[Interview] Evan Fournier : « La transition a commencé depuis quelques années, ce n’était plus le grand Tony Parker »

[Interview] Evan Fournier : « La transition a commencé depuis quelques années, ce n’était plus le grand Tony Parker »

Privé des JO l’an passé, Evan Fournier est de retour en équipe de France et sa présence s’est fait sentir depuis le début de la préparation où il est le meilleur français avec Nando De Colo. Il aura un rôle capital à l’Eurobasket et avant de partir pour l’Allemagne afin de disputer le dernier match de préparation, il a fait le point avec les journalistes. Nous étions là.

 Vous êtes partis de Toulouse sur trois cartons, vous abordez l’Euro en pleine confiance ?

Clairement, on monte en puissance, il nous reste une petite semaine avec un match intéressant en Allemagne. On va peaufiner ça et faire les derniers ajustements.

On vous présentait comme outsider au début de la préparation, est-ce que c’est toujours le cas ?

Ce n’est pas une question de niveau. On est outsider puisqu’il y a un nouveau groupe, des nouveaux joueurs et des absents. Être outsiders ça nous plaît, les favoris gagnent rarement. C’est vraiment pas un problème.

Du coup, quelles sont vos ambitions pour cet Euro ? 

Gagner. Tu ne fais pas une compétition pour faire troisième, que tu sois favori ou non. On sait que ça va être dur, mais si tu ne viens pas pour gagner, ça ne sert à rien.

Est-ce qu’il y a un risque de voir l’Espagne, grande favorite, pêcher par excès de confiance un peu comme en 2014 où ils se voyaient déjà en demies avant que vous ne leur jouiez un bien joli tour. 

Je ne pense pas qu’ils aient eu un excès de confiance. On leur est rentré dedans et ils n’ont rien vu venir. Un excès de confiance, tu te reprends au bout d’un quart-temps et là, ça n’était pas le cas. Ils ont des grands joueurs et ils seront en mode guerrier. Ce sont pour moi les grands favoris de l’Euro.

Pour vous, est-ce que c’est plus intéressant de travailler sur un match compliqué comme celui à Kaunas ou à l’inverse sur des matches plus faciles comme à Toulouse ?

C’est intéressant de faire les deux. C’est bien de rester sur nos terres, pour que le public nous voit déjà, mais c’est aussi intéressant d’aller à l’étranger parce que tu n’auras pas les coups de sifflet et les supporters.

C’est pour ça que le match en Allemagne avant de commencer l’Euro en Finlande contre les Finlandais, c’est la préparation idéale ?

C’est clair que c’est vraiment un très bon match.

Comment se passe la vie du groupe cette année ? 

Ça se passe vraiment bien ! C’est pas nouveau, notre capitaine est un mec super, forcément ça met une super ambiance. On se connaît depuis longtemps et on est super heureux de se retrouver chaque été. C’est sympa et on prend tous du plaisir à être là.

Comment tu y contribues, on connaît ta réputation de jovial ! 

Je suis juste moi-même, un déconneur dans l’âme, il faudrait peut-être demander aux autres.

A part les journalistes, personne ne parle de Tony Parker dans le groupe, c’est déjà du passé ?

C’est un truc de journaliste oui (rires). La transition a commencé depuis quelques années, ce n’était plus le grand Tony. Certaines compétitions comme la coupe du monde en 2014 ont été faites sans lui. On continue à parler par message avec lui, mais quand quelqu’un n’est pas là, il n’est pas là.

Le Monténégro, c’était aussi un match contre ton grand ami Nikola Vucevic, est-ce que tu as pu en profiter pour le trashtalker un petit peu ? 

J’étais dégoûté de ne pas jouer avec cette douleur. Il m’a beaucoup parlé vu que j’étais sur le banc, c’était vraiment sympa. Je t’avoue que je n’aimerais pas les jouer à l’Euro. On est vraiment proche et ça serait bizarre. Il n’y a pas d’ami une fois sur le terrain mais ça ne me plairait pas trop.

D’ailleurs, comment va ta blessure ?

Ce n’était pas une blessure, c’était une petite gêne. Ça ne sert à rien de forcer dessus. Je me suis reposé, je me sentais bien le lendemain donc voilà.

Dans l’actualité NBA, on a eu un gros trade entre les Celtics et les Cavliers, est-ce que ça rebat les cartes à l’Est ?

Pour moi ça ne change rien. Au final, les deux meilleures équipes restent Boston et Cleveland. Dans une équipe il y a LeBron James, donc Cleveland est toujours meilleur. Je trouve un peu dommage la façon dont Boston a traité ses joueurs phares : Bradley, Crowder et Thomas. Ils étaient l’âme de l’équipe et les trader juste pour une question d’argent alors que tu aurais pu te mettre d’accord sur des sommes, je ne comprends pas. Si tu donnes le max à Hayward, pourquoi tu ne le donnes pas à Thomas ? J’ai du mal à comprendre.

Propos recueillis par Hugo Givernaud à Nanterre

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