Interview Dario Saric : « T.J. McConnell a quelque chose que tout le monde n’a pas »

Interview Dario Saric : « T.J. McConnell a quelque chose que tout le monde n’a pas »

Grand artisan de la victoire des Sixers lors du game 4 de la série contre les Celtics pour revenir à 3-1 (il inscrit 25 points et 8 rebonds), Dario Saric s’est confié au micro de Basket Infos. Il revient notamment sur la série contre les Celtics, et sur sa saison.

Comment expliques-tu l’agressivité dont vous avez fait preuve en défense ce soir, ce qui n’a pas toujours été le cas lors des trois premiers matches ?

Quand vous êtes menés 3-0, il ne vous reste plus qu’à venir sur le parquet, vous battre, tout donner et respecter le plan de jeu autant que possible. C’est ce qu’on a réussi ce soir. Je pense que Boston avait mieux joué lors des trois premiers matches. Tout leur souriait, ils ont rentré des tirs compliqués. Ils n’étaient pas au même niveau ce soir. Ils ont même raté des tirs ouverts et ça a été la clé du match. On n’a plus le droit à l’erreur, on doit tout donner, ça ne dépend que de nous. On y est parvenu ce soir, et je pense qu’on mérite la victoire.

Que penses-tu de la prestation de T.J. McConnell, auteur d’un grand match ce soir (19 points à 9-12, 5 rebonds et 7 assists) pour sa 1ère titularisation de la série?

On sait comment les Celtics jouent et comment ils défendent. Nos écrans ouvrent l’espace à T.J., qui peut attaquer le panier grâce à sa vitesse. Il en a bien profité ce soir pour inscrire des lay-ups. Il a quelque chose que tout le monde n’a pas, il a le feu en lui. Ce n’est pas le plus grand ou le plus athlétique, mais il apporte une telle énergie. On s’en nourrit. J’essaye de lui répéter souvent « ton heure viendra, et on aura besoin de toi, donc tiens-toi prêt. » C’est arrivé ce soir, mais je pense qu’il peut refaire la même performance au prochain match.

Tu as aussi réalisé un très grand match…

Oui, j’ai rentré mes tirs ce soir, ça fait plaisir. J’ai bien senti mes match-ups contre Morris et Tatum. Le coach m’a dit de jouer au poste dès que je le sentais, et ce soir ça a fonctionné. Mais c’est toute l’équipe qui a bien joué, on a bien fait circuler la balle en attaque, tout le monde était impliqué et là pour couvrir les autres. Ce soir c’était T.J. (McConnell) et moi, le prochain match ça sera peut-être J.J. (Redick) ou Marco (Belinelli). C’est la force de notre équipe.

Est-ce que tu penses que vous avez pris l’ascendant psychologique après cette victoire ?

Je pense, oui. On a trouvé un moyen de les battre. On a goûté au sentiment de la défaite trois fois, et maintenant c’est à leur tour. On n’est plus mené que 3-1. On est heureux mais on ne va pas s’enflammer, ce n’est que la première étape. Gagner à Boston est très compliqué avec leurs fans, mais on a le talent et la confiance pour le faire. Chaque match est comme une finale maintenant.

A titre personnel, est-ce que tu sens que tu t’es mieux adapté au jeu américain pour ta deuxième saison ? Sur quoi dois-tu encore progresser ?

Oui il m’a fallu du temps, le jeu en Europe est différent. Tout est un niveau encore au-dessus ici, tu joues beaucoup plus souvent, le jeu va plus vite et est plus physique, les joueurs sont plus costauds et athlétiques, cela demande un temps d’adaptation pour intégrer tout ça et trouver comment apporter mes qualités. Je dois travailler sur un peu tous les aspects de mon jeu, notamment le jeu au poste et mon shoot.

Quel est le joueur ou l’équipe qui t’a le plus impressionné cette saison ?

Tatum me surprend beaucoup, il a été très bon depuis le début de la série. Je pense que ça peut vraiment devenir un joueur incroyable. Après, dans l’équipe, Ben (Simmons) et Joel (Embiid) sont aussi bluffants, ils peuvent tout faire. Joel est un peu notre Tim Duncan à nous. Pour les équipes, Utah m’a surpris, je ne pensais pas qu’ils feraient une telle saison. Et je dirais Boston aussi, ils ont fait une super saison malgré les blessures. Ils ont un grand coach, ils défendent très bien, ils ont des jeunes joueurs impressionnants, et ils nous rendent la vie compliquée.

Si tu devais choisir entre un titre NBA avec les Sixers, ou un titre de champion d’Europe avec la Croatie ?

Question difficile. J’ai toujours tendance à dire que gagner quelque chose avec son équipe nationale est vraiment spécial. Mais espérons que je gagne les deux pour ne pas avoir à choisir (rires). Ce serait aussi beau de gagner avec les Sixers qui m’ont fait confiance quand je jouais en Europe, avec cette ville, ces fans incroyables chaque soir, ce groupe.

Propos recueillis par Guillaume Perrin à Philadelphie

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