Il y a 16 ans Steve Kerr imaginait le shooteur parfait, qui ne le serait plus vraiment désormais

Il y a 16 ans Steve Kerr imaginait le shooteur parfait, qui ne le serait plus vraiment désormais

Il y a 16 ans, quelques mois après avoir disputé ses derniers matchs en NBA, Steve Kerr évoquait dans Yahoo! Sports les meilleurs shooteurs de la ligue, et à l’époque il avait du mal à en désigner un comme au-dessus du lot :

C’est une tâche difficile d’identifier le meilleur shooteur en NBA. Si je devais donne quelques noms parmi les meilleurs, je dirais Ray Allen, Reggie Miller, Peja Stojakovic, Sam Cassell, Eric Piatkowski, Glen Rice, Pat Garrity, Michael Redd, Allan Houston et Steve Nash.

De ce fait il avait imaginé le shooteur parfait.

Ce sont tous des shooteurs exceptionnels et les classer serait difficile. Je n’arrive pas à en déterminer un qui sort du lot par rapport aux autres, de ce fait j’ai décidé de créer mon propre tireur d’élite, en utilisant les meilleures qualités et caractéristiques des shooteurs les plus compétents en NBA. J’ai appelé cette création le « Roboshooter. »

En tant que shooteur ma qualité fondamentale c’était l’équilibre. Sans une bonne base, un shooteur a tendance à bouger un peu et cela mène à un mauvais équilibre et à un shoot irrégulier. Le Roboshoter aura l’équilibre de Miller. Son équilibre est impeccable. Il n’est pas le joueur le plus costaud du monde, mais ses pieds sont solides pour soutenir son corps lorsqu’il shoote. Peu importe s’il shoote un lancer, un pull-up à 3-pts ou fait du catch & shoot en sortie d’écran. Son équilibre est une des raisons pour laquelle il a été si régulier durant sa carrière et pourquoi il prendra sa retraite en étant peut-être le plus grand shooteur longue distance de l’histoire.

Ensuite il y a le placement du ballon dans les mains du shooteur. Idéalement le ballon doit être tenu du bout des doigts et lors du shoot il doit rouler sur l’indexe et les doigts du milieu lorsqu’il quitte la main. J’ai toujours été émerveillé par la façon dont le ballon quitte les mains de Rice. […] Le Roboshoter aura ses mains.

En ce qui concerne le geste du bras, je ne pense pas qu’il y ait mieux que Cassell. Il a la forme parfaite et lorsqu’il relâche le ballon c’est parfait […] Son geste parfait sera excellent sur le Roboshooter.

Une qualité dont a besoin un grand shooteur c’est la capacité à mettre des shoots même quand il est fatigué. Un match NBA est long et usant, et un gars qui possède force et endurance a un gros avantage. Il peut courir près des lignes en contre-attaque, traverser les écrans, défendre et quand même rentrer un shoot à 3-pts contesté à 7.60 m en fin de rencontre.

Dans son prime Drazen Petrovic était le shooteur avec la meilleure condition physique. Il n’était jamais fatigué, il ne cessait d’utiliser les écrans et épuisait son adversaire alors qu’il rentrait shoot après shoot. Le mec qui se rapproche le plus de Petrovic de nos jours c’est Stojakovic. Il est grand, costaud, il bouge bien sans le ballon, et il balance le ballon dans le cercle de n’importe où et n’importe quand. Le Roboshooter aura sa force au niveau des jambes.

Les meilleurs shooteurs ne doivent pas seulement mettre des shoots mais savoir aussi comment se créer des shoots ouverts, avec ou sans le ballon.

Le Roboshooter aura la vitesse d’Allen Iverson, sa rapidité et son dribble pour pouvoir créer son shoot face à un défenseur coriace. C’est incroyable le nombre de fois où Iverson reçoit le ballon en fin de possession et a un super défenseur sur lui, et il fait juste un petit move en un-contre-un pour obtenir de l’espace afin de shooter.

Pour que mon Roboshooter puisse avoir des shoots ouverts en opérant loin du ballon, je vais lui donner un autre des nombreux talents de Miller. La façon dont il utilise les écrans, comment il repousse ou retient le défenseur, attrape son maillot, a fait de lui un des meilleurs joueurs en NBA juste pour obtenir un shoot ouvert et shooter.

Michael Jordan avait l’habitude de dire que défendre Miller en sortie de dribble c’était comme un combat de coqs dans une piscine. Tu l’attrapes, il t’attrape, et tout à coup il te met une petite poussette subtile et tu as une demi-seconde de retard pour lui courir après derrière un écran.

Il reste encore une chose pour créer le shooteur parfait. Même avec les fondamentaux parfaits, la technique, il y a un talent impalpable qui rend un shooteur spécial c’est l’audace, le fait de ne pas avoir peur. Un champion doit avoir le courage de shooter lorsque le match se joue et affronter les conséquences si le shoot ne rentre pas. Tout le monde se rappelle toujours des shoots de la gagne de Jordan, mais peu se rappellent qu’il en a ratés aussi beaucoup. Le truc ce n’était pas seulement qu’il voulait prendre le dernier shoot, il en avait besoin. C’était un tel compétiteur qu’il n’aurait laissé personne l’empêcher de prendre ce shoot pour gagner. Et s’il ratait le shoot, il n’était jamais abattu. Il relevait la tête et saisissait la chance de prendre le prochain shoot de la gagne.

Cette nature confiante et sans peur, peu l’ont. Larry l’avait. Magic Johnson aussi. De nos jours le meilleur shooteur clutch c’est Kobe Bryant. Bien qu’il y ait beaucoup de shooteurs clutchs dans cette ligue, Bryant sort du lot avec cette arrogance et cette confiance en lui. Il veut le dernier shoot, et son langage corporel vous fait dire qu’il va le mettre. C’est l’attitude qu’aura le Roboshooter.

Voilà, notre création est terminée, nous avons fini le shooteur idéal. Et en passant il ne peut pas défendre. Parce que comme le dit Bill Murray dans Space Jam, le Roboshooter ne défend pas, il shoote juste.

Désormais, il n’est pas bien difficile de sortir un joueur du lot, c’est Stephen Curry, que coache Kerr. Puis il possède aussi un des meilleurs shooteurs de la ligue et même aussi de l’histoire en la personne de Klay Thompson. Les deux affolent les records en la matière et à coup sûr le fameux Roboshooter serait inspiré de certaines de leurs qualités, même si le shooteur parfait de notre époque est un peu différent. Il aurait par exemple la capacité de Curry à shooter à des distances folles ou alors en sortie de dribble ou celle de Klay Thompson à ne jamais être fatigué et à pouvoir prendre feu comme personne. Ce shooteur des années 2020 il doit pouvoir allier plusieurs qualités comme shooter dans n’importe quelle position et pouvoir créer son shoot et shooter en sortie de dribble. Des qualités que peu, voire aucun joueur n’avait il y a 15 ans. Et aux Warriors, ils sont trois à les avoir selon Kerr : Stephen Curry, Klay Thompson et Kevin Durant.

« Le shooteur parfait dans le jeu moderne a trois choses. La capacité à pouvoir shooter de différentes manières. En Catch & shoot. En sortie d’écran. En créant son shoot avec son dribble. Je pense que nous avons trois  qui font ça […] Les fondamentaux ne changent jamais. Je pense que ce qui a changé c’est la perception de ce qu’est un bon shooteur et un mauvais shooteur. A l’époque un bon shoot à 3-pts était un shoot ouvert. Ce qui a changé c’est la portée de tir qu’ont ces gars désormais. Pas juste Steph ou Klay, mais dans toute la ligue. Chaque équipe a trois ou quatre gars qui peuvent shooter à 3-pts bien au-delà de la ligne. » Kerr

Via Yahoo! Sports

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