Confessions de NBAers : Qui est le meilleur attaquant ?

Confessions de NBAers : Qui est le meilleur attaquant ?

Durant la saison NBA nous sommes allés à la rencontre des joueurs NBA pour recueillir quelques confessions sur leur carrière dans le cadre de notre série Ma NBA. Aujourd’hui focus sur les attaquants les plus redoutés de la ligue. Certains ont évoqué avec nous le meilleur à l’heure actuelle et d’autres parmi ceux qu’ils ont croisés durant leur carrière

Tony Parker

Pour moi, Jordan et Kobe (Bryant), ça reste les deux meilleurs attaquants de l’histoire. Kobe je l’ai joué dans son prime. Spurs – Lakers, c’était un classique en playoffs. Pour moi, Jordan, c’est le meilleur joueur de tous les temps et Kobe c’est ce qui est le plus près de Jordan quoi. C’est clair qu’il y avait des airs entre les deux en plus. Mais en même temps, Kobe avait sa propre personnalité aussi, son propre jeu. Déjà, c’était un meilleur shooteur à trois points, donc il était dangereux même de loin.

Jason Terry :

Allen Iverson. De loin ! C’était le plus dur de tous. Chaque possession, il se battait, il donnait tout. Et en plus il avait le droit – et la capacité ! – de marquer à chaque possession. A chaque match, tout le match ! Quand tu as un gars comme ça, qui va te faire ça à chaque fois, à chaque possession, c’est vraiment dur à défendre… Il était possédé. Il jouait à vitesse maximale sur chaque possession. Chaque possession ! Tu n’en avais pas une seule où tu pouvais souffler un peu. A 100 km/h, tout le temps !

Jamal Crawford : 

Kobe et « A.I. ». Ces deux-là, c’est vraiment les deux joueurs contre qui j’ai eu le plus de mal. Leur talent, leur technique, leur mentalité, le fait qu’ils avaient carte blanche… C’est pour ça aussi qu’ils pouvaient imposer leur volonté. Si déjà personne ne t’empêche de faire ce que tu veux de ton côté, tu peux encore plus imposer ta volonté à tes adversaires.

Nicolas Batum :

Kevin Durant pour sa taille et sa panoplie. Il a le plus grand répertoire, il peut mettre de partout… Avant je t’aurais dit Carmelo (Anthony), mais Durant maintenant il est vraiment le plus chiant, parce que la menace peut venir de partout. Il peut poster, il peut driver, il peut shooter à mi-distance, à trois points, il peut step-back, il peut te crosser… Il peut tout, tout, tout, tout, tout. Tout ! Il a la meilleure palette offensive. Et de loin. Carmelo avait un truc en plus, c’est qu’il était plus physique. Mais il a baissé le pied. C’est toujours pareil, attention, il peut toujours t’en mettre 30 si il veut. Mais il n’a plus la même agilité ou vitesse par contre. A Denver ou au début à New York, ce qu’il avait de plus c’est que lui pouvait t’enfoncer aussi. Mais aujourd’hui, c’est KD. De loin. De très loin. Et puis c’est allé très vite en plus. Ça ne lui a pris quoi, qu’un ou deux ans ? Bon, après, c’est la NBA, donc quelque part plus rien ne t’impressionne, mais il est quand même arrivé avec tout… Il se perfectionne, il s’est amélioré en défense, à la passe. Mais en attaque il avait déjà tout.

Evan Fournier :

Kevin Durant. Parce qu’il fait tout, ou en tout cas il peut tout faire, et en plus il est tellement grand (2m06) que tu ne peux pas le contrer quoi ! Il est plus grand que certains intérieurs, donc bon… Il est vraiment injouable. Entre sa taille, ses qualités de tir ou de dribble, c’est un problème pour tout le monde. Même avant que je ne sois en NBA, je me le disais déjà d’ailleurs. C’est vraiment le joueur le plus complet. En attaque hein ! Là-dessus, il est même au-dessus de LeBron James.

Goran Dragic :

Offensif ? Kobe Bryant. (Il prend une pause pour marquer à quel point il est sûr) Oui, au moins pour l’époque dans laquelle j’ai joué. Kobe Bryant, c’était le meilleur. C’est clair que c’était encore plus intense à cause de la rivalité Suns – Lakers en plus. Moi je l’ai vécue. En 2010, en finales de conférence, il était vraiment incroyable. Franchement, Kobe, c’était un extra-terrestre sur cette série… Les jeunes qui n’ont pas vu ces matchs, ils ont peut-être vu les highlights bien sûr, mais il faut voir ces matchs en entier. Et moi j’étais là, je l’ai vu en direct, pas en vidéo, je peux te dire que c’était quelque chose de spécial. Je ne pense pas avoir jamais vu ça… (On lui rappelle le shoot impossible sur Grant Hill, où il tape les fesses d’Alvin Gentry après…) Oui, voilà ! Et genre, il était tellement au-dessus qu’on n’a même pas été choqué par ça quoi (d’ailleurs le coach des Suns avait déclaré derrière : « Kobe Bryant est de loin le meilleur joueur en NBA »).

