[Interview] Elie Okobo : « La saison de rêve ce serait… »

[Interview] Elie Okobo : « La saison de rêve ce serait… »

Cette saison la NBA accueille un nouveau Français, le meneur de jeu Elie Okobo, drafté en 31ème position après 3 saisons à Pau-Lacq-Orthez. Il arrive dans une jeune équipe des Suns où il a une place à se faire et en attendant le début de la saison régulière, le Bordelais s’est confié longuement à notre micro, en partenariat avec @SunsFR.

Comment s’est passée l’intégration dans ta nouvelle équipe ? Est-ce que dès que tu as été drafté tu as eu des contacts avec certains joueurs ?

Sur les premiers mois, les premières semaines, j’étais surtout avec les rookies, il y avait DeAndre (Ayton), Mikal (Bridges) et George (King), puis DeAnthony (Melton) qui est arrivé après. C’est avec eux qu’au tout début je me suis entendu le mieux, on s’entends vraiment bien. Puis après d’autres joueurs sont arrivés au fur et à mesure pendant la prépa de la summer league, et ensuite quand je suis revenu ici (à Phoenix) après la France, en août, tout le monde était vraiment là.

Tu as déjà des affinités avec certains joueurs, sur et en dehors du terrain ? En dehors des rookies dont tu as déjà parlé ?

Je m’entends bien avec tout le monde, après forcement je parle à certains plus que d’autres. Surtout avec les rookies encore parce que c’est avec eux que j’ai passé le plus de temps. Mais derrière je m’entends bien avec Isaiah Canaan, Shaq Harrison, Devin Boooker…mais de manière générale vraiment avec tout le monde.

Et l’adaptation à une nouvelle vie, à Phoenix ? Difficile ou tu as vite trouvé tes marques ?

La plus grande différence est que j’ai maintenant une maison, à Pau j’avais mon petit appartement avec une chambre, donc ça ça change, j’ai aussi une nouvelle voiture. Mais je me suis quand même vite installé car directement après la draft j’ai commencé à chercher un logement, ça s’est donc fait vite. Derrière, toute l’organisation de Phoenix m’a aidé à m’adapter à la vie ici.

Comment s’est passé ton été, ta préparation ? Quel était le programme ?

Les objectifs étaient vraiment de se développer, d’être prêt, car la NBA c’est un autre niveau, bien plus élevé qu’en France, donc il fallait vraiment être prêt physiquement. Aussi être prêt dans le jeu, progresser sur tout ce dont je pouvais progresser dans mon jeu, c’est donc vraiment ça que j’ai essayé de faire. Après j’ai aussi pris un peu de repos, parce qu’enchainer deux saisons d’affilée et les équipes de France jeune l’été, là j’avais un peu de temps donc j’en ai profité. Principalement je me suis entraîné ici, mais cet été était vraiment bien.

Tu as mis l’accent sur quelque chose en particulier ? Est-ce que les Suns t’ont demandé de bosser quelque chose en priorité ?

En tant que meneur de jeu, c’est vraiment me développer sur tout l’aspect playmaking, jouer pour les autres, créer, et jouer propre sans erreurs. C’est vraiment sur ça, et avec l’expérience ça va venir, la confiance en soi, tout va se développer avec le travail qu’on fait ici.

Quelles sont tes premières impressions sur la NBA ? Même si ce n’est que de la pré-saison, tu as aussi fait le training camp, qu’est-ce qui change le plus par rapport à l’Europe. Qu’est-ce qui t’a le plus impressionné ?

Je pense que les qualités athlétiques sont plus élevées ici, c’est vrai que pendant la summer league, il y a beaucoup de jeunes joueurs qui sortent de « College », donc c’est vraiment des joueurs très athlétiques, et ça m’a pas mal marqué. Sur les matchs de pré-saison dès que tu fais une erreur tu la payes cash et tu le sens. Moi au poste de meneur je vais tomber sur des joueurs comme Damian Lillard, Ricky Rubio, Steph, Kyrie…enfin que des grands noms. Au poste de meneur il y a vraiment un très haut niveau donc il va falloir être prêt défensivement et répondre présent. Le training camp a duré 5 jours. Et ça m’a vraiment fait penser aux préparations que j’ai pu faire avec l’équipe de France A en février, et en novembre dernier, ça m’a vraiment fait penser à ça. Après il y aussi énormément de travail individuel, on vient tous les jours, tous les matins on commence par de la muscu, il y a beaucoup de coachs qui sont là pour nous, à prendre nos rebonds et à nous faire faire des exercices et on est vraiment hyper concentrés sur le basket, on ne peut que progresser si on est sérieux

Et comme tu parles de l’Équipe de France, est ce que ce serait un objectif d’y retourner l’été, ou pour l’instant ton principal « focus » c’est vraiment s’installer en NBA ?

Là c’est la NBA car je viens juste d’arriver et la saison arrive, donc pas vraiment de temps pour l’équipe de France, à part les fenêtres internationales mais je ne pourrais pas y aller, car je suis ici. Mais pour les étés qui arrivent, j’ai envie de faire partie de l’équipe de France. J’y ai un peu goûté en novembre, surtout en février, car j’ai pu jouer beaucoup plus. Mais représenter la France serait quelque chose d’énorme, aux championnats du monde ou même aux jeux olympiques, c’est vraiment ce que j’ai envie de faire.

Est-ce que tu as eu une discussion avec Igor Kokoskov quant à ton rôle ? Tu sais à quoi t’attendre pour le début de saison ?

Pas vraiment de discussion par rapport au rôle, mais c’est vrai qu’en tant que meneur il faut juste être bon, connaître ses systèmes, être agressif en attaque comme en défense, mettre tout le monde en place, et faire en sorte que le jeu se passe le mieux possible sur le terrain. Et si je suis bon, je jouerais, et dans le cas contraire je ne jouerais pas.

Qu’est-ce qui sera la clé pour toi pour que cette saison rookie soit réussie ?

« La saison de rêve serait que dès le début je commence à avoir du temps de jeu, et qu’ensuite je me développe, que je prenne confiance quand je suis sur le terrain, que je m’adapte au jeu NBA. Devenir un élément important de l’équipe serait mon objectif individuel.

On sait que les Suns cherchent un meneur de jeu d’expérience et pour l’instant ils n’en ont pas trouvé. Est-ce que dans un coin de la tête tu te dis que tu peux aller chercher ce poste de titulaire à la mène ?

Pourquoi pas, parce que la charge de travail que je mets tous les jours ça ne peut que me faire progresser. Après je ne dirais pas que c’est un objectif d’être dans le 5 de départ, moi je pense que le 5 le plus important c’est celui qui est à la fin du match quand c’est chaud, donc ce serait bien, mais c’est relié au travail. Si je suis bon, si je progresse, si je m’investis, je vais jouer, et pourquoi pas plus.

Est-ce que tu as reçu des conseils de joueurs NBA français à l’aube de ta première saison dans la ligue ?

Je connais Frank (Ntilikina) depuis pas mal de temps déjà, on a joué l’un contre l’autre en espoir, on a fait les préparations avec les équipes de France, donc c’est vraiment un bon pote à moi. On a été en contact toute la saison dernière et puis quand je suis venu faire les workouts, on s’est vu quand j’ai fait un workout à Brooklyn. On a beaucoup échangé, je lui ai posé plein de questions, on a beaucoup parlé, de tout et de rien. J’ai aussi échangé avec Evan Fournier, on a discuté un peu. Boris Diaw pas mal aussi, je l’avais eu par message, on avait discuté quand j’étais en équipe de France. J’ai aussi pas mal parlé avec Timothée Luwawu, que je connais. On voit qu’ils sont tous contents qu’un nouveau français arrive dans la ligue, qu’un nouveau représente la ligue, et on se soutient entre nous !

Entre joueurs, est-ce que vous parlez de l’objectif collectif pour la saison ? Quel est-il ?

C’est évidemment de finir en étant la meilleure progression de l’année. L’équipe avec la meilleure progression. Et c’est un objectif. L’année dernière il y a eu 20 victoires, et il faut en espérer beaucoup plus. Mais l’objectif collectif serait de finir avec la meilleure progression de l’année.

Et qu’est-ce que t’as tiré des deux premiers matchs de pré saison au niveau individuel ? Après avoir eu un gros temps de jeu face à Sacramento, et un temps de jeu un peu réduit contre les New-Zealand Breakers ? (L’interview a été réalisée après le second match, ndlr)

J’apprends, j’apprends en permanence, quand je suis sur le terrain, quand je regarde des vidéos, quand je suis sur le banc. Et voilà, j’ai encore beaucoup de travail car la NBA ce n’est pas rien, mais je suis prêt à ça, prêt à me mettre au travail, je suis patient aussi, et mon objectif c’est de jouer et d’avoir une longue carrière en NBA. Mais contre Sacramento c’était une bonne expérience, il y avait de bons joueurs, et on verra aussi demain face à Portland, je me sens prêt pour pouvoir apporter quelque chose au fur et à mesure que la saison se déroulera.

Propos recueillis par Ulysse Bex à Phoenix

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