[Interview] Rudy Gobert : « Quand tu gagnes, tu as le respect, et tu as tout ce qui va avec. Donc pour moi, c’est gagner qui compte »

[Interview] Rudy Gobert : « Quand tu gagnes, tu as le respect, et tu as tout ce qui va avec. Donc pour moi, c’est gagner qui compte »

Elu joueur de la semaine passée, le pivot du Jazz est en pleine course pour le positionnement en playoffs à l’Ouest. Le Français est revenu avec nous sur ces sujets, sans oublier la Coupe du monde en ligne de mire.

Rudy, comment as-tu pris d’être élu joueur de la semaine ?

C’est une bonne reconnaissance. Après, c’est l’équipe. Quand on gagne. Ce genre de chose va arriver. Mais c’est ça le plus important : continuer de gagner et continuer sur notre bonne lancée.

Sens-tu quand même que la reconnaissance individuelle arrive un peu plus, contrairement à d’autres années ou tu as peut-être été un peu snobé, et même cette année où la non-sélection au All-Star Game t’a beaucoup affectée ?

Un petit peu. Je pense que les médias sont bien sûr un peu plus informés que les fans… (il hésite en cherchant le mot) « mainstream », on va dire. Mais après, la reconnaissance, ça met forcément plus de temps à venir quand tu es dans un petit marché. Par contre, ça vient tôt ou tard quand tu gagnes. Quand tu gagnes, tu as le respect, et tu as tout ce qui va avec. Donc pour moi, c’est gagner qui compte. Et pour ça, je sais aussi que je dois continuer de progresser.

Et collectivement, que devez-vous faire ?

Continuer à se concentrer sur chaque match, match après match. On doit vraiment être concentrés sur nous-mêmes, déjà, pour continuer à progresser. Quand la saison sera finie, je pense que l’on sera dans une très bonne position.

« J’espère gagner plusieurs titres avec Donovan ! »

 

C’était une vraie course à la qualification l’an passé, cette année c’est le positionnement ?

Chaque année est un peu folle ! L’an dernier, on ne savait pas qui allait faire les playoffs : tu avais trois équipes à égalité et une qui allait sauter, avec tout ça qui se décide jusque sur le dernier match ! Cette année, techniquement, on ne sait pas qui va finir de trois à huit. On ne sait pas ce que ça va donner ! Tout le monde peut jouer tout le monde, tous les qualifiés. A part Denver, qui ne devrait pas jouer Golden State. Mais le reste, on peut affronter n’importe qui ! Ça va être fun de suivre ces dix-douze derniers matchs et surtout comment tout ça va se dérouler derrière.

On regarde le classement tous les jours dans cette situation ?

Je suis les résultats. Donc forcément, quand tu suis les résultats tous les jours, tu commences à te faire une idée du classement. Quand une équipe commence à perdre beaucoup, tu sais qu’elle peut glisser jusqu’à la huitième… Bon, là, que ce soit les Clippers, les Spurs, ou nous, on enchaîne tous les victoires ! Donc on est au coude à coude, mais on va voir comment cela va se terminer (il sourit).

A quel point Donovan Mitchell – et notamment son retour au premier plan après trois premiers mois difficiles – impacte cette équipe du Jazz ?

C’est un joueur qui a un talent exceptionnel. Il est encore jeune, mais il montre qu’il continue toujours de progresser. Et surtout, que c’est un compétiteur et quelqu’un qui veut gagner. Il a un futur radieux dans cette ligue. Et j’espère que l’on va pouvoir gagner plusieurs titres ensemble.

« On vise la plus haute marche à la Coupe du monde »

 

En parler de gagner des titres, le tirage pour la Coupe du monde n’est pas vraiment un cadeau…

C’est vrai que c’est une poule avec trois grosses équipes. Mais peu importe ! On va y aller avec l’intention de gagner chaque match, et puis après on va voir ! On va sûrement progresser au fil de la compétition en plus.

On peut dire que c’est un objectif personnel, et que vous avez aussi une forme de motivation collective pour cet été ?

Oui, c’est clairement un objectif. J’ai toujours voulu y participer et j’espère être en bonne santé au moment voulu. Collectivement, on vise la plus haute marche, donc c’est à nous de construire une bonne équipe, de bien nous préparer, et puis de faire une bonne compétition.

Surtout qu’après plusieurs années d’affilée sur les podiums puis quatre ans de disette, il doit y avoir une certaine faim de médaille ?

C’est clair ! D’autant qu’en plus on a un groupe qui évolue. Il y a beaucoup de jeunes joueurs qui arrivent. Et aussi certains comme Evan (Fournier) et moi qui ont envie de… qui ont envie de s’imposer un peu dans cette équipe ! On est impatients ! On est impatients de démarrer cette compétition et surtout de se qualifier pour les jeux olympiques de Tokyo.

Propos recueillis par Antoine Bancharel, à New York

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