Rudy Gobert

Je vais te parler en tant qu’équipe, pas juste individuellement. Puisqu’au final on défend en équipe. Et du coup c’est James Harden. Parce qu’il est vraiment intelligent. Il y a beaucoup de joueurs, tu sais qu’ils vont tout le temps driver, tu sais qu’ils vont faire ci ou ça… LeBron est très intelligent aussi ! Mais James est capable de te planter des shoots qui te font mal, en plus de rendre ses coéquipiers meilleurs. Et sans vraiment forcer. Il force rarement, il prend souvent la bonne décision. A part quand il n’y a plus de temps et là il fait son step-back. Mais il a vraiment une prise de décision qui est assez impressionnante.

Nikola Vucevic :

Un truc que je trouve assez marrant, c’est genre tout le monde dit qu’il n’y a plus de pivots en NBA, que c’est fini, mais moi chaque soir je me prends un mec qui peut me mettre 30 points facile ! A chaque match, quand je rentre sur le terrain je me dis : « ah ouais, putain, il faut que je me donne à fond, sinon avec lui ça ne va pas être facile ! ». Donc je ne vois pas d’où les gens sortent qu’il n’y a plus trop de pivots. C’est vrai qu’ils ne jouent plus autant dos au panier, mais on a évolué, tu as plein de pivots qui font des face-ups, qui dribblent, qui prennent des trois points… Donc c’est plus difficile pour nous de défendre ! On est habitués à être en dessous du panier, à se mettre des coups et tout ça… Mais maintenant tu es obligé de sortir de la raquette, de défendre sur ces pivots qui peuvent faire tout ça. Donc non, les pivots ce n’est pas du tout fini. Et regarde chez les jeunes, tu as des Joel Embiid, des Nikola Jokic, Karl-Antony Towns qui arrivent là et qui sont super difficiles à défendre. Donc je ne pourrai pas vraiment en prendre un seul, mais quelqu’un contre qui j’aime beaucoup jouer c’est LaMarcus Aldridge. J’ai eu de bons matchs contre lui, lui aussi contre moi, ça faisait de très bons duels. Sur les frères Gasol également. Forcément, jouer (DeMarcus) Cousins c’est toujours spécial, parce qu’il est costaud, il peut scorer de plein de manières… Anthony Davis pareil. Embiid, je n’ai joué contre lui que deux ou trois fois, mais il est très fort. Brook Lopez aussi, on a fait de bons duels. J’en ai sûrement oublié, mais chaque match moi je sais que je dois être prêt, et je pense que les pivots on est toujours là, plus forts que jamais. C’est ma septième saison, donc il y a une forme de respect qui est là entre nous en plus. Tu as fait de gros matchs contre certains, eux pareil contre toi. C’est la beauté du sport, on se respecte après s’être battus l’un contre l’autre. A la fin du match, on se sert la main et on se dit au prochain match. Avec LaMarcus, je me rappelle à Portland d’un match où pendant 3-4 minutes, lui reçoit la balle, puis moi, c’était une belle passe d’arme !

Ian Mahinmi :

Alors moi j’ai eu à défendre contre Shaq, contre Yao Ming… Contre des Amar’e Stoudemire ; ou même un gars comme Al Jefferson, qui quand il était dans son primeétait un gars très difficile ! C’est un des gars – pourtant moi je suis un défenseur à la base – où vraiment je me suis dit : « j’ai tout essayé, qu’est-ce que je peux faire d’autre ?! ». Même Dwight (Howard), ses années à Orlando, il était problématique hein ! Après, pour te donner un seul nom, c’est difficile. Je n’aime pas trop faire ça en plus, sachant que je suis encore un joueur actif. Mais pour te donner une petite liste, il y a ceux-là, Tim Duncan, Alonzo Mourning… En fait, tu as deux catégories. Ceux qui sont problématiques par rapport à leurs skills : Tim Duncan, Al Jefferson etc. Et après tu as ceux qui sont des monstres physiques comme Dwight et Shaq, qui sont tellement athlétiques et physiques en même temps. Yao Ming c’est peut-être le seul qui a les deux : skills et taille. Et le côté physique, ça a été une raison majeure à mes débuts pour laquelle j’ai passé autant de temps dans la salle de « muscu » à me renforcer. Au début de ma carrière, je ne tenais pas le choc physique. Surtout au poste 5. Maintenant, le poste 5 a beaucoup évolué, c’est différent. Mais moi, quand je suis arrivé dans la ligue, toutes les équipes avaient des LOURDS quoi ! Joel Przybilla, Chris Kaman, Zach Randolph, Rasheed Wallace, Ben Wallace, Carlos Boozer… des lourds ! Ça se battait ! Yao Ming, tu faisais pas « two-fifty » (250 livres, ou 115 kg), t’étais light ! Maintenant, « two-fifty » tu es lourd. En plus, tes deux-trois premières années, ils sont un peu stars, tu joues un peu contre des idoles, des gars que tu avais l’habitude de regarder à la télé. Donc c’est un sentiment bizarre, entre la peur et l’excitation. T’as un peu peur parce que tu te dis que c’est Shaq quoi ! « Qu’est-ce que je vais faire contre Shaquille O’Neal ? ». Mais en même temps, tu te dis : « Mais hé ! C’est le Shaq. Ou c’est Yao Ming… Si je le taffe, là c’est bon ! Je peux le dire à tout le monde ! ». Après, tu les joues plus souvent, ça devient un peu plus normal.

Propos recueillis par Antoine Bancharel

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