins jump-shooteur.

Il marque au panier sur du drive donc, mais pas que. Très actif sans le ballon, il possède un vrai bon sens pour couper vers le cercle dans un timing parfait et obtenir ainsi des paniers faciles. C’est également un joueur dangereux au rebond offensif de manière qualitative (et non quantitative, seulement 1.3/m), mais Cleveland ne cherche pas trop à jouer là-dessus, privilégiant le retour rapide en défense plutôt que d’aller chercher des secondes chances.

Egalement, James joue beaucoup moins au poste bas que par le passé, sans doute dans un but de s’économiser et éviter les chocs et la dureté physique que requière cet exercice énergivore. Il n’en demeure pas moins dangereux toutefois lorsqu’il y joue. Il a éliminé de son jeu les hook shots en tirant par-dessus son défenseur (pas le tir le plus efficace du basket), les drop-step voire même à un certain degré les moves tout en puissance. A la place, James fait tout le travail en amont pour se faciliter la vie une fois qu’il a la balle : il utilise son excellente base musculaire (ses grosses cuisses) pour établir position très proche du cercle, et n’avoir plus qu’un lay-up à 10cm du panier à rentrer. Si le défenseur résiste bien, il s’en remet à son turnaround jumper par-dessus l’épaule droite, qui fonctionne bien d’un côté comme de l’autre du terrain et marche même par-dessus un défenseur qui conteste bien. Si le défenseur s’appuie trop sur lui en craignant de se faire enfoncer, il le met dans le vent avec un joli spin-move tout aussi efficace. Du reste, James ne va pas au poste avec l’idée de scorer à chaque fois. Au contraire, sa mentalité dans cet exercice est plutôt 50-50 en termes de scoring/passe, comme nous verrons plus tard. En bref, il utilise toujours le jeu au poste mais de manière plus intelligente, plus en finesse et moins énergivore. Sur la saison régulière en tout cas, on se rappelle qu’en playoffs et en Finale NBA (2015 notamment), il opérait principalement de cette manière.

Le jeu de transition est également un domaine où James va chercher des points au panier. Là encore, on peut constater une évolution dans son jeu par rapport à précédemment. En effet, il est particulièrement impliqué et dévoué à ces séquences de jeu, faisant d’énormes efforts pour sprinter et se projeter vers l’arceau adverse pour ainsi obtenir des paniers faciles. Même s’il est ligne de fond lorsque Cleveland récupère la balle, il fait l’effort et arrive le premier des dix joueurs au panier adverse. Tout comme pour le jeu au poste, il fait le boulot en amont dans le but de se faciliter la vie ensuite (avec de nombreux points très faciles). Mais James peut aussi mener la contre-attaque lui-même balle en main, et fait parler là encore toute sa vitesse pour s’infiltrer en territoire ennemi avant que la défense n’ait pu revenir et se mettre en place.

Voir aussi : Fultz, Smith & Ball, les trois meilleurs joueur de la Draft 2017 ?

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1 Comment

  1. Belle analyse, qui met en exergue la qualité de LBJ qui l'empêchera de jouer jusqu'à 39-40 ans : il a une différence physique énorme avec les autres joueurs qui va aller en diminuant avec l'âge.
    Il a par contre – notamment cette année – laisser parler un QI basket qu'il ne montrait pas beaucoup étant jeune, c'est tout à son honneur, d'autant qu'il reprend la main dans les moments importants #finals2016.
    J'aime vraiment pas l'homme (la diva ?), mais le joueur force le respect.

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