[Interview] Kyrie Irving : « Rien de comparable à Boston »

[Interview] Kyrie Irving : « Rien de comparable à Boston »

Très affable pour son passage à New York, où il avait auparavant cherché à éviter toute distraction, en venant s’échauffer lorsque le Madison Square Garden était vide et en prévenant la presse qu’il ne s’exprimerait qu’après le match, le meneur des Celtics est revenu sur son attachement à la Grosse Pomme, mais aussi et surtout aux hommes en vert…

Kyrie, où en êtes-vous de vos sensations, particulièrement au tir ?

Chaque fois que ça rentre, c’est tout bénef (rires) ! J’essaie de ne pas me mettre trop, (il insiste longuement sur le mot) trop de pression sur moi-même. Il faut que je retrouve le rythme, que je me concentre sur les différentes choses que je peux faire aussi : créer des opportunités pour les autres, ou mettre des paniers moi-même, ou aller aux lancers en fin de match. Moi et Al (Horford) – même si je ne veux pas trop parler pour lui –, on a eu des tirs qui normalement rentrent, surtout dans le quatrième, et là ce n’est pas rentré face aux Knicks ce soir (victoire 103-101 cependant dans la nuit de samedi). Mais tout le monde est resté agressif, on a eu des contre-attaques… On a des gars qui peuvent en mettre rapidement, on peut envoyer le ballon au poste bas, ou alors je peux être en iso au coin de la raquette pour lire le jeu, particulièrement les écrans et les coupes lignes de fond.

Quel était votre état d’esprit en toute fin de match, particulièrement la séquence avec Jayson Tatum ?

Il aurait dû mettre ce dunk ! Je lui ai dit : « Je ne peux pas dunker pour toi, je peux juste te passer le ballon ! ». Même quand il a récupéré la gonfle après, il y avait trois gars qui lui criait dessus, moi côté opposé avec les mains en l’air en train de gueuler : « Qu’est-ce qui se passe ?! »… On en rigole là, mais au final, le gars a calé un move incroyable : dream shake, tir difficile. Le gars est super talentueux ! Être aussi jeune et aussi serein en même temps, c’est un super signe pour lui.

« J’ai pensé à jouer pour les Knicks »

On sait que vous considériez New York avant de confirmer rempiler avec Boston l’été prochain. A quel point les Knicks vous intéressaient ?

Toutes les équipes avaient mon attention. Mais bien entendu New York avait une place spéciale dans mon cœur. Je suis du New Jersey. Donc je me suis projeté en tant qu’agent libre oui. Avoir une rencontre avec eux, jouer pour Fiz (coach Fizdale), le super groupe de jeunes qu’ils ont… Penser à jouer avec KP (Kristaps Porzingis) aussi, c’était méga important à mes yeux. Avant de prendre ma décision, ou plutôt de prévoir de signer à nouveau avec Boston. Donc oui, je considérais New York très fortement.

Êtes-vous proches ?

Pas vraiment, je suis surtout un fan de loin quoi ! Je l’ai vu sur New York bien sûr, puisque je suis beaucoup ici pendant l’été. Mais je suis surtout fan de lui depuis le début, puis après l’avoir vu en match, sur le parquet… Je lui ai demandé ce soir s’il se remettait bien. Quand est-ce qu’il pensait revenir. Ça m’a fait mal de voir ce qui lui est arrivé. C’est un jeune joueur tellement génial. Une pièce importante pour New York… Je serai toujours fan du talent qu’il a !

La décision a été facile au final, non ?

(Il sourit) Je pense que si vous étiez dans ma position, ç’aurait été une décision facile pour vous aussi ! Quand on pense qui on a dans ce groupe, le futur qui nous attend… Pour moi, quand je prends en compte mon âge, comment je vois le reste de ma carrière, l’héritage que ce club a, ceux qui sont passés avant moi aux Celtics… Ma mère et mon père se sont rencontrés à Boston aussi, donc j’avais un lien de ce côté-là également. Donc encore une fois, je suis du New Jersey, j’ai un lien fort avec New York, mais ça n’a rien de comparable à ce qu’offre Boston.

« On peut se sentir bien… »

Vous avez été dans une équipe championne NBA. Ce groupe-là en a-t-il l’ADN ?

Il nous reste 79 matchs ! 79 ! J’essaie de prendre les matchs les uns après les autres et de profiter de chaque moment : les hauts, les bas, l’adversité que l’on va forcément rencontrer. Notre constance des deux côtés du terrain, notre effort… Et je suis dans un rôle nouveau cette année ! Un rôle que je n’ai jamais eu dans ma carrière jusque-là. Ce n’est pas les stats, ou combien je mets de tir… C’est l’impact que je vais avoir sur le jeu, sur le groupe. Je veux en profiter, et je sais aussi qu’il va falloir jouer très dur en défense, et garder le groupe sur la même longueur d’onde. Voilà mon focus.

Vous vous moquez sûrement que beaucoup d’observateurs vous voient favoris à l’Est. Pouvez-vous cependant utiliser certaines attentes, personnelles et collectives, comme source de motivation ?

Quelque part c’est normal, mais nous n’avons encore rien mérité ! Les compliments qui nous sont adressés, on doit les valider chaque soir. Cela fait partie de l’identité que l’on veut construire. Cela fait partie du processus, d’une longue saison comme celle-ci. J’essaie de ne pas mettre trop de pression sur moi-même et sur mes coéquipiers, mais bien sûr, si on sort notre meilleur basket tous les soirs et qu’on fait tout ce que l’on doit faire, on peut se sentir bien, vu ce que l’on a…

Propos recueillis par Antoine Bancharel, à New York

Leave a Reply