[Interview] Vincent Poirier : « On n’a pas grand-chose à envier à Team USA »

[Interview] Vincent Poirier : « On n’a pas grand-chose à envier à Team USA »

Tout nouveau membre des Boston Celtics, Vincent Poirier sera attendu en Chine où il devrait pouvoir jouer un rôle intéressant en relais de Rudy Gobert au poste 5. Nous avons pu lui poser quelques questions au sujet des bleus mais aussi des Celtics.

Bonjour Vincent, tu arrives à ce rassemblement avec un nouveau statut : celui de joueur NBA, est-ce que tu penses que tu vas être plus ciblé en tant que tel ?

Je pense qu’ils vont plus se dire que je suis un top joueur Euroleague qu’un joueur NBA pour le moment (il a été élu dans le second cinq et fini meilleur rebondeur de la compétition). Oui, j’ai un autre statut qu’en 2017 et les coaches vont cibler la façon dont je joue comme nous on le fera pour eux. Je serai plus attendu, mais ça a été comme ça toute l’année et j’ai réussi à me démerder.

Un nouveau statut, ça veut aussi dire de nouvelles responsabilités ?

Oui, on m’a fait comprendre que cette année c’était différent. On me l’avait aussi dit à Vitoria, moi je prends, j’accepte et j’assume. J’ai travaillé pour ça. J’ai hâte de montrer que j’ai les épaules pour !

C’était important que Boris Diaw soit toujours dans le staff ?

Oui ! Boris est un membre important de l’équipe, en tant que staff ou en tant que joueurs. Il va intervenir sur certains trucs et il connaît le basket donc nous les jeunes (rires) on va l’écouter avec attention.

Vous allez aussi vous tourner vers les anciens de l’équipe comme Nando De Colo, Rudy Gobert ou Nicolas Batum ?

Oui, ce sont des joueurs qui ont l’habitude de ces compétitions, des matches importants donc oui on va apprendre d’eux. On sait que quand ils parlent, tout le monde les écoute et on fait attention à ce qu’ils disent.

Vincent Collet parlait d’objectif minimum de TQO, au mieux de médaille, quels sont tes objectifs ?

TQO, médaille. Après je ne vais pas te dire médaille d’or même si je ne suis pas là pour faire deuxième. On sait que beaucoup de gens parlent des Américains. Moi je pense qu’on n’a pas grand-chose à envier à Team USA aujourd’hui. Après c’est le basket, on n’est pas favoris et c’est légitime par rapport aux anciennes campagnes. Arriver en tant qu’outsider ça me va parce qu’on pourra surprendre plus de monde. L’objectif ça sera d’aller le plus loin possible, se qualifier pour les JO et une médaille forcément.

Le coach parlait d’un manque de crainte. Est-ce qu’à part Team USA, il y a des équipes que vous craignez vraiment ?

Non. Après il y a plein d’équipes comme la Serbie et l’Australie qui ont du talent et contre qui on sait que ça sera compliqué. Après de là à les craindre… On les respecte c’est sûr, mais je n’ai pas peur.

Ton histoire en Equipe de France est plutôt récente par rapport à certains cadres, mais tu sors d’une superbe saison en Euroleague, quel est ton statut au sein de cette équipe aujourd’hui ?

C’est clair, Rudy [Gobert] est pivot, Mathias [Lessort] et moi on est derrière. Mathias a un profil différent et sur certains matches il sera peut-être plus amené à jouer. J’accepte cette place, je n’ai encore rien prouvé en Equipe de France et je sais que je vais tout donner sur chaque match pour apporter le maximum. Les choses sont claires, Rudy est le premier pivot.

Bien performer sur une petite période de temps, tu sais bien faire, est-ce que tu préfères ça ou du temps pour t’installer ?

C’est toujours mieux d’avoir du temps de jeu, mais en équipe de France c’est différent parce que tu es tout le temps sur la route. En club j’aime bien avoir le temps et prendre le rythme des choses, surtout quand je ne connais pas le pays. Après je m’adapte assez vite. Une fois qu’il y a l’alchimie dans le groupe, ça va vite.

Malgré ton niveau assez exceptionnel cette saison, tu t’attendais à rejoindre la NBA dès cet été ?

Avant les playoffs de l’Euroleague je savais que j’aurai quelque chose, mais je ne savais pas quoi. Je me sentais prêt. C’était le meilleur moment pour y aller. Je savais que les Celtics me voulaient pour les playoffs, mais j’ai refusé. Ca me conforte de les avoir rejoints, je sais que j’ai fait le bon choix parce que c’est une équipe qui sait ce que je vaux.

La situation a pas mal évolué et s’est ouverte avec le départ d’Al Horford, qu’en penses-tu ?

On sait que c’est toujours compliqué pour un joueur européen d’aller là-bas et de s’imposer tout de suite. Je le ferai étape par étape comme j’ai toujours fait, je ne me fixe pas d’objectif à court terme. Il faut s’adapter vite et performer rapidement sans pour autant être all-star à la fin de l’année.

Quand est-ce que tu t’es dit que tu allais jouer en NBA ?

L’année dernière je savais que c’était une possibilité et après ma saison de cette année, je savais que c’était maintenant ou jamais parce que sinon, je signais un nouveau contrat en Europe et ça aurait été compliqué d’y aller. Je pense que c’était la saison idéale.

Tu n’as été en contact qu’avec les Celtics ou d’autres franchises comme les Nets avec qui tu as joué en Summer League t’ont aussi approché ?

Il y a eu d’autres contacts, mais sans contrat ça ne veut pas dire grand-chose. Les Celtics ont été les premiers à m’offrir un contrat et pour les autres, on leur a dit « Trop tard »

Les Celtics, c’est la franchise la plus mythique de la NBA, qu’est-ce que ça représente pour toi ?

C’est beau déjà. Quand une franchise comme ça s’intéresse à toi, une franchise qui vise le titre chaque année, ça veut dire qu’ils ont vu en toi quelque chose d’important. Je suis fier que ça soit moi.

Etant donnée ta progression, tu te vois dans quelle All-NBA Team dans 3 ans ?

La première pourquoi pas ! La deuxième ça m’ira aussi, si je peux passer devant Rudy je pourrai le narguer (rires)

Propos recueillis par Hugo Givernaud

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