[Interview] Ian Mahinmi : « A Dallas, personne ne nous voyait aller au bout… »

[Interview] Ian Mahinmi : « A Dallas, personne ne nous voyait aller au bout… »

« Pourquoi pas nous ? ». Quatrièmes et très proches de la troisième place à l’Est, les Wizards de l’intérieur tricolore ont envie d’y croire. Pour l’aventure en bleu par contre, aucune lueur d’espoir, la faute à un manque de communication notamment.

Ian, comment te sens-tu, deux mois après ton retour de blessure, qui t’avait privé des trois premiers mois ?

Ça va. Mon dos va bien, les genoux vont bien. Je croise les doigts, mais ça avance, ça avance bien. Je suis presque à 100%. J’ai encore une petite marge de progression, mais je me sens bien.

On sent que les coaches comptent de plus en plus sur toi, surtout à l’approche des playoffs, où ton apport défensif pourra être clé… C’est bien le cas ?

Bien sûr ! Ça a toujours été ça l’objectif. Que je sois tout à fait en jambes à l’entame des playoffs. Donc pour l’instant, on suit bien le plan et je pense que tout le monde est content. Que ce soit le staff ou mes coéquipiers.

D’autant que l’équipe est dans le top 10 offensif, mais s’extirpe à peine du bas de tableau depuis ton retour en défense…

C’est vrai que j’ai toujours basé mon jeu sur la défense. Donc je crois effectivement que ma présence se fait ressentir. Je pense avoir un peu stabilisé la défense, surtout avec la second unit. Donc c’est de bon augure.

Ce banc ne semble pas toujours en place dans le jeu quand même, si ?

Ça dépend. C’est un peu « up and down ». Des fois c’est bien, des fois ça l’est un peu moins. Je pense que l’on donne un petit peu trop d’importance à l’attaque, et des fois on prend de mauvaises habitudes. Mais je pense que l’on a été très, très solides, sur les 10-15 derniers matchs. Là, la deuxième unit, je pense que l’on est dans le top.

Tu te vois passer titulaire éventuellement ?

Je pense que c’est beaucoup trop tôt. Pour l’instant, on est concentrés sur le groupe qu’il y a là. Pour l’instant, je suis le backup. On va aborder ces playoffs de la bonne manière et surtout avec une attitude positive. Tout le monde est satisfait de son rôle, connaît son travail, et va essayer de faire son travail au meilleur de ses capacités.

« Bien sûr que Cleveland est l’ogre »

Vous êtes garantis de finir quatrième au pire. Ça suffit ?

Je pense que ce n’est pas fini. Entre nous et Toronto, il y a un match. Nous on n’est pas satisfaits de la quatrième place, donc on va continuer à prendre les matchs les uns après les autres et voir où l’on atterrit mercredi prochain (à la fin de la saison régulière). On se sent bien. On a gagné pas mal de matchs contre des équipes qui sont elles aussi prétendantes au titre. On pense avoir toutes nos chances, nous aussi, de pouvoir gagner un titre.





Cleveland reste vraiment l’ogre à l’Est ?

Bien sûr que c’est l’ogre. Ils sont champions en titre ! Tout le monde court après eux. C’est une très bonne équipe, qui redevient en bonne santé, notamment avec Kevin Love qui revient à son meilleur niveau, JR Smith, LeBron (James) et Kyrie Irving… Donc c’est l’équipe à abattre, et je pense que tout le monde à l’Est les a dans leur viseur.

Justement, du coup la troisième place, ça permettrait de se dire qu’on peut les jouer un tour plus tard…

Bah écoute, à un moment donné tu vas devoir les battre. Si tu veux accéder à la grande finale, tu vas devoir battre les Cavs. Donc que ce soit en finale de conférence, en demi-finale ou au premier tour, il faut être prêts. Nous, on ne voit pas ça comme ça. On se dit surtout qu’il faut terminer la saison avec un bon « momentum » (élan), comme on dit ici. C’est important que tout le monde soit en confiance et que tout le monde sache ce qu’il doit faire.

Tu penses vraiment que vous êtes prêts cette année ? Ne manque-t-il pas un tout petit peu plus de vécu ?

Non, non ! Parce que tu ne sais jamais. Moi, quand j’ai gagné mon titre à Dallas, personne ne nous voyait aller au bout. Mais absolument personne ! Donc tu ne sais jamais. Sur une année… (Pause) Il ne faut pas se projeter. Il ne faut pas se dire : « il nous manque ci, on aimerait bien avoir ça… ». Il faut jouer notre coup à fond. Et tu regardes notre « roster », de haut en bas on a tout, on a tout ce qu’il faut. On a toutes les qualités, on a un excellent coaching staff, donc pourquoi pas. Pourquoi pas nous ?

Que reste-t-il à améliorer quand même ?

Je pense que c’est la stabilité défensive, On est parfois un peu dans une optique d’attaquant, où l’on essaie de plus scorer que l’équipe d’en face. Mais c’est vrai qu’en playoffs, il va falloir un peu changer cette approche, notre mentalité. Et vraiment être constant en défense, que l’on mette les shoots ou pas. Il va falloir avoir une stabilité défensive. Pour être une équipe qui a des chances d’aller loin.

Le style offensif a l’air de te convenir aussi, comme lorsqu’il y avait eu un changement à Indiana…

Bien sûr que cela me plaît ! Il y a plus d’opportunités de s’exprimer offensivement. Moi je travaille aussi énormément sur mon jeu. Donc d’avoir des opportunités, c’est bien. Mon jeu n’est pas basé sur ça, mais c’est du bonus. J’aime cette façon de jouer.

Propos recueillis par Antoine Bancharel, à New York

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