[Interview] Xavier Vaution : « Ce côté marginal du basket me saoule »

[Interview] Xavier Vaution : « Ce côté marginal du basket me saoule »

A l’aube des playoffs NBA, qui seront bien sûr à suivre sur beIN Sports, avec deux matchs par jour, nous avons pu nous entretenir avec Xavier Vaution dans les locaux de beIN Sports, qui présentait son programme pour l’#IncroyableMoisbeIN.

Bonjour Xavier et merci de répondre à nos questions, cela fait désormais 5 ans que la NBA est chez BeIN Sports, quel bilan en tires-tu ?

Je ne sais pas comment le décrire, c’est plus qu’un succès, c’est plus qu’une réussite, c’est inespéré. J’avais de hautes espérances mais jamais je n’aurais pu penser que ça prenne aussi vite et bien. Aujourd’hui, on a une couverture qui est non seulement exceptionnelle mais aussi reconnue par la NBA comme étant probablement la meilleure au monde. Ca fait son petit effet, on en est super fier. Mais ce n’est pas pour autant qu’on va se reposer sur ce qu’on a fait, on va faire encore plus ! On a réussi à créer un vrai groupe, une vraie équipe. On a fait le pari au début avec Charles Biétry et la direction de BeIN de se dire que la NBA c’était quelque chose qui se suivait au quotidien et pas de manière hebdomadaire. On a fait le choix de diffuser des matches tous les jours : on a aujourd’hui sur BeIN en une journée ce qu’on avait sur d’autres chaines en une semaine. Ca me semble la moindre des choses pour couvrir la NBA et c’est un vrai succès d’estime, un vrai succès d’audience. Je suis plus que comblé de faire tout ce que l’on fait ensemble.

Justement quel est votre dispositif pour les Playoffs, à partir de quel moment va-t-on vous voir de l’autre côté de l’Atlantique ?

On sera sur les Finales quoiqu’il arrive, après il y a toujours la possibilité de partir avant si San Antonio s’en sort bien. Je pense qu’il vaut mieux qu’on fasse déjà une bonne couverture ici pour tout le monde. La couverture des Finales est un événement particulier mais on n’a pas besoin d’y être pour le début des playoffs. On doit déjà faire un travail solide jusqu’aux Finales de conférence. Être sur place pour les Finales, c’est aussi un moyen de discuter avec les autres médias internationaux et la NBA sur place. C’est aussi grâce à ce contact qu’on a en permanence qu’on peut proposer à nos abonnés des contenus jamais vus avant.

Vous avez réussi à fédérer une certaine communauté, notamment sur les réseaux sociaux où vous êtes très actifs, comment est-ce que tu expliques tout ça ?

Je n’aime pas du tout le terme de communauté. Je veux qu’on parle à tout le monde. Je voudrais que ma grand-mère – si elle était encore vivante – puisse regarder le basket comme tout le monde. Il n’y a pas besoin d’être un acharné pour regarder. Tout en intéressant les spécialistes, je veux qu’on puisse parler aux nouveaux et pas seulement à une niche ou une communauté comme les sports américains l’ont souvent été. Ce côté marginal me saoule, le basket n’est pas un sport marginal, on parle de basket, on ne parle pas d’un truc ultra spécial. On veut parler de basketball à tout le monde et le basketball, c’est la NBA bien sûr, mais aussi l’Euroleague et je veux qu’on respecte ce qui se passe en France, Pro A, Pro B et les niveaux inférieurs. Je veux que tout le monde puisse être concerné. Donc oui, on est actif sur les réseaux sociaux et NBA Extra fonctionne très bien, maintenant on ne se compare à personne et on sait qu’on reste petit par rapport au football et au rugby mais aujourd’hui, on existe et on existe vraiment. Aujourd’hui, le basket sur BeIN est reconnu partout. Là, on fait une conférence de presse sur les programmes et on parle de nous, ça n’aurait peut-être pas été le cas avant. Pour le coup, la NBA est en plein développement : je vois les joueurs de l’Equipe de France porter des maillots de basket et je ne suis pas sûr que c’était le cas avant alors qu’aujourd’hui, il y a une communauté de plus en plus importante et c’est ça ce qui me plaît. Du fait qu’on soit extrêmement bien diffusé, on commence à toucher des gens qui avant qui ne regardaient pas le basket.

Les playoffs vont commencer, Cleveland est un peu sur les rotules pour le moment malgré le retour de Kevin Love, les Warriors vont devoir réintégrer Kevin Durant, qui est ton favori ?

