Les dessous du workout Stephen Curry – Luka Doncic; Brandon Payne : « Luka, c’est un savant du basket »

Les dessous du workout Stephen Curry – Luka Doncic; Brandon Payne : « Luka, c’est un savant du basket »

En août dernier Luka Doncic postait une photo en compagnie de Stephen Curry, prise lors d’un workout à une trentaine de kilomètres de l’Oracle Arena. Workout dirigé par un certain Brandon Payne, le fameux coach personnel de Stephen Curry, en tout petit comité. Une rencontre organisée par Bill Duffy, agent du prodige slovène, dans laquelle NBC Sports nous plonge.

« Je voulais juste qu’il soit exposé à l’excellence de Steph. Pas juste les skills de Steph, mais qu’il puisse apprécier le boulot qu’il y a derrière. » Duffy

Qu’il voit également comment un des meilleurs joueurs de la planète peut aussi être coaché, dirigé et corrigé

« Je voulais lui montrer que quelqu’un de ce niveau peut aussi accepter des instructions, accepter d’être corrigé. Brandon dit à Steph de faire ceci, de ne pas faire cela, il le corrige. Je pense que Luka était genre ‘Wouah, Steph est un joueur du top 2-3 et il a quelqu’un qui le pousse comme ça pour être le meilleur ?’ Etre exposé à ça, c’était spécial. » Duffy

Curry avait déjà un workout de prévu avec Payne, mais aussi la star des lycées Jalen Green, numéro 1 de la class 2020. Duffy a alors contacté Payne pour voir s’il pouvait aussi se joindre à eux. Ce dernier a accepté, mais Duffy a tenu à le prévenir d’une chose

« Hey, tu sais, il n’a jamais vraiment bossé comme ça avant. Tout va être nouveau pour lui. Sois patient. » Duffy

Les workouts de Curry sont bien connus et bien documentés, mais ils ne sont pas à la portée de tous. Ce workout, qui devait durer une heure, s’est terminé après 3 heures – à la demande de Doncic – un enchaînement d’exercices plus difficiles les uns que les autres, comme ce premier exercice sur la vidéo où Payne donne les ordres aux joueurs qui doit les exécuter rapidement

« Ce sont des concepts vraiment difficiles. Quand tu es steph, ce sont des concepts difficiles. Ce n’était pas un petit workout. C’était vraiment le workout que je fais avec Steph et qu’il est important de faire. Le balancer là-dedans et qu’il réponde comme il a répondu, c’était impressionnant. Luka, c’est un savant du basket. » Payne

Cet exercice Curry met 3 minutes pour le terminer, avec une fluidité impressionnante. Doncic, même s’il n’est pas n’importe qui, a galéré un peu plus, pas aidé non plus par le fait qu’il n’est pas bilingue, et a mis 9 minutes et 48 secondes.

« Sur cet exercice il y a beaucoup d’informations qui vous sont balancées en même temps, c’est difficile. Ma terminologie est vaste. Les mots ne sont pas complexes mais quand ce sont des combinaisons, c’est difficile à assimiler. » Payne

Sur le drill de dribbles, qu’adorent les Américains, le Slovène galère bien plus que Stephen Curry et Jalen Green. Au-delà des difficultés de Luka à réaliser mécaniquement cet exercice, Payne note aussi un détail intéressant.

« Tu vous comment Luka a la bouche fermée, puis après il tire la langue ? C’est le premier signe d’une surcharge neurologique. Comme si c’était trop pour le joueur. Il ne pouvait pas respirer parce que sa bouche était fermée. » Payne

Quant à Curry, il effectue lui cet exercice, qu’il connait par cœur, avec une grande facilité, la bouche ouverte

« C’est ce que je recherche. » Payne

Doncic n’était pas non plus aidé par le fait qu’il avait pris un mois de repos pour se remettre d’une grosse saison en Europe et était loin d’être en pleine forme. Il a été mis à rude épreuve sur certains exercices

Un drill nommé 3-2-1 Perfect qui est fait en fin de séance pour simuler la fatigue d’une fin de rencontre. Il faut mettre 3 shoots de suite sur 5 positions puis 2 de suite sur ces 5 mêmes spots dans l’ordre inverse et enfin faire un 5/5 sur le même spot. L’exercice ne se termine que lorsque le joueur l’a réussi à la perfection.

« Les quadriceps de Luka sont en feu là sur cet exercice. Je lui ai demandé s’il voulait abandonner. Il a dit non. 9 minutes c’est très long pour enchaîner des shoots et des dribbles difficiles sans s’arrêter. C’était dur, vraiment dur maintenant que je vois les images. » Payne

En parlant de qualités physiques, la première chose qui a surpris Payne, comme la plupart des gens qui voient Doncic en vrai, c’est son gabarit

« Putain, il est énorme. Luka est vraiment imposant. Il fait 2m03, facile. C’est un grand gamin. » Payne

Parmi les interrogations à son sujet avant la draft, il y avait un manque de qualités athlétiques, mais la semaine avant ce workout, Doncic est passé par le laboratoire P3 Sports Science à Santa Barbara, l’occasion de mesurer tout un tas de choses et de voir que comme James Harden, il possède une capacité de décélération unique (on en avait parlé ici), lui permettant de créer une séparation avec le défenseur sans être explosif

« C’est un gamer. Je n’ai jamais vu quelqu’un contrôler un défenseur avec un changement de vitesse comme il le fait. Il prend votre contrôle. Vous ne le contrôlez pas. Il vous contrôle. Il a ce toucher et ce feeling qui ne s’apprennent pas. » Payne

Et en quelques mois il a vu la progression du Mav en termes de footwork.

« Son footwork est incroyable maintenant, c’est énorme. A la fin des matchs ? C’est incroyable. Le pire c’est qu’il est encore brut. Imaginez à quel point il va devenir bon s’il bosse. » Payne

Outre ses attributs physiques, Payne a apprécié la bonne humeur, l’enthousiasme du Slovène malgré un entraînement très difficile. A côté de Curry, il n’a pas manqué non plus de rigoler de lui-même quand il voyait la facilité avec laquelle le Warrior arrivait à faire certains exercices par rapport à lui. Mais toujours avec un esprit de compétition et la volonté de faire aussi bien et il a tenu le rythme du double MVP sur de nombreux exercices en fin de séance.

« Stephen bosse avec moi depuis aussi longtemps que Luka joue au basket. Steph fait des séries où il n’a pas l’air humain. A tel point où lorsqu’il touche l’arceau sur des paniers réussis on considère presque que le shoot est raté. »

Durant ces 3 heures Stephen Curry a prodigué des conseils au rookie, n’hésitant pas à le prendre à part pour le coacher et lui montrer ce qu’il fallait faire.

« C’est la première fois que je voyais Steph endosser ce rôle de mentor au milieu d’un workout. La première fois. » Payne

Cette volonté de bosser, d’apprendre c’est ce qui fait que le potentiel de Doncic, auteur d’un début de carrière fabuleux, est difficile à imaginer.

« Il est fait pour ça. Je ne sais pas quel est son potentiel ? Est-ce que Steph Curry se fixe un plafond ? Steve Nash ? Kobe Bryant ? Luka fait vraiment partie de cette catégorie. » Payne

Via NBC Sports

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