C’était il y a 36 ans : l’histoire du chant « BEAT L.A. ! »

C’était il y a 36 ans : l’histoire du chant « BEAT L.A. ! »

En ce 23 mai, revenons exactement 36 ans en arrière, jour pour jour, pour reparler de l’un de ces moments qui ont marqué l’histoire de la grande ligue. Montons donc dans la DeLorean de Doc et réglons le tableau de bord sur le 23 mai 1982, avant d’atteindre les 88 miles à l’heure. Bon voyage !

D’un côté les Celtics, premiers de la conférence Est, et donc directement qualifiés pour le 2e tour (il n’y avait alors que douze équipes en playoffs à l’époque), après une superbe saison à 63 victoires. De l’autre côté les 76ers, troisièmes, avec 58 victoires. Après un parcours sans embûche pour les Celtics, victoire 4-1 face aux Wizards, quand les 76ers ont créé la surprise en éliminant les Bucks, alors 2e, sur le score de 4-2, (après avoir sorti Atlanta 2-0), les deux équipes s’affrontaient en finales de conférence.

Avec des légendes telles que Larry BirdCedric MaxwellRobert Parish ou encore Kevin McHale, les hommes de Bill Fitch se présentaient alors comme ultra-favoris. Cela dit, les 76ers, s’étaient fait une dure réputation de blue collars, ne lâchant rien, arrivant à chaque rencontre le couteau entre les dents. Avec Julius ErvingMaurice Cheeks et Andrew Toney, chacun savait qu’une rencontre face aux joueurs de Philly ne pouvait pas être gagnée d’avance. D’ailleurs, en prenant rapidement l’avantage 3-1 dans la série, les Pennsylvaniens déjouèrent tous les pronostics, et Boston se retrouvait dos au mur.

Sauf que les Celtics ne se laissèrent pas abattre de la sorte : ils mirent d’abord 29 points aux 76ers au Garden, avant d’aller gagner à Philly de 14 points. Deux déculottées qui montrèrent au monde entier que les joueurs de Boston n’avaient pas fini premiers de la conférence Est pour rien. 3-3 dans cette série. Début d’un match 7 qui s’annonçait légendaire. Légendaire d’abord car l’histoire semblait se répéter. En 1981, soit l’année précédente, la situation était exactement la même. Les Celtics étaient menés 3-1 par les 76ers en finales de conférence. Ils obtinrent un match 7, remporté d’un petit point avant d’empocher le titre par la suite. Les 76ers, aussi valeureux soient-ils n’avaient alors que leurs yeux pour pleurer… Mais légendaire également car les journalistes affirmaient tous que Philadelphie ne pourrait plus remporter cette série et tous voyaient les Celtics affronter les Lakers en finale pour défendre leur titre de champion.

De plus, les Celtics avaient compris l’astuce. En épuisant Andrew Toney (joueur au talent offensif hallucinant), l’attaque des 76ers devenait plus prévisible. Voici pourquoi, Fitch inventa une stratégie. En provoquant constamment un duel Larry Bird/Andrew Toney lorsque les Celtics avaient la balle, le joueur de Philly s’épuisait face au numéro 33 légendaire. Mais il ya des soirs où face à Toney, il n’y avait rien à faire. Mo Cheeks en parle dans le Sports Illustrated du 31 mai 1982 :

Quand Toney perd la raison, plus personne ne peut rien faire. »

C’est ce qu’il s’est passé lors de ce match 7, et c’est donc ce jour là que l’arrière est devenu aux yeux de tous, le Boston Strangler. En effet, les 76ers, grâce au trio Toney (34 points), Erving (29 points) et Cheeks (19 points, 11 passes décisives), donnèrent tout dans l’antre des verts, si bien qu’ils réussirent à provoquer un moment devenu légendaire, en exorcisant leurs démons vieux d’un an. Quand le match fut plié (victoire 120-106 au final), c’est tout le public du Garden qui se mit derrière la cause des 76ers, reconnus pour leur combativité, et qui savaient déjà qu’ils affronteraient les Lakers en finales NBA. Au vu de la rivalité qui existait entre les franchises de Boston et de Los Angeles, un « BEAT L.A. ! » mémorable se fit entendre dans toutes les travées du Garden. Ce fut la première fois que ce chant fut acclamé par la foule en NBA, avant de devenir traditionnel ensuite, quand certaines équipes affrontaient les Lakers à domicile.

Même si le public de la franchise du Massachusetts avait compris que son équipe ne remporterait pas le titre cette année, leur préoccupation était toujours là : ils ne voulaient pas que Magic Johnson & compagnie puissent l’emporter, ce qui arriva pourtant par la suite (4-2). Les 76ers se vengeront l’année suivante, en 1983, renforcés par l’arrivée de Moses Malone en sweepant les Lakers en finale, ravissant ainsi tous les fans des Celtics

Et même si les raisons furent spéciales, voir le public de l’équipe perdante encourager l’équipe gagnante, n’est vraiment pas commun, dans tout sport collectif. Voilà pourquoi ce moment est devenu historique et a marqué l’histoire du basket. C’était il y a 35 ans…

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