Cleveland et Golden State parce qu’ils ont l’expérience. Taper l’équipe de LeBron James 4 fois en playoffs me paraît aujourd’hui impossible. C’est vrai qu’apparemment ils ne sont pas bien mais quand il va s’agir de gagner, ils vont se retrouver. Je suis confiant pour les Cavs, je pense qu’ils sont toujours un ton au-dessus de Boston, de Washington mais je peux aussi me tromper. Il suffit d’une blessure pour que tout change. A une époque ils pouvaient aller en finale sans Kevin Love, je ne pense plus que ce soit le cas aujourd’hui. Ils n’iraient pas en Finales sans Irving, ils n’iraient évidemment pas en Finales sans LeBron James. Il n’y a pas longtemps il a déclaré « Tant que je suis là, on a une chance », je pense qu’il a raison. De l’autre côté, les Warriors sont en train de prouver qu’ils sont capables de gagner sans Kevin Durant, il va falloir le réintégrer mais avec lui, je ne vois pas comment ils peuvent ne pas aller en Finales, à part éventuellement les Spurs. J’aimerais vraiment que les Spurs et les Warriors se jouent pour une fois en playoffs, ils se sont évités ces 3 dernières saisons et c’est malheureux. Je veux vraiment qu’ils se rencontrent. Ils sont premiers et deuxièmes de la Conférence Ouest, ce sont les deux meilleures équipes : tapez-vous dessus qu’on puisse avoir quelque chose d’exceptionnel entre les deux équipes ! Et que le meilleur gagne.

Cette saison, c’est aussi celle des extraterrestres avec Westbrook et Harden, avec deux autres joueurs plus sobres mais tout aussi efficaces comme Kawhi et LeBron, qui sera MVP ?

C’est hyper subjectif. N’importe quelle personne qui regarde la NBA et connaît le basket sait que quoiqu’il arrive le MVP méritera son titre. Evidemment on pense à Westbrook et Harden, LeBron est la définition même du MVP, Isaiah Thomas, Kawhi Leonard, on en a déjà 5 au-dessus. Maintenant, il y a plus de die-hard fans sur Westbrook et si on dit pas Harden on a l’impression de passer pour un anti-Harden, et pour être très honnête, si je devais voter, je tirerais à pile ou face tellement ils le méritent tous les deux. Comment déterminer ? La dernière performance de Westbrook tu te dis : c’est lui le MVP. Mais dimanche soir quand Harden bat Westbrook tu te dis que c’est Harden. D’un jour à l’autre on change d’avis, c’est énorme ! Après s’il fait au moins les 41 triple-doubles de Robertson, Oscar ne l’a pas eu, je pense qu’il faudra le donner à Westbrook : jamais on n’aurait pu imaginer qu’un autre joueur puisse faire ça. Or il va le faire. Certes il n’est que 6ème pour le moment de la Conférence Ouest, mais c’est tellement exceptionnel. Aujourd’hui j’ai tendance à le donner à Westbrook mais… C’est chaud.

Qui peut aller chercher un upset au premier tour ?

Memphis bien sûr ! A l’Est, je ne vois personne, je pense que les quatre premiers passeront. A l’Ouest, je vois les Clippers passer sur Utah donc pas d’upset vu que je considère que 4 et 5 dans cette situation c’est un peu la même chose. OKC n’a pas la moindre chance contre Houston mais ils auront réussi leur saison donc ce n’est pas dramatique. Je ne vois pas non plus les Blazers embêter les Warriors en plus de 5 manches. Je te cache pas qu’un Cleveland-Miami, je le regarderai avec un certain intérêt même si pour moi Cleveland va passer sans problème.

Pour finir, un trophée dont on parle moins cette année, celui de rookie of the year…

(Il coupe, pointe mon pull des Bucks et rit) Je sais que tu veux que je te donne Malcolm Brogdon et je vais te le donner. Devenir meneur titulaire dans cette équipe là c’est une vraie grosse perf’. Chez les rookies, c’est le meilleur passeur, le meilleur intercepteur, la troisième adresse à 3 points et à 2 points. On ne va pas se mentir, le meilleur rookie : c’est Joel Embiid mais il n’a pas joué assez. Beaucoup veulent le donner à Saric, ça serait mérité aussi, Jamal Murray pourrait le mériter. Mais Malcolm Brogdon est mon rookie de l’année. Avec cette équipe là, devoir se priver une demi-saison de Parker et Middleton et prendre le meilleur sur Chicago, New York, Charlotte, Indiana, Detroit, c’est un vrai exploit. Bravo à Jason Kidd et à son meneur : Malcolm Brogdon.

Propos recueillis par Hugo Givernaud

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