[A Vous La Parole] Sacramento, et la théorie des géants

[A Vous La Parole] Sacramento, et la théorie des géants

Dans le cadre de notre section A Vous La parole, qui comme son nom l’indique, donne la parole aux lecteurs (ça se passe ici si vous voulez soumettre votre article), voici un article consacré aux Kings, signé Guillaume Gaborit.

 

Douze ans que les Kings terminent leur saison à la mi-avril. Douze saisons que la capitale californienne n’a pas goûté aux saveurs colorées et intenses des Playoffs. Il faut remonter à 2006 avec Ron Artest, Mike Bibby et Bonzi Wells et une élimination au 1er tour en 6 matchs contre les Spurs. Il s’agissait également de la dernière saison du coach emblématique de la franchise, Rick Adelman.

Depuis, Sacramento enregistre une moyenne de 34,7% de victoires en saison régulière ce qui place la franchise avant dernière sur ces douze dernières années, juste devant Minnesota. Ironie, les Timberwolves viennent récemment de leur donner le trophée du record actuel de saisons consécutives sans Playoffs. Prenons un court instant pour prendre le temps de penser à tous ces fans des Kings.

Heureusement, le système de la Draft est quand même bien pensé pour aider les franchises coincées dans les bas-fonds des standings. Sacramento a eu le pouvoir de choisir un lottery pick lors des douze dernières drafts! Des rookies prometteurs ou bien aux parcours universitaires convaincants furent sélectionnés entre la 2e et la 13e place, mais les Spencer Hawes, Jimmer Fredette, Thomas Robinson, Nik Stauskas et (mon dieu…) Georgios Papagiannis n’ont pas été les choix les plus judicieux.

Après tant d’échecs (gâchis?), la franchise se remet à espérer en misant sur le développement d’un noyau de jeunes joueurs (Bogdan Bogdanovic, Buddy « The Next Curry » Hield, De’Aaron Fox, Skal Labissiere, Harry Giles, Marvin Bagley III). Gagner 30 matchs cette saison serait un exploit pour Dave Joeger et ses joueurs étant donné la densité de la Conférence Ouest. Sacramento est plus en compétition avec Phoenix pour savoir quelle équipe est promise à un avenir meilleur.

Pour y parvenir, le front office a eu une stratégie de Draft assez étonnante et risquée. Lors des quatre dernières cérémonies de Juin, quatre joueurs au profil et aux postes sensiblement similaires. De jeunes hommes de plus de 2,10m évoluant au poste 4/5. (PS : On va s’épargner le cas Papagiannis).

Voici les années et les joueurs sélectionnés ainsi que leur données anthropologiques lors du draft combine de Chicago :

On a bien là quatre géants choisis dans la loterie présentant des caractéristiques relativement semblables. Impossible de placer ces quatre joueurs en même temps sur le terrain, Dave Joeger va devoir jongler avec les minutes des uns et des autres sans oublier l’arrivée récente de Deyonta Davis et surtout ce bon vieux Zach Randolph.

Et si l’on se risquait au jeu du cinq de départ type ! Voici le genre de rotation que Joeger pourrait éventuellement utiliser en saison en fonction des caractéristiques des joueurs.

Le 5 grande taille :

  • C: W. Cauley-Stein
  • F : S. Labissiere
  • F : M. Bagley III
  • G : J. Jackson
  • G : B. Bogdanovic

C’est le titre de l’article, la théorie des géants ! Joeger pourrait placer (au maximum espérons) trois joueurs sur le terrain mesurant 2,10m et plus. WCS et Labissiere formeraient alors le frontcourt. Bogdanovic aurait les clés du super-lourd avec les qualités de playmaker qu’on lui connaît et une attitude de killer . Jackson jouerait le rôle du jeune Iguodala 1.0 époque Sixers. Mais l’attraction principale avec ce cinq, c’est le placement du 2nd choix de draft 2018 au poste 3. Assez surprenant, alors que les scouts en conviennent que sa défense est très très moyenne et que son dribble est à travailler. L’ancien de Duke a tendance à toujours rester sur sa main gauche et à ne pas tourner à droite (big up Robben !). Mais à en croire Vlade Divac, voir Bagley à l’œuvre dans ce rôle d’ailier ne semble pas insensé :

« Marvin Bagley peut jouer 3  » a-t-il ainsi expliqué. « Il peut jouer 3, 4 et 5. Grâce à son talent unique, il peut jouer sur beaucoup de postes. , « Il peut jouer 3, 4 ou 5. Avec son talent unique, il peut jouer sur plusieurs postes. »

Le 5 Small Ball/Shooting :

  • C: N. Bjelica
  • F : J. Jackson
  • F : B. Hield
  • G : B. Bogdanovic
  • G : Y. Ferrell

En principe, le Small Ball évoque de la polyvalence à tous les postes, du shooting, encore du shooting et switcher à chaque écrans, à chaque mains à mains, à chaque courants d’air. Dans ce cas, pas évident pour Joeger de ressortir cinq garçons présentant la totalité de ces paramètres. Concernant le shooting, les recrues estivales Bjelica et Ferrell sont venues pour aider dans ce domaine. La saison dernière, Hield et Bogdanovic ont été les plus prolifiques dans l’exercice longue distance et Jackson prendra un rôle à la version Iguodala 2.0 des Warriors.

Le 5 que j’aimerais voir :

  • C: M. Bagley III
  • F : H. Giles
  • F : B. Hield
  • G : B. Bogdanovic
  • G : D. Fox

Bon voilà un jugement purement subjectif. C’est aussi une réelle envie de voir sur le terrain un duo de playmakers Fox/Bogdanovic, un joueur off-ball avec Hield, et surtout des intérieurs mobiles et capables de remonter rapidement le terrain en trois enjambées. On va également espérer que Bagley devienne petit à petit une menace longue distance après l’échantillon prometteur que l’on a pu observer en NCAA et comme il ne peut que progresser en défense.

Le gros coup de poker sur ce cinq s’appelle Harry Giles. Après une saison blanche causée par des ennuis au niveau du genou, l’ancien de Duke a une réputation de joueur à part, sensationnel et qui pourrait bien en surprendre cette saison.

En octobre 2017, Peja Stojakovic est l’un des premiers à l’annoncer. Actuellement directeur du département du développement des joueurs au sein de la franchise voici la comparaison qu’il donnait pour Giles :

« Chris Webber » a déclaré Stojakovic qui a joué avec Webber de 1998 à 2005. « Parce que, les grosses mains, la sensation du jeu, le passeur, le passeur, le grand athlète. A cet âge, c’est très rare. »

Plus récemment, Jayson Tatum en rajoutait également sur cette comparaison lors du podcast de Bill Simmons du site The Ringer :

« Harry était le seul joueur dont j’aurais dit au lycée : ‘Oui, il est peut-être meilleur que moi’ Lors de notre année senior, il n’a pas joué un seul match, et il était toujours classé n°1. » Tatum

Le 5 Mode Tanking :

  • C: K. Koufos
  • F : D. Davis
  • F : I. Shumpert
  • G : B. McLemore
  • G : F. Mason III

Désolé si ça pique les yeux mais c’était pour le fun. Oui le roster des Kings est rempli de surprises. Surtout qu’il ne serait pas avisé de faire du tanking cette saison sachant que le futur choix de draft n’appartient plus aux Kings puisqu’il ira soit à Boston ou à Philadelphie. Pour une fois, les dirigeants ne pourront pas se tromper dans le choix de leur lottery pick.

Guillaume Gaborit

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