[Interview] Bismack Biyombo : « Michael Jordan était mon mentor à Charlotte; Il connait mieux le basket que les autres »

[Interview] Bismack Biyombo : « Michael Jordan était mon mentor à Charlotte; Il connait mieux le basket que les autres »

Cette année Bismack Biyombo était le seul NBAer présent au Quai 54 et il n’a pas manqué sa première puisqu’il a remporté le titre avec Child of Africa. Le Congolais a vécu un weekend étrange puisque dans le même temps il a été échangé par le Magic aux Hornets, son ancienne équipe. Nous étions présents et nous avons pu lui poser quelques questions.

Bonjour Bismack, la nuit a dû être un peu agitée ! Comment tu as vécu tout ça ?

A vrai dire, j’étais en train de dormir, je parlais un peu avec mon agent mais c’est tout. Pour le moment je dois aller à Charlotte pour la suite. Pour être sincère avec vous, je ne peux pas trop en parler parce que le trade n’est pas effectif tant que je n’ai pas passé les tests physiques. Quand ça sera ok je pourrai vous donner tous les détails (il rit)

Charlotte c’est un retour au source, tu es content de revenir là-bas ?

Bien sûr ! C’est là-bas que tout a commencé, c’est une ville que j’aime beaucoup. Après c’est toujours difficile d’en parler avec le trade qui n’est pas effectif ! Je dois rentrer, les rencontrer mais une fois qu’on a cette conversation sur le futur, je pourrai en discuter. Là, Orlando peut toujours me rappeler et dire que le trade est annulé ! On reste calme, je passe mes tests physiques et on verra pour la suite !

En tout cas cette saison tu as dû bien rigoler dans les vestiaires avec Evan Fournier et Nikola Vucevic !

Oui, ce sont deux amis. Surtout sur le terrain avec Evan, nous parlions en Français parce que c’était plus facile pour nous et ça évitait que l’équipe adverse ne nous comprenne. D’ailleurs on s’est connus avant avec lui, on a joué ensemble au Hoop Summit et c’est là-bas qu’a commencé notre amitié. Nikola, je le connais aussi depuis longtemps parce qu’on avait été draftés le même soir.

Est-ce que tu es content de retrouver Michael Jordan qui t’avait drafté ?

C’est mon sponsor (il rit) Plus sérieusement, Michael était mon mentor quand j’étais à Charlotte. Il m’a beaucoup aidé et appris beaucoup de choses en tant que basketteur et plus spécialement au niveau mental. Il représente une belle part de ma carrière, il fait partie de mes premiers pas en NBA. Ce n’était pas facile pour un joueur comme moi, international, qui n’avait pas sa famille.

Nicolas Batum, pendant sa première année à Charlotte, nous avait confié qu’il avait du mal à aller le voir pour lui demander des conseils. Est-ce que c’est la même chose pour toi ?

Non, surtout que Michael voulait beaucoup me parler. Il voulait m’aider en tant que joueur. Il venait après les entraînements pour en discuter ou parler des matches. De temps en temps, quand je ne jouais pas à cause des blessures, on discutait des situations de match. C’est l’opposé de la situation de Nicolas. Et puis il [Jordan] connaît mieux le basket que les autres. C’est pour ça que MJ est MJ et que les autres joueurs sont ce qu’ils sont. C’est pas un manque de respect, c’est juste qu’il a gagné ce respect pour tout le monde.

Pour revenir au Quai 54, qu’est-ce que ça te fait de jouer avec Boris Diaw ? Il nous a dit que tu étais son rookie à Charlotte.

Quand je suis arrivé j’étais son rookie c’est vrai. On n’a jamais mangé à la maison avec lui, on a toujours mangé au restaurant. Il m’a emmené partout, je ne suis jamais resté seul. Dès que j’étais seul chez moi, il m’appelait pour qu’on aille faire quelque chose. Quand je lui ai dit que je faisais une équipe, il m’a dit qu’il voulait venir jouer et s’amuser. Ca me fait plaisir, surtout qu’à Charlotte il me faisait trop de passes. Il me disait « aujourd’hui je vais te faire 5 assists et tu vas mettre 10 points comme ça ». C’est un gars que j’ai connu à mon arrivée en NBA, il m’a guidé pour mes premiers pas, c’est comme un frère pour moi.

Qu’est ce que représente le Quai 54 pour toi ?

Plusieurs choses. Déjà ça nous permet d’être réunis autour de la balle qu’on aime, de la vision qu’on a du basket et aussi en faire la promotion. C’est une grande célébration. Sans le Quai 54, je n’aurais peut-être plus jamais joué avec Boris Diaw. On se voit avec des amis, des anciens coéquipiers, d’autres connaissances et c’est le plus important. Le Quai 54 c’est une célébration du basket : on se rencontre, on s’amuse, on passe de bons moments. Gagner ou perdre, ce n’est pas le plus important qui est de passer de bons moments et de garder de bons souvenirs.

Tu es ici pour ton association Child of Africa, on voit de plus en plus de joueurs s’impliquer dans des causes politiques et sociétales, qu’est-ce qui a changé par rapport à avant ?

On a une vision qui est différente. Quand on regarde le monde, notamment au niveau du basket, l’Afrique c’est un endroit où le basket est encore vierge. Il y a des endroits où il y a du talent mais pas de terrain. On n’a pas suffisamment d’infrastructures et c’est pour ça qu’on essaye d’en faire la promotion. Aussi, il y a une prise de conscience et c’est pour ça que de plus en plus de joueurs NBA, de footballeurs qui comprennent qu’on ne puisse pas se limiter à jouer, on doit pousser plus loin, avoir des idées. Child of Africa, c’est voir ce qu’on peut faire ensemble pour faire avancer les choses. En tant qu’Africain, on n’a pas l’habitude de travailler ensemble, on est divisés. Avec mon équipe, on s’est posé et on a réfléchi à comment faire quelque chose d’unique, quelque chose qui nous permettra de faire la promotion de nos jeunes frères et soeurs et résoudre les problèmes que l’on a. C’est pour ça que l’on a créé la fondation. Maintenant, on est en train d’avancer, des musiciens sont impliqués, des footballeurs sont impliqués, des basketteurs sont impliqués, des acteurs aussi. Les nombreuses personnalités impliquées nous permettent de faire la différence. Il ne faut pas parler du futur de l’Afrique, il faut travailler pour ce futur »

Propos recueillis par Hugo Givernaud

Leave a Reply