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Interview Xavier Delarue : Retour sur son expérience canadienne

Echo de Laval Journal de Montréal

De retour en France, Xavier Delarue a malheureusement du quitter le Canada et son équipe de Montreal pour des raisons personnelles, et a donc du mettre fin à son contrat au regret de ses dirigeants. De son côté, c’est également avec amertume qu’il a quitté les Jazz de Montreal, auteur d’une saison plutôt correcte avec 5.3 points, 4.1 rebonds, 2.1 passes, 1.2 interceptions en 17 rencontres. A cette occasion, Xavier a gentiment accepté de répondre aux questions de Basket-infos, et revient pour nous sur sa belle expérience outre-Atlantique.

Bonjour Xavier, comment vas-tu en ce moment ?

Bonjour Patrick, d’un point de vue personnel je peux dire aujourd’hui que je vais bien, je vis un moment précipité dans ma vie car comme on a pu le lire d’un communiqué de mon club j’ai dû, avec un énorme regret, je dirais même un crève-cœur, quitter le Canada pour des raisons qui ne concernent pas le basket. C’est toujours très frustrant de devoir prendre ce type de décision mais parfois la vie l’emporte sur le sport, j’ai toujours privilégié mon métier tout au long de ma carrière mais sur ce cas-là je me devais d’être présent, c’est sûrement la maturité. Puis la distance entre le Canada et la France ne permettait pas de gérer la situation au mieux alors j’ai dû rentrer accompagner de mon épouse.

Tu es devenu le premier français à signer en NBL (au Canada), quelles ont été les raisons de ton départ ?

Je suis vraiment très fier d’être le premier français à avoir foulé les parquets de la NBL, l’objectif de départ n’était pas de trouver un championnat où j’aurais pu être le premier de quelque chose mais la situation et le destin en ont décidé de la sorte . J’ai relevé ce pari fou lorsque mon agent (Alexandre Atinkpahoun) me l’a proposé, je voulais jouer à l’étranger (Suisse ou Belgique) pour voir autre chose, je voulais vivre quelque chose de différent et je peux vous dire que je ne suis pas déçu de ce que j’ai pu vivre.

Et d’être en plus le 1er Français de ce championnat est fabuleux, c’est une grande responsabilité vous savez, j’étais une attraction  dans ce championnat . Wouaaww un Français !! Et en plus de tout çà je suis venu dans un objectif défensif . Donc je peux vous dire que les commentaires n’ont pas tardé à sortir après les premiers matchs. Les commentateurs de London ou St John me surnommais  le « Strong guy » ou encore « The Bukly » (rire) pour vous dire quel poison j’ai été pour les scoreurs de la ligue. En plus d’être le premier français c’est la reconnaissance des commentaires et de mon travail que je retiendrais.

C’est tout de même la première fois que tu pars jouer à l’étranger. Comment as-tu vécu cette situation ?

C’est vrai que c’est la première fois que je prenais réellement la décision de partir en dehors de nos frontières. J’en avais déjà eu l’occasion mais je n’avais jamais été jusqu’au bout. Peut-être par souci de confort ou de peur de prendre un tel risque et puis il faut dire que chaque année j’ai trouvé des défis intéressants dans chacun des niveaux de notre championnat.

Je suis parti au départ avec tout le confort dont un joueur étranger puisse rêver. Tout était calé et finement étudié jusqu’à la promotion de mon départ que mon agence de presse avait envie de mettre en avant alors nous avons joué le jeu parce qu’on aime faire partager notre bonheur et le fait de partir dans cette aventure, dans un nouveau championnat au Canada ‘wouaw on voulait s’éclater !!!’

Justement, quelles ont été les difficultés que tu as rencontrées lors de ton arrivée outre-Atlantique ? Qu’est ce qui t’as le plus surpris ?

Et bien au départ il n’y avait pas forcément de difficulté, j’ai vécu 15 jours de promotion pour le club (Kebs de Laval) ou j’ai fait des apparitions dans les écoles, j’ai rencontré différents partenaires, des médias (radios, site web, télé) et j’avais l’impression que tout roulait.

La suite est moins fun (rire). Ce qui m’a vraiment surpris et je pense que tous ceux qui sont partis au Quebec seront d’accord avec moi, c’est l’accueil des gens la sympathie que l’on peut vous renvoyer. L’approche est différente, beaucoup moins speed et plus sincère. Les projets se dessinent mieux et l’ouverture d’esprit est comprise. Je peux vous dire que mon parcours atypique télévisuel n’était pas une barrière je dirais même que c’était un plus . »Wouaaww un joueur pro de basket qui a fait un Big Brother c’est génial » surtout lorsque vous êtes impliqué dans mon métier comme je le suis, alors que certains ici y voient encore un frein à tout çà, peut-être que ces gens-là devraient prendre mon exemple « ne pas lire les magazines People » (rire)

En quoi la vie au Canada est-elle si différente de la vie en France ?

C’est un peu le complément de la question précédente, le rythme de vie est plus cool, les gens sont plus souriants les uns envers les autres. Forcément cela donne à réfléchir. Aller juste un exemple pour le fun, lorsque l’on te dit « cela me fait plaisir » alors que c’est là  la personne qui te le dit qui rend service. Heuuuu je peux te dire que les première fois tu te demandes si les canadiens ne sont pas tous ironiques !!! (Rire)

Peux-tu nous expliquer les différences de jeu avec le basket français ?

La différence de jeux et de style est flagrante !!! On y pratique un jeu ouvert composé de pick ‘n’ roll, jeu rapide, transition. Les attaques placées sont exclusivement réservés pour les dix dernières secondes ou tout le monde attend l’exploit du mec qui a la balle (rire) . Mais c’est sûr que c’est un jeu qui va beaucoup plus vite ou les contacts ne sont pas tant tolérés que çà. J’en ai un peu souffert au départ. Par contre les tirs mi-distance sont une culture, le jeu entre la ligne à trois points et le lay-up est beaucoup plus utilisée que chez nous. on le retrouve plus dans le basket féminin d’ailleurs.

Delarue

Au départ, tu as signé pour les Kebs de Laval, équipe qui a disparu, puis tu as rejoint le Jazz de Montréal. Peux-tu nous expliquer réellement ce qu’il s’est passé. Comment as-tu vécu cette situation ?

C’est la question qui m’est le plus revenue depuis que je suis rentré (rire). C’est sûr que même si j’avais voulu le cacher je n’aurais pas pu (rire). Ce passage des Kebs au Jazz a été suivi comme un feuilleton et a suscité beaucoup de questions. Je pense que dans mon futur livre cette épisode donnera naissance à un gros chapitre donc je vais tenter de faire court !!!

La franchise des Kebs de Laval fait appel à moi au moi d’Aoùt/Septembre pour la saison 2012/2013, comme je l’ai dit j’arrive, je fais la promo du club je vais à droite à gauche et tout roule !! Jusqu’au jour où j’apprends après une réunion de crise entre la franchies et la Ligue que les Kebs de Laval ne prendront pas part à la saison et seront sans doute remplacés par une autre franchise !!!  En gros les Kebs déposent le bilan !!! Bien évidement je vous passe le moment d’émotions et les changements de couleurs face aux différentes annonces et à l’analyse de ma situation.  À ce moment-là j’ai deux solutions : Soit je rentre chez moi comme un « looser » ou je tente le plan B. Participer aux « Try Out » de la nouvelle franchise.

J’ai choisi le Plan B je me suis présenté sous conseil des gestionnaires de la Ligue aux « Try Out » pour composer la nouvelle équipe des Jazz de Montréal. Je peux vous dire que cela n’a pas été facile il a fallu sortir de son confort et aller « au charbon ». J’ai pris le risque tel un « Rookie » de 35 ans et j’ai signé mon contrat !!! Voilà pourquoi je suis fier de mon parcours au Canada parce que malgré le rebondissement j’ai su tout de suite m’adapter et répondre aux attentes du coach !!

Et comment s’est déroulé ton début de saison ?

La saison, c’est bien dérouler d’un point de vue personnel . mon rôle était défini dès le départ, joueur défensif de l’équipe j’étais là pour répondre aux consigne du coach, mettre la balle là où il voulait qu’elle aille et surtout apporter du physique dans les moments chauds !! si l’on regarde mes stats on se rend compte que j’ai le même rendu de ce que je faisais en ProB, être au service de ma Team et défendre dure alors je n’ai pas à rougir de mon passage en NBL, d’un point de vue collectif cela été un peu plus difficile .une Franchise montée en 10 jours avec 7 jours d’entraînements collectifs il était sûr que les Jazz de Montréal allais vivre des moments difficiles et c’est ce qu’il s’est passé .Plus de deux mois de retard sur le calendrier de reprise d’une équipe est beaucoup trop lourd à digérer pour espérer des résultats de suite . Mais çà tout le monde en était conscient.

De quel niveau est la NBL ?

Le niveau de la NBL est facilement celui de notre championnat de Pro B et milieu Pro A, je vous assure qu’il y a un vivier de joueur qui pourrait jouer dans notre championnat ..Ils se composent de jeunes joueurs qui souhaitent se montrer pour aller en Europe jusqu’à des anciens joueurs NBA ou D-League ce qui rend ce championnat très intéressant.

Peux-tu en dire plus sur ce championnat, très peu connu dans l’Hexagone ?

C’est un championnat très vaste composé de très peu d’équipe pour le moment (8 équipes) ,  je crois savoir que l’an prochain deux Franchises feront leurs apparitions ce qui un bien pour la ligue .Les propriétaires ont souhaité faire dès le départ la copie conforme de la NBA malgré le peu d’équipe ce qui explique le rythme de match élevé 40 Matchs en 4 mois/demi.là il n’y pas de place à l’extravagance, on peut jouer jusqu’à 4 jours de suite . Les voyages sont font en avion (le canada est grand !!!), chaque match est un vrai show, on joue en 48 mins et rien ne laisse place au silence ..Les Fans sont demandeurs, ils viennent en famille prendre leurs repas sur place ou entre potes boire un bière et manger des chips .c’est un spectacle !! Chaque match est célébré par l’Hymne Nationale Canadien .bref chaque match se vit à 100%.

Xavier delarue

Peux-tu nous décrire une semaine type de Xavier Delarue lorsque tu jouais au Canada ?

Un jour classique au Canada ne diffère pas d’un jour classique d’un joueur Pro en France, entrainement collectif, salle à disposition et séance de musculation .puis il y a nettement moins d’entrainement qu’en France dû au nombre de match, on travaille plus sur des situations de récupérations collectives. Du shoot et aussi beaucoup de nouveaux systèmes? Hors de question de jouer tous les matchs contre les mêmes équipes avec toujours les même systèmes .les coachs s’éclatent ..

Quels étaient tes objectifs (avant que tu reviennes en France) cette année, que ce soit collectivement ou individuellement ?

Mon objectif était de découvrir du basket ailleurs, de vivre mon métier dans un autre pays et d’apporter aussi mon expérience, je sais que le coach et mes coéquipiers m’ont entendu dans la manière de voir les choses, nous avons beaucoup échangé sur notre façon de voir notre sport .un équilibre c’est fait naturellement et facilement puisque je suis plus concentré sur la défense. Je voulais aussi que l’on parle de ce nouveau championnat et je pense que les médias ont grandement relayé les news qui arrivaient de là-bas, pour les potes que j’ai laissé et l’équipe dirigeante qui travail fort .je les en remercie.

Les Highlights de Xavier Delarue de la saison 2012-13 sous le maillot du Jazz de Montreal

Tu as vécu une expérience fabuleuse. En est-tu conscient ?

Je sais que j’ai touché quelque chose de magique .à mon âge d’avoir relevé se défit est une vrai satisfaction !! Je n’ai pas envie de faire le bilan tout de suite car j’ai envie d’en relever d’autre, je suis en forme et attend quelques réponses actuellement. Pour moi d’être la conscience de ce que je fais ou de ce que j’ai fait sonnera la fin de ma carrière et pour le moment je n’ai pas envie de raccrocher. J’ai encore du jus et j’ai envie d’aller au bout du bout .je ne peux pas dire ou cela me mènera tant le sport et la vie que vit est pleine de surprise.

Tu es donc revenu en France pour des raisons personnelles, comment a réagi ton équipe ?

Oui malheureusement la destinée a fait que je sois obligé de rentré en urgence . je ne veux pas épiloguer ou en dire plus car ce n’est pas plaisant et cela reste vraiment de l’ordre du personnel je pense que vous le comprendrez .je veux rester « Fun ». J’ai apprécié la manière mon équipe à réagit, dans un premier temps c’est sûr qu’il était touché pour moi .de me voir prendre ce type de décision, et aussi cela prouve que j’avais un rôle dessiné au seins du groupe, je me suis présenté à l’entrainement et fait un discours dans la rond central pour explique la situation, je les ai remercié de leurs accueils et leurs ai dit que peut être nos chemin allaient se croisés . Je en peux pas repartir car le championnat car il se finit le 5 Mars ce qui laisse très peu de temps pour un retour..

Sportivement, quel est ton projet ?

Mes projets sportifs reste les mêmes .mes priorités restent le basket, je suis en France depuis plus d’une semaine maintenant ce qui m’a laissé du temps pour mettre de l’ordre . Je regarde ce qu’il est possible de faire pour un retour sur les parquets, je parle avec des coachs  on s’échange des mails ou on s’appelle .en gros je me suis reconnecté à la France puis je regarde éventuellement vers la Belgique ou la Suisse ….Deux pays frontaliers. je veux continuer à rester en rythme !!

Il y a quelques mois, tu as lancé ton site « World Directory Basket-Ball ». Peux-tu nous en dire un peu plus ?

Honnêtement, je suis plus que surpris de l’évolution du site et de l’engouement qu’il suscite, tous les jours rentrent des coachs  des joueurs etc. . c’est génial !! Je sais qu’il y a un trafic de folie et que beaucoup de membres se parlent tous les jours, c’était l’objectif premier de WDBB que les différentes catégories du basket puissent échanger dans un lieu commun !! Des destins changent déjà et d’autres en devenir !!, je suis heureux de pouvoir offrir cela . c’est un juste retour à ce que la vie m’a donné. Mais j’ai eu de la chance et çà je veux le changer, je souhaite qu’aujourd’hui avec les outils rapides que nous avons on puisse être un peu plus maître de son destin .Internet et World directory Basket-Ball en sont un  très bon moyen !

J’ai vraiment beaucoup de mal à me mettre en avant car cela n’est pas mon site mais le site de tous !! Je veux que les gens se l’approprient comme une porte de secours, ou encore comme un outil utile à la création de leurs projets ou comme un carnet d’adresse ouvert à tous !! World directory Basket-Ball est rassembleur et appartient à « Tous »Nous travaillons aussi avec des partenaires sur des articles où nous mettons à l’honneur nos membres. Nous traitons tous les sujets, le chômage, la reconversion etc… Des membres viennent témoigner de ce qu’ils font ou des difficultés rencontrées à un moment donné de leur carrière. Je trouve cela très instructif et enrichissant. Nos lecteurs apprécient et j’en suis vraiment satisfait.

J’ai le plaisir d’annoncer que  World Directory Basket-Ball a créé aussi son Association « World Directory Basket-Ball Association ». Nous allons travailler sur un spot publicitaire avec de nombreux portes paroles et surtout organiser des actions pour pouvoir créer et  continuer à offrir des avantages dans la lignée de ce que nous faisons déjà.

Merci Xavier d’avoir répondu aux questions de Basket-infos, Un petit mot pour finir ?

Je tiens à remercier tous les gens et fans qui ont envoyé à mon épouse et à moi  des messages de soutien lors de l’annonce du retour en France, nous revenons vite vers vous .

Merci Basket-infos pour ce moment passé avec vous et je souhaite une bonne année à tous les lecteurs et internautes. A bientôt sur les terrains

Xavier Delarue

Propos recueillis par Patrick Parizot, pour Basket-infos











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