Steve Kerr raconte sa stratégie ratée auprès des Warriors en fin de saison et l’influence de Phil Jackson dans son style de coaching

Steve Kerr raconte sa stratégie ratée auprès des Warriors en fin de saison et l’influence de Phil Jackson dans son style de coaching

Excédé par la mauvaise série de son équipe en fin de saison régulière 2017-18 (4 défaites en 5 matchs entre le 19 et le 29 mars), Steve Kerr n’a pu se retenir d’utiliser une méthode qui, il s’en est rendu compte après coup, s’est révélée être obsolète pour l’époque.

« Steve Kerr : -Je peux vous dire ce qui n’a pas fonctionné pour moi, c’est quand j’ai publiquement passé une soufflante à l’équipe la saison dernière. Toute la saison j’ai été indulgent pour les raisons citées par Phil (laisser les joueurs retrouver eux-mêmes leur chemin vers la victoire). L’année est longue, les joueurs étaient fatigués et ils avaient montré une part de vulnérabilité. On approchait de la fin de la saison, on sortait de quatre ou cinq très mauvais matchs d’affilée, où j’avais trouvé que notre effort était inexistant. J’étais vraiment inquiet, parce que les playoffs arrivaient, et je leur ai passé un savon, dans le vestiaire et dans la presse, jute après le match à Indiana. Et ça n’a pas fonctionné. Nos joueurs n’étaient pas contents. Mes assistants coachs sont venus me voir et m’ont dit : ‘Tu dois faire marche arrière sur celle-là’.

C’est quelque chose qui aurait peut-être été plus efficace il y a 20 ans. Je dois le reconnaître. Cette saison, ce sera encore plus difficile de maîtriser ma frustration, en sachant que ces gars ont fait tant d’efforts et tellement investi ces quatre dernières années. Je dois leur donner beaucoup de liberté d’action, et je dois être extrêmement patient, mais nous sommes tous compétitifs. On veut tous gagner. Donc ce que je dois réussir à faire en tant que coach, c’est trouver quand il faut les pousser un peu pour leur apporter un petit boost et quand je dois leur ficher la paix.

Interviewé en même temps que lui pour le California Sunday Magazine, Phil Jackson a poursuivi :

Phil Jackson : -La signature surprise d’un joueur très polyvalent et talentueux comme DeMarcus Cousins vous a apporté de la nouveauté dans le coaching et dans l’aide aux autres scoreurs.

Steve Kerr : -C’est sûr. Cousins va être une grosse addition à l’équipe en ce sens. Ça va être un challenge intellectuel que notre noyau de joueurs va apprécier je pense. Ce sera différent et je pense qu’ils ont besoin de ça. Je suis aussi très tenté par un changement de format de l’entraînement. Je pense qu’on devrait essayer quelque chose de complètement différent simplement pour que nos gars restent frais mentalement. Je vais peut-être arrêter les shootarounds cette année. »

Ces décalages générationnels forçant une adaptation du coaching, Jackson en a fait l’expérience dès la deuxième année du premier three-peat des Bulls. Et cela lui a permis d’évoluer très tôt dans sa manière d’aborder ses joueurs :

« Phil Jackson : -On avait un match de playoffs contre Philadelphie. Mon expérience de coach était différente de celle que j’ai aujourd’hui. Notre façon de nous entraîner était beaucoup plus proche d’un style militaire. Bobby Knight faisait partie des coachs des 80’s et 90’s qui illustrait parfaitement bien l’image du coach commandant, général. L’un de mes assistants avait été artilleur durant la seconde guerre mondiale. Il avait appelé l’un des joueurs en dehors du terrain et lui avait dit : ‘Coach Jackson a besoin d’un bouc émissaire, je sais que tu veux servir l’équipe au mieux. Est-ce que tu es prêt à encaisser cette pression ?’. Et le joueur a dit : ‘Oui monsieur, je suis prêt à le faire’. Alors c’est comme ça que j’ai utilisé ce joueur, qui est quelqu’un de sensible. Mais en playoffs contre Philadelphie, il s’est écroulé. Ça m’a amené à changer ma philosophie en tant que coach. J’ai lu Positive Coaching. Ce n’était même pas encore un livre, Rich Kelley m’avait envoyé le manuscrit. J’ai changé ma stratégie avec ce joueur, et notre relation a complètement changé. Aujourd’hui à notre époque la connexion positive avec les joueurs est bien plus importante.

Steve Kerr : -Tout à fait. L’une des choses que j’ai apprises de Phil c’est l’importance de l’humour pendant les séances vidéos. Aucun des coachs pour qui j’avais joué avant n’avait fait ça, et je trouvais ça très efficace pour faire passer le message. Quand vous pouvez connecter l’idée que vous essayez de faire passer avec une touche d’humour provenant d’u film ou autre, ça passe beaucoup mieux. Ça fait partie du génie de Phil, et c’est quelque chose qu’on essaie d’utiliser le plus possible.

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