[Interview] Ben Simmons : « Je ne suis pas satisfait du tout »

[Interview] Ben Simmons : « Je ne suis pas satisfait du tout »

Au terme de sa première saison, l’Australien est déjà en compagnie d’Oscar Robertson et Magic Johnson, alors que Philadelphie et son « Process » semblent eux aussi promis à un avenir radieux. Basket-Infos est allé à sa rencontre.

Quand as-tu senti que tu allais devenir un joueur NBA ?

Toute ma vie en fait. Je me suis toujours dit que j’allais jouer au basket. Et dès que j’ai appris ce qu’était la NBA, je savais que c’était là que j’irai. Ce n’est même pas venu de mon père (lui-même basketteur, natif de New York, qui a fait la majorité de sa carrière en Australie) ou quoi que ce soit. C’était en moi, je le savais.

Tu dis toujours que tu veux être le meilleur aussi. D’où vient cette volonté selon toi ?

Toi-même, tu veux être le meilleur dans ton boulot, non ? C’est juste la nature humaine. On veut tous être bon dans ce qu’on fait. Et on prend plus de plaisir si on est bon aussi. Là aussi, c’est juste la manière dont je suis. Depuis toujours.

C’était ancré depuis tout jeune donc…

Absolument. Je ne me suis même pas dit un jour « ah, je veux devenir le meilleur ». Non, c’est juste une mentalité que j’ai toujours eue en moi. A chaque fois que je rentre sur le terrain je veux être le meilleur joueur. Et je veux le prouver chaque soir.

Quelle est la clé pour y arriver à ton avis ?

C’est la concentration, principalement. Mentalement, il y a toujours de la fatigue à travers toute une saison. Mais pour moi, c’est toujours la priorité de rester bien concentré, de ne rien lâcher. Je me le rappelle toujours.

Ça s’applique aux influences externes aussi ?

J’essaie de ne pas trop écouter ce que les gens disent. Il y en a qui veulent que je sois plus scoreur… Moi je sais que je peux aussi faire des passes, aller chercher des rebonds. Je préfère faire ça. J’ai l’impression d’être plutôt bon là-dedans d’ailleurs, plutôt que de forcer les choses. Parfois, c’est vrai qu’il faut un peu changer son jeu par contre. Du coup je dois aussi travailler sur certaines choses, où je dois m’améliorer. Mais par exemple, maintenant, j’essaie d’être le meilleur meneur possible.

Certains parlent aussi de te faire jouer ailier-fort, tu pourrais le faire aussi ?

Je ne préfère pas. Je ne dirai pas non tout de suite, on pourrait peut-être essayer. Mais si je n’ai pas de bonnes sensations j’en parlerai avec Brett Brown tout de suite. Après, ça dépend qui est meneur aussi, mais je pense avoir prouvé que je peux l’être en NBA. Pour sûr. Mais c’est sûr que si c’est T.J. (McConnell) qui l’est par exemple, comme ça fait plus longtemps qu’il joue sur ce poste, il va peut-être faire la passe à l’extérieur un peu plus rapidement, ce genre de petites choses.

Et recommencer quasiment à zéro quand tu passes à l’échelon au-dessus, c’est ça qui te motive également ?

Oh oui, c’est clair ! C’est ce qu’il y a de mieux même.

« Être avec Magic et Oscar, c’est un peu irréel »

 

Ta première saison arrive à son terme et tu fais déjà partie d’un club très fermé pour un rookie : 1000 points, 500 passes et 500 rebonds, en compagnie de Magic Johnson et Oscar Robertson seulement. Qu’est-ce que ça te fait ?

Pour moi, c’est juste fou ! J’ai regardé toutes les vidéos d’Oscar Robertson. De quand il était rookie notamment, il jouait à un niveau impensable pour sa première année. Pareil pour Magic. Donc d’être parmi ces noms là, ça me paraît un peu irréel franchement.

Es-tu satisfait de ta première saison alors ?

Non, je ne suis pas satisfait du tout. Je peux faire mieux. Sur tout. Il n’y a pas que les stats, mais si déjà on ne regarde que ça, que ce soit les passes, les rebonds, les interceptions, les contres, les pertes de balles, les points. Je peux tout faire mieux. L’important pour la fin de saison, c’est que je sois vraiment concentré et que je continue de m’améliorer partout.

Mais du coup, avec cette confiance que tu as, tu n’es pas surpris quand même…

Non, c’est clair que je ne suis pas surpris. Pas du tout même. Je sais ce dont je suis capable. J’ai été élevé d’une certaine manière, « basketballistiquement » parlant. On m’a appris à jouer d’une certaine manière.

Que t’a apporté ton apprentissage en Australie ?

Je dirai le côté physique… Parfois ça devient même un petit peu trop physique sur le terrain (sourire). Mais c’est juste la manière dont je joue : si tu me mets un coup, je vais t’en renvoyer un autre encore plus fort. C’est tout. (Un collègue américain prend un air sarcastique sur la réputation « méconnue » du côté physique dans le basket australien, Simmons le mouche : « c’est marrant comme les Américains sont toujours sensibles quand on leur parle de jouer physique… »).

On imagine que vous vous parlez avec les autres « Aussies : Andrew Bogut, Patty Mills, Joe Ingles, Matthew Dellavedova, Aron Baynes, Dante Exum, Thon Maker

C’est clair qu’il y a une fraternité ! On reste en contact, on se fait signe, on essaie de se voir. Je trouve que tout le monde fait vraiment un bon boulot là-dessus, on fait tous un effort. Je ne m’attendais pas forcément à ça d’ailleurs, de la part des autres joueurs australiens.

« J’étais un gros fan de Dwyane Wade ! »

 

Quelles étaient tes inspirations en grandissant ?

Je regardais un peu toutes les équipes, il n’y en avait pas une en particulier. Par contre j’étais un gros fan de Dwyane Wade. J’avais toujours ses chaussures, au début les Converse, tout ça… C’était vraiment mon joueur préféré en grandissant.

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans cette équipe ?

C’est fun ! On est une équipe jeune, on s’entend tous bien ensemble. Ça fait plaisir !

Tu as pu observer depuis le banc tout l’an passé, ça t’a permis de planifier un peu ce que tu allais faire, comment vous alliez jouer ?

C’était un petit peu difficile de faire ça, parce que je savais que l’équipe n’allait pas jouer pareil quand j’allais être sur le parquet. Et plus je suis sur le terrain, plus je m’améliore, donc plus on peut faire de choses aussi… Ça je ne pouvais pas forcément l’anticiper clairement. J’avais besoin d’apprendre différents moyens de marquer, de trouver les gars ouvert… Ça prend du temps ! Mais je pouvais voir des choses quand même. Par contre, je ne pense pas que qui ce soit aurait pu prédire que ça irait aussi vite. Qui pensait qu’on allait faire les playoffs par exemple ?

Toi, déjà ?

Moi ? Oui ! Parce que j’ai envie de gagner une bague. Ça a toujours été l’objectif. J’ai juste envie de gagner, et gagner des bagues.

« Ce n’est que le début du Process »

 

Vous avez un surnom hyper célèbre maintenant, « The Process », à ton avis vous en êtes où justement de ce processus ?

Ce n’est vraiment que le début du « Process ». On veut tous gagner un titre ici. C’est ça le but. On ne fait que commencer. C’est d’ailleurs pour ça que c’est un super nom, « Process », car il n’y a pas vraiment de fin. Même après que l’on ait fini notre carrière, que l’on soit partis, il y aura d’autres gars qui vont jouer ici. Je pense que c’est quelque chose qui va rester collé à Philly.

Vous ne lâchez rien en plus, même dans des fins de match serrées, ce qui n’est pas évident à gérer pour une jeune équipe.

Ça montre qu’on se bat. On ne veut pas perdre. C’est la mentalité qu’on a. Il faut vraiment ne rien lâcher jusqu’à la fin de la saison. Là aussi, la clé c’est la concentration.

Avec vos forces de frappe individuelles, comme toi et Joel Embiid, n’y a-t-il pas danger de se retrouver un peu hors-rythme, ou de lâcher les coéquipiers parfois ?

Des fois, peut-être… Mais c’est aussi ça qui fait que l’on est spécial. Parfois ça ne va être ni Joel ni moi d’ailleurs, ça peut être J.J. (Redick), ça peut être T.J. quand il rentre sur le terrain – la dernière fois il a fait un triple-double d’ailleurs. N’importe qui peut prendre feu tous les soirs.

Qui sont les autres joueurs à qui tu parles dans l’année sinon ?

Ça dépend un peu où je joue. Là on jouait les Knicks, donc je suis allé parler avec certains de leurs joueurs. Sinon ce sont des gars comme Kobe, Bron, John Wall. Ce genre de gars.

Tu vas regarder le tournoi NCAA ?

On va voir, probablement les derniers matchs. Je suis toujours en contact avec LSU, j’ai encore parlé aux coaches il n’y a pas longtemps. J’ai encore beaucoup d’affection pour eux. Et l’école bien sûr. La NCAA, c’est un peu le bazar je trouve. Mais LSU, je les aime.

Propos recueillis par Antoine Bancharel, à New York

Facebook Comments

Leave a Reply