Tony Parker se confie et s’explique : « Je suis content, tout simplement »

Tony Parker se confie et s’explique : « Je suis content, tout simplement »

Après 18 saisons NBA magnifiques, couronnées de 4 titres, Tony Parker a décidé de prendre sa retraite, décision surprenante puisque même s’il avait confié que c’était du 50/50, on espérait le voir encore une année de plus, notamment en raison de match à Paris, mais il n’a pas du tout penché dans la balance.Il s’est expliqué au micro de L’Equipe mais aussi ESPN

« La décision est prise après une discussion avec Axelle (sa femme) tout simplement. Ensuite, tu prends toujours des avis, mes parents, mes frères, mon agent, mon manager. Mais au bout du compte, c’est vraiment une discussion entre Axelle et moi et ce que j’ai vraiment envie de faire. Cela s’est fait assez simplement. Je n’avais pas vraiment de fin rêvée. Mes parents et mes frères m’ont demandé si je ne voulais pas faire une dernière année, histoire de l’annoncer, de se préparer, avec en plus un match à Paris. Mais j’ai l’impression que c’est le bon moment. Ça fait vingt ans que je suis professionnel. Je n’ai aucun regret. Même si je sais que, dans ma tête, je pourrais largement jouer encore, refaire une saison comme j’ai fait cette année. Mais aujourd’hui, le fait de pouvoir passer plus de temps avec ma famille, mes amis, de laisser mon corps se reposer, tout cela prend le dessus sur la possibilité de jouer une saison de plus. Je suis à l’aise avec cette décision. »

Et cette décision était quasiment prise depuis pas mal de mois

« Je l’avais déjà plus ou moins prise depuis un moment. Après le All-Star break, je savais qu’il y avait 95 % de chances que je prenne ma retraite à la fin de la saison. Quand elle s’est terminée, je voulais juste me laisser un peu de temps, un mois et demi, pour être sûr. C’est quand même une grosse décision et une fois qu’elle est prise, tu ne peux pas revenir en arrière. C’est fini ! Ça se mûrit, ça se réfléchit. Et même si j’étais sûr au fond de moi, je voulais me laisser ce temps-là. »

Il en a discuté avec Tim Duncan et Manu Ginobili également, au téléphone puis lors d’un tennis avec eux.

« Ils étaient là : ‘T’es sûr ?’ Et j’ai répondu ‘Oui, je suis certain.’ Donc ils ont enchaîné en me disant ‘Si tu es sûr, je suis vraiment heureux pour toi. Nous avons connu une grande aventure et je suis impatient de te battre au tennis et qu’on pense du temps ensemble.' »

Il l’a aussi annoncé en personne à Gregg Popovich

« Je l’ai dit à Pop oui. Je suis allé le voir. »

Il y a quelques années il avait pourtant annoncé qu’il voulait faire 20 saisons dans la ligue et aux Spurs.

« Bien sûr, je voulais jouer 20 saisons, et je pense que je peux encore jouer. J’ai fait une bonne saison avec les Hornets et j’étais en bonne santé. Mais dans le même temps, je ne vois pas de raison de jouer 20 saisons. »

Il ne voulait pas faire cette saison de trop non plus

« Je suis juste réaliste. Il ne faut pas se mentir à soi-même. Je suis conscient qu’il y a une fin à tout. Il y a plein d’athlètes qui veulent pousser, pousser parce qu’ils pensent qu’ils peuvent jouer comme quand ils avaient 25 ans. Mais ce n’est pas vrai. À un moment, il faut laisser la place. Je l’ai fait en 2016 en équipe de France. J’aurais pu rester avec les Bleus jusqu’à 36, 37 ans, personne ne m’aurait viré par rapport à tout ce que j’ai fait pour cette équipe ! Mais après les JO de Rio, pour moi, c’était le bon moment. Et là, c’est pareil. J’ai été titulaire pendant dix-sept ans et à un moment donné, il faut laisser sa place. Je ne suis pas le type de joueur qui va changer d’équipe juste pour gratter une année et un peu d’argent. Je voulais déjà faire toute ma carrière dans la même équipe ! À la fin de cette saison, mon agent a eu des offres d’autres clubs pour la saison prochaine, mais ça ne m’intéresse pas. J’aime bien ma carrière comme ça. Dix-sept ans avec les Spurs, une dernière année avec Nico Batum, un ami à vie, et Michael Jordan, en patron de ma dernière équipe, pour boucler la boucle, c’est très bien. »

Mais physiquement il aurait pu continuer et il l’a montré cette saison.

« Je me sens très bien. Je peux facilement jouer deux saisons de plus. Sans souci. Physiquement je me sens bien, surtout avec le rôle de remplaçant que j’avais et le fait que JB avait géré mon temps de jeu. Je peux faire deux saisons de plus. Mais je ne veux pas juste jouer pour jouer et je n’ai jamais joué au basket comme ça. Je n’ai jamais joué au basket pour l’argent et je n’ai jamais joué au basket pour prendre du plaisir. Je veux gagner. »

Quant aux fameuses tournées d’adieux à la Dwyane Wade ou Dirk Nowitzki, quand on lui demande s’il aurait aimé en avoir une, il rétorque :

« Pas du tout, pas du tout. C’est marrant parce que m’on frère ma demandé ‘Tu ne veux pas faire comme Dwyane et Dirk ?’ Et j’ai dit ‘Non, parce que ce n’est pas avec le maillot des Spurs.’ Donc pour moi c’est différent. Dwyane l’a fait avec le maillot de Miami, Dirk avec le maillot de Dallas, donc c’était une belle façon de terminer leur carrière. Mais moi, c’était différent parce que j’étais avec Charlotte, donc je n’avais pas le sentiment qu’un au revoir était nécessaire. Mes adieux ils seront quand mon maillot sera retiré à San Antonio ou que si je vais au Hall of Fame. »

Il part sans le moindre regret, bien au contraire

« Je suis content, tout simplement. Je n’ai pas d’autres mots en fait. Je suis content et fier de ce que l’on a accompli avec les équipes où j’ai joué. Quand je me rappelle tous les rêves que j’avais, les rêves de carrière, de basketteur, de NBA, finalement la « vraie vie » a été encore mieux, plus grande que mes rêves. Je n’aurais jamais imaginé que je gagnerais quatre titres, que je serais dans le Top 50 des marqueurs de l’histoire de la NBA (49e avec 19 473 points). Tout cela ne m’effleurait même pas, tellement c’était impossible pour moi. Je ne vais pas dire qu’aujourd’hui c’est facile d’arriver en NBA. Bien sûr, ça ne l’est pas. Mais c’est plus accessible qu’il y a vingt ans, je pense. En revanche, gagner des titres, être All-Star, quoi qu’il arrive, ce sera toujours dur. Il y a être en NBA et être un vrai joueur en NBA. Et je suis content d’en avoir été un vrai, tout simplement. Je peux partir tranquille. Je n’ai aucun regret. C’est une carrière rêvée. Et même s’il y a des moments qui piquent un peu, comme la finale 2013 (perdue 3-4 face à Miami), je ne changerais rien. Ces douleurs-là font partie de la carrière. Toutes les défaites, et on en a eu qui ont fait très mal, c’est ce qui rend les bonheurs plus intenses encore quand tu gagnes. »

Et la page semble même déjà tourné puisqu’il pense que le basket ne lui manquera pas.

« Ça ne va pas me manquer parce que si je ne peux pas être Tony Parker, avoir la possibilité de gagner un titre, ça ne m’intéresse plus de jouer. J’ai toujours joué au basket pour essayer de gagner un titre. Les dix-sept ans passés aux Spurs, chaque année, j’avais l’impression que l’on avait une chance de gagner le titre. L’année dernière, c’est la première fois où j’ai commencé une saison NBA en me disant : « Là, on ne va pas gagner le titre ! » (sourire). Quand tu es formaté comme ça, quand tu es habitué à peser dans ton rôle, c’est un sentiment bizarre, ce n’est plus la même chose, ce n’est pas la même joie, ce n’est pas la même passion. »

Toutefois il concède qu’il y une petite chose qui lui manquera

Ce qui me manquera le plus, c’est de gagner.On ne s’en lasse jamais, c’est pourquoi c’est si bon de gagner avec mon équipe féminine, la victoire est un sentiment indescriptible. En tant que joueur, c’était magnifique de gagner le championnat et maintenant en tant que propriétaire, quand vous construisez quelque chose en partant de zéro. Je suis encore plus content pour elles. Cela n’a pas de prix de voir leurs visages. On ne s’en lasse jamais. On ne se lasse jamais de gagner des championnats.

On vous conseille le très long entretien sur L’Equipe avec David Loriot ici

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