[Ma NBA vol. 2] Evan Fournier : « Draymond Green parle beaucoup, mais bon, dans sa situation c’est facile de parler ! »

[Ma NBA vol. 2] Evan Fournier : « Draymond Green parle beaucoup, mais bon, dans sa situation c’est facile de parler ! »

Ma NBA continue sur Basket-Infos, et pour ceux qui ont déjà participé, on arrive avec de nouvelles questions. C’est le cas avec Evan Fournier (la première saison avec lui est ici), qui ouvre le bal de cette nouvelle édition…

Evan, tu nous avais déjà parlé de ton meilleur souvenir l’an dernier, mais c’était sur toute une période (les playoffs avec Denver). Si tu devais vraiment prendre un moment en particulier, ce serait lequel ?

Mon premier buzzer-beater là, que je viens de mettre, c’est un truc que tu rêves, gamin. C’est vraiment un moment spécial, pour tout basketteur. J’avais fait des tirs pour la gagne, mais pas au buzzer. C’est mieux, c’est mieux ! Il y a un petit truc en plus. Le match est fini derrière. Tu n’as plus rien d’autre ! C’est un point d’exclamation en plus.

Tu le décris comme un rêve de gosse. Combien de fois tu t’es fait le « 3, 2, 1… » gamin justement ?

Des milliers de fois ! (Sourire) Et je le fais encore hein ! Quand on est à l’échauffement, on le fait tous encore, des fois. On reste des gamins quelque part, même en tant que joueurs NBA, parce qu’on aime le basket… C’est des trucs auxquels on s’amuse un peu en fin de séance quoi. Ou faire des tirs un peu casse-croûte, aussi !

Sur le moment, on sent qu’il y a de l’intensité dans ta réaction, mais que tu la gardes à l’intérieur…

Oui, je suis intense, mais mon visage est fermé quoi. J’étais encore hyper concentré en fait, juste après. Puis bon, une fois que les coéquipiers me tombent dessus, bon ben là je me lâche quoi, obligé… Je ne vais pas juste aller prendre mon café (rires) !

Tu t’exprimes par contre très facilement devant les micros, sans filtre quasiment, c’est aussi comme ça sur le terrain ?

Ah bah bien sûr ! Je suis comme ça, que ce soit sur le terrain ou en-dehors.

Un peu trash-talker même ?

(Il réfléchit un peu avant d’affirmer) Ouais. Ouais. Carrément ouais.

« Le plus gros trash talker en NBA, c’est Draymond Green »

 

Il y en a d’autres avec qui tu as des joutes verbales du coup ?

Disons qu’il y a des gens qui sont plus compétitifs et ça se traduit par de la parole. Mais il n’y a rien de personnel. C’est sur le terrain. Ça se règle sur le terrain et ça fait partie du match. Il n’y a pas vraiment de joueur en particulier avec qui ça chambre pour moi, mais c’est sûr que quand tu as un gars assez compétiteur, sur ton poste, ça se termine souvent comme ça. Après, je ne peux pas tout à fait comparer avec l’ancienne génération, puisque je ne jouais pas, mais peut-être qu’ils en faisaient plus. Il faut dire que c’est moins permis maintenant. Tu te prends vite une faute technique. Du coup c’est moins fréquent.

Qui est le plus gros trash-talker de la NBA selon toi ?

Si je dois en dire un, Draymond (Green) parle beaucoup. Mais bon, dans sa situation, c’est facile de parler ! Quand tu joues à Golden State… C’est plus facile. En même temps, ça se voit aussi que c’est quelque chose qui lui permet de bien jouer, ça fait partie de lui. Puis bon, vu comment il a grandi, ça se comprend, il en avait besoin (gamin, Green s’embrouillait et même se battait régulièrement avec les adultes qui ne voulait pas le laisser jouer des matchs de pick-up, ceux-ci le bizutant régulièrement en retour, les altercations physiques étaient quasi quotidiennes ; des membres de gangs finissaient par parier sur lui, tellement même eux étaient impressionnés par sa dureté… lecture recommandée).

En-dehors des mots, qui est le plus physique en NBA ?

En ce moment ? Ecoute, quand tu joues (Boban) Marjanovic, ce n’est pas le plus épais, mais c’est le plus lourd, le plus grand… Franchement, quand il est dans la raquette, c’est impossible de le sortir. Ses mains aussi ! C’est fou… Tu as vraiment l’impression que c’est un géant en fait le gars ! Sinon, je pense à quelqu’un comme (Andre) Drummond aussi, qui est très costaud.

« Aaron fait vraiment des trucs de fou, plus en match d’ailleurs »

 

Et le plus athlétique ?

Le joueur le plus athlétique ?! (Longue pause) Ah put… c’est une bonne question ça. C’est une très bonne question. Déjà, je joue avec un gars qui est juste… incroyable ! Aaron (Gordon) il fait des trucs… D’ailleurs les trucs de fou qu’il fait, c’est encore plus en match qu’à l’entraînement. L’intensité du match, quelque part, ça doit jouer. Quand Aaron nous a fait sa signature à la Karl Malone là sur le alley-oop cette semaine, c’est juste un truc de ouf ! C’était fou, fou ! Non, Aaron, il est vraiment surprenant, même pour nous qui le voyons tous les jours. Surtout qu’il est grand et costaud en plus ! Ce n’est pas un petit gringalet qui saute. Donc lui et Zach Lavine je dirais. Zach est impressionnant aussi.

 

Ils se l’a sont bien donné d’ailleurs (lors du Slam Dunk Contest 2016)…

Yep !

Tu connais la question : qu’est-ce qui a le plus d’impact, dunk ou trois points ? Ça dépend vraiment de la situation ?

Ça dépend totalement de la situation du match oui. Un dunk ouvert, au final, c’est juste un panier à deux points. Après, si tu dunk sur toute une défense, ça peut vraiment donner énormément d’énergie à toute l’équipe ! Quand c’est un trois points, normalement c’est mieux qu’un deux points, mais il y a vraiment des arguments pour et contre, en fonction des situations. Même moi, je ne préfère pas forcément faire l’un ou l’autre, ça dépend. Après, si c’est pour un buzzer-beater, là je préfère vraiment un tir.

D’après toi, qui forme le meilleur duo d’intérieurs actuellement ?

Meilleur duo d’intérieur ? C’est une très bonne question ça aussi. Je ne sais pas. Vraiment, là je ne vois pas. Surtout avec les stretch 4 maintenant…

« Le meilleur duo d’intérieurs ? Shaq et n’importe qui d’autre ! »

 

Et historiquement ?

Bah, en fait, Shaq et c’est tout! Qu’importe qui était le deuxième gars à côté, n’importe qui ! Shaq quoi ! Si tu veux, moi, quand j’ai commencé à suivre le basket, c’était au début des années 2000, quand il était ultra dominant avec les Lakers. Donc je ne peux pas vraiment comparer avec les générations d’avant, et depuis on n’a pas vu d’intérieur qui était aussi dominant que ça. Donc voilà !

Côté backcourt ce serait qui ?

Klay (Thompson) et Steph (Curry). Historiquement aussi d’ailleurs, je pense qu’ils y sont. Mais sinon j’aimais bien Joe Dumars avec Isiah Thomas aussi.

Si tu devais pointer la meilleure décision que tu as prise depuis que tu es en NBA, ce serait laquelle ?

La meilleure décision que j’ai prise ? C’est difficile de te répondre à ça, parce que je n’ai pas eu de décision difficile à prendre depuis que je suis en NBA. La seule qui l’a été dans ma carrière, c’était est-ce que je quitte l’INSEP ou pas ? Quand je suis parti en Pro B, alors qu’il me restait encore un an à Nanterre. C’était la seule un peu compliquée, où je me suis posé pas mal de questions. Mais sinon, le reste, c’était une évidence pour moi.

Et la pire ?

Y’en a pas de pire. J’ai déjà fait des mauvaises actions, pris des mauvaises décisions en match, mais sinon non, jamais. Sincèrement, quand tu es en NBA, tu n’as pas… je n’ai rien en tête.

Ta carrière est encore jeune, mais un moment à raconter à tes petits-enfants au coin du feu, ce serait lequel pour l’instant ?

Un seul moment ? Je leur raconterai tout le processus de la draft. Aller de ville en ville, s’entrainer, faire les workouts, ne connaître personne, ne pas avoir d’argent… Très peu dormir, ou même manger… Parce que c’est un moment fort. Qui est très dur. Et tu es seul. Donc ce n’est pas évident à gérer. Le test NBA commence avant, mais c’est la première fois où tu es vraiment confronté à cet univers. Tu ne te poses pas forcément de question, mais ça reste très dur. Très dur.

Propos recueillis par Antoine Bancharel, à New York

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