[Interview] Nicolas Batum : « Je bosse même plus et j’ai repris plus tôt que si j’allais en équipe de France »

[Interview] Nicolas Batum : « Je bosse même plus et j’ai repris plus tôt que si j’allais en équipe de France »

Dans le cadre de la soirée de lancement du partenariat liant la LNB et Amazon, à la Hoops Factory, Nicolas Batum était l’invité d’honneur. Nous étions là pour poser quelques questions à Nicolas Batum

Comment juges-tu l’évolution médiatique de la LNB depuis ton époque ?

Ca a grandi, c’est vrai que moi à l’époque, c’était TPS Star. Aujourd’hui, je suis beaucoup la Pro A et le basket français en général. Le président Béral a fait un énorme boulot, notamment sur le digital où la Pro A est énormément visible. SFR veut grandir aussi et c’est une bonne chose. Depuis le partenariat avec Disney pour la Leader’s Cup, maintenant des boites comme Amazon viennent s’associer avec le basket français. D’où je suis, de l’autre côté de l’Atlantique, j’apprécie à fond, parce que c’est ça qui m’a donné envie de m’investir encore plus dans le basket français (avec l’ASVEL, ndlr), parce qu’on est sur la bonne voie.

Un petit mot sur Frank Ntilikina qui te rejoint en NBA ?

Encore un ! Ca montre la réussite de la formation française. Au moins un Français drafté ou qui rejoint la NBA chaque année, ça montre que la formation française est au beau fixe. Ca marche d’ailleurs aussi en Europe puisqu’on voit des joueurs rejoindre des gros clubs en Euroligue. On est représenté un peu partout. Pour revenir à Frank, c’est une bonne chose pour lui, pour le basket et c’est une bonne chose pour Vincent Collet puisque j’ai une histoire particulière avec lui qui m’a envoyé en NBA. La tâche ne vas pas être facile surtout dans une équipe la plus difficile à jouer mais c’est un challenge intéressant et je sais qu’il va réussir.

Malik Monk, Michael Carter-Williams, Dwight Howard : ça a bougé chez les Hornets ! Qu’est-ce que tu en penses et qu’est-ce que ça change pour toi ?

Je m’y attendais pas ! C’est vrai qu’ils (le front office de Charlotte) m’appellent souvent pour me dire avant, là je dormais donc j’ai vu ça en me réveillant. C’est une bonne nouvelle puisqu’on cherchait un back-up 5 et qu’on a carrément récupéré un titulaire. On a beau dire ce qu’on veut sur Dwight, c’est encore 15 points 13 rebonds et 2 contres de moyenne, peu de monde en NBA peut faire ça. Il peut encore nous apporter. Pour un joueur comme moi, jouer avec lui c’est de l’or en barre ! Je sais très bien que je vais adorer. On a un coach qui l’a coaché à Orlando. Je ne dis pas que je suis Turkoglu, mais ça fait deux semaines que j’étudie sa relation avec lui. Je vais essayer d’imiter ça. Je ne dis pas que je vais être Turkoglu parce que lui, il est au-dessus. Mais je vais essayer d’avoir une relation similaire avec lui.

Est-ce que c’est un joueur comme Dwight qui vous a manqué pour atteindre les playoffs l’an passé ?

Il nous manquait un grand puisqu’on a commencé à couler quand Cody Zeller s’est blessé et qu’on a dû jouer sans 5. Cody est en bonne santé, au poste 5, on est très bien oui.

Sur un plan perso, tu te reposes cet été…

(Il coupe) J’aime pas ce mot « repos ». Ca c’est ce que vous faites. Quand tu ne vas pas en équipe nationale, ça ne veut pas dire que tu te reposes. C’est pas le mot, ce n’est pas une concentration. Je n’ai pas manqué une seule fois l’équipe de France « pour mon club ». Ce n’est pas une histoire de repos. Je suis à 7h tous les matins sur les parquets. Je bosse même plus et j’ai repris plus tôt que si j’allais en équipe de France. Il n’y a aucun repos.

Vu la fuite des talents, le all-star game est-il un objectif ?

Non, je l’ai lu mais je ne me prends pas la tête avec ça. Si je me concentre là-dessus je ne vais pas faire des bonnes choses. Je me concentre sur mon jeu, je vais jouer à fond et essayer de gagner des matches, surtout avec cette équipe qu’on est en train de reconstruire. Moi je vais m’amuser avec cette équipe là. Mon but, c’est d’aller en playoffs, de remettre Dwight au plus haut niveau et de renvoyer Kemba au all-star game. Si les choses individuelles viennent derrière, tant mieux, mais c’est loin d’être ma priorité.

La fuite des talents vers l’Ouest, qu’est-ce que tu en penses ?

C’est assez incroyable, c’est peut-être juste une coïncidence parce que je ne pense pas que les joueurs veulent partir à l’Ouest. Bien sûr, quand on voit Paul George ou Paul Millsap y aller, c’est assez particulier. Il reste des équipes comme Cleveland ou Boston qui seront toujours là, Washington et Toronto aussi. Il y a des équipes comme nous qui peuvent remonter, Milwaukee qui émerge. Les gros noms se barrent à l’Ouest mais il reste des équipes à l’Est.

Propos recueillis par Hugo Giverrnaud